lundi 31 janvier 2011

Le conflit Mac DO: un combat légitime et noble...

Retranscription "mot à mot" d'une interview réalisée par la radio du peuple, Djiido, le 1 février 2011 dans le cadre du conflit Mas Do; un conflit engagé depuis 4 mois par le syndicat CNTP....

Journaliste : Les grévistes de la CNTP, la Confédération nationale des travailleurs du Pacifique, ont rencontré l'élu FLNKS de la province Sud Sylvain Pabouty, ce matin, sur leur piquet de grève, à Koutio. Une rencontre où les grévistes ont pu lui rendre compte de la situation du conflit qui les oppose à la direction du Mc Donald. Un conflit qui dure depuis presque quatre mois et qui n'avance pas, malgré quatre réunions de négociation. Selon l'élu FLNKS à la province Sud, il faut que les institutions prennent position. Sylvain Pabouty :

Sylvain Pabouty : C'est très, très important de venir les rencontrer, d'avoir des informations directement par les grévistes qui sont sur ce conflit-là, depuis quatre mois. Et malgré les démarches auprès de la direction du travail pour discuter, notamment avec le patronat, et notamment le patron de la société Mc Donald, Patrick Lafleur, rien n'a évolué concrètement pour eux. Et pourtant, quand on regarde bien, quand on connaît un petit peu mieux le dossier, on peut dire que c'est un combat qui est un combat légitime, un combat noble. Ce sont souvent des jeunes et beaucoup des mamans, mais il y a même d'autres qui sont un peu plus âgés mais qui travaillent pour presque rien, qui n'ont pas d'heures suffisantes pour pouvoir bénéficier d'un certain nombre d'avantages, notamment à la Cafat, etc. La revendication, grosso-modo, c'est de dire que dans une société qui fait plus d'un milliard 250 millions par an de chiffre d'affaires, qu'est-ce que c'est une petite revendication d'améliorer le salaire ? Parce qu'ils ne demandent pas grand-chose, ils demandent donc de 50 à 40 heures, de passer à 80-85 et demandent une prime d'intéressement. Ils demandent juste des choses qui sont très légitimes. Dans la société où on vit bien, où on voit des milliards se déverser, on voit des grands projets, on voit des salaires mirobolants, etc., notamment dans la fonction publique, et il y a juste quelques familles qui demandent un peu plus, quoi, qu'on reconnaisse bien dans leur travail. Et c'est très important de venir et puis discuter, se rendre compte sur place des conditions de travail et puis de faire en sorte que les institutions se positionnent par rapport à ce problème-là. Et, pour l'instant, on n'a pas…, donc, le Gouvernement, les provinces, et surtout le Gouvernement n'a pas encore pris de position. Moi, j'aimerais bien que le Gouvernement puisse dire ce qu'il en pense par rapport à ce conflit qui dure depuis plus de quatre mois.

Journaliste : Quant aux grévistes, ils sont satisfaits de la rencontre. Daniel Wametu, vice-président de la CNTP :

Daniel Wametu : Très satisfait parce qu'on disait, depuis le début du conflit, c'est qu'il fallait qu'on ait une interface politique pour relayer le bien-fondé de nos revendications, et ce qu'on a trouvé aujourd'hui, ça répond pleinement à nos attentes. Donc, à partir de là, il y a des choses qu'on leur a demandé de faire pour la CNTP. Ils nous ont répondu affirmativement, et donc, d'ici fin de semaine, on attend à se remettre encore en relation et puis envisager des moyens d'actions.

Journaliste : Donc, vous leur avez demandé quelque chose, vous le disiez à l'instant, comme quoi par exemple ?

Daniel Wametu : Déjà, au niveau des moyens de pression vis-à-vis du Gouvernement, parce qu'on a pas mal de revendications, notamment liées à l'attribution de local syndical ou que le Gouvernement nous reçoive pour expliquer le conflit. Donc, ils vont se faire le relais à ce niveau-là, et pareil, des questions orales au niveau du Gouvernement, ils vont le faire pour ça.

Journaliste : D'autres rencontres sont prévues avec le rapporteur spécial de l'ONU ?

Daniel Wametu : Tout à fait. Alors, il y a une très bonne chose aussi qu'on a pu avoir, au niveau de la CNTP : on s'est intégré, par l'intermédiaire du CNDPA, dans les relations…, dans l'élaboration du programme du rapporteur spécial de l'ONU. On a fait tout un travail avec le sénat coutumier, puisque c'est le sénat coutumier qui est le maître d'œuvre dans la visite de ce rapporteur spécial, et pour ce qui concerne la CNTP, on sera reçus mardi prochain. L'heure n'est pas encore fixée, mais c'est mardi prochain, après 16 h.

"Nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe..."

Selon Gomès P, le président du gouvernement du pays, "nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe...". Ce qui a fait réagir un ami... Réaction...

Bonjour Sylvain,

Le discours de Philippe Gomès est vraiment décevant : nous sommes des petits bouts d’Europe, les valeurs de l’Europe…. Accepter les financements de l’Europe est une chose, en épouser les valeurs en est une autre. Tout ça est quand même un peu loin de la réalité calédonienne et notamment de l’accord de Nouméa qu’il évoque à tout bout de champs. C’est quoi ce qu’il propose : le destin commun européen… ? Je crois que ses propos trahissent sa pensée profonde qui se révèle de plus en plus néo colonialiste.

Amicalement.

B.

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Retranscription "mot à mot" d'une interview de P.Gomès réamisé par RNC le 1e février 2011 sur le PTOM....

Journaliste : Les représentants des pays et territoires d'outre-mer français de l'Europe se retrouvaient, eux, à Paris, pour préparer le document qu'ils vont soumettre aux instances européennes, lors du prochain forum des PTOM à Nouméa, ce sera le 28 février, chez nous donc. C'est la Nouvelle-Calédonie qui assume la présidence tournante de l'association des pays et territoires d'outre-mer, cette année. Et le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Philippe Gomès, est plutôt optimiste quant aux résultats de ce forum. Il a expliqué pourquoi :

Philippe Gomès : Nous souhaitons avoir des thématiques qui soient identifiées, où l'Europe nous apporte son expertise et des financements plus importants. C'est notamment tout ce qui relève de l'environnement, de la recherche, de l'innovation, où les PTOM ont une vraie valeur ajoutée, où ils doivent pouvoir continuer à progresser avec le concours de l'Europe. Le deuxième aspect, c'est que nous sommes, nous, PTOM, et notamment les PTOM français, des petits bouts d'Europe. Partout dans le monde, nous véhiculons les valeurs de l'Europe, les convictions de l'Europe, les projets de l'Europe. Nous véhiculons des notions aussi essentielles que celles de bonne gouvernance ou de développement durable. Et à ce titre-là, nous devons bénéficier de la part de l'Europe, parce que nous portons sa voix partout dans le monde, je dirais, de davantage de considération, de prise en compte de nos particularités, de nos spécificités, de nos besoins. C'est ça aussi que veut exprimer la position commune qui aura vocation à être adoptée par les quatre États membres, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Danemark, et des 21 PTOM qui relèvent de ces quatre États membres, lors de la conférence qui se tiendra à Nouméa, le 28 février prochain.

dimanche 23 janvier 2011

Affaire levée de drapeau à La Foa (suite)

(Photo Madoÿ: Patrick Hoeléro, chemise hawaienne vert-blanc, aux côtés du président du Parti Travailliste, Louis Kotra Uregei)
Parcequ'il a été cité deux fois dans le courrier de Madame le maire de La Foa adressé à Jean Paul POIWI, président du Conseil de district Cîrii, à propos de la levée du drapeau kanak, Patrick Holéro, porte parole du même conseil, répond à son tour à la mairesse. Rapppelons que Madoÿ a reproduit sur le blog la réaction de Jean Paul POIWI (http://madoy-nakupress.blogspot.com/2011/01/photo-madoy-jean-paul-poiwi-en-tee.html)


Explications...


Madame le maire,

Dans le courrier en date du 12 janvier 2011 adressé à Monsieur Jean Paul POIWI, président du conseil de district Cîrii, vous citez mon nom deux fois avec une présentation qui sous-entend que je serais un peu l’instigateur voire le manipulateur des coutumiers de la région pour la tentative de levée du drapeau kanak aux côtés de celui de la république française.

J’ai longuement réfléchi. Et, j’ai décidé de vous écrire parce qu’au-delà de la symbolique de la levée du drapeau kanak, je constate une ignorance criante de votre part sur l’organisation des instances coutumières locales.
Un paradoxe pour une élue, maire de surcroît, sensée connaître ses administrés et leur mode d’organisation même s’ils sont kanak.

Aussi, je vous informe que les instances coutumières du pays Cîrii comprennent les tribus suivantes : Ouatom, Kouma, Oui-point, Koindé, Petit-Couli, Grand-Couli et Sarraméa.

Ce pays Cîrii est sous l’autorité d’un Grand Chef, Bergé Kawa, qui était présent le mercredi 12 janvier 2011 comme vous l’avez pu constater.

Le Conseil de district Cîrii est présidé par Jean Paul Poiwi qui était, évidemment, également là.

Le clan Dao, propriétaire terrien du lieu même où est construite la mairie, était représenté par les familles Hanou, Poiwi, Fochi et Holéro qui le compose.

Quant à moi, mes interventions depuis le début pour le suivi de l’affaire sont légitimées par le fait que je suis porte parole du clan propriétaire terrien et membre du bureau du Conseil de district Cîrii.

Je précise également que le sénateur coutumier de l’aire, Jean Kaÿs, était présent et le président du Conseil d’aire Xaracùù était, quant à lui, représenté.

Contrairement à vos dires, Monsieur Roger Médiara, président du Conseil des Anciens de Oui-point était bien présent avec nous.

Ainsi, je considère que les instances coutumières de la région étaient bien représentées accompagnées des populations des différentes tribus contrairement à vos affirmations médiatiques.
Encore une fois, je déplore votre refus de lever le drapeau kanak aux côtés de celui de la république française ainsi que les propos que vous avez tenus à la presse.
Ceci engendre déjà une détérioration du climat entre les coutumiers dont je fais partie et la mairie.

Je souhaite vivement que votre conseil municipal réexamine sa position sur le sujet afin que nos relations redeviennent normales ; condition indispensable à la construction du destin commun.

Je vous prie de croire, madame, à l’assurance de mes salutations distinguées.

Holéro Patrick

mercredi 19 janvier 2011

Jean Paul Poiwi, président du conseil de district de Cîrii, répond à la Madame le maire de La Foa...

(Photo Madoÿ: Jean Paul Poiwi en tee shirt noir, en arrière plan, après interview avec un journaliste de RFO NC)

En réponse à la mairesse de La Foa, JP Poiwi, le président du Conseil de district Cîrii, ecrit un courrier le 19 janvier 2011.
Lecture...

Madame le maire,

Par courrier du 12 janvier 2011, vous avez souhaité m’expliquer pourquoi vous n’avez pas jugé utile d’accepter que la délégation que je conduisais procède à la levée du drapeau identitaire kanak.

Tout d’abord, permettez-moi de vous rappeler que je vous ai adressé un courrier le 13 septembre 2010 vous sollicitant une rencontre pour la levée des drapeaux. N’ayant pas de réaction de votre part, j’ai décidé de vous envoyer un second courrier le 27 décembre 2010 vous informant du choix de la date du 12 janvier 2011 pour réaliser le geste symbolique.

Néanmoins, j’ai bien noté vos arguments qui semblent faire abstraction du fait que le premier ministre de la République française, Monsieur François Fillon est venu en personne à Nouméa pour procéder de la manière la plus officielle au haut-commissariat à la levée de ce drapeau aux côtés du drapeau français.

Je tiens à vous rappeler en outre que, selon l’article 5 de la loi organique modifiée du 19 mars 1999, les communes de Nouvelle Calédonie sont des collectivités territoriales de la République et que, dans ce domaine, le maire n’agit pas en qualité d’exécutif de la commune mais comme agent de l’Etat.

Je constate donc, et c’est tout à fait paradoxal, qu’un maire refuse d’appliquer les instructions de l’Etat en prétextant un vœu du conseil municipal, considéré pour la circonstance, comme un acte démocratique qu’il faut respecter, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une prise de position politique. Le fait que je sois présent ou pas lors de cette séance du conseil municipal ne change absolument rien à cette situation et je n’ai pas de leçon de démocratie à recevoir d’une élue qui se considère «loyaliste» mais refuse d’appliquer les instructions de l’Etat.

De la même manière, vous tentez d’argumenter votre refus de lever le drapeau kanak en soulignant «des gens de Sarraméa…ainsi que des gens d’ailleurs…», par contre ceux de La Foa qui m’accompagnaient étaient à vos yeux «peu nombreux».

Vous devriez savoir, Madame le maire, si vous vous intéressiez davantage à la culture kanak, que les aires coutumières ne reflètent en rien les limites territoriales administratives et que les liens entre clans dépassent très largement le territoire de la commune de La Foa. C’est d’ailleurs pourquoi l’Accord de Nouméa indique dans son point 1.2.2 «…les limites communales devraient pouvoir tenir compte des limites des aires coutumières.»

Votre observation sur «les gens d’ailleurs» manifeste en outre un profond mépris pour la population kanak et son histoire. On peut en effet être «d’ailleurs» comme vous le dites, tout en ayant ses origines à La Foa, l’histoire coloniale mouvementée de la Nouvelle-Calédonie étant à l’origine de nombreuses spoliations foncières et déportations de populations. Mais surtout la remarque sur les «gens d’ailleurs» est déplacée de la part de quelqu’un qui à été «parachuté» à La Foa. A cet égard, je ne crois pas me souvenir, lorsque vous vous êtes présentée aux élections municipales, que quelqu’un vous ai demandé si vous étiez d’ailleurs.

Je vous invite donc, vous qui parlez beaucoup de respect dans votre courrier, à manifester un minimum de respect envers les populations kanak de l’endroit qui bénéficient d’une légitimité historique à la quelle vous ne pouvez pas prétendre.

Sur la question du drapeau, vous considérez que j’ai «toujours défendu, jusqu’à une période très récente, le drapeau français» ce qui est lourd de sous entendu et laisse entendre un ralliement tardif à la cause indépendantiste. Là encore, Madame le maire je suis au regret de constater la lourde incompréhension qui anime vos propos. Croyez vous raisonnablement que le premier ministre de la République française soit devenu indépendantiste ? Non bien entendu.

Le fait de hisser le drapeau kanak ne signifie pas l’exclusion du drapeau français puisque les deux drapeaux flottent côte à côte, il ne s’agit donc que de la reconnaissance de deux légitimités et rien d’autre.

Le fait que le drapeau kanak ne flotte pas encore à la tribu de Ouatom ne signifie pas qu’il n’y flottera pas prochainement, mais surtout cela n’a pas la même signification que s’il flotte sur un édifice public de la République.

Enfin je suis assez surpris du ton adopté par le maire d’une commune qui doit limiter son rôle aux affaires communales et non aux questions d’ordre politique. C’est notamment le cas lorsque vous prétendez expliquer aux indépendantistes «qu’ils doivent comprendre que se replier dans les limite de leur identité propre n’est pas porteur d’avenir pour notre pays.»

Croyez bien que les indépendantistes n’ont pas besoin des conseils du maire de La Foa, récemment élue et au parcours politique qui singulièrement dépourvue de références, pour déterminer la ligne politique à suivre pour l’avenir du pays.

En tout état de cause, les kanak de Nouvelle Calédonie ne sont ni les Maoris de Nouvelle Zélande, ni les Aborigènes d’Australie. Admettez donc que ça nous laisse quelques marges de manœuvre pour déterminer ce qui est porteur ou pas d’avenir.

Comme vous le savez la question du drapeau commun n’a toujours pas abouti depuis 1998, année de signature de l’Accord de Nouméa. Forte de cette incapacité à élaborer un drapeau commun, la moins mauvaise solution était de reconnaitre le drapeau kanak aux côtés du drapeau français.

Bien sûr, il s’agit d’un drapeau de lutte, mais croyez vous que le drapeau Corse ne soit pas un drapeau de lutte. Croyez vous que le drapeau français au nom duquel sont morts des millions de personnes ne soit pas un drapeau de lutte ?

Je considère que vos arguments sont irrecevables et que vous vous placez à contre courant de l’histoire.

Je constate, Madame le maire que, contrairement aux usages républicains et aux règles élémentaires de courtoisies, vous n’utilisez pas de formule de politesse à la fin de votre lettre, pourtant écrite sur du papier à en-tête de la mairie de La Foa. C’est regrettable et cela confirme le manque de considération que vous manifestez à l’égard de vos interlocuteurs.

Pour ma par je reste attaché au respect de certains principes et je vous prie de croire Madame le maire à l’assurance de mes salutations distinguées. Formule sans doute tombée en désuétude à la mairie de La Foa depuis.

POIWI Jean Paul

mardi 18 janvier 2011

Bourgeoisie conservatrice et bourgeoisie libérale...

Les relations tendues et conflictuelles au sein du Pacte Républicains entre les partis de la droite coloniale ont poussé Madoÿ à ressortir un article du Kanak, le journal du Palika, paru en novembre 1995 (Kanak n°169 - nov 1995 - "Cap 98 : Gagnons le défi ! ! !"). Cet article était titré "Bourgeoisie conservatrice et bourgeoisie libérale".
Rappel...


Bourgeoisie Conservatrice et Bourgeoisie Libérale, on serait bien tenter de qualifier grossièrement les tendances apparentes de la droite coloniale, du moins celle représentée institutionnellement au Congrès du Territoire.
Si « Une Calédonie pour Tous » de Didier Leroux peut être considéré comme un parti libéral en raison du programme et des rapprochements ou des alliances passées avec les forces nationalistes, peut-on aussi soupçonner d’un esprit revanchard qui l’anime ?
Il est vrai également qu’à force d’éclabousser, les histoires d’affaires finissent toujours par influencer un électorat pour le moins sensible. Un électorat n’est jamais acquis éternellement. Un anti-lafleuriste qui écrivait beaucoup aux calédoniens par le biais des fax disait en s’adressant au député de la Province Sud : « En tout cas, sois prudent car les dynasties politiques finissent souvent mal. J’en veux pour preuve ce qui est arrivé aux Duvallier à Haïti et aux Médecins à Nice. Ce serait dommage que tu connaisses les mêmes déboires ».

Le groupe Lafleur et les affaires
Le RPCR commence à payer certaines affaires qui ont beaucoup secoué voire éclaboussé le député de la Province Sud Lafleur.
Certes, « les affaires » ne datent pas des années 90 mais le contexte politique a acculé les partis de la droite coloniale à se regrouper d’abord face aux nationalistes kanak ; Le RPCR était le rempart contre l’idée d’indépendance et la garantie de la présence française dans ce bout du monde. Et, paradoxalement, parfois même, une opposition ferme vis-à-vis du gouvernement français accusé de pro-indépendantiste parce qu’il était socialiste…
Par le passé, nombre de personnes et partis ont dénoncé les pratiques malhonnêtes et magouilleuses de Jacques Lafleur et lui ont opposé une politique progressiste et libérale, surtout au regard du contexte politique de l’époque. On se souvient encore du mouvement du maire de Bourail, J-Pierre Aïfa, la FNSC (Fédération pour une Nouvelle Société Calédonienne).
Les « affaires » qui font parfois la Une des médias ont une caractéristique non-négligeable : des conflits entre gens de la droite coloniale. Nous citerons par exemple, L’hôtel Méridien et la caisse de retraite, le conflit des routiers, et celui des transporteurs, le golf de Tina sur Mer. Même avant les élections, le syndicat FO, un syndicat-maison, c’est-à-dire à la botte du Patronat donc de RPCR, n’a jamais été aussi virulent vis-à-vis du locataire de la maison bleue de la baie de Moselle…
N’oublions pas aussi la campagne électorale des autres listes en lice basée sur le thème de la « Transparence ».
Mais au-delà de ces affaires conjoncturelles qui éclatent de temps en temps au grand jour que les médias s’efforcent de minimiser et relativiser, le groupe Lafleur récolte là les effets de sa politique tentaculaire dans le milieu économique et financier. La maîtrise des institutions en particulier le Congrès (avant le fameux vote du 31 Juillet 95), la Province Sud et certaines grandes communes (Nouméa, Mont-Dore, Païta,…) a toujours renforcé ce pouvoir tentaculaire. C’est ainsi que l’informatique, le bâtiment, les travaux publics, l’habitat social, les grands hôtels internationaux ne lui échappent pas.
Dans la zone industrielle et ailleurs, il possède le ciment, la ferraille, la carrière, le transport, le bois, les tôles, les sanitaires, les revêtements de sol, la climatisation, la menuiserie… Au-delà de la concurrence le plus souvent au détriment des lobbies pro-UNCT, il n’est pas du tout étonnant que certains petits commerçants et entreprenants, victimes de cette mainmise politico-financière, aient reporté leur confiance à Didier Leroux lors des élections provinciales.

L’UNCT ou le parti anti-lafleuriste
A l’inverse des autres partis et mouvements de la droite coloniale non RPCR (ex-FNSC, RCF, FN, etc…), l’UNCT a cette caractéristique non moins négligeable : celle d’être composée d’anciens compagnons de route, parfois caillouteuse, de Jacques Lafleur. Certains d’ailleurs ont été à la pointe de la lutte anti-indépendantiste voire anti-kanak, à tel point qu’on a du mal à s’en cacher.
Mais comme toute autre chose, en matière politique, il y a des priorités. Le parcours de certains leaders de l’UNCT est édifiant et on ne peut s’empêcher de tirer une conclusion, même hâtive : leur dénominateur commun est l’anti-lafleurisme exacerbé…

Didier Leroux, leader de l’UNCT (Une Nouvelle Calédonie pour Tous) possède l’OCPD, une société grossiste importatrice de produits pharmaceutiques (…) ; Patron de la SOFRANA, société d’acconage au port autonome du Territoire, ex-patron de la Fédération Patronale, précurseur et initiateur d’une orientation, actuellement en vogue chez le syndicat des patrons : dialogue social,… Depuis le 31 juillet 95, à chaque intervention médiatique, le Député de la Province Sud lui réserve toujours un petit couplet bien saignant… Mais, contrairement aux opposants « caldoches », aux dires de certains, il possède des appuis solides dans le milieu gouvernemental français et le contentieux entre Chirac et Lafleur à propos de l’affaire d’Ouvéa qui n’est pas prêt de se dissiper, malgré la poignée très médiatique du 19 Octobre 1995, renforce cette position.

Denis Milliard : ardent défendeur des intérêts de la famille Pentecôst, ancien dilapideur de fonds publics de l’ADRAF pendant la période PONS (à l’époque, il s’entendait bien avec l’actuel édile de la commune de La Foa, et on se rappelle de l’audit commandé par l’Etat et qui s’est entassé dans des armoires comme tant d’autres dossiers « explosifs »…).
Tout le monde sait que, dans nombre de conflits sociaux, les origines ont été d’abord des oppositions entre le groupe Lafleur et celui Pentecôst ; ex : celui des transporteurs, et récemment, le syndicat des détaillants des produits pétroliers contre l’implantation d’un grand centre à Continent (le complexe commercial de Pentecôst).

Marcel Legras : issu aussi d’une famille caldoche de vieille souche, grand propriétaire foncier en particulier dans le Nouméa. D’ailleurs, il possède un cabinet d’affaires immobilières. Comme la famille Pentecôst, ils étaient les principales victimes de la délibération votée par le Congrès, à l’initiative du RPCR, pour taxer les propriétés urbaines non bâties ; Délibération qui fut par la suite annulée par le tribunal administratif…

Patrice Muller : ex-directeur du Port Autonome. Apparemment, les projets de restructuration du Front de Mer de la ville de Nouméa n’étaient pas à son goût… Mouvement éphémère ou force incontournable ? : on le saura sans tarder car le cadre fixé le 16 Octobre 95 entre les trois partenaires historiques des Accords concerne aussi les autres forces politiques, l’UNCT devra montrer sa capacité à y participer et donc, donner une autre image que celle d’antilafleurisme affairiste.

dimanche 16 janvier 2011

Le groupe FLNKS qui répond au président de la Province Sud sur une partie de ses préoccupations dans le cadre du budget 2011

Sylvain PABOUTY
Chef du groupe FLNKS
Province Sud
Tel: 25 80 00

à
Monsieur Pierre FROGIER,
Président de l’Assemblée de la province Sud,

Monsieur le Président,

Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier sincèrement pour le courrier que vous m’avez adressé en date du 30 décembre 2010, en réponse aux préoccupations du groupe FLNKS dans le cadre du budget provincial 2011.
Aussi, nous prenons acte que ces préoccupations sont également les vôtres. Toutefois, au nom du groupe, je souhaiterais apporter quelques précisions sur la nature des équipements à réaliser souhaités.
Jusqu’à présent, nous avons toujours soutenu tout projet allant dans le sens d’un rééquilibrage interne à la province.

Sur la commune de Thio, nous considérons que le projet de marina ne constitue qu’une étape vers l’objectif final de la mise en place d’un port économique. En effet, les études du cabinet d’études « CEDEN », restituées en mars 2010, proposent la une réalisation en deux étapes :
-Le projet d’une marina, dans un premier temps,
-Et le port tourné vers d’autres activités économiques, dans un second temps.
S’agissant du col de Petchikara, il est en effet urgent de réaliser des travaux de rénovation pour améliorer et sécuriser la route existante.
Toutefois, cette route ne doit être ouverte que de manière provisoire, car elle n’apportera pas de solutions durables au développement des échanges commerciaux ou culturels entre les deux communes, à savoir Thio et Canala et le reste de la Calédonie. Aujourd’hui, par exemple, les véhicules de grande importance ne peuvent emprunter le col de Petchikara.
C’est dans ce sens que notre groupe avait proposé de diligenter une étude de faisabilité d’une route alternative au col de Pétchikara, tout en respectant les aspects culturels et environnementaux.
Enfin, en ce qui concerne l’obligation d’assainissement de la baie de Tindu dont nous saluons votre volonté d’apporter une contribution financière de la province à l’opération, notre groupe réitère sa demande exprimée dans le courrier en date du 15 septembre sur la réalisation d’une étude chiffrée en vue d’une dépollution de la zone de Ducos, notamment de sa partie industrielle.
Monsieur le Président, en espérant que ces précisions retiennent votre attention, veuillez agréer l’expression de ma haute considération.

Nouméa, le 18 janvier 2011

mercredi 12 janvier 2011

Le drapeau kanak continue son chemin dans le pays... au delà de poches de résistances.


Aujourd’hui, 12/01/2011, une date de commémoration pour le monde indépendantiste, les coutumiers de la Région Ciri ont voulu s’y associer en demandant la levée du drapeau kanak aux côtés de celui de la République française (toujours seul devant la mairie de La Foa).

La commune de La Foa est gérée par une majorité de Droite ; Madame la Maire est issue, elle, du groupe Calédonie Ensemble (produit de la récente scission de l’Avenir Ensemble). Comme toutes les mairies du Pays, au lendemain de la levée du drapeau kanak par le premier ministre Fillon, la Commune de La Foa a interrogé son conseil municipal sur la question et le résultat du vote est majoritairement opposé à la levée du drapeau kanak. Pour la majorité de ce conseil municipal, il faut attendre la loi du pays sur le sujet, de même que le circulaire devant parvenir de Paris.

Naku press a eu l’occasion dans ses colonnes de souligner la dimension identitaire et humaine de ce drapeau. La politique, c’est la gestion de la vie dans la cité, et celui qui fait la vie, c’est l’être humain dans toutes ses dimensions. Avec les autorités coutumières de la région Ciri, quelques centaines de personnes (kanak et non kanak) sont venues soutenir la démarche entreprise par les coutumiers pour la levée du drapeau kanak. Le hall et les marches du bâtiment principal de la Mairie étaient déjà occupés par l’équipe municipale, avec Mme la Maire entourée de son beau ruban bleu blanc rouge. Sur les routes avoisinantes dont la principale du village, les hommes au képi bleu. C’est le paysage préparé pour l’accueil de cette délégation de kanak qui venait pour la levée de son drapeau.

Vices de procédure pour la concertation qui devait se faire au préalable, ou encore formalisme car il faut attendre le vote des textes par le congrès, ou encore le circulaire de Paris, bref - un certain nombre d’arguments pour refouler cette humble demande, d’avoir aussi les couleurs kanak aux côtés de celles de la France. La souveraineté partagée, le destin commun, construire un avenir ensemble, des mots que les orateurs kanak ont repris à plusieurs reprises pour exprimer leur déception au vu de refus de la levée du drapeau.

La proposition de sortie faite par la Maire : «offrez moi un drapeau de manière à ce que je puisse le mettre dès le vote du texte par le congrès, mais par contre ne le mettez pas devant la mairie, allez le mettre à côté ou sur les bâtiments de l’antenne de la Province ». Une réponse qui donne à plusieurs interprétations : une autorité locale incapable de prendre ses responsabilités pour anticiper, un formalisme poussé à ses extrêmes, ou encore une réponse qui obéit à des instructions de politique politicienne. Face à cela, un peuple soutenu par un élan de solidarité pour la reconnaissance de son identité n’a fait que demander une place. La dignité de cette cause, la capacité de transcender la pression du moment, et le temps ont fait que pour la sortie de l’évènement : le drapeau a été levé juste pour le temps de la présence sur le parking de la Mairie, et les discussions continueront pour que le drapeau soit levé avant les jeux du Pacifique en Juillet 2011.

La Foa une commune hantée par des faits marquants, dans l’histoire de la colonisation du pays : le Grand Chef Atai a été abattu dans la région en 1878, Eloi Machoro et Marcel Nonaro récemment en 1985. Un contexte qui peut expliquer la résistance des pro-français, mais aussi la timidité affichée quant à l’engagement des kanak de la région. Bref, on dira que les meurtrissures de l’histoire ont laissé des séquelles de part et d’autre, pour se traduire par une situation d’incompréhension alimentée aussi par des enjeux politiques politiciennes.
Mais la roue de l’histoire a commencé à tourner depuis plus de 20 ans maintenant. Les forces conservatrices, ceux qui refusent l’évolution ou encore ceux qui se targuent d’un certain attentisme pour des instructions formalisées, le facteur temps jouera lui, pour la compréhension, la collaboration et enfin l’entente pour avancer ensemble. Un peuple en quête de sa dignité marchera toujours car il est question de sa source de vie. Demain, après demain comme diront certains orateurs présents à l’évènement d’aujourd’hui, pour dire aussi qu’il y a un début à tout , il y aura la discussion pour arriver à la solution.

Pour la leçon d’histoire : face à une revendication de dignité humaine et de reconnaissance, on répond par du formalisme. A une question politique, on répond par du technique Bref à conclure que nous avons ici des poches qui font encore l’éloge des dialogues de sourds.

Naku Press ne peut que saluer l’évènement d’aujourd’hui car malgré tout, il aura contribué à faire bouger des choses, notamment des mentalités. Parfois les discours tenus dans les hautes sphères de la société ne font pas écho jusqu’à la base. C’est l’action, comme cela a été prouvé aujourd’hui, qui contribuera à la fluidité du discours ambiant. La communication restera toujours le seul moyen de désamorcer les conflits latents.

Mise en ligne : Naku press le 12/01/2011 à 19h30


jeudi 6 janvier 2011

C'était en 2001: les dix qui font bouger le Caillou...

Le Point.fr - Publié le 29/06/2001 à 16:57

Les dix qui font bouger le Caillou

Françoise Caillard Femme, militante, citoyenne
La création, en 1998, par l'accord de Nouméa d'une citoyenneté calédonienne lui fait craindre que les femmes, « souvent marginalisées dans un milieu politique assez macho », ne se retrouvent pas dans cette notion. Cette Maréenne décide alors de fonder l'association des Femmes citoyennes pour donner un contenu à ce terme. La volonté du sénateur de l'île de faire retarder l'application de la parité donnera à l'association le motif de sa première mobilisation. « Contre la femme objet et contre la femme ménagère », elle relaie dans plusieurs communes la marche mondiale des femmes contre la violence et la pauvreté. Et elle avait dénoncé l'utilisation, comme emblème d'une nouvelle bière locale, de l'image d'une femme kanak jouant au cricket. Son prochain combat : la création d'une allocation pour les mères.

Didier Poppé, Le faiseur de champions
Avec 200 titres de champion de France, il est depuis vingt-cinq ans à la tête de la meilleure école nationale de lanceurs. C'est en faisant lancer des balles à 10 000 enfants des écoles en 1978 que la Fédération calédonienne d'athlétisme découvre que 500 à 600 d'entre eux sont de potentiels champions. Robustes, pugnaces et amateurs de sport individuel, les jeunes Wallisiens sont les plus nombreux. Sous la férule de Didier Poppé, les espoirs se confirment. Dès 1984, Jean-Paul Lakafia accède aux finales de javelot des JO de Los Angeles. Puis sont venues Bina Ramesh, double championne de France au javelot, Joachim Kiteau, champion du monde cadet, Bertrand Vili, triple champion de France cadet en disque, poids et javelot. « J'entraîne une cinquantaine d'athlètes dont les 30 premiers Français », se félicite ce professeur de sport d'origine normande.

Christophe Van Peteghem, l'entrepreneur insatiable
Il veut faire Honolulu à Nouméa. Sur l'une des plus jolies baies de Nouméa, il est en train de donner corps à un complexe commercial et hôtelier de plus de 500 millions de francs. « Il y a 500 mètres de plage, comme à Miami Beach », affirme cet audacieux de 43 ans. Associé à un riche homme d'affaires de l'île, il a à son actif la première résidence avec marinas de Nouméa et une quinzaine d'immeubles de standing et de résidences. Il n'attend plus que les dernières autorisations pour commencer la construction d'une « petite ville » sur la commune du Mont-Dore. Plage artificielle, école, tennis, stade de foot, habitations sont couchés sur les plans. D'ici là, il compte relancer la filière café sur une propriété de 20 hectares acquise, au lendemain des événements des années 80, pour une bouchée de pain.

André Dang, un artisan du rééquilibrage
C'est à lui que Jean-Marie Tjibaou demandera en 1989 d'intégrer les Kanak au développement économique. Il lui confie aussi un jeune Kanak fraîchement diplômé, Raphaël Pidjot. Fils de coolie, André Dang, 64 ans, s'est bâti une fortune dans la concession automobile avant de se consacrer au nickel. Homme d'affaires redoutable, il hisse en quelques années la SMSP, vendue en 1990 par Jacques Lafleur aux indépendantistes, au rang de premier producteur mondial de nickel oxydé. Et il concrétise au côté de Raphaël Pidjot un projet d'usine métallurgique avec le groupe canadien Falconbridge, qui catalyse tous les espoirs de développement de la province Nord. La disparition accidentelle de Raphaël Pidjot, qu'il considérait « comme [son] fils », l'a fait renoncer à sa retraite « pour ne pas trahir la mémoire de ceux qui sont partis ».

Christiane Dralue, elle ouvre les Loyauté au tourisme
Formée à l'école de Séguéla à Paris et aux Etats-Unis, où elle a décroché un MBA de marketing, cette Maréenne de 34 ans met depuis cinq ans ses talents au service du développement touristique des îles Loyauté. Toutes les îles sont désormais dotées d'un hôtel haut de gamme, des formations itinérantes ont professionnalisé l'accueil en gîte. Entre 1996 et 2000, la fréquentation touristique des Loyauté est passée de 22 000 à 45 000 visiteurs. « Il faut avoir une approche marketing du tourisme et être capable d'offrir des prestations à la hauteur du produit proposé », affirme la directrice de Destination îles Loyauté. Son obstination n'est pas superflue dans les milieux politiques kanak, peu disposés à la promotion des femmes.

Fabrice Virayié, le rasta qui veut changer les mentalités
Convaincre les autorités n'a pas été une mince affaire. Elles ont finalement donné le feu vert au premier festival de reggae de Nouméa, qui a rassemblé en mai près de 20 000 personnes. Sur scène, des groupes locaux, mais aussi « les potes de la banlieue parisienne », Pierpoljack, les Neg Marrons ou Baobab.
« Il faut changer les mentalités. Le reggae, c'est pas que des locks et des pétards, c'est la musique du peuple », assène ce rasta, mi-hindou, mi-antillais, initiateur du projet. Enfant d'une cité populaire du nord de Nouméa, à la réputation sulfureuse pendant les événements des années 80, il a voulu casser cette image en fondant, en 1990, le groupe Flamengo, du nom de l'association de quartier. « On avait faim, on faisait trois concerts par jour », raconte cet artiste rebelle, qui vient de signer avec un label jamaïquain pour son prochain album.

Sylvain Pabouty, l'ami des squatteurs
« Il fallait arrêter les descentes de police et la politique du bulldozer. » Victimes du manque de logements sociaux et des loyers prohibitifs de Nouméa, 5 000 à 6 000 personnes ont trouvé refuge dans des habitations de fortune érigées sur des terrains vagues. Quand le phénomène prend de l'ampleur, au début des années 90, les autorités veulent le mater. A la tête du Comité des squatteurs, Sylvain Pabouty leur propose de discuter et démontre que les cabanes abritent des familles modestes et non des bandits de grand chemin. Les municipalités jouent le jeu, autorisent les adductions en eau et en électricité, et remisent les bulldozers. Ce militant indépendantiste fédère une dizaine d'associations relais dans chaque squat devenues des interlocuteurs obligés pour les promoteurs et les responsables de l'habitat social.

Manuel Bachet, l'artiste citoyen
C'est pour lui une façon d'apporter sa pierre à la construction d'une citoyenneté calédonienne. Chaque semaine, les Jeudis de l'anse Vata attirent des milliers de personnes sur cette plage des quartiers chics de Nouméa. Soutenue par la mairie et la province, cette fête donne raison à ce Calédonien atypique, tour à tour juriste, réalisateur et fleuriste, qui mise sur « le mélange des cultures pour bâtir l'avenir de la Nouvelle-Calédonie ». Autour de la danse, de la musique, des sports, des savoir-faire wallisiens ou kanak, il invite les artistes à s'exprimer et à se rencontrer dans la rue « pour donner une âme océanienne à Nouméa ».

Annick Haury, une battante dans les champs
Après avoir bourlingué en Afrique au gré des affectations de son mari, ingénieur en agronomie tropicale, elle tombe amoureuse de la Nouvelle-Calédonie. Pour s'y enraciner, cette ancienne visiteuse médicale acquiert en 1993 une douzaine d'hectares dans un village proche de Nouméa. Novice en agriculture, elle se lance dans la culture de la fraise, « parce qu'il n'y avait pas de production locale et que faire pousser des fraises sous 22 degrés de latitude Sud était un sacré défi ». Les débuts sont catastrophiques, mais cette bosseuse ne lâche pas prise. Les Fraisiers de Païta représentent aujourd'hui 75 % de la production locale, emploient une quarantaine de personnes en pleine saison et se sont diversifiés dans la nectarine et la pêche.

Denis Etournaud, il ouvre de nouveaux horizons
Sous la direction de ce chef d'entreprise doué et audacieux, la filiale calédonienne de BHP, premier groupe minier du monde, est devenue une référence régionale. A partir des tôles et des poutrelles métalliques, profilées à Nouméa, il a mis au point avec un entrepreneur local un matériau de construction innovant, sous la marque Isotechnic, qui appartient au cercle très fermé des entreprises ayant relevé le pari de l'exportation. Adaptées au climat tropical, ces structures légères, en métal et mousse de polyuréthane, ont conquis des marchés au Vanuatu, à Fidji et en Polynésie. Et BHP lui a demandé d'explorer les marchés haut de gamme d'Asie. Un mois par an, il reprend son ancienne casquette de consultant international pour expertiser des entreprises asiatiques en difficulté

Des bons souvenirs qui restent froidement d'actualité...

Au moment où nous entamons d'une manière joyeuse une nouvelle année, celle de 2011, certains souvenirs resurgissent et claquent dans les mémoires comme une piqûre de rappel à la vigilance. Comme par exemple ce tract qui circulait pendant la campagne des provinciales de mai 2009. Un tract, simple, court, expéditif qui avait circulé dans les quartiers de Nouméa. Il ramenait tous dans le droit chemin... Ce tract s'intitulait "Voter pour des listes autres que celle unitaire du FLNKS, c’est opter pour la partition du pays !"
Au vu de l'évolution politique, on peut dire sans beaucoup se tromper qu'il reste d'actualité !


Voyons le contenu pour mémoire...


"De la solution consensuelle…
Aujourd’hui, certains responsables politiques, notamment de droite, évoquent des solutions consensuelles en lieu et place de la consultation prévue par l’Accord de Nouméa sur les 5 dernières compétences régaliennes (la monnaie, la défense, l’ordre public, la justice et la diplomatie).
Idée peut être séduisante mais, ô combien pernicieuse et dangereuse puisque sur le fond, elle est anti-indépendantiste…

La position du FLNKS : une application pleine et entière…
La position du FLNKS est claire et elle est celle-ci : la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa doit être pleine et entière. Cela signifie que la consultation prévue sur les dernières compétences régaliennes à partir de 2014 doit être organisée.

Proposer déjà une solution consensuelle sous prétexte que cette consultation serait largement défavorable aux indépendantistes relève de la pure propagande démagogique ou de la manipulation des consciences.
Aurait-on plutôt peur que cette consultation de l’après 2014 soit favorable à ce que le pays assume enfin les dernières compétences régaliennes ?
Tout le monde sait que le rapport indépendantiste/loyaliste évolue plutôt en faveur des indépendantistes depuis 1995. Tôt ou tard, ce rapport sera mécaniquement en faveur des indépendantistes !
Par ailleurs, le corps électoral appelé à voter lors de cette consultation est plus restrictif que celui des provinciales; c'est-à-dire que ne voteront que ceux qui justifient plus de 20 ans de présence dans le pays.

L’importance d’un groupe FLNKS fort au Congrès… et d’une présence dans le Sud
Mais, pour que cette consultation puisse avoir lieu après 2014, il faut une majorité qualifiée de 3/5 des élus au Congrès.
C’est pour cela que le FLNKS, signataire et garant de l’Accord de Nouméa, doit être important au Congrès.
Le nombre des élus indépendantistes du Nord et des îles doit être renforcé par celui des élus dans la Province Sud.
Dans le contexte du Sud, il n’y a qu’une seule alternative : constituer une liste unitaire des indépendantistes et des progressistes autour du FLNKS.

Le risque d’une partition…
Voter pour des listes autres que celle unitaire du FLNKS, c’est opter pour qu’il n’y ait pas d’élus indépendantistes et progressistes dans l’institution provinciale Sud.
Voter pour des listes autres que celle unitaire du FLNKS, c’est choisir pour que la droite coloniale continue à gérer les affaires sans partage !
Voter pour des listes autres que celle unitaire du FLNKS, c’est voter pour que la droite coloniale continue à nous dominer pendant 5 ans supplémentaires en Province Sud.
Voter pour des listes autres que celle unitaire du FLNKS, c’est abandonner totalement la Province Sud à la droite coloniale et, se contenter du Nord et des îles pour les indépendantistes.

C’est donc favoriser l’idée d’une partition du pays !
Une idée chère à Mitterrand qui avait déclaré à une époque à Jean Marie Tjibaou «L’indépendance jamais, au pire la partition…»
N’oublions pas que la partition a été mise en œuvre aux Comores lors de son indépendance en 1975. Pour sauvegarder son statut de puissance impérialiste, la France avait réussi à manipuler les instances internationales pour « garder » Mayotte française.
La même opération avait failli même réussir lors de l’accession du Vanuatu en 1980. La France avait encouragé la rébellion de l’île francophone de Santo. Mais, malheureusement pour elle, l'opération échoua... grâce en tre autre aux frères militaires papous.

dimanche 2 janvier 2011

Drapeaux à la mairie de Farino


Madoÿ souhaite que 2011 soit l'année de la mise en place des drapeaux dans des mairies
comme Moindou, La Foa, Bourail et Ouégoa.

Le groupe FLNKS au Congrès propose la mise en place d'une commission sur la réforme de la fiscalité calédonienne

(photo Madoÿ: le groupe FLNKS du Congrès lors de son séminaire qui s'est déroulé au centre socio-culturel de Sarraméa le 18 octobre 2010)
Nouméa, le 29 décembre 2010

Monsieur le Président,

En application des dispositions de l’article 41 du réglement intérieur du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, j’ai l’honneur de vous transmettre par la présente, une proposition de délibération portant création d’une commission spéciale chargée d’étudier la réforme de la fiscalité calédonienne.

En vous remerciant par avance d’en assurer l’enregistrement et la diffusion aux élus, ainsi qu’au gouvernement, je vous prie de croire, Monsieur le Président du Congrès, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le Président du groupe FLNKS
Roch WAMYTAN
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Enregistrée le :
Sous le numéro :
Proposition de délibération portant création d’une commission spéciale chargée d’étudier la réforme de la fiscalité calédonienne
(déposée par Monsieur Roch WAMYTAN, Président du Groupe FLNKS)


Exposé des motifs
A plusieurs reprises, dans le cadre des discussions tenues jusqu’à ce jour au sein du Congrès sur la nécessaire réforme de la fiscalité calédonienne, les élus de notre groupe ont suggéré la création-ou-la réactivation- d’une commission intérieure spécialement chargée de mener une réflexion sur ce dossier majeur.

Cette proposition a notamment été formulée à l’occasion du débat d’orientation budgétaire organisé le 23 septembre 2010, elle est particulièrement pertinente dans le cadre de l’examen des propositions que formulera le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie suite aux préconisations issues du rapport d’expertise que l’exécutif a commandé afin d’entreprendre la réforme de la fiscalité calédonienne, engagement pris dans le cadre de sa déclaration de politique générale.

Comme ce fut le cas en 1996, il vous est proposé de créer une commission spéciale dons le rôle serait de :
- Présenter des propositions de réforme, selon une méthodologie de travail qu’il lui appartiendra de définir,
- Rendre un avis sur les propositions que le gouvernement sera amené à formuler dans le cadre de la réforme que le gouvernement s’est engagé à entreprendre.

Tel est l’objet de la proposition de délibération jointe au présent exposé des motifs.

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Délibération n° …. du …..
portant création d’une commission spéciale chargée d’étudier la réforme de la fiscalité calédonienne

Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie,
Délibérant conformément aux dispositions de la loi organique modifiée n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie ;
Vu la loi modifiée n° 99-210 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie ;
Vu la délibération modifiée n° 9 du 13 juillet 1999 portant règlement intérieur du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, notamment en son article 19 ;
Vu la proposition de délibération n°............ du .................,
A adopté les dispositions dont la teneur suit :

Article 1
Il est institué une commission spéciale chargée de la réforme de la fiscalité, composé de …

Article 2
Cette commission est chargée de présenter des propositions de réforme, selon une méthodologie de travail qu’il lui appartiendra de définir, elle est également chargée d’examiner tout projet ou proposition de loi du pays ou de délibération déposé sur le bureau du Congrès dans la perspective de la réforme de la fiscalité calédonienne.

Article 3
La présente délibération sera transmise au haut-commissaire de la République, au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et publiée au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie.

Délibéré en séance publique, le ……...

Le Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie
Harold MARTIN