mardi 30 novembre 2010

Intervention de l'Avenir Ensemble lors de la séance consacrée au débat d'orientations budgétaires à la Province Sud

(D.O.B) 2011 de la Province Sud - Séance de l’Assemblée de la Province sud
le jeudi 25 novembre 2010 14heures


Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Jusque là l’action de nos collectivités provinciales n’était principalement rythmée que par le vote de leurs budgets annuels. Or, le législateur organique a souhaité le 3 août 2009 modifier ce rythme budgétaire en introduisant davantage de débat au sein de nos assemblées délibérantes, notamment en imposant l’obligation d’un D.O.B dans un délai de 2 mois précédant l’examen du budget (article 183-2 de la loi organique modifiée).
Jusque là nos budgets étaient souvent votés comme les exécutifs l’avaient réalisé. Désormais l’opportunité nous est donnée de discuter ensemble des priorités et des évolutions de la situation financière. Le DOB ne doit donc pas être une simple formalité administrative comme certaines communes métropolitaines le pratiquent.
Et en tous les cas le DOB doit être un véritable outil de discussion entre majorité et opposition, laissant à chacun l’opportunité d’apporter sa pierre à l’édification d’un budget que nous savons tous en proie à de sérieuses difficultés budgétaires. Ces difficultés ne datent pas d’aujourd’hui et le gel de la clé de répartition (50-32-18) finit par poser problème face à une très forte concentration démographique en Province sud. Tous les groupes politiques ont été, à un moment ou un autre, amené à le constater. Les besoins de nos populations en Province sud en matière d’enseignement, de santé, d’accompagnement et de protection sociale sont tels qu’il devient urgent d’agir et de trouver des financements pérennes et suffisants pour nous sortir de l’impasse budgétaire présentée.

L’heure est donc à la recherche de pistes et solutions pour notre budget provincial sud 2011.Mais nous voyons surtout que ce DOB pose les jalons d’un débat sous contraintes :
· Des contraintes budgétaires sans précédent ! Le constat fait dans l’analyse financière que vous nous avez transmise est que la Province sud aurait besoin pour équilibrer son budget 2011 d’une ressource complémentaire minimale de 3,5 milliards de FCFP tout en prévoyant une nette maitrise voire réduction de son poste dépenses. Si tant est, nous voulions poursuivre les actions entamées en 2010 et avoir quelques opérations nouvelles, le besoin serait désormais de 6 milliards supplémentaires !
· Des contraintes démographiques qui pèsent de plus en plus lourd. Force est de constater que 75% de la population est aujourd’hui concentrée dans le sud, que 3 foyers sur 4 vivent dans les communes de l’agglomération et que la clé de répartition établie il y a maintenant 22 ans ne correspond plus aux réalités et surtout ne permet plus de faire face à des dépenses incompressibles. La clé telle qu’elle a été figée (50.32.18) n’est plus représentative des évolutions démographiques et surtout provoque plus de déséquilibres que de rééquilibres.
· Des incertitudes et contraintes juridiques à lever sur le périmètre d’intervention de la Province sud. Un débat existe donc bien sur la collectivité compétente, NC ou provinces, dans le domaine des aides médicales. Rappelons que la Nouvelle-Calédonie est compétente en matière d’hygiène, de santé publique et de couverture sociale et d’aides sociales depuis 1957.En 1988,la loi référendaire, découlant des accords de Matignon, a réaffirmé et renforcé la responsabilité de la NC, désormais compétente en matière de santé et d’hygiène publique mais également de protection sociale, ce qui est plus large. L'accord de Nouméa et la loi organique ont conforté cette compétence. Plus précisément c’est le Congrès de la NC qui intervient dans ce domaine : les principes fondamentaux de la sécurité sociale sont adoptés par loi du pays et les autres règles par délibération. Les provinces peuvent, par délégation du congrès, adapter et appliquer la réglementation en matière d'hygiène publique, de santé et de protection sociale. De plus l’avis du CE du 19 mars 2002 avait rajouté à propos des aides sociales à l’enfance que la NC exerce bien en matière de protection sociale une compétence de droit commun et que le congrès peut donner compétence aux provinces pour appliquer la règlementation. Alors reste à savoir si la NC n’aurait pas sa part d’intervention à prévoir… tout laisse à croire que oui ! Même réflexion à mener quant à la part médicale à verser à la CAFAT pour les hôpitaux.

· Des contraintes liées à l’intervention de l’Etat. Notre secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Marie-Luce Penchard répondait à l’occasion des débats du budget de l’outre-mer à notre député Pierre Frogier à propos de la nouvelle génération de contrats de développement, qu’il fallait et je cite… « donner des marges de manœuvre à la Province sud et qu’il s’agissait bien d’une nécessité ». Et de rajouter que « l’Etat était prêt à accompagner toutes les initiatives de bon sens qui pourraient conduire à trouver des marges de manœuvre ».Des déclarations d’intention qui doivent désormais trouver des traductions concrètes, notamment en réservant à la Province sud la moitié des financements alloués lors des prochains contrats. Se pose également avec acuité le problème des arriérés de paiement de l’Etat au titre de ses engagements contractualisés, pas moins de 2 milliards seraient en attente de versement et ce qui occasionne des problèmes sérieux de trésorerie! Sans compter le constat d’un ralentissement des dotations de l’Etat…
· Des solutions sous la contrainte !…Néanmoins une piste intéressante existe à partir de recettes fiscales issues du contrôle fiscal SLN initié sous le gouvernement Martin- et contesté à l’époque par tous - et qui finalement a ramené 5,5 milliards dans les caisses de la NC. Il ne s’agit nullement de recettes fictives ni hypothétiques, comme on a pu l’entendre de ci et de là, mais bien de recettes réelles en provenance d’un redressement fiscal. Aussi pourrions-nous proposer dans le strict respect des règles budgétaires habituelles de réinjecter tout de suite cette somme dans le BS 2010 via une décision modificative du budget et ensuite de procéder au volet de répartition habituel, 50-32-18, entre les trois collectivités provinciales. Le gain à espérer pour le sud pourrait être de 1,5 milliard…
· La contrainte d’une politique de rigueur et d’économies s’impose plus que jamais ! La réduction notable du rythme de croissance des dépenses et tout spécialement des économies à réaliser est une priorité à afficher. Faut-il commencer par montrer l’exemple en réduisant le train de vie provincial et en continuant à s’atteler à enregistrer une baisse conséquente des montants de subventions à allouer…Lorsque l’on voit un taux d’épargne brut passer de 24,3% en 2008 à -0,4% en 2009,on a de quoi s’interroger et on se demande bien comment la cagnotte a pu se dégrader à une vitesse aussi fulgurante…et tout cela juste durant la période des élections provinciales. Si certains viendrait à être tenté d’essayer de nous convaincre qu’il n’y aurait aucun lien de cause à effet…qu’ils se taisent à jamais, cela relèverait tout bonnement de la farce ! Nous considérons donc que le temps est venu en terme de champ de compétence de rendre à césar ce qui appartient à césar…suffit-il juste pour cela de franchir le Rubicon provincial, de rendre au donjon collégial ses domaines d’interventions et le sort en sera jeté ou retourné !

samedi 27 novembre 2010

L'humanitaire au service du Capital: retour sur le cas de Haïti

8 octobre 2010
Un article signé Mohamed BELAALI du site "Le Grand Soir" http://www.legrandsoir.info/L-humanitaire-au-service-du-capital-retour-sur-le-cas-de-Haiti.html

« ...Alors que les Haïtiens ordinaires souffrent, les riches familles de Port-au-Prince continuent de vivre dans le luxe » (1). Si les soldats américains, les forces de l’ONU et les ONG humanitaires par dizaines sont toujours présents sur le sol de ce pays meurtri, rien ou presque rien n’a été fait pour la population qui continue à vivre dans des conditions inhumaines neuf mois après le terrible séisme qui a emporté des centaines de milliers de vies humaines. L’humanitaire n’est qu’un cynique prétexte utilisé par les puissances capitalistes pour servir leurs propres intérêts.
Les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier 2010 sont toujours livrés à eux-mêmes. Ils continuent à vivre dans des camps improvisés : « 1,5 million de personnes vivent encore dans des abris de fortune » selon l’ONU citant des sources gouvernementales (2). Les haïtiens par milliers s’entassent dans les rues et les places publiques chassés des camps installés auparavant sur des terrains privés. Les rues sont toujours encombrées de gravats rendant la circulation quasi impossible. « Je ne vois pas de changement, il n’y a aucune évolution » disait une rescapée de Port-au-Prince (3).
Selon Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) en Haïti, « les hôpitaux de campagne et les cliniques mobiles ont disparu alors que paradoxalement, la situation des victimes n’a pas changé » (4).
Le Service Jésuite aux Réfugiés (SJR) déplore une situation « critique » dans les camps non officiels et dénonce la violence exercée sur les femmes lors de la distribution de l’aide humanitaire (5).
Les premières intempéries du mois de septembre 2010 ont déjà fait des victimes dans les camps, toujours provisoires, des sinistrés : « Une première évaluation a permis de dénombrer cinq morts dans les camps où sont réfugiés des dizaines de milliers de sans-abri du séisme du 12 janvier » a déclaré à l’AFP Edgard Célestin, responsable de communication de la Protection civile haïtienne.
Des hommes, des femmes et des enfants déjà durement frappés par le séisme, se retrouvent à nouveau sans protection aucune, à la merci de vents violents et de fortes pluies.
Les grands blessés du séisme vivent dans des conditions épouvantables et leur état de santé risque de se dégrader davantage encore. Les plus pauvres, c’est à dire la majorité de la population, sont maintenant menacés de famine et de maladies mortelles.
Quel contraste entre le zèle déployé avec faste par les « humanitaires » les premiers jours du séisme et la sinistre situation actuelle de l’immense majorité de la population haïtienne !
Où sont passés les milliards de dollars promis au peuple haïtien ? Qui va demander des comptes sur l’utilisation des fonds réunis par toutes ces ONG grâce à leur marketing « humanitaire » et à la cynique exploitation de la générosité des citoyens ?
Quel est le résultat concret de ce show humanitaire et de ce tapage médiatique sur les sinistrés et notamment sur les plus démunis d’entre eux neuf mois après le séisme ? Nul ou quasiment nul.
Car l’aide humanitaire n’a pas pour objectif d’aider les hommes et les femmes dans la détresse, mais d’utiliser les drames humains pour servir les intérêts de ceux qui la manipulent. Ce sont ces mêmes impérialistes qui ont détruit, à travers leurs programmes d’ajustement structurel, les services publics pour les remplacer par la charité des ONG humanitaires. L’aide humanitaire est subordonnée aux calculs et aux stratégies des puissances impérialistes notamment des États-Unis qui l’instrumentalisent cyniquement pour leurs seuls intérêts. L’humanitaire est une forme de corruption par des aumônes plus ou moins déguisées. Il sert à maintenir dans la dépendance les dominés pour mieux les asservir. Il est au service des classes dominantes.
Mais les sinistrés savent en même temps que l’aide humanitaire ne leur est pas vraiment destinée puisque leur situation matérielle reste désastreuse malgré la présence massive de toute sorte d’acteurs humanitaires. Les ONG par exemple ne sont pas toujours bien vues par la population locale qui doute de leur impartialité. Les salaires élevés des cadres de ces organisations, les 4x4 qu’ils utilisent parfois pour circuler dans les quartiers sinistrés et les hôtels de luxe qu’ils fréquentent contrastent tristement avec la situation misérable des rescapés. Leur proximité avec l’armée américaine et l’arrogance avec laquelle elles traitent parfois les sinistrés les éloignent de ceux qu’elles veulent aider. « Nous ne voulons pas de ce type d’aide humanitaire qui profite beaucoup plus aux ONG qu’à nous autres qui sommes dans les camps à l’attente de miettes qui tombent des ONG comme si nous étions des mendiants », pense l’un des déplacés (6) . Il n’est pas rare de voir sur les murs de Port-au-Prince des slogans dénonçant les USA, l’ONU, le président René Préval et les ONG. L’hostilité de de la population locale à leur égard devient de plus en plus grande. Certaines ONG, obsédées par la sécurité, contractent à des prix exorbitants une protection armée auprès des compagnies de sécurité privées pour lesquelles l’humanitaire n’est qu’un marché parmi tant d’autres (7). Tout le monde trouve son compte sauf les... sinistrés !
Les manifestations et les révoltes de la population sont réprimées par le pouvoir local très contesté et par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (Minustah) c’est à dire par ceux-là mêmes qui sont sensés « soutenir les efforts humanitaires » ! (8).
L’un des objectifs des élections du 28 novembre 2010, outre de permettre de placer au pouvoir celles et ceux qui serviront le mieux les intérêts de l’impérialisme américain et de la bourgeoisie locale, est justement d’empêcher toute révolte populaire. C’est ce que craignent le plus les classes aisées et les acteurs humanitaires qui se précipitent à les organiser. Car ils sentent monter dans tout le pays la colère du peuple qui a plus besoin d’améliorer sa situation matérielle que de participer aux élections : « Le problème le plus immédiat, en dehors de la reconstruction, est l’organisation des élections présidentielles et législatives (...) Le risque d’agitation sociale existe, et le peuple haïtien peut être fier qu’il n’y ait pas eu de troubles importants jusqu’à présent, malgré la dureté et la précarité de la situation dans laquelle se trouvent tant de Haïtiens », écrit Ban Ki-moon (9).
Il faut que l’ordre règne pour que les familles aisées continuent à s’engraisser. En effet pendant que des millions de travailleurs pauvres vivent dans des conditions dramatiques « ces familles (...) font des bénéfices actuellement grâce à la dernière tragédie de leur pays » (10).
L’aide humanitaire est une forme de violence sociale invisible exercée sur les plus démunis qui doivent, de surcroît, se courber pour l’obtenir. C’est une espèce de charité laïque utilisée par les classes dominantes pour leurs seuls intérêts. L’humanitaire, comme la charité, c’est en quelque sorte la morale d’une société de classes amorale.
Mohamed Belaali

(1) wsws.org/articles cité in http://blog.emceebeulogue.fr
(2) http://www.un.org/apps/news
(3) tahiti-infos.com/Haiti-neuf-mois-apres-le-seisme
(4) haitilibre.com/article-607-haiti-reconstruction-apres-6-mois
(5)
http://www.reliefweb.int/rw/rwb
(6) http://elouidor.blog.fr
(7) humanitaire.blogs
(8) minustah.org
(9) un.org/apps/news
(10) Patrick Martin, wsws.org cité in
http://blog.emceebeulogue.fr

jeudi 25 novembre 2010

Intervention de Didier Leroux dans le cadre de Débat d'Orientations Budgétaires à la Province Sud le 25 novembre 2010

"Monsieur le Président,

Mes Chers Collègues,

Je l’ai déjà dit, lorsque l’exécutif vous présente son budget, il est déjà trop tard pour se prononcer sur ses grandes orientations. Je salue donc le débat d’aujourd’hui ! Mais une triste ironie du sort veut que l’on se mette à faire des débats d’orientations budgétaires, au Congrès et dans les Assemblées de Province, au moment où les choses vont mal et où, la Nouvelle-Calédonie et la Province Sud ont d’énormes difficultés à boucler leur budget primitif 2011. Dans la même veine, on demande aux équipes actuelles de se débrouiller avec l’héritage de l’exécutif précédent… C’est vraiment dommage que l’on n’ait pas eu ces débats d’orientation quelques années plus tôt, au moment où tout allait bien, au moment où l’argent coulait à flots dans les caisses. On aurait pu voir la différence de conception, en matière de gestion des collectivités et d’utilisation de l’argent public, entre les prévoyants et les insouciants, entre les rigoureux et les laxistes, entre les sérieux et les irresponsables, bref entre les gestionnaires prévoyants, rigoureux et sérieux et les démagogues insouciants, laxistes et irresponsables…

Que dire sur le document d’orientation qui nous a été présenté ? Le constat qui est fait est tout à la fois affligeant et édifiant. Affligeant parce des gens que l’on croyait responsables ont laissé, depuis 2004, les dépenses augmenter au taux de 10% par an pendant les trois premières années, 8,7% en moyenne sur six ans. Quand je dis qu’il est édifiant, c’est qu’il montre clairement où conduit l’action politique lorsque l’on a pour seul point de mire le souci de sa popularité. Un souci de plaire pour être réélu bien sûr, et qui amène à vouloir satisfaire les revendications immédiates de la population au mépris de l’intérêt général du pays à moyen et à long terme. On peut tout promettre à tout le monde et distribuer l’argent public comme s’il en pleuvait à tous ceux qui ont fait l’erreur de vous croire, mais il arrive un moment où il faut passer à la caisse et payer l’addition ! Pour pouvoir faire les avancées sociales nécessaires, il aurait fallu être capable de faire des choix, de se serrer la ceinture et de réduire d’autres dépenses ! Cela n’a pas été fait ! Un patron qui gérerait son entreprise avec, comme seul souci, celui de plaire à ses salariés, serait certain de faire faillite… Nous devons donner à ce débat une large publicité. Les Calédoniens doivent savoir que l’on ne peut pas tout avoir et ils doivent apprendre à se méfier de ceux qui leur promettent la lune.… car on ne gère pas une province comme un Karaoke !

Comment payer la note du gueuleton commandé par l’exécutif précédente ? Nous allons être obligés de nous imposer une diminution drastique de nos dépenses. Je soutiens cet effort. Churchill avait promis aux Anglais « De la sueur, du sang et des larmes ». Nous ne sommes plus en guerre, Churchill est mort –et d’ailleurs, il n’a pas été réélu- et devant l’adversité les Anglais sont capables d’un courage collectif que nous n’avons pas.

De toutes les façons, diminuer les dépenses ne suffira pas… Faire passer des dépenses, telles que celles de l’Assurance Maladie des Provinces à la Nouvelle-Calédonie est une possibilité, mais il faudra diminuer le pourcentage global des recettes fiscales affectées aux Provinces pour augmenter les ressources de la Nouvelle-Calédonie. Autrement, il nous faut trouver de nouvelles recettes !
A ce sujet, il y a deux méthodes : le consensus ou le passage en force.
Le changement de la clé de répartition implique le consensus entre les trois Provinces. Je serais tout naturellement enclin à favoriser cette solution si elle pouvait recueillir l’accord des uns et des autres. Mais j’ai participé à une réunion au Gouvernement, en présence des responsables de la Province Nord et de la Province des Iles. Le Président de la Province Nord a été très clair, il est formellement opposé à toute modification de la clef de répartition ou à son contournement avant 2014.
J’ai entendu dire, qu’il avait proposé à la Province Sud de la « dépanner » en lui prêtant de l’argent. Mais dans l’état actuel des choses notre Province se trouve dans cette situation paradoxale de n’être que très peu endettée, mais de ne pas pouvoir emprunter, car nous ne pourrions pas rembourser.
Il reste donc le passage en force. Ce n’est pas mon choix initial, mais je m’y résoudrai sans état d’âme s’il semble qu’il n’y ait pas d’autre solution. Et tant qu’à faire, je préfère essayer de trouver 6 milliards de recettes supplémentaires plutôt que 3,5…

Dernier point, le nickel semble vouloir sortir du tunnel et la SLN sortir du rouge. Cela peut vous paraître étrange, mais je crains un retour trop rapide à la prospérité. « Tout ce qui ne tue pas renforce » et la cure de réduction des dépenses publiques, pour difficile qu’elle puisse être, nous laissera plus forts qu’avant. Nous sommes aujourd’hui dans l’absolue nécessité de faire des économies qui seront salutaires à long terme. Je crains qu’un retour trop rapide des recettes minières et métallurgiques ne laisse penser à nos responsables qu’ils peuvent se dispenser de faire ces efforts indispensables. Quel que soit le temps, qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil, quelle que soit la conjoncture, difficile ou florissante, l’argent public est trop précieux, trop respectable, pour être dépensé sans compter."

Didier Leroux

Intervention du groupe FLNKS à l'occasion du débat d'orientations budgétaires à l'Assemblée de la Province Sud le jeudi 25 novembre 2010

" Monsieur le président, chers collègues,

Nous abordons aujourd’hui notre premier débat d’orientations budgétaires au sein de notre assemblée, une nouveauté prévue par la loi organique, qui nous permet d’être informés de la situation financière de notre province, de son environnement financier ainsi que des orientations budgétaires proposées par l’exécutif, et de s’exprimer sur ces dernières avant le vote du budget.
Or, le rapport d’orientations budgétaires qui nous est présenté, est principalement marqué par la situation financière délicate dans laquelle se trouve notre collectivité…

Le déficit révélé, est le résultat d’une gestion irresponsable et de l’absence de vision politique accompagnant de manière honnête, le processus de décolonisation dans lequel nous nous inscrivons depuis 1988.
Le déficit en question, avait été annoncé depuis 2004. Pour autant, aucune politique publique structurelle n’a été mise en place.

Aujourd’hui, nous sommes contraints de chercher in extremis, des solutions pour continuer à répondre de manière responsable, aux besoins essentiels de nos populations.
Une modification de la répartition organique des ressources, est ainsi envisagée. La clé de répartition répond à l’idée de tendre vers un développement équilibré et harmonieux de la Nouvelle-Calédonie. Ce développement passe évidemment par celui de nos 3 provinces.
Le constat, est que cet objectif politique de développement, n’est pas atteint.
Le groupe FLNKS avait alors préconisé, la mise en place d’un comité de réflexion, pour aborder par une approche pays et sans tabou, les difficultés d’ordre structurel et leurs apporter des réponses.

En l’absence d’accord politique sur la modification de la clé de répartition, le FLNKS défend l’idée de trouver une solution susceptible de répondre aux difficultés rencontrées par notre collectivité.
Il a en ce sens proposé lors du débat d’orientations budgétaires de la Nouvelle-Calédonie, d’affecter les 5,5 milliards attendus du redressement fiscal de la SLN, à la province Sud. Tout comme il a pu par ailleurs, suggérer dans d’autres instances, que les provinces Nord et Iles, excédentaires budgétairement, puissent aider temporairement la province Sud par le biais de prêts.

En dehors des difficultés financière et juridique de mise en œuvre, la volonté politique est bien de trouver les moyens pour financer ponctuellement, le déficit de la province Sud.
Nous sommes persuadés que les solutions et les moyens financiers légaux existent. Il faudra nous entendre afin de ne pas diminuer nos interventions et nos actions, notamment sociales, envers nos populations.

Enfin, le groupe FLNKS propose d’ouvrir dans les plus brefs délais, les discussions sur le déficit structurel financier de notre collectivité pour parvenir à une solution pérenne et partagée par tous.

Comme vous, Monsieur le Président, nous souhaitons que la situation de notre collectivité s’améliore et se stabilise pour qu’elle dispose des moyens pour poursuivre le rééquilibrage interne à la Province sans pour autant négliger les problématiques qui se posent dans le Grand Nouméa comme la protection de l’environnement avec le problème de l’assainissement, l’amélioration du transport suburbain, la lutte contre les inégalités sociales et la précarité,…

Merci."

FROGIER AU MWA KA


Cérémonie coutumière pour le drapeau kanaky à la mairie de Mont Dore


Ouvrage: A la recherche des politiques rurales en NC...


L’ouvrage retrace l’histoire des politiques rurales en Nouvelle-Calédonie pour expliciter leur construction locale.
http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2010/ca-vient-de-sortir/a-la-recherche-des-politiques-rurales-en-nouvelle-caledonie

L’ouvrage À la recherche des politiques rurales en Nouvelle-Calédonie. Trajectoires des institutions et représentations locales des enjeux de développement (1853-2004) tente de répondre aux grandes questions qui déterminent l’agriculture de demain, telles que les grandes étapes de l’histoire des politiques rurales en Nouvelle-Calédonie, comment l’histoire de l’agriculture s’inscrit dans l’histoire coloniale, ou comment la ruralité peut-elle contribuer à la poursuite du rééquilibrage.

L’analyse est réalisée en mobilisant les concepts de référentiel et de dépendance au sentier, ainsi que les notions articulées d’idées, d’intérêts, d’institutions et d’instruments. Sont étudiées ici les trajectoires des institutions et des enjeux locaux du développement rural depuis la prise de possession française en 1853 jusqu’en 2004, année d’élection qui marque l’avènement du développement durable dans les débats sur les politiques locales de développement.
L’histoire des politiques publiques agricoles en Nouvelle-Calédonie est jalonnée de bifurcations et d’une rupture politique récente initiée par les accords politiques de Matignon-Oudinot et de Nouméa. Elle apparaît marquée par un fort interventionnisme et par un dualisme se renforçant depuis la colonisation et conduisant à des politiques de développement différenciées. Plus généralement, cette trajectoire questionne les objectifs de rééquilibrage et de destin commun issus des accords politiques.

L’ouvrage a été présenté lors d’une Conférence intitulée « Quel avenir pour l’agriculture calédonienne ? » Deux des auteurs, Thierry Mennesson et Jean-Michel Sourisseau, étaient présents pour répondre aux questions du public.

Jean-Michel Sourisseau est socio-économiste au Cirad et à l’Institut agronomique néo-Calédonien.Gilles Pestaña est géographe à l’université de la Nouvelle-Calédonie.Catherine Gaillard est agronome à l’Institut agronomique néo-Calédonien.Séverine Bouard est agronome et doctorante en géographie au Cirad et à l'Institut agronomique néo-Calédonien.Thierry Mennesson est juriste à l’Institut agronomique néo-Calédonien.

À la recherche des politiques rurales en Nouvelle-Calédonie Trajectoires des institutions et représentations locales des enjeux de développement (1853-2004) J-M. Sourisseau, G. Pestaña, C. Gaillard, S. Bouard, T. Mennesson Édité par l’Institut agronomique néo-Calédonien 2010

mardi 23 novembre 2010

Abraham SERFATY, un grand arbre est parti...


Abraham Serfaty né le 16 janvier 1926 à Casablanca et mort le 18 novembre 2010 àMarrakech, est un indépendantiste et militant politique marocain. Opposant au régime du roi Hassan II, il passera plus de 17 ans en prison et témoignera de ce qu'il y a vécu.

Issu d'une famille juive tangéroise, militant communiste marocain dès 1944 et lors de son séjour en métropole dans les rangs du PCF de1945 à 1949, il s'engage ardemment pour l'indépendance de son pays, ce qui lui vaut d'être emprisonné en 1950, et placé en résidence surveillée en 1956.

Ingénieur des mines de formation, il participe ensuite à la mise en place des institutions de l'État marocain, à des postes plus techniques que politiques, dont celle de l'enseignement à l'École Mohammadia d'Ingénieurs. En 1970, il rompt avec un Parti communiste marocain (actuel PPS Parti du progrès et du socialisme) qu'il considère comme trop sclérosé et contribue à la fondation de l'organisation d'extrême gauche Ila Al Amame (En avant, actuellement La Voie démocratique, An-nahj Ad-dimoukrati).
Arrêté et torturé par le régime de Hassan II en1972, il entre ensuite dans la clandestinité. Arrêté de nouveau en 1974, il restera emprisonné dix-sept ans, jusqu'en septembre 1991. Il est alors privé de sa nationalité marocaine à cause de sa position à l'égard de la « marocanité » du Sahara occidental et son soutien à l'autodétermination du peuple sahraoui lui vaut d'être expulsé du territoire marocain. En septembre 1999, il est autorisé par le nouveau roiMohammed VI à rentrer au pays, et sa nationalité marocaine est reconnue officiellement et sans contestation possible.
Abraham Serfaty, comme d'autres Juifs séfarades, par exemple Ilan Halévy ou Henri Curiel, se veut antisioniste. Dans Écrits de prison sur la Palestine, il écrit « Le sionisme est avant tout une idéologie raciste. Elle est l'envers juif de l'hitlérisme [...] Elle proclame l'État d'Israël "État juif avant tout", tout comme Hitler proclamait une Allemagne aryenne. »

Il meurt le 18 novembre 2010, à l'age de 84 ans dans une clinique de Marrakech.


Bibliographie
(avec Mikhaël Elbaz) L'Insoumis, Juifs, marocains et rebelles, Desclée de Brouwer, 2001, ISBN 2220047245
Le Maroc du noir au gris, Syllepse, 1998, ISBN 2907993895
La Mémoire de l'autre, Stock, 1993, ISBN 9954419004
Dans les Prisons du Roi - Écrits de Kénitra sur le Maroc, Éditions Messidor, Paris, 1992, ISBN 2209066409
Écrits de prison sur la Palestine, Éditions Arcantère, 1992, ISBN 2868290590. Éditions Rahma, Alger,1992.
Lutte anti-sioniste et Révolution Arabe (Essai sur le judaïsme marocain et le sionisme), Éditions Quatre-Vents, 1977, ISBN

dimanche 21 novembre 2010

Le PDG d'Eramet invité de RRB

Madoy se permet de publier une retranscription "mot à mot" effectuée par la cellule communication de la province sud sur une interview de Mr Buffet, le PDG d'Eramet, réalisée par RRB le 19 NOV 2010. L'émission étant TRANSPARENCE...


Journaliste : Invité ce midi, le PDG d'Eramet. Patrick Buffet, bonjour !

Patrick Buffet : Bonjour.

Journaliste : Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous le savez, on qualifie souvent la SLN de "Vieille Dame", en Nouvelle-Calédonie. Comment va la Vieille Dame aujourd'hui ?

Patrick Buffet : La Vieille Dame se porte très bien, on a fait un conseil, hier, à Thio, pour bien célébrer le fait que nous avons des racines si anciennes. Vous vous rendez-compte, on s'est installé en 1880, 130 ans de présence ici, à Thio, et puis Doniambo fête ses 100 ans. Les 130 ans de Thio ont été fêtés hier, par un conseil d'administration fait sur place, et aujourd'hui, on va avoir l'occasion d'en reparler, mais la société Le Nickel se porte très bien, a beaucoup de projets et présente depuis 130 ans, elle a bien l'intention d'être en Nouvelle-Calédonie pour le très long terme. Et en plus, la Calédonie est, comme vous le savez, au cœur du futur d'Eramet.

Journaliste : Un mot sur le présent. Vous avez lancé un plan d'amélioration de la compétitivité. On en est où ? Est-ce que les choses se mettent en place normalement, est-ce qu'il va y avoir des diminutions de personnels, comme on l'avait évoqué, il y a quelques temps ?

Patrick Buffet : Le programme d'amélioration de la compétitivité a été lancé dans d'excellentes conditions, avec une concertation sociale, je crois, tout à fait exemplaire, il faut en féliciter tous les acteurs locaux. Nous avons, comme objectif, en 2012, de réduire les cash cost de la société de un dollar la livre, de façon à nous situer en 2012 à la moyenne des cash cost des producteurs de ferronickel au niveau mondial. Un dollar la livre, ça représente environ 10,7 milliards de francs pacifiques. Les économies, c'est un tiers sur la mine, un tiers sur l'usine, l'énergie et un tiers sur les fonctions de supports, en gros. Nous avons prévu d'avoir un effectif cible en 2012 de 2125 personnes. Nous sommes aujourd'hui 2300 ETP et nous sommes complètement, cette année, en ligne avec la réalisation de l'objectif qui, quand même, correspond à terme à une réduction de 13 % des coûts complets de la SLN. Donc, c'est un programme ambitieux, mais réaliste et nécessaire pour qu'on se situe dans la moyenne des producteurs, en termes de compétitivité, compte-tenu de l'arrivée, sur le marché, de nouveaux projets très compétitifs. Il faut, pour assurer la survie et le développement à terme de la SLN, que nous fassions cet effort qui se traduira par une diminution d'effectifs sans aucun licenciement.

Journaliste : Diminution du personnel, mais pas de licenciement, c'est du non-remplacement, en fait ?

Patrick Buffet : Aucun licenciement, non-remplacement. On continue à faire une politique de formation et de maintien des compétences extrêmement développées, 4 % de la masse salariale est consacrée à la formation, et on fait en sorte que la préservation des savoir-faire soit acquise et que nous fidélisions les talents. Je crois que tout ça est totalement en ligne avec nos objectifs, où on a fait le point, justement, au conseil d'hier, et nous sommes exactement "on track", comme on dit en anglais.

Journaliste : Le passé, le présent et l'avenir de la SLN en Nouvelle-Calédonie. On a parlé, ces dernières années, des difficultés qu'allait avoir la SLN avec l'épuisement de ses gisements, avec le vieillissement de Doniambo. vous en êtes où aujourd'hui, quels sont vos projets en Nouvelle-Calédonie ? Est-ce que vous en avez ou la SLN va se désengager ?

Patrick Buffet : C'est très, très simple. Nous, nous sommes des opérateurs industriels et pas des opérateurs financiers. Par conséquent, il est hors de question que, dans le cadre de je ne sais quelle discussion, on puisse nous demander de perdre la majorité au capital de la SLN. Le groupe Eramet doit rester majoritaire pour pouvoir jouer pleinement son rôle d'opérateur industriel, c'est dans l'intérêt de la Calédonie, d'ailleurs, de rester majoritaire dans le capital de la SLN.

Journaliste : Ça veut dire que quand certains responsables calédoniens veulent que la STCPI prenne 51 % du capital de la SLN, c'est une fin de non recevoir de votre part ?

Patrick Buffet : C'est absolument inconcevable, et dans ce cas-là, nous quitterons la Calédonie. Donc, c'est aussi simple que ça. Mais en revanche, je n'imagine pas une seconde que des gens ayant le sens des responsabilités ,et après tout ce que nous avons fait ici, après les 900 millions d'euros d'investissements que nous avons réalisés entre 2000 et 2009 pour moderniser Doniambo, ce qui fait quand même 107 milliards de francs pacifiques entre 2000 et 2009 d'investissements, après toutes les retombées locales qu'il y a eu localement, 83 milliards de francs pacifiques d'impôts payés au territoire de 2000 et 2009, 13 milliards de francs pacifiques de dividendes versés à la STCPI, après la constatation qu'on a beaucoup de projets d'hydrométallurgies…, enfin, un très grand projet d'hydrométallurgie qui comportera plusieurs composantes qui permettra de valoriser tout le domaine minier, mais que nous sommes les seuls à posséder ce projet qui permet de traiter, à la fois les latérites et les garniérites de basse teneur, donc, à assurer la durée de vie de Thio et de Kouaoua, je ne vois pas une seconde qu'on puisse avoir envie que nous quittions ce territoire et que nous nous transformions en simple opérateur financier qui regarde passer les trains. Nous, nous sommes des industriels, pas des financiers, et nous ne sommes les rois des montages financiers sophistiqués. Nous, nous faisons notre travail de façon laborieuse, quotidienne, besogneuse et avec toute la compétence technologique qui est le point fort du groupe Eramet.

Journaliste : L'hydrométallurgie, c'est l'avenir de la SLN. Vous en êtes où dans la maîtrise du procédé, aujourd'hui, parce que vous n'avez pas encore de savoir-faire en la matière ?

Patrick Buffet : En hydrométallurgie, on est, je pense, très en avance sur à peu près tous nos concurrents. Pourquoi ? On a mis au point un procédé hydrométallurgique qui a, comme caractéristique, d'avoir une autonomie énergétique à 90 %, à la différence d'autres procédés où nous sommes autonomes à 90 % en matière énergétique. En termes d'émission de CO2, notre procédé envoie la moitié des émissions de CO2 du procédé HPAL en hydrométallurgie et le tiers des émissions de CO2 d'un procédé pyrométallurgique. Donc on est, sur le plan des émissions de CO2, particulièrement performant sur le plan environnemental. Par ailleurs, nos résidus solides sont non dangereux, ils sont stockables, et on a extrêmement peu d'effluents liquides, uniquement sous forme de traces, et tout à fait inférieur en quantité aux seuils de rejets nationaux et aux règles environnementales de seuils de rejets nationales et internationales. Par conséquent, tout ceci, d'ailleurs, a été reconnu et vérifié. Ce procédé est en plus un procédé à pression atmosphérique, avec une température modérée de l'ordre de 100 degrés. Donc, il n'a pas tous les inconvénients des procédés à haute pression et il peut traiter 50 % de garniérite de basse teneur et 50 % de latérite. Donc, il convient parfaitement bien pour le minerai calédonien, il a d'ailleurs été designé pour ça, il convient aussi pour l'Indonésie, mais il convient parfaitement bien pour traiter tout notre patrimoine minier, tous nos gisements calédoniens.

Journaliste : Qu'est-ce qui manque, maintenant, pour le mettre en œuvre ? À quand une usine hydrométallurgique de la SLN en Nouvelle-Calédonie ?

Patrick Buffet : Nous, nous souhaiterions que dans le grand Sud, nous puissions arriver à un accord avec le groupe Vale, de façon à définir, si vous voulez…, d'abord, un peu d'histoire. Nous avons eu un permis de recherche sur Prony et creek Pernod. Nous avons eu l'obtention de ce permis de recherche début 2009 et puis cette attribution a été annulée fin 2009, suite à des recours de Vale. Nous avons fait appel et on a une décision attendue en appel courant 2012. Mais il faut évidemment qu'on le fasse avec l'accord de la province Sud et des grands responsables politiques calédoniens. Ceci permettrait de prolonger, non seulement la durée de vie de Doniambo qui, sinon, s'arrête en 2040. Doniambo, c'est fini avec les garniérites riches en 2040, si on ne fait rien. Mais surtout, Thio et Kouaoua, les mines de la côte Est, c'est fini en 2020-2025. Donc nous, nous voulons pouvoir avoir mis en place le procédé hydrométallurgique, de façon à pouvoir sauver les mines de l'Est, de Thio et de Kouaoua, avant cette période de 2020-2025 et pouvoir assurer le relai et assurer également le relai de Doniambo et pouvoir, sur la durée, conforter notre présence à très long terme en Nouvelle-Calédonie. Donc, si on fait le timing, ça veut dire qu'il faudrait qu'on lance un projet en liaison avec le groupe Vale, et après discussion avec lui sur le partage des infrastructures, sur le partage des moyens, c'est-à-dire la sous-traitance, c'est-à-dire la maintenance. On peut imaginer une communauté de moyens et un partage d'infrastructures qui nous amènent à autre chose qu'une nouvelle usine dans le Sud, si vous voulez. Il ne faut pas se tromper, ça ne serait pas vraiment une nouvelle usine dans le Sud, ça serait un complexe industriel intégré avec Vale, que nous devrions, à mon avis, étudier, et j'ai demandé à Pierre Alla de prendre contact avec monsieur Poppinga pour pouvoir engager des discussions sur ce sujet et voir si c'est possible de définir une situation de win-win, de gagnant-gagnant, entre les deux groupes industriels. Il faut que ça fasse du sens industriel pour Eramet et pour Vale, et je crois qu'on peut se rendre beaucoup de services mutuels. Les garniérites riches peuvent être traitées à Doniambo. N'oublions pas que le procédé qui est mis en œuvre à Goro ne peut traiter, je crois, qu'une dizaine de pourcents de garniérites, par rapport aux latérites, alors que nous, on peut faire du 50-50, 50 % garniérites, 50 % latérites. Donc, on est très adapté à tout notre domaine minier. J'en profite pour dire que ce domaine minier, vis-à-vis de la pyrométallurgie, vis-à-vis de l'avenir de l'hydrométallurgie et vis-à-vis de nos engagements déjà pris par ailleurs, nous comptons l'utiliser totalement et il n'y a rien qui soit superflu, mines dormantes, mines destinées à rester inutilisées, il n'y a rien de trop, surtout que nous voulons assurer une présence à très long terme du groupe. Et comme on veut assurer une présence à très long terme du groupe, on ne va pas sacrifier du minerai pour créer très peu de valeur ajoutée en Nouvelle-Calédonie, en faisant traiter ça dans un autre pays qui est par ailleurs concurrent de la SLN et qui est concurrent de KNS et qui sera concurrent de Goro en termes de ferronickel. On préfère garder notre minerai pour le traiter en Calédonie et pour faire la valeur ajoutée, c'est-à-dire les emplois, payer les impôts et développer la richesse sur le territoire calédonien.

Journaliste : En clair, vous êtes en train de répondre à André Dang que la SLN n'est pas d'accord pour que son minerai serve à alimenter l'usine de Posco en Corée du Sud ?

Patrick Buffet : Je ne peux pas imaginer une seconde que monsieur Dang, puisque vous parlez de lui, mais je ne vais pas personnaliser, que la SMSP n'ait pas pris des engagements vis-à-vis de Posco, sans être sûre qu'elle pourrait les tenir en termes de fournitures de minerai. Le groupe Eramet, quand il prend des engagements, généralement, il les prend en toute connaissance de cause. Donc, je ne peux pas imaginer qu'il n'ait pas les moyens, dans le patrimoine minier de la SMSP, de remplir ses engagements. Mais, ceci dit, il peut y avoir des problèmes ponctuels. Quand il y a des problèmes ponctuels, nous aidons à les résoudre. Nous avons envoyé plusieurs bateaux de minerai, à la SMSP, pour l'aider à tenir ses engagements vis-à-vis de Posco. J'espère bien que si un jour on a des problèmes, la SMSP nous rendre la pareil et que nous pourrons nous entraider. L'entraide entre mineur me paraît tout à fait nécessaire, de même que la mise en place des synergies entre mineurs sur le territoire. Et ça, je crois que les élus calédoniens ont eu bien raison de créer ce groupe de travail que j'ai moi-même appelé de mes vœux, plusieurs mois avant qu'il ait été annoncé, en associant les industriels, de façon à ce qu'on puisse optimiser la création de valeur ajoutée locale. Il faut qu'on fasse, d'ailleurs, faire, et nous, nous en avons fait, des calculs précis sur la création de valeur ajoutée locale par les différentes filières. Nous avons des papiers prêts à être discutés, on voit à quel point, en développant des positions métallurgiques et minières locales et en investissant localement, on crée infiniment plus de valeurs ajoutées, de richesses et d'emplois, plutôt que de servir un concurrent qui va être d'autant plus dangereux comme concurrent d'ailleurs, qu'on va probablement, le colloque l'a montré cette semaine, avoir une suroffre dans les années qui viennent de nickel, par rapport à la demande, et beaucoup de projets arrivent en démarrage en même temps. C'est pas le moment de se créer un concurrent supplémentaire.

Journaliste : Ce comité stratégique industriel, qui a été mis en place autour d'Anne Duthilleul, décision prise lors du dernier comité des signataires de l'Accord de Nouméa. Selon vous, les opérateurs métallurgiques doivent y être associés directement ? La SLN, qu'est-ce qu'elle en attend, pour l'instant ? Elle est associée, elle a déjà participé à ces premières réunions, à sa mise en place ?

Patrick Buffet : C'est une excellente initiative pour assurer une cohérence dans la durée des projets miniers et métallurgiques, et de l'action des opérateurs et des provinces. Vraiment, il faut assurer cette cohérence entre l'action des opérateurs et des provinces. Ce schéma industriel, garant d'une cohérence à long terme, tout ça, c'est une très bonne idée. C'est fondamental qu'il en ressorte une vision claire, j'y reviens parce que c'est la clé de tout, c'est comment créer le maximum de valeur ajoutée locale, apportée par les industriels du nickel sur le territoire, en termes d'impôts, d'emplois, de sous-traitances, etc. Et ça, je crois que ça doit être la retombée fondamentale de ce comité. Nous n'y sommes pas, et je le regrette, partie prenante directe, c'est-à-dire que pour moi, un comité stratégique industriel aurait dû associer les industriels. C'est bizarre d'avoir un comité stratégique industriel sans les industriels. Mais, disons, j'avais proposé, moi, qu'ils soient présents. Mais, disons qu'ils sont consultés. Donc, ils vont continuer à l'être. J'ai moi-même vu madame Duthilleul, mes équipes l'ont vu, on continuera à la voir, à l'alimenter en réflexion, etc., en fonction de ce qu'elle nous demandera. Mais je trouve que ça aurait pas été plus mal qu'on soit tous autour d'une table, plutôt que d'être auditionné comme ça, à la demande des politiques, parce que finalement, vous avez trois grands groupes internationaux quottés en bourse et j'insiste sur un point : nous avons nos propres contraintes. Nos propres contraintes, elles sont quand même liées au fait que nous devons respecter l'intérêt social de nos sociétés. La veuve de Carpentras, comme on dit souvent, ou un plus gros actionnaire indépendant anglo-saxon ou l'État français qui ont investi chez nous, eh bien, ils ont besoin d'être sûrs que nous prenons des décisions qui sont conformes à l'intérêt social de la société, sinon, nous sommes répréhensibles en tant que mandataires sociaux. Et je pense que le président de Vale vous dirait la même chose et le président d'Xstrata vous dirait la même chose.

Journaliste : De son côté, Pierre Frogier vous a un peu répondu par avance en disant, lors du colloque sur le nickel, que le but de ce schéma métallurgique et minier, ce n'était pas d'optimiser la productivité et la rentabilité des groupes métallurgiques, mais d'être au service de la population calédonienne et des Calédoniens. C'est aussi quelque chose que vous pouvez comprendre de la part des responsables politiques calédoniens ?

Patrick Buffet : Je comprends tout à fait la position qui est exprimée par monsieur Frogier, que je trouve très éminemment respectable. Je pense qu'il a raison de défendre, tout à fait, cette mise en cohérence dans la durée des projets miniers et métallurgiques, surtout que la Calédonie va devenir un très grand pays producteur par rapport à l'action des opérateurs. Il y a du win-win à faire, et donc, du gagnant-gagnant, entre la province et les opérateurs, il y a des synergies à mettre en place, il y a des utilisations communes d'infrastructures, il y a des non duplications d'investissements à repérer, il y a probablement également des synergies, une politique de sous-traitances sur laquelle il faut qu'on réfléchisse, associant les tribus, c'est très, très important. Il faut qu'on associe les tribus dans la politique de transport et de sous-traitance, qu'on ait une vision très claire. Il y a peut-être des mises en commun de moyens dans d'autres domaines, comme la maintenance, je ne sais pas. En tout cas, chacun doit néanmoins respecter, dans le cadre de ces instances de décisions, c'est-à-dire de ces conseils d'administrations, comme on est trois groupes privés, quand même, qui agissent sur le territoire, eh bien chacun, même si l'État est présent dans le capital en ce qui nous concerne à hauteur de 26 %, mais nous sommes un groupe privé, comme l'est Vale, comme l'est Xstrata, eh bien, nous devons tenir compte des exigences de la gestion d'un groupe privé normal et la Calédonie ne peut pas être le seul pays au monde où les groupes privés agissent en fonction de règles normales, dictées par le droit des affaires internationales. On ne peut pas s'isoler du monde totalement. Ceci dit, je comprends totalement qu'il faille aussi assurer une harmonisation des règles du jeu, de façon à ce que tout cela aille dans le sens d'un bien-être collectif renforcé pour les Calédoniens et la Nouvelle-Calédonie. Et la clé, c'est de mettre en commun tout ce qui peut favoriser la Calédonie, également sur le plan de la réglementation, sur le plan environnemental, sur le plan du reste. Moi, je tiens beaucoup à ce qu'on fasse du développement durable et à ce qu'on respecte l'environnement de la façon la plus efficace et qu'on aille dans le sens d'un développement durable favorable aux Calédoniens, en créant de la richesse sur place et non pas en créant de la richesse à l'extérieur du territoire. Je prends un exemple : l'usine de Goro, par exemple, elle a un capital qui est détenu majoritairement par des Brésiliens, par le groupe Vale, mais c'est une usine calédonienne qui paye des impôts en Calédonie, qui emploie des Calédoniens. Nous, on a dans le groupe Eramet des filiales aux États-Unis qu'on détient majoritairement. Ben c'est quand même des sociétés américaines qui payent des impôts aux États-Unis et qui créent de la valeur aux États-Unis. Moi, ce que je veux, c'est créer de la valeur sur le territoire de la Calédonie.

Journaliste : Pierre Frogier vous a également interpellé directement…, enfin interpellé Eramet directement, lors de cette conférence nickel, en rappelant son souhait de tenir l'application du protocole de juillet 2010, un protocole qui prévoyait, a-t-il dit, de donner à la SLN une personnalité propre au sein du groupe. On sait que c'est un problème un peu récurent, il vous a interpellé à plusieurs reprises sur ce sujet. On en est où et quelle réponse est-ce que vous avait pu lui apporter ?

Patrick Buffet : J'ai déjà apporté beaucoup de réponses. Je dirais que là-dessus, l'essentiel est fait, parce que dès que je suis arrivé en 2007, j'ai tenu personnellement à ce qu'on bouscule les choses qui avaient traîné depuis très longtemps et à ce qu'on donne tout de suite la minorité de blocage à la STCPI au sein de la SLN. C'est moi qui l'ai fait en juillet, par une assemblée générale, deux mois après mon arrivée.

Journaliste : Avec 34 % dans…

Patrick Buffet : 34 %. Ensuite, la STCPI a 4 % du capital d'Eramet, avec deux administrateurs sur 15. Il y a des gens qui, chez nous, ont des proportions beaucoup plus importantes du capital et qui n'ont pas d'administrateurs. La STCPI, elle n'a que 4 % du capital, et elle a donc un fantastique poste d'observation et de contrôle, dans toute transparence de ce que fait le groupe Eramet au sommet, et elle a deux administrateurs. J'observe qu'on est les seuls, ici, je ne crois pas que Vale ou Xstrata ait, dans leur conseil d'administration, je ne leur reproche pas d'ailleurs, mais c'est comme ça, des représentants de la Calédonie. Eh bien, Eramet a deux représentants sur 15, deux administrateurs sur 15 qui sont Calédoniens. Donc, ils sont au courant de tout, de tous nos projets et ils sont associés depuis plus de 10 ans à la gestion du groupe Eramet, ainsi qu'à la gestion de la SLN par leur présence très forte et maintenant une minorité de blocage au sein de la SLN. Mais c'est pas tout. J'ai créé, moi-même, c'est moi qui ai pris l'initiative de ça, une "corporate governance", un gouvernement d'entreprise modernisée, avec un comité stratégique, où la STCPI est très représentée, un comité d'audit dont la STCPI détient la présidence, c'est Paul Maes qui est président du comité d'audit, un comité des rémunérations qui se réunissent tout le temps, qui définissent les rémunérations des mandataires sociaux, qui regardent tous les contrats de commercialisation et de management. D'ailleurs, en ce moment, on est en train e tous les revoir. Et, en parfaite cogestion sur toutes ces questions, nous définissons ce qui est raisonnable pour les liens qu'il y a entre le groupe maison mère Eramet et la SLN. Et je crois que nous avons une "corporate governance" de sociétés quottées au CAC 40 ou à Wall Street, avec des comités spécialisés, et je crois qu'il y a très, très peu de groupes dans lesquels, pour une société non quottée, filiale détenue majoritairement par une maison mère, vous avez l'équivalent. Donc, je crois que les 34 %, la présence dans la maison mère au sommet, les deux administrateurs sur 15 au capital d'Eramet, le fait que Pierre Alla, directeur général ici ait plein de délégations et qu'il puisse prendre plein d'initiatives, sans jamais que nous ayons la moindre épaisseur de papiers à cigarette de divergences d'appréciation entre nous, il suffit qu'on se parle pour que…, de temps en temps, au téléphone, y compris le week-end, et on se comprend immédiatement et on est parfaitement dans la même ligne l'un avec l'autre. Donc, on est comme les deux doigts de la main, tout ça fonctionne parfaitement, et les administrateurs de la STCPI sont informés en temps réel de tout. La preuve, ils peuvent complètement…, ils ont accès à toute l'information de façon transparente et ils peuvent totalement influencer sur nos contrats de commercialisation, qui sont d'ailleurs tout à fait favorables et qui le seront in fine de façon…, au conseil d'administration, vous verrez, ça sera très vite entériné sur la base d'un accord qui satisfera tout le monde, y compris pour les contrats de management, pour la recherche, pour tous les apports du groupe à la SLN. Donc, vraiment, on ne peut pas nous faire le reproche de ne pas être allé dans le sens du développement de la…, mais il peut y avoir encore d'autres choses à faire, j'y suis ouvert, je suis ouvert à toutes réflexions qui s'ouvriraient sur ce thème, là, à la demande de Pierre Frogier. Je suis ouvert à toutes discussions avec lui, dans les plus brefs délais. Si, dans le mois qui vient, Pierre Frogier veut que nous accélérions ensemble la discussion pour que dans un mois, nous ayons complètement bouclé quelque chose qui le satisfasse, je suis à sa disposition.

Journaliste : Un mot sur Weda Bay, le projet en Indonésie, est-ce qu'il ne risque pas de se faire au détriment des projets que vous avez en Nouvelle-Calédonie ?

Patrick Buffet : Absolument pas. Je voudrais dire plusieurs choses : c'est pas la trésorerie de la SLN, c'est pas l'argent de la SLN qui sert au financement de Weda Bay. Pas du tout, c'est le groupe Eramet. Donc, il y a zéro financement par la Calédonie du projet Weda Bay, en Indonésie, premier point. C'est quand même un truc qu'il faut dire de façon honnête. Deuxièmement, on a une prise de décision sur Weda Bay, à prendre pour fin 2012. Là, on aura affaire à la "bankable feasibility study". Troisièmement, nous ne sommes pas sûrs de faire Weda Bay, nous sommes au stade des études. Ça va beaucoup dépendre de mon dialogue que j'ai déjà commencé avec le président de la République indonésien et je compte aller le voir, à nouveau, au milieu de l'année prochaine, nous aurons plusieurs réunions et toute une négociation à tenir sur les garanties fiscales, etc., sur beaucoup d'autres points. Et donc, le projet Weda Bay, pour le moment, ce n'est qu'un projet à l'étude. Troisièmement, nous sommes avec Mitsubishi, qui est un partenaire très utile, et avec Hunt Am, le grand groupe indonésien dans ce projet. Je pense que si on le décide fin 2012, il rentrera en production comme la nouvelle centrale qui sera, soit au charbon, soit au gaz, en Nouvelle-Calédonie, ça devrait entrer en production, 2016-2017, Weda Bay. Ça va être une année riche. Et à ce moment-là, on fera pas les 65 mille tonnes tout de suite, on va faire 35 mille dans une première phase et puis on fera les 30 mille tonnes de la deuxième phase, peut-être six à huit ans plus tard. Et ça laisse le temps de faire un projet en Nouvelle-Calédonie entre les deux. Comme ça correspond très bien au minerai calédonien, on bénéficiera du retour d'expérience de l'Indonésie, ça sera parfaitement calibré, si on entre en production en 2020-2025, pour sauver Thio et Kouaoua, et ça sera la dernière limite. Ça voudrait dire que, comme il faut faire un peu de recherche et d'exploration avant, il faudrait qu'on prenne la décision pas trop tard quand même sur Prony creek Pernod, disons, en 2012 au plus tard, de façon à faire les travaux de recherches préparatoires. Il y a quatre ans de construction, à peu près. Donc, si on veut rentrer en production dans les années 2020, il faudrait que la décision soit prise après les travaux de recherches préparatoires, disons, au plus tôt, vers 2016. Entre maintenant et 2016, on a le temps de faire pas mal de reconnaissances et de reconnaître le gisement, de faire tout le boulot à nos frais, et ensuite on va s'engager dans le cadre d'un complexe que je voudrais partager avec Vale sur le plan industriel encore une fois, il s'agit pas de faire une nouvelle usine tout seul dans notre coin. Pas une usine de plus dans le Sud, un complexe industriel intégré. Et ça nous rapprochera beaucoup par ce partage de moyens et d'infrastructures du groupe Vale, ce qui me paraît une très bonne chose. J'ai beaucoup de respect pour monsieur Agnelli et pour toutes ses équipes. Et donc, nous pourrons ainsi avoir vraiment le relai de l'hydrométallurgie, mais variété Eramet, c'est pas le même procédé encore une fois, et ça, on peut pas le partager évidemment avec Vale, il a son procédé, nous avons le nôtre, et chacun gardera son procédé. Et nous, nous serons prêts pour sauver Thio et Kouaoua dès 2020, dès 2025. Et nous serons intervenus en hydrométallurgie en Calédonie, après la première phase indonésienne, ce qui, encore une fois, nous permettra d'éviter les péchés de jeunesse et bénéficier des retours d'expériences avant qu'éventuellement on fasse une seconde phase en Indonésie. Vous voyez, nous avons un timing extrêmement précis, un avenir très balisé, il faut maintenant qu'on ait le soutien des hommes politiques locaux.

Journaliste : Vous avez confiance dans le nickel, après les années difficiles qu'on vient de traverser, où en sont les cours aujourd'hui ?

Patrick Buffet : Les cours étaient au-dessus de 10 dollars, la livre. On est descendu, hier, à 9,70, il y a eu une baisse des cours d'un peu tous les métaux d'ailleurs. On est à 9,70, bon, on n'est pas très loin des prix de long terme dégagés par les analystes au cours actuel. Les cours LME sont pas très éloignés des prix de long terme envisagés par les (?), les Macquarie, etc. Je pense qu'il y a un bel avenir dans le nickel. Je pense que la consommation d'inox, l'année prochaine, devrait être de l'ordre de 3 à 4 %, en augmentation. Il y a un bel avenir pour le nickel, mais, attention, on va vivre des années difficiles, là, et ça tous les experts du colloque très intéressant qui a eu lieu à Nouméa, l'ont montré ces derniers jours, on va vivre des années difficiles parce que beaucoup de projets vont rentrer en production en même temps. Il va y avoir évidemment le projet KNS en 2012, il y a Goro, donc, trois projets en Calédonie. Nous, on va monter en production puisqu'on va passer à 60 mille tonnes de production en 2012, et j'espère à 65 mille tonnes de production en 2014. Ça fait quand même plus 27 % d'augmentation par rapport à 2008. Mais il y a Onca Puma, il y a Barro Alto, il y a Ambatovy, il y a l'arrêt de la grève chez Vale de Sudbury et Voysey's Bay. Il va y avoir les nickels pig iron chinois qui vont s'installer à 150 mille tonnes par an, à peu près, en rythme annuel, entre 130 et 150. Donc, on risque d'avoir un supplément d'offres sur la demande. Sur le premier semestre 2011, on pense qu'on sera, à peu près à l'équilibre, mais au second semestre 2011, on risque d'avoir un excès d'offre sur la demande qui peut faire baisser les prix. Certains experts disaient même à 7 dollars la livre, je ne sais pas. Moi, je ne fais pas de prévisions là-dessus, je laisse les experts s'exprimer, mais enfin, c'est ce qu'ils ont dit pendant le colloque. Et donc, on risque d'avoir, dans les cinq années qui viennent, de l'ordre de plus de 400 mille tonnes d'offres supplémentaires, ce qui représente à peu près 15 % de la demande, ce qui est quand même considérable. Donc, des années difficiles dans les cinq ans qui viennent et puis après, compte-tenu de la baisse des teneurs, compte-tenu de la baisse des teneurs, compte-tenu du fait que les gisements riches s'épuisent, alors, là, on a un magnifique avenir à long terme chez Eramet, parce que notre procédé hydrométallurgique permet justement de traiter des minerais oxydés à basse teneur, et là, les barrières technologiques vont jouer beaucoup. Les coûts de l'énergie auront beaucoup augmenté, et comme on est à 90 % immunisés par rapport au coût de l'énergie par notre procédé hydrométallurgique, on aura un avantage compétitif majeur. Donc, je suis très positif sur l'avenir à long terme du nickel, surtout pour Eramet, par contre, on va vivre des années qui vont être probablement beaucoup plus difficiles.

Journaliste : Eramet, justement, comment ça va ?

Patrick Buffet : Le groupe lui-même va bien. Le manganèse est devenu la première source de profit du groupe et le nickel… Mais par contre nous investissons, regardez au premier semestre, nous avons un tiers du chiffre d'affaire du groupe au premier semestre 2010 qui a été fait par le nickel et par contre 45 % des investissements du groupe ont été faits dans le nickel. Donc, on investit plus que la part dans le chiffre d'affaires dans le nickel. Mais, enfin le manganèse se développe très bien, on va passer…, je vais pas vous décrire tous nos projets dans le manganèse au Gabon, mais la République du Gabon a souhaité passer à 35 %, avoir la même minorité de blocage dans la Comilog, qui est la société spécialisée dans le manganèse, que la minorité de blocage qu'a la STCPI dans la SLN. J'ai donné mon accord pour que ça se passe jusqu'en 2015 de façon progressive. Donc, en 2015, la République gabonaise aura sa minorité de blocage dans la Comilog, comme aujourd'hui la STCPI l'a déjà dans la SLN. Et la République gabonaise aimerait aussi avoir, comme l'a déjà la STCPI chez Eramet, de l'ordre de 4 % du capital du groupe Eramet. C'est très bien que nos grands partenaires, et c'est une spécificité d'Eramet, soient associés avec des minorités de blocage dans les filiales opérationnelles avec une très forte "corporate governance" qui leur donne droit accès à toute l'information et au partage des décisions stratégiques et aux contrôles de gestion et puis qu'elles soient aussi au sommet, avec des administrateurs qui permettent d'être associés à la gestion d'ensemble du groupe. C'est aussi une diversification patrimoniale intelligente, parce qu'un territoire qui ne reposerait que sur le manganèse ou que sur le nickel, franchement, c'est un peu dangereux. Je pense que la participation que la Calédonie a dans Eramet, elle est aussi utile, parce ça l'associe au profit du manganèse. Quand le nickel va bien, c'est très bien d'être mono-nickel, mais quand le nickel, qui a déjà eu des années noires, j'en ai connues quand j'étais au ministère de l'industrie dans les années 82 et qu'on a dû sauver la SLN à l'époque, puisqu'à l'époque I-METAL et Eramet voulaient s'en aller à toute vitesse et on a dû faire rentrer l'ERAP et sauver la SLN à l'époque, j'y ai participé très étroitement, ben ça peut se reproduire des années difficiles du nickel. Et à ce moment-là, il vaut mieux être plus diversifié. Je pense qu'il faut que dans une saine optique de diversification du patrimoine, la Nouvelle-Calédonie pourrait avoir avantage à participer au capital d'un groupe comme Eramet, comme elle le fait d'ailleurs, qui touche à d'autres métaux, qui, eux, peuvent aller très bien quand le nickel va mal. Donc, une saine diversification des risques, c'est comme pour un particulier, c'est toujours à privilégier.

Journaliste : Et la diversification d'Eramet, elle-même, elle lui a permis, d'ailleurs, de passer la crise ?

Patrick Buffet : Oui, oui, très bien.

Journaliste : Sans trop de difficultés ?

Patrick Buffet : Si vous voulez, nous avons renoué, nous avons dégagé 341 millions d'euros de résultats opérationnels courants, donc notre EBIT au premier semestre, je viens d'annoncer que nous avions…, nous projetions d'avoir à peu près le même niveau de résultat opérationnel courant pour le second semestre. Ça nous situe, évidement, après les pertes de l'année dernière, mais après une restructuration extrêmement lourde de la branche alliage avec, là, des licenciements, les chômages partiels, avec…. En Calédonie, on n'a fait aucun licenciement, on n'a fait aucun chômage partiel. En France, on a fait beaucoup de licenciements, des chômages partiels et on y est allé très fort dans la restructuration de la branche alliage, il fallait le faire, nous avons redressé le tir. Maintenant, tout le monde gagne de l'argent, toutes les branches gagnent de l'argent, personne ne ponctionne personne, d'ailleurs, et l'argent du nickel ne sert pas à financer le développement de la branche alliage, ni ceux de la branche manganèse. Et donc, nous veillons beaucoup à ce que les choses se passent de la façon la plus cohérente, même s'il est logique qu'à un certain moment, de la trésorerie puisse remonter au niveau du groupe, puisque c'est la vie normale des entreprises. Et le moment venu, il faudra bien que de la trésorerie remonte tout en laissant l'argent nécessaire au sein des grandes filiales pour financer leur propre développement d'investissement. Il faudra bien que les trésoreries accumulées aux seins des filiales puissent, dans les règles logiques de gestion des sociétés, remonter au niveau des maisons mères pour assurer le développement du groupe et diversifier vers les métaux critiques, vers les terres rares, vers tout ce que la commission européenne a défini comme des métaux stratégiques, des filières stratégiques, dont on ne peut pas être totalement absent, au risque d'être totalement dépendant, par exemple, sur les terres rares des Chinois qui font 95% de la production. Je crois que c'est notre intérêt collectif, c'est une façon aussi de développer des procédés de recherches et de développement, qui serviront en retour au nickel par la voie hydrométallurgique que nous développerons sous différentes facettes. Et cette fertilisation croisée au niveau de la recherche, entre la recherche minière et la recherche métallurgique, permet d'apporter énormément à une société comme la SLN. Donc, il y a un retour, là aussi, très très positif pour affiner notre (?) dont profite pleinement la SLN. La Calédonie, c'est vital pour le groupe, vital pour le groupe Eramet, ce sont nos origines, c'est le berceau de notre activité et ça sera le futur d'Eramet que de développer brillamment de nouvelles composantes d'activité qui prendront le relai de Doniambo le moment venu. Nous travaillons pour nos petits-enfants et c'est pour ça que ça me fait, quand même, une drôle d'impression, quand on envisage de nous amputer notre domaine minier, parce que notre domaine minier, on est pratiquement les seuls à avoir les procédés nécessaires pour leur en faire de la création de valeur ajoutée locale. Et cette création de valeur ajoutée locale, c'est de la richesse et des emplois pour nos petits-enfants et les enfants de nos petits-enfants. Il faut savoir gérer en bon père de famille sur le long terme, et pas privilégier des gains de court terme qui font, peut-être, faire beaucoup d'argent à très court terme et puis qui sacrifie l'avenir. Nous, nous ne sacrifierons jamais le court terme au long terme, et j'espère que tout le monde réagit de la même façon en Nouvelle-Calédonie.

Journaliste : Patrick Buffet, merci d'avoir accepté cette invitation. Encore un mot, ce soir c'est la fête, c'est l'anniversaire de la SLN, vous y participerez ?

Patrick Buffet : Bien sûr. Et je dirais quelques mots et vous serez tous invités, on sera plus de mille, ça va être une grande fête.

Journaliste : Merci.

mercredi 17 novembre 2010

35e Congrès du PALIKA - Lifou les 11, 12 et 13 novembre 2010: Les motions...

MOTION N° 1 "POLITIQUE GENERALE"

Le XXXVème congrès du PALIKA s’est tenu à KEJËNY – DREHU les 12, 13 et 14 novembre 2010. Les instances du parti, les militants et les responsables ont fait état de l’important travail d’évaluation qu’ils ont effectué sur l’impact du processus de l’accord sur la situation de KANAKY.
Cette évaluation politique effectuée à mi chemin de la durée de l’ADN confirme pour le PALIKA :
· que le processus de l’ADN pose véritablement les termes de la décolonisation et de l’émancipation de KANAKY, pour préparer son accession à la pleine souveraineté et à son indépendance.
· Les quatre principes qui fondent le projet de société sur la base desquels il appelle les citoyens à travailler :
o La rupture avec les rapports de domination et d’assujettissement de type colonial dans la gouvernance des populations et du pays
o Le respect et la valorisation de l’identité kanak et les valeurs océaniennes au cœur d’une citoyenneté partagée entre tous dans un destin commun
o Le respect des populations locales avec la préservation d’un rapport de qualité avec un environnement riche en biodiversité
o La valorisation des ressources naturelles et la création de ressources financières nécessaires à la diversification d’une économie viable capable de répondre aux besoins des populations dans la durée.
Le 35ème congrès du PALIKA appelle à la mobilisation des militants et des structures pour réussir pleinement ce processus dans deux directions politiques fondamentales :
· Poursuivre la construction du projet de société
· Appeler les citoyens à s’engager ensemble dans ce défi pour construire le pays.
La mise en œuvre du processus de l'ADN opère une transformation globale de la société calédonienne et amène des mutations profondes dans le pays. Il faut poursuivre les efforts consentis dans le cadre des politiques publiques pour réduire les déséquilibres, les inégalités, conditions nécessaires à la construction de la citoyenneté.
Le XXXVème Congrès a déterminé :
· dans le cadre de la construction du destin commun, Le foncier, son développement ainsi que le rôle des instances coutumières constituent les points essentiels à traiter pour permettre l'expression pleine de l'identité kanak, le rapport qu’il entretien avec les autres citoyens dans le cadre de la communauté de destin.
· dans le domaine de l'aménagement, du développement économique et dans la perspective du développement durable. La poursuite du rééquilibrage général et intérieur de la, le traitement des effets induits, les moyens pour résoudre le désenclavement et les problèmes de déserte, la création des activités économiques structurantes au niveau global et local la valorisation du potentiel naturel du Pays, l’appropriation des outils mis à disposition sont les principaux axes de travail.
· dans le domaine de l'enseignement, de la formation de l'insertion et de la jeunesse. Le grand débat sur l'école est un projet important pour construire l’école de demain. Les besoins exprimés par la jeunesse en matière de formation, d’information et la lutte contre les différents fléaux qui minent notre société, sont les priorités.
· pour les grands chantiers ouverts par l'ADN en particulier ceux initiés par le 8ème comité des signataires. Le PALIKA s’organise pour les faire aboutir.
La situation politique du pays a été examinée. Le XXXVème Congrès constate le développement depuis les élections provinciales 2009 des stratégies à l’initiative des partenaires locaux. Il dénonce ces stratégies en ce qu’elle constitue un frein à l’application loyale de l’Accord de Nouméa dans son esprit et sa lettre mais aussi dans la mise en œuvre des orientations présentées par le gouvernement dans sa déclaration de Politique Générale approuvé unanimement par l’ensemble des formations politiques.
Pour le PALIKA, la situation du Pays exige que les chantiers ouverts pour réformer le Pays préparer le transfert des nouvelles compétences demeurent la priorité sur laquelle il appelle les instances et responsables a travaillé. C’est à ce prix que les enjeux liés aux dispositions prévues au point 5 de l’ADN pour traiter, du transfert des 5 compétences régaliennes, de l’accès du Pays à un statut international de pleine responsabilité et de l’organisation de la citoyenneté en nationalité seront correctement approprié et porté par les citoyens.
Le XXXVème Congrès engage le parti à contribuer avec détermination aux travaux des 3 comités constitués à la suite du 8ème comité des signataires pour travailler :
o l’élaboration du Schéma stratégique industriel de la Nouvelle-Calédonie
o le Bilan à mi-parcours de l’ADN
o l’approfondissement des éléments de discussion dans la perspective de la consultation prévue après 2014 à l’aide de présentation théorique et pratique en particulier d’exemple pris auprès des Pays insulaires du Pacifique et de l’ONU.
Le XXXVème Congrès appelle ses responsables :
o à faire aboutir le grand débat sur l’école pour la construction du Pays ;
o à faire en sorte que le drapeau politique porté par le FLNKS soit admis comme drapeau identitaire du Pays et que Kanaky-Nouvelle-Calédonie en devienne le nom ;
o à poursuivre le travail sur les listes électorales pour intégrer ceux qui sur le tableau annexe, réunissent les conditions pour voter au référendum d’autodétermination et qui sont exclus de la liste spéciale.
o à promouvoir les objectifs du développement durable dans le cadre des politiques publiques en s’appuyant notamment sur les avancées obtenues notamment à l’échelle internationale suite à la dernière conférence de Nagoya au Japon.
Le XXXVème congrès du PALIKA a confirmé le rôle important joué par le Parti et ses responsables dans la mise en œuvre du processus. Il constate que les militants se sont investis depuis le dernier Congrès dans la construction d'une plus grande cohésion interne et appelle ses militants à poursuivre ce travail pour rétablir la capacité politique du PALIKA. En ce sens, Il engage ses militants à s'investir à tous les niveaux de la société pour porter les positions du PALIKA tout en veillant à la cohérence dans la conduite des positions et des actions politiques.
S'agissant du FLNKS, le XXXVème Congrès réaffirme qu'il constitue un outil important dans le cadre de la réalisation d'un rapport de force favorable à l'accession du pays à la souveraineté et à l'indépendance. Il constate que les dissensions internes actuelles nuisent profondément à l’accomplissement de sa mission générale. Pour le PALIKA, il doit pour cela clarifier la situation interne, le rôle des partis le composant, définir les missions qui lui sont assignées et revoir son organisation et son fonctionnement. Le PALIKA apportera sa contribution en ce sens au Congrès du Front prévu le 4 décembre 2010.
Le XXXVème Congres du PALIKA réaffirme que la construction du destin commun demeure le défi majeur dans la construction de la souveraineté et de l'indépendance. Il demande à ses militants de continuer à s'investir dans toutes les initiatives qui concourent à cet objectif, notamment dans le travail dans le cadre de la démarche d’ouverture.



MOTION N° 2 "PORTAGE POLITIQUE DE L’ACCORD DE NOUMEA"

Réuni pour son 35ème congrès à KEJËNY – DREHU, le PALIKA réaffirme l’ADN comme feuille de route dans le processus de décolonisation et la construction de son objectif politique d’Indépendance kanak révolutionnaire socialiste (IKRS).
Dans ce sens le PALIKA reconfirme l’engagement de l’ensemble de ses structures, de ses militants et sympathisants à porter les positions et motions adoptées à ce 35ème congrès sur tous les terrains de lutte investis parmi les forces vives du Pays, auprès des partenaires du FLNKS et dans la démarche d’Ouverture Citoyenne (OC) ou d’Union Nationale pour l’Indépendance dans la Diversité (UNID).
L’action politique que le 35ème congrès a permis de conforter, va traduire la détermination du PALIKA à contribuer concrètement à donner corps au projet d’une société plus équitable qu’une mise en œuvre résolue de l’Accord de Nouméa devrait permettre de construire.
Le 35ème congrès du PALIKA reconfirme le FLNKS dans son rôle :
- de représentation sur le plan des relations extérieures avec l’ONU, les instances régionales dont le FER DE LANCE,
- de suivi de la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa,
- et d’acteur, en tant que signataire de la réussite de l’Accord de Nouméa.
Pour sa part le PALIKA réitère :
- sa proposition de création d’une cellule auprès du BP du FLNKS pour le suivi des relations extérieures du Front,
- et sa position en faveur de l’intégration de la NC au groupe FER DE LANCE en tant que pays mélanésien.
S’agissant de l’organisation et du fonctionnement du FLNKS, le 35ème congrès du PALIKA exige que les membres du bureau politique mandatés par leurs partis respectifs assument pleinement leur responsabilité pour plus de cohérence dans le portage politique de l’Accord de Nouméa.



MOTION N° 3 "IDENTITE KANAK"

Le XXXVème congrès du PALIKA réuni à KEJËNYI – DREHU, les 12, 13 et 14 novembre 2010 réaffirme sa volonté de poursuivre son engagement en faveur de la promotion et de la valorisation de l’identité kanak dans le cadre de l’Accord de Nouméa. Comme cela a été mentionné au congrès de Cata (Vook).
Le PALIKA appelle ses militants à s’investir là où c’est nécessaire, pour restructurer et conforter l’organisation sociale kanak pour que l’autorité coutumière reprenne toute la place qui lui revient, afin d’être en mesure de relever tous les défis actuels et à venir.
Ainsi le XXXVème congrès du PALIKA demande à ses militants de poursuivre et d’achever avant 2014 la mise en place des registres des chefs de clans, de chefs, grands chefs, présidents de conseil de clans.
La collecte du Patrimoine notamment sur l’histoire des clans, la généalogie, les cahiers des chefferies, outils nécessaires à la clarification pour stabiliser la cohésion sociale doit se faire en collaboration avec l’ADCK, objet de transfert pendant cette mandature.
Le PALIKA demande à ses militants investis dans le développement économique d’utiliser les baux de location comme instrument adéquat pour favoriser le développement économique en terres coutumières.
Le Fonds de garantie en terres coutumières prévu dans l’Accord de Nouméa doit être mis en place pour satisfaire l’investissement en milieu tribal.
Le XXXVème congrès du PALIKA demande que L’ADRAF fasse l’objet de transfert pendant la mandature et doit continuer à gérer la question foncière dans le cadre de ses nouvelles attributions.
Le XXXVème congrès du PALIKA recommande vu l’importance de la question identitaire kanak un suivi attentif et régulier par aire linguistique par le bureau politique. Un bilan d’étape sera demandé pour acter l’état d’avancement du dossier.



MOTION N° 4 "ENSEIGNEMENT/ FORMATION/ INSERTION ET JEUNESSE"

Réuni à son XXXVème Congrès à Kejenyi, nöje drehu les 12, 13 et 14 novembre 2010, le parti de libération kanak a examiné les questions relatives à la jeunesse en rapport avec les problématiques de l'enseignement, de la formation et de l'insertion, ainsi que ceux liés à l'éducation.
Concernant l'enseignement, le Palika réaffirme son soutien à la démarche du « grand débat » dans l'élaboration du « projet de l'école de demain », conformément à la mise en œuvre de l'ADN et au discours de politique générale du président du gouvernement collégial.
Il rappelle que ses militants ont activement participé à ce chantier et propose la mise en place d'un groupe de travail chargé de faire le point, afin d'éclairer les militants du parti après le « miroir du débat ».
Le Palika constate par ailleurs que parallèlement au « grand débat », un autre projet initié par la ministre chargée de l'enseignement tend à contrecarrer l'initiative du gouvernement collégial.
Le Palika dénonce ce projet qui risque d'abroger les acquis de la loi de 2005, celle qui place les langues et cultures kanak en tant que langues d'enseignement tel que prévu dans l'Accord de Nouméa.
Le Palika condamne aussi l'entêtement du ministre de l'enseignement à vouloir faire passer son projet de loi avant le 31 décembre 2010 alors que le « miroir du grand débat » sur l'école doit être rendu public en mars 2011.
Concernant la formation et l'insertion, le XXXVème congrès réaffirme que cette question reste une préoccupation permanente du Palika.
Il fait le constat qu'un certain nombre de jeunes ont été insérés professionnellement grâce aux dispositifs mis en place par les collectivités et demande à ces dernières de poursuivre les actions engagées en matière de formation et d'insertion professionnelle.
Les problématiques de la jeunesse en général, de la délinquance et de l'addiction en particulier doivent être traitées:
par l'accompagnant des jeunes dans leurs recherches de formation et/ou d'emploi.
par l'évaluation des dispositifs existants pour en mesurer la pertinence et l'efficience et éventuellement en corriger les dysfonctionnements.
par l'accessibilité, l'accueil et la disponibilité des professionnels de l'insertion et de l'emploi pour les faire accéder aux informations utiles à leur intégration dans la vie active.
Concernant l'éducation, le Palika réaffirme dans son XXXVème congrès que ce thème constitue un pilier de la construction du pays.
Il invite tous ses militants à agir à tous les niveaux de responsabilité pour garantir la réussite scolaire puis sociale à tous les enfants.
- > que les parents s'organisent en tribu ou en ville pour assumer leurs rôles de parents, premiers éducateurs.
- > que les enseignants ouvrent davantage l'école aux parents pour que ces derniers s'impliquent dans le suivi scolaire de leurs enfants.
- > que les adultes redonnent de l'importance à l'éducation aux valeurs culturelles (LCK) des enfants à l'école comme en tribu.



MOTION N° 5 "AMENAGEMENT DU TERRITOIRE/DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE/DEVELOPPEMENT DURABLE

La réhabilitation et le réaménagement des espaces demeurent un élément central de notre lutte de libération nationale.
Le XXXVème Congrès du PALIKA réuni les 12, 13 et 14 novembre à la tribu de KEJËNYI – DREHU réaffirme le caractère majeur de ces questions d’aménagement des territoires dans la construction de son projet de société à soumettre aux autres citoyens du Pays.
L’aménagement du territoire doit répondre à une logique de rééquilibrage tant dans les domaines du développement économique que du progrès social.
En matière de développement économique et au vu des résultats positifs constatés, ce XXXVème Congrès du PALIKA confirme la pertinence des outils et dispositifs financiers existants (STCPI, code des investissements provinciaux, ADIE, NCI, SEM, FGN…) et demande à ces militants de promouvoir leur accessibilité auprès des populations.
Le Palika rappelle que l’objectif d’une indépendance viable passe par une création soutenue d’activités structurantes et la diversification de l’économie tout en veillant à en limiter les contraintes.
Le XXXVème Congrès du PALIKA réuni à Kéjënyi constate que certains leviers sont attendus pour dynamiser le développement économique sur les terres coutumières tels que :
- Le fond de garantie sur les terres coutumières
- Le cadastre coutumier foncier
- La Loi du Pays sur le régime des terres coutumières
Il invite ses militants investis dans les instances concernées à œuvrer pour faire aboutir ces dossiers.
Par ailleurs, le XXXVème Congrès du Parti appelle ses militants à favoriser les conditions administratives et juridiques pour mieux encadrer l’action publique en milieu coutumier (PUD, SDAU, …)
Conscient de la richesse exceptionnelle du patrimoine naturel du Pays, le Palika considère le développement durable comme un axe d’enjeu national.
Le XXXVème Congrès du PALIKA réuni à Kéjënyi demande donc à ses militants de se mobiliser fortement autour des actions visant à promouvoir, valoriser et protéger notre biodiversité marine et terrestre.
Le SADNC, constituant un cadre déterminant pour l’élaboration des politiques publiques cohérentes à l’échelle du Pays, le XXXVème Congrès encourage ses militants institutionnels à relancer la démarche et la rendre opérationnelle.
Constatant la politique incohérente de la desserte des Iles Loyauté, le PALIKA considère que cette question doit intégrer une réflexion plus globale sur le schéma directeur des transports au niveau national.
Le XXXVème Congrès du PALIKA constate encore des difficultés d’accès de nos populations aux différents dispositifs d’aide à l’habitat ; il demande donc à ces élus à veiller à la mise en œuvre des résolutions actées lors des assises du logement tel que le fond de garantie pour l’Habitat ou le prêt à taux zéro.
Le XXXVème Congrès du PALIKA réuni à Kéjënyi invite les institutions compétentes en matière de télécommunication à améliorer la couverture GSM dans tout le Pays et garantir l’accès au réseau Internet.
Par ailleurs, il sollicite les autorités coutumières à faciliter les conditions d’implantation de ses équipements.

MOTION N° 6 LE COMITE DES SIGNATAIRES

Réuni en Congrès les 12, 13 et 14 novembre à KEJËNYI – DREHU, le PALIKA a pris connaissance des relevés de conclusion du VIIIème Comité des Signataires de l’Accord de Nouméa et des chantiers ouverts qui participent à la mise en œuvre de l’ADN. Il se félicite des résultats obtenus par les responsables politiques du PALIKA dans un contexte difficile.
Le Congrès note avec satisfaction que les dispositions prises pour pérenniser le processus de l’ADN et notamment les modalités qui accompagnent le transfert des compétences y ont été prises et engagées.
Ainsi, le Palika se félicite de la signature des Conventions relatives à « l’enseignement », à la « police et sécurité de la circulation maritime et aérienne interne », comme celle relative au protocole d’accompagnement « du droit civil et du droit commercial ».
Le Congrès appelle ses militants à la vigilance et demande de veiller à ce que les compétences transférées et celles à venir s’exercent selon les termes échus et les échéanciers prévus par la convention cadre. Le XXXVème Congrès du PALIKA donne mandat à ses représentants au sein du Comité de Pilotage pour suivre et défendre les positions du Parti sur ces sujets.
S’agissant des travaux préparatoires aux discussions sur l’avenir de la NC et la consultation de sortie du processus de sortie de l’ADN après 2014, le Palika se félicite de la mise en place du comité de pilotage dédié à cette question. Le XXXVème Congrès donne mandat à ses représentants qui y siègent pour apprécier le travail attendu et prendre défendre les dispositions théoriques et juridiques qui créent et facilitent les conditions pour réussir la consultation de sortie portant sur les transferts de compétences régaliennes, le statut international de la NC et l’organisation de la Citoyenneté en nationalité.
Le XXXVème Congrès demande à ses militants de rester vigilants et veiller à ce que les acquis liés aux transferts ne soient pas remis en causes.
o Le Bilan de l’Accord de Nouméa :
Le Palika se félicite de la mise en place du comité de pilotage dédié à la réalisation du bilan globale de l’accord. Le XXXVème Congrès du Palika exige à ce que les experts internationaux retenus à l’issue de l’appel d’offre pour réaliser le bilan se conforment au cahier des charges validé par le comité de pilotage.
o Le schéma stratégique industriel :
Dans le prolongement du schéma de mise en valeur des ressources minières, le XXXVème Congrès salue l’initiative prise par les Signataires d’engager un travail de réflexion sur l’élaboration d’un schéma industriel dans le but d’assurer une cohérence dans la durée, des projets miniers et métallurgiques, de l’action des opérateurs SLN, Vale Inco, KNS) et des provinces. Le XXXVème Congrès se félicite de la mise en place d’un Comité de pilotage pour le suivi du dit schéma et encourage ses représentants qui participent aux travaux du Comité à continuer à travailler dans le sens de l’intérêt du Pays.

A lire également sur http://journal.kanak.over-blog.com/pages/les-motions-du-35-eme-congres-du-palika-4089597.html