samedi 26 mars 2011

LE DRAPEAU KANAK CONTINUE A FAIRE CHANTER LA CLASSE POLITIQUE LOCALE


Oui le drapeau kanak est pointé du doigt pour être à l’origine de l’instabilité institutionnelle que connaît le pays depuis ces dernières semaines. Naku press a eu plusieurs occasions pour parler de ce symbole, dans ses précédentes diffusions. De nouveau Naku press va encore lui consacrer quelques lignes et la raison essentielle est que l’on ne peut pas avancer sans ce symbole. D’ailleurs la classe indépendantiste n’a fait que confirmer l’importance de ce symbole, en le défendant de différentes manières. Du président du groupe FLNKS au congrès pour marteler devant toute la droite locale : «la charge émotionnelle qu’occupait ce symbole dans la conscience politique du FLNKS» - de Déwé Gorodey sur les ondes de la Radio indépendantiste dans l’émission «Invité du Jeudi» : «le peuple kanak a déjà fait plusieurs concessions: Nainville les Roches pour reconnaître les victimes de l’histoire, ensuite l’ADN pour accepter de construire une citoyenneté dans un destin commun avec les autres – de Sylvain Pabouty élu FLNKS Province Sud, toujours sur les ondes de la radio indépendantiste dans l’émission: l’invité de la semaine: le peuple kanak a subi le drapeau bleu blanc rouge pendant 150 ans, que ceux qui veulent un drapeau commun subissent eux aussi 150 ans le drapeau kanak après on pourra parler d’autres choses.

La Droite locale, elle, va plutôt afficher ses divergences quant à la question du drapeau kanak: certains diront qu’il s’agit d’une étape avant d’aller à autre chose dixit Gael Yanno et d’autres ne veulent surtout pas entendre parler de cet étendard qu’ils entendent considérer comme étant le symbole d’une lutte de libération; rebelle donc il ne peut pas être hissé, et encore moins accepté comme étant le signe identitaire du futur pays.

Naku press retiendra derrière cette cacophonie que le drapeau kanak continue simplement à pousser la contradiction principale qui est celle de la reconnaissance d’un peuple à la quête de sa dignité. C’est ainsi que sa place dans le débat sur les signes identitaires du pays, a finalement montré les limites de l’angle de la démarche participative initiée par le gouvernement de l’ancienne mandature. C’est une question éminemment politique.

Outre ses couleurs qui ont chacune leur signification, derrière ce drapeau c’est tout l’espoir d’un peuple. C’est cela qui explique les difficultés actuelles. La spontanéité dans le port de ce symbole, sur les tee shirts, les foulards, les briquets, les auto collants, en dit long sur son impact au sein de la population , particulièrement kanak. Il est porté en permanence, pas uniquement quand le débat refait surface dans l’arène politique local. Cela prouve que l’on ne pourra pas prétendre évacuer la question par des bonnes logiques politiques formulées dans les hautes sphères du pays pour justifier dés à présent un drapeau commun.
Reconnaissons d’abord les deux légitimités pas uniquement dans les paroles mais aussi dans les faits par le lever du drapeau kanak dans tout le pays.

Naku Press : Mise en ligne le 26/03/2011 à 22h39

jeudi 24 mars 2011

Le chef du groupe FLNKS au Congrès fait une déclaration envers P. Gomes et son groupe Calédonie Ensemble....

Madoÿ publie la déclaration du chef du groupe FLNKS au Congrès de la Nouvelle Calédonie, en séance du vendredi 24 février 2011. Cette déclaration porte sur les tentatives de destabilisation des institutions par Gomes, ex-président du gouvernement, et son parti, Calédonie Ensemble...

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Monsieur le Président, chers collègues,

Après la deuxième démission du gouvernement, le congrès est de nouveau appelé aujourd’hui à fixer le nombre de ministres au futur gouvernement du pays. Notre groupe votera le projet de délibération, estimant que le chiffre maximum de 11 ministres prévu par la loi organique de 1999, est nécessaire pour un fonctionnement normal de cette institution. Au vu des déclarations de certains responsables politiques, ces derniers temps, permettez moi cependant de procéder à quelques rappels historiques qu’il est bon de se remémorer afin de ne pas sombrer dans une amnésie qui serait néfaste pour l’avenir de ce pays dont les populations dans leur large majorité souhaitent que de vivre en paix et en harmonie, loin des spectres d’un passé pas si lointain qui a vu notre île de lumière passait au bord de la guerre civile.

Excusez moi par avance si ce que je vais dire pourrait choquer certains d’entre vous.

Lors de la création du FLNKS, le 24 septembre 1984 à l'Océanique à Ducos, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné ont essentiellement présenté deux choses à l'assemblée présente à ce congrès constitutif :"Kanaky" pour le nom du Pays, «le drapeau" formé de 3 bandes horizontales qui sont de bas en haut : vert, rouge, bleu. Frappé en son centre d’un disque jaune marqué d’une flèche faîtière noire comme emblème du Pays revendiqué.

Ces deux éléments furent adoptés à l’unanimité par les militants présents car ils représentaient pour le peuple kanak en lutte des symboles forts permettant de fédérer les énergies afin de s'extraire du carcan colonial pour installer définitivement dans leur vision et leur concept le pays Kanak libre.

Avec ce drapeau hissé officiellement par Jean-Marie Tjibaou le 1er décembre 1984 à la Conception, à la suite du boycott actif des élections du 18 novembre 1984, l’étendard du FLNKS scella définitivement le ralliement du peuple colonisé et de ceux qui souhaitaient partager son destin au combat pour une Nouvelle Calédonie libre et indépendante.

C’est recouvert du drapeau du FLNKS que furent enterrés les militants de Tiendanite, ceux d’Ouvéa et l’ensemble des morts de 1984 à 1988. C’est au nom de ce drapeau que les responsables du FLNKS engagèrent le peuple kanak dans le statut Fabius Pisani. C’est encore recouverts de ce drapeau que les 19 militants d’Ouvéa furent ensevelis à Whadrilla en mai 1988. Et toujours au nom de ce drapeau, Jean Marie Tjibaou signa les accords de Matignon et d’Oudinot en juin 1988. Ce drapeau lui servit de linceul ainsi qu’à son compagnon Yeiwené Yeiwené après leur assassinat par Djoubély Wea qui mourut aussi pour ce drapeau qui les associa tous les trois dans la mort pour l’indépendance de leur pays. C’est enfin sous la houlette de ce drapeau que les négociateurs FLNKS de l’accord de Nouméa, vont signer le dispositif de l’accord de Nouméa le 21 avril puis le 5 mai 1998 en présence des plus hautes autorités de l’Etat français et des personnalités des pays de la région Pacifique.

Ce petit rappel pour inviter chacun d’entre nous à évaluer le poids, la dimension symbolique et la charge émotionnelle qu'occupe le drapeau Kanak dans la conscience politique du FLNKS et d’une large majorité du peuple kanak. Vous comprendrez qu’il ne s’agit pas d’un vulgaire bout de chiffon mais le signifiant d’une nation en émergence, en marche vers son destin. Le drapeau Kanak offert définitivement au Pays le 17 juillet 2010 est l'un des éléments fondamentaux de l'identité du Peuple Kanak dont il conjugue l’authenticité au travers de la communauté de destin.

Ce rappel permet de se dire les choses afin de mieux se comprendre dans le cadre de l’objectif poursuivi, celui de forger au mieux la communauté de destin souhaité par l’Accord de Nouméa. Le peuple kanak dispose de cet énorme avantage de connaître « l’homme blanc » plus que ce dernier le connaît. En lui imposant sa culture, sa langue et l’ensemble du système social et institutionnel qui va avec, la France a fourni à ce peuple, les clés de compréhension de « l’AGIR » de « l’homme blanc ». Il n’en est pas de même pour ce dernier qui, malgré l’apport d’outil intellectuel fourni par des armées d’ethnologues et d’anthropologues de tout genre, a du mal « in fine » à saisir comment fonctionne l’homme kanak. D’où l’effort incessant que nous avons à faire pour expliquer à longueur d’années qui nous sommes finalement ! Faire comprendre combien l’homme kanak agit en être de « symbole » en permanence et combien la non compréhension de cet aspect anthropologique fondamental peut être source d’erreur et de malentendus graves de conséquence comme cela s’est passé à propos de l’attitude de Calédonie Ensemble à la mairie de la Foa le 12 janvier 2011.
Ce rappel est aussi pour exprimer deux choses. Le FLNKS demande à chacun de respecter notre drapeau qui est devenu l’emblème du pays au coté du drapeau français depuis l’an dernier. A l’instar des drapeaux des nations du monde, notre drapeau est digne de respect et comme le rappelait souvent l’ancien premier ministre du Vanuatu, feu le père Walter LINI, « respect Is honourable ». Il s’agit d’une philosophie de vie car sans respect, la vie devient impossible, sans respect c’est le règne de la violence qui s’instaure.

La deuxième chose exprimée par ce rappel est le respect de l’accord de Nouméa. Pour le FLNKS, ce dispositif trouve son fondement dans la revendication kanak qui constitue la matrice originelle des différents accords de Nainvilles les roches en 1983 au statut Fabius Pisani de 1985, aux accords de Matignon Oudinot de 1988 et à celui de Nouméa en 1998. Sans revendication kanak, il n’y a pas d’accord de Nouméa, dernier compromis avec l’Etat Français dans la lignée des petits et grands accords passés entre le peuple kanak depuis le 24 septembre 1853, date de prise de possession de notre pays par la France. Et comme je le rappelais, cet accord a été en ce qui nous concerne, scellé dans le sang versé, non seulement celui de nos responsables et militants, mais j’associe aussi celui des militants de la France morts entre 1984 et 1988. Cet accord a été en outre attaché coutumièrement au Peuple Kanak.

Au nom du groupe FLNKS, j’en appelle donc au respect de l’accord de Nouméa. L’Accord de Nouméa n’est pas un jouet dont on peut disposer à sa guise au gré de ses états d’âme. L’Accord de Nouméa ne peut être un instrument de violence fusse-t-elle institutionnelle car il a été conçu pour donner vie et structurer l’âme de notre pays. Si on l’utilise pour régler ses comptes politiques, il peut être synonyme de mort. Car les germes d’une auto destruction existent bel et bien au sein de ce dispositif, le législateur national en 1999 l’a ainsi voulu. Il n’en tient qu’aux élus que nous sommes de manier cela avec précaution dans l’intérêt de nos populations. Par un petit jeu de démission en démission et en démission répétée à l’infini, le mécanisme peut se bloquer puis exploser et qui sera gagnant à ce jeu de massacre, certainement pas le pays.

Nos deux autres partenaires de l'Accord (le RUMP et l'Etat) l'ont parfaitement bien compris. En parlant de la reconnaissance des deux légitimités, ils acceptent enfin que nos deux histoires se croisent et s’entrecroisent pour cheminer ensemble vers l'avenir. Le vœu voté au Congrès consiste à sceller sans heurt cette posture. Dans la foulée, la levée du drapeau au Haut-commissariat par le 1er Ministre François Fillon rend solennel cet engagement. Et cette évolution voulue et partagée par les trois signataires historiques, vise à préparer sereinement les discussions sur l'avenir.

Malheureusement, avec tout le respect du au président du gouvernement sortant, Mr Philippe Gomes s'est mis en marge de l’état d’esprit qui s’impose dans ce contexte. Il fait de la levée drapeau du FLNKS au coté du drapeau français, un casus belli permanent tout en rejetant les coutumiers aux frontières de leurs tribus, et en alimentant dangereusement certaines thèses du Front National. Il se permet de s’opposer à des décisions du comité des signataires avalisées qui plus est par le président de la république, Nicolas SARKOZY lui-même, c'est-à-dire la plus haute instance de cette nation, la France, à laquelle il ne cesse de revendiquer son appartenance.

Suite à l’initiative de l’Union Calédonienne, Mr Gomes hurle aux loups, criant son désespoir par monts et par vaux qu’on lui ait enlevé son jouet et jurant par ses menaces de blocages institutionnels qu’il se vengerait par un retour aux élections, prêt qu’il est à pratiquer la terre brulée pour arriver à ses fins : c'est-à-dire revenir aux commandes de sa petite nation au sein de la grande nation. Mais il n’y a pas le feu à la maison, l’UC a tout simplement utilisé l’article 121 de la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999.

Ces dispositions ont été déjà appliquées à trois reprises notamment en 2002, 2004 et 2007. Et à aucun moment, il n'y a eu de scandale politique, de putsch et encore moins d'instabilité institutionnelle. Le changement de gouvernement au cours d'une mandature est une éventualité dans le cadre "ordinaire" de l'application de l'Accord de Nouméa. Il répond naturellement aux exigences de consensus et de collégialité dictées par l'esprit de l’Accord. Ne pas comprendre cela, c'est ne pas être habité par l'esprit dudit Accord.

Au nom du groupe FLNKS je demande solennellement au président GOMES de faire preuve d’humilité et de cesser son chantage au blocage des institutions pour un retour anticipé aux élections provinciales. S’il trouve quelque chose à gagner ce n’est certainement pas de l’intérêt général de la population qui n’aspire qu’à une chose, à la paix et à l’harmonie entre tous. Persister dans cette voie c’est mettre le doigt dans un engrenage extrêmement dangereux, le ministre Bernard Pons en a fait l’expérience en 1987, en faisant exploser le statut Fabius Pisani, il a récolté les terribles fruits de la grotte d’Ouvéa.

Le groupe FLNKS, avec les partis le composant, est prêt à relever le défi s’il s’agit d’un défi lancé aux indépendantistes. Prêt à relever le défi, s’il le faut, je dis bien s’il le faut d’une contre manifestation le samedi 2 avril prochain. Si Calédonie Ensemble a pour objectif en appelant à manifester ce jour là de défier notre drapeau, symbole de la revendication identitaire et d’indépendance du Peuple Kanak, j’invite ses responsables à se rappeler la grande manifestation d’Algérie en 1962 qui a conduit plus d’un million de personnes dans les rues d’Alger. Cette démonstration de force face à la politique du général De Gaulle n’a pas stoppé net le processus d’indépendance, bien au contraire, elle a permis d’accélérer le mouvement avant de mettre sur le chemin de l’exode des millions de réfugiés. Donc attention aux balbutiements de l’histoire. Et comme le disait Jean Marie TJIBAOU en 1983, « ne sciez pas la branche sur laquelle vous êtes assis dessus »

Le groupe FLNKS est de même prêt à relever le défi d’une prise accrue de responsabilités au sein des exécutifs à venir tant au gouvernement qu’au Congrès. Notre groupe est aussi prêt à relever le défi des élections si le président Gomes persiste dans son petit jeu dangereux, mais il n’assumera pas d’autres responsabilités que la sienne en cas de dérapages ou de dérives malheureux au de là de ces élections.

Nous sommes porteurs d’un espoir d’émancipation pour notre peuple et notre pays dans la droite ligne du combat de nos anciens, cet espoir ne viendra pas se fracasser et s’arrêter net contre l’orgueil et la suffisance de qui que ce soit car nous sommes comptables d’une histoire qui n’est pas encore achevée, celle de la décolonisation et de l’émancipation de notre pays, persuadés que nous sommes que c’est à notre génération que reviens la charge et la responsabilité de fermer cette « parenthèse de l’histoire » évoquée par l’ancien secrétaire général de l’ONU, Mr Koffi Anan, celle de la colonisation du pays kanak. Aux générations montantes, nous nous devons de livrer un pays débarrassé des scories d’un système qui a tant fait souffert nos anciens, système dont les relents sont encore attisés par certains qui en ont fait leur fond de commerce politique. La fin du système colonial doit rester notre objectif à l’aube des discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie. Ces discussions devront déboucher sur « La » solution, à temps, c'est-à-dire dans un temps raisonnable permettant que l’exercice au droit à l’autodétermination de nos populations, puisse se faire dans les meilleures conditions possibles. Il n’est que grand temps de nous y préparer.

Il est donc de la responsabilité du groupe FLNKS de dire dans cette enceinte que si nous ici pour la troisième fois, nous espérons qu’il n’y aura pas de quatrième fois. Dans tous les cas, le groupe fera tout ce qui est en son pouvoir pour que ce soit ainsi.

Monsieur le président, en votre qualité de président par intérim du Congrès de notre pays, et non en tant que militant de votre parti, Calédonie Ensemble, je vous demande solennellement d’agir pour que le gouvernement qui sera en place le vendredi 1er avril 2011, soit celui de la Nouvelle Calédonie dans une stabilité retrouvée jusqu’aux élections prévues par l’accord de Nouméa, celles de mai 2014.

Je vous remercie.







Déwé Gorodey sur Djiido...

Madoÿ publie ici une retranscription "mot à mot" d'une interview de Déwé Gorodey sur la radio nationaliste Djiido le jeudi 24 mars 2011 dans le cadre de "l'invitée du jeudi". Rappelons que cette retranscription a été réalisée par la cellule comm de l'Assemblée de la Province Sud.
Djiido...

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"Journaliste : Madame Gorodey, bonjour et merci d'avoir accepté notre invitation.
Déwé Gorodey : Bonjour Romain, et bonjour auditrices et auditeurs de Radio Djiido.

Journaliste : Madame Gorodey, nous allons parler de cette crise politico-institutionnelle et les démissions à répétition de Calédonie ensemble. C'est quoi votre sentiment ?
Déwé Gorodey : Alors, évidemment, actuellement, dans la démission à répétition de Calédonie ensemble, moi, je voudrais d'abord rappeler que ces tentatives de déstabilisation du gouvernement actuel ont eu un début qui était, au départ, un règlement de comptes en interne de l'UC, qui voulait dégommer ses trois ministres, à savoir messieurs d'Anglebermes, Devillers et Pierre Ngaiohni et donc, de faire d'une pierre deux coups, dégommer en même temps l'ancien président du gouvernement, c'est-à-dire Philippe Gomès. Et après, c'est la démarche dans laquelle est Philippe Gomès aujourd'hui, qui est de continuer la déstabilisation qui, au départ, a été le fait d'une décision du comité directeur de l'UC à Thio.

Journaliste : Les différents élus politiques ont exprimé leur lassitude de voir ces démissions à répétition, quand même.
Déwé Gorodey : Oui, effectivement, il y a une lassitude. Alors, je rappelle que pour nous, à l'UNI, on est dans la mise en œuvre de l'Accord de Nouméa, depuis la signature de l'Accord de Nouméa en 1998. Et notre travail au gouvernement s'inscrit avec cette feuille de route et dans ce cadre-là. Ce qu'il y a aujourd'hui, je répète, on est dans des histoires de règlements de comptes politiques et ça ne fait pas avancer la mise en œuvre de l'Accord de Nouméa, ni les réponses qu'on doit donner aux problèmes sociaux qui s'expriment actuellement.

Journaliste : On a l'impression que les gens ne réagissent pas par rapport à cela. Qu'est-ce que vous pensez, vous ?
Déwé Gorodey : Je pense que, tôt ou tard, la population, elle devra exprimer son ras-le-bol de ces jeux de quilles et de billes auxquels s'adonnent actuellement les politiciens qui ont le temps, peut-être, de faire ça. Moi, je l'ai dit précédemment dans une émission de télévision, que je n'ai pas le temps pour tout ça, notamment parce que le temps avance, et nous avons un calendrier avec la date de 2014 pour les prochaines élections provinciales, parce que les prochaines élections, c'est en 2014, c'est pas demain ou après-demain. Et après, entre 2014 et 2018, doit se tenir le référendum sur les cinq compétences dites régaliennes, qui est prévu par l'Accord de Nouméa.

Journaliste : Il n'y aura pas d'élection avant 2014. Vous êtes sûre de cela ?
Déwé Gorodey : En tout cas, j'ai entendu le représentant de l'État dire à notre dernière réunion, mardi, en l'occurrence le secrétaire général, qui a dit que l'État, dans cette affaire, est le garant des institutions, donc, signataire de l'Accord de Nouméa, qui protégera les institutions, et il ne cautionnera pas que l'on continue à déstabiliser les institutions.

Journaliste : On a l'impression que la droite loyaliste locale joue avec une institution, avec cet exécutif du pays qui a son importance dans l'Accord de Nouméa.
Déwé Gorodey : Oui, elle joue avec, parce qu'il faut rappeler que la droite locale n'était pas d'accord dans les discussions de l'Accord de Nouméa pour qu'il y ait un gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. C'est normal, ils sont anti indépendantistes. Et donc, c'est une revendication du FLNKS, et l'existence du gouvernement est un acquis de la lutte du peuple kanak et du FLNKS. Alors, qu'on se mette à jouer, maintenant dans cette institution et l'utiliser pour régler ses problèmes internes ne m'étonne pas.

Journaliste : Vous êtes membre du gouvernement depuis le premier gouvernement, en 2000. Vous avez toujours les mêmes portefeuilles. Est-ce que vous pouvez nous rappeler ces portefeuilles ?
Déwé Gorodey : Au premier gouvernement Frogier, j'étais chargée de la jeunesse de la culture et des sports. Ensuite, à partir de 2001, j'étais chargée de la culture et de la citoyenneté, auxquelles s'est ajoutée la condition féminine, en 2004, avec l'application de la loi paritaire pour les femmes de ce pays. Et dans l'actuel gouvernement Martin, il a été décidé, donc en plus du secteur, de participer à la coordination des différents pôles, qui sont, en fait, des réunions de travail sur les dossiers transversaux, et en ce sens, je participerai à la coordination du suivi des décisions du comité des signataires de l'Accord de Nouméa, et à la coordination de la politique du gouvernement avec les provinces. Voilà donc, ce que j'ai actuellement dans mes portefeuilles. Pour continuer, Romain, sur le rappel sur ce qui était inscrit dans l'Accord de Nouméa et ce que nous avons fait, je rappellerai la mise en place de la SACENC, parce que c'était très, très important que nos auteurs-compositeurs bénéficient de leur droit intellectuel. Je rappellerai évidemment les organisations des festivals dans le cadre de notre ouverture sur le Pacifique, sur notre région. Je rappellerai aussi le travail qui a été fait sur les signes identitaires, parce que c'est inscrit dans l'Accord de Nouméa. Il y a aussi la mise en place de l'académie des langues kanakes, et, en tout cas, ce qui nous reste actuellement, les deux dossiers que nous sommes en train de porter actuellement, c'est un projet de loi de pays sur la protection des savoirs traditionnels et un projet de loi de pays aussi sur le statut des artistes. Voilà, en résumé.

Journaliste : C'est un bien de poursuivre avec la même personne dans ce genre d'exécutif parce que les dossiers se suivent. C'est une chance pour vous parce que vous êtes là depuis 2000 et vous avez toujours eu les mêmes secteurs.
Déwé Gorodey : Oui, tout à fait. En fait, pour appliquer son programme politique, il faut durer. Il faut pas faire le va-et-vient, il faut pas sortir, démissionner, parce que les propositions de démission, ça ne date pas de maintenant. Déjà sous le gouvernement Frogier, on nous avait proposé de démissionner, et moi, je n'ai jamais accepté, parce que, justement, cinq ans, vous savez, c'est pas long. Cinq ans, on va dire qu'en cinq ans on a, au plus, trois ans pour appliquer le programme électoral. Donc, je répète : il vaut mieux durer en politique pour pouvoir appliquer le programme électoral qu'on a expliqué aux gens.

Journaliste : C'est un message important que vous lancez auprès des jeunes qui vont sûrement intégrer la vie politique, et surtout travailler dans ce qui va se faire pour l'avenir du pays.
Déwé Gorodey : Tout à fait. Il y a des jeunes maintenant qui sont sur des postes au gouvernement, et moi, je salue les jeunes qui veulent la responsabilité à certains niveaux, parce que de toute façon, nous, les vieux, on s'en ira, demain ou après-demain, et le pays va continuer à vivre, la politique va continuer, et il faut des jeunes qui acceptent d'assumer (?) responsabilités pour la construction du pays.

Journaliste : Vous avez parlé de pôles. C'est une nouvelle forme d'organisation au sein du gouvernement, peut-être pour améliorer la collégialité ?
Déwé Gorodey : Au départ, quand nous sommes arrivés, en 1999, je disais qu'on était à l'école de la collégialité, il y a douze ans maintenant, et la collégialité s'est améliorée, d'année en année, et donc on a partagé de plus en plus la gestion des dossiers transversaux, et donc, le pôle va dans cette démarche-là.

Journaliste : C'est important, surtout quand il y a des difficultés.
Déwé Gorodey : Disons qu'actuellement, on est dans les affaires courantes, on n'est pas encore dans les gros dossiers puisqu'il y a eu plusieurs démissions, et on sait pas quand est-ce que ça va s'arrêter.

Journaliste : La journée de la femme a été bien suivie dans le pays. À l'initiative du gouvernement elle s'est faite du côté de Canala. Une réussite, pour vous ?
Déwé Gorodey : La journée internationale de la femme mobilise de plus en plus de femmes et pas seulement de femmes, de jeunes gens et de coutumiers, parce que ces années, on a travaillé, j'ai eu aussi le secteur des affaires coutumières, et on a pris l'habitude de travailler avec les coutumiers, de les consulter et surtout sur la question des femmes, parce que la question des femmes, il faut discuter avec les coutumiers, à la base puisque nous savons que nous, les femmes kanakes, on a un statut dans nos cultures, comme dans les cultures océaniennes et dans les cultures des peuples premiers.

Journaliste : Le secteur de la condition féminine a été mis en place lors de la dernière mandature.
Déwé Gorodey : Oui, et dans le secteur de la condition féminine on est toujours, et surtout en ce moment, à continuer à travailler contre les violences faites aux femmes et contre toutes les discriminations faites aux femmes pour lesquelles on a mis en place ce qu'on appelle le comité SEDEF, et on continue aussi à inciter les femmes à se former pour les métiers dits d'hommes, pour participer au développement de leur pays, et pour la dernière journée internationale de la femme, à Canala, c'était sur le thème de la femme dans l'économie formelle et informelle, parce que, effectivement, l'économie informelle, elles y sont très impliquées.

Journaliste : Les associations de femmes ont aussi organisé des journées de débats ou de discussions.
Déwé Gorodey : Oui, et c'est très important que les femmes prennent cette initiative-là, parce que c'est sûr que tout le monde ne peut pas se déplacer dans les lieux où on fait la journée internationale de la femme, parce qu'on la déplace de province en province, chaque année, et c'est important, le débat et la discussion, et c'est pour ça que depuis le départ nous avons voulu donner à cette journée de la femme un caractère, non seulement culturel, mais aussi un caractère économique où les femmes peuvent écouler les produits de leur travail, et c'est ce qui s'est fait à Canala, avec ce qu'on appelle le grand marché des femmes du pays, et aussi que ça soit un espace de discussion parce qu'il est important de parler, de définir ensemble des objectifs, de voir ensemble où on est et où on va.

Journaliste : Est-ce que les questions sur le drapeau et le nom du pays vont très vite ? Comment vous voyez ces signes identitaires au moment où on parle ?
Déwé Gorodey : Au moment où on parle, c'est vrai que les travaux du comité de pilotage que je présidais sur les signes identitaires ont amené au vote du Congrès sur la devise, l'hymne et le nouveau graphisme des billets de banque. La question du drapeau et du nom du pays n'ont pas pu aboutir, à l'intérieur de ce comité de pilotage, parce que il y avait une proposition du FLNKS qui disait qu'il faut lever les deux drapeaux pendant la période transitoire, et une proposition du FLNKS aussi qui disait : le nom du pays c'est Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Et à l'intérieur du comité de pilotage, c'était l'UMP qui avait bloqué la discussion à ce moment-là. Et donc, s'il y a discussion à l'intérieur du comité de pilotage où la démarche que nous avons adoptée est une démarche participative, c'est-à-dire avec la réflexion, le débat avec les citoyens, et donc, j'ai considéré qu'on n'était plus dans cette démarche-là, que c'était plutôt une position politique, et donc, à ce moment-là, il faut aller dans une instance politique pour parler de la question du drapeau et de la question du nom du pays. Voilà.

Journaliste : Pour vous, vous pensez que le drapeau de Kanaky doit être le drapeau du pays ?
Déwé Gorodey : Il y a un projet de loi de l'UC qui veut faire voter le Congrès sur le drapeau Kanaky, comme on l'appelle, et la position de mon parti, le Palika, c'est de voter ce projet de loi parce que, effectivement, depuis la période des événements, c'est le drapeau kanak dans lequel le peuple kanak se reconnaît. C'est le drapeau du peuple de ce pays dans lequel se reconnaissent aussi d'autres. Pour nous, c'est normal que le drapeau kanak soit le signe identitaire de ce pays, puisque ce pays, c'est le pays des Kanaks, et on a fait des concessions politiques importantes, à Nainville-les-Roches, en 1983, où nous avons dit que ceux qui sont arrivés, de gré ou de force, dans ce pays sont (?) des victimes de l'histoire. On n'est pas allé au-delà avec la signature de l'Accord de Nouméa, en disant que nous avons à construire ensemble la citoyenneté de ce pays. Voilà les concessions que le peuple kanak a faites.

Journaliste : On va parler de livres, une mission que vous avez faite la semaine dernière à Paris. Vous nous expliquez ce déplacement ?
Déwé Gorodey : Normalement nous envoyons une délégation, tous les ans, depuis 2066, sur le salon du livre de Paris, parce que, au départ, quand il y avait le salon du livre de l'outre-mer, nous, on était pratiquement dans un placard. On avait droit qu'à une table dans un coin. et, nous, ça nous a pas plu et, à ce moment-là, j'ai proposé qu'on ait un stand Océanie, c'est-à-dire avec la Polynésie française et avec Wallis et Futuna, pour qu'on soit ensemble dans ce salon-là, et d'ailleurs le salon du livre de l'outre-mer a été supprimé depuis, et donc, par contre, cette année, c'est particulier : nous avons été invités dans le cadre de l'année des outre-mer, dont le commissaire est monsieur Daniel Maximin, écrivain antillais, qui a insisté fortement pour qu'il y ait une forte délégation de notre pays à ce salon du livre. Il y a d'autres espaces aussi, sur lesquels on ira dans le cadre de l'année des outre-mer, il y a un espace pour les athlètes et les artistes aussi, en juin, à La Villette, il y a un autre espace, en novembre, pour l'association (Ka?) 2011, c'est-à-dire des descendants des Kabyles de Bourail qui ont fait cette association pour pouvoir participer en novembre, avec le partenariat de la Maison de la Nouvelle-Calédonie, à cette année de l'outre-mer et aussi avec le partenariat de l'institut du monde arabe. Il y a cet espace-là, et il y a aussi un dernier espace, en décembre qui est un espace consacré à nos langues, et ce sera (?).

Journaliste : L'année des outre-mer c'est une reconnaissance des outre-mer ou pas pour vous ?
Déwé Gorodey : On a eu un débat, là-bas, où on a…, en tout cas, pour ma part, je constate que peut-être, qu'il y a aussi des relations à redéfinir, et aussi des mots à redéfinir, parce que vous savez, quand on dit l'outre-mer, c'est très vague, c'est la nébuleuse, ça. Mais personne ne sait encore, là-bas, où se trouve la Nouvelle-Calédonie, ou se trouve la Guyane, quelque fois on pense qu'on est dans la mer des Caraïbes, ou au large du Maroc, je sais pas. Mais il faudra que la France, elle redéfinisse aussi les termes. Les termes qu'elle a employés vis-à-vis de nous, l'outre-mer, donc, revoir ce terme, parce que comme dit, l'outre-mer, c'est très vague, c'est nébuleux. Et puis, c'est vrai que, nous définir comme ça, dans un pareil mot, qui ne veut rien dire, en fait, c'est toujours continuer…

Journaliste : C'est réductif.
Déwé Gorodey : C'est réductif. Et continuer ce que j'appelle l'imagerie coloniale, où à un moment donné, on parlait du cannibale, du sauvage, du bon sauvage, après on nous a appelés les Kanaks, c'était péjoratif, et après on nous a appelés les autochtones, après on nous a appelés les Mélanésiens, et donc, si ça continue comme ça, si justement, globalement, on nous considère par ce terme qui est très vague, quel sera le prochain terme par lequel on va nous appeler ? Mais, en dehors de ça, heureusement qu'on s'est revendiqué le mot Kanak, avec un K.

Journaliste : Il y a eu des jeunes Kanaks dans le salon du livre de Paris.
Déwé Gorodey : C'est tout un honneur pour nous, les vieux, de voir que les jeunes prennent la relève en littérature.

Journaliste : Et qui ne suffit pas.
Déwé Gorodey : Il faut continuer et il faut aussi que la filière du livre soit revue, ici, parce qu'on a demandé une étude sur la filière du livre, parce que vous savez que le livre est très, très cher, et il y a eu donc des préconisations, des propositions de ceux qui ont fait cette étude pour qu'on revoit un peu la filière du livre ici.

Journaliste : Est-ce que les éditeurs de livres sont aussi considérés dans la SACENC ?
Déwé Gorodey : Ce qu'on a prévu, au départ, avec la SACENC, c'est d'y introduire tous les autres domaines artistiques, comme aussi pour le (?) qui est le (?) d'exportation de la musique du pays, et aussi des autres domaines artistiques, parce que nous avons estimé que notre pays est petit, que le marché est réduit, et qu'il ne faut pas, qu'il n'est pas nécessaire qu'à chaque fois, on fasse une société par catégorie artistique.

Journaliste : Pour terminer : même s'il y a les démissions, vous avez parlé des affaires courantes.
Déwé Gorodey : Donc, on est dans les affaires courantes, alors, ça veut dire qu'il y a des conseils d'administration qu'on continue à faire, ça veut dire qu'on continue sur certaines opérations qui étaient inscrites au budget, comme récemment la journée de la femme. En tout cas, ce que j'espère, c'est que la déstabilisation s'arrête au plus tôt, pour qu'on continue à mettre en œuvre l'Accord de Nouméa pour lequel on est là où on est.

Journaliste : Nous sommes au premier mois de l'année scolaire. Vous avez un message à lancer auprès de ces jeunes, de ces élèves ?
Déwé Gorodey : Je lance le même message que je leur ai toujours dit quand j'étais professeur de français, à savoir qu'il faut aller le plus loin possible dans nos études parce que demain, la responsabilité du pays sera entre vos mains.
Merci."

dimanche 20 mars 2011

Hommage aux militant(e)s investi(e)s dans les quartiers populaires....

Au lendemain de la journée internationale de la Femme, l'association de quartier de Pierre Lenquette, La Résistance, fêtait les 70 ans de la doyenne de l'association le mercredi 9 mars 2011.

Un pot a été organisé dans le quartier avec la présence des élus qui ont toujours été aux côtés des membres de l'association.
Les élus sont: Didier Leroux, Pascal Vitorri et Sylvain Pabouty.

Sonia Backès remercie son ex-direction de l'Enseignement...

Même si nous sommes dans une situation "provisoire", nous sommes à peu près certains que le secteur Enseignement au gouvernement va échapper à la jeune ministre du RUMP, Sonia Backès. Et, si tout va bien, le secteur devrait revenir définitivement, du moins, jusqu'en 2014, à un ministre du FLNKS. Actuellement, le secteur est assumé provisoire par Yvon FAUA, militant FLNKS du RDO.

Découvrons le courrier de remerciement de Sonia Backès à la direction de l'Enseignement de la NC... (photo Madoÿ ci-contre - Les 4 ministres de la liste Entente FLNKS)


"Madame, Monsieur,

Au terme de plus de vingt et un mois d'animation et de contrôle du secteur de l’enseignement, je tiens à vous remercier chaleureusement pour la qualité du travail accompli au service des enfants et de la jeunesse.
J’ai compris que, sans grands discours théoriques, vous étiez animés par de vraies valeurs présentes dans votre action quotidienne. Vous leur avez donné un sens concret, une liberté, qui se traduit par une pensée débarrassée de l’ignorance et des préjugés, l’égalité avec laquelle tout élève est accueilli et éduqué, enfin la fraternité qui existe lorsque chacun est reconnu et respecté.
C’est grâce à votre action et à votre investissement que de nombreuses évolutions ont pu être engagées : l’ouverture de l’école au monde avec les écoles bilingues, un travail fructueux de réflexion pour réduire la fracture entre le primaire public et le reste de l’Ecole en Nouvelle-Calédonie, la conception d’une véritable politique linguistique avec notamment la création d'une cellule Langues et Cultures Kanak, la lutte contre l’échec scolaire et l’illettrisme, l’évolution de la formation initiale maintenant adossée à une licence, l’expérimentation d’actions concrètes et je pourrai citer coup de pouce, ou la distribution de cahiers de vacances ainsi que le soutien aux initiatives locales, … la liste n’est pas exhaustive.

Des chantiers d’envergure sont encore devant nous et je compte, dans le cadre de l'animation de mon nouveau secteur qui reste par certains égards en lien étroit avec l’école, m’investir pleinement dans la construction du projet éducatif qui vous sera soumis en fin d’année.

Je pourrai ainsi apporter toute ma bienveillante coopération à ce nouveau gouvernement où la distribution des secteurs s’est organisée par pôles. C’est en effet dans un esprit de collégialité et de co-animation encore plus affirmé que les secteurs de chacun seront dorénavant animés. C’est avec une grande émotion et beaucoup de reconnaissance que je vous remercie encore une fois pour votre professionnalisme, votre créativité, votre engagement à mes côtés et votre souci de faire toujours mieux réussir les élèves.

Je vous souhaite une excellente continuation,

Bien cordialement,

Sonia Backes"

La nécessaire adaptation de la réglementation de la chasse au notou à la Province Sud...

Aujourd'hui, lundi 21 mars 2001, à 11h00, aura lieu une réunion de la commission Environnement de la Province Sud avec un seul point à l'ordre du jour: un projet de délibration portant prescriptions particulières en matière de chasse dans le Parc des Grandes Fougères. Evidemment que le FLNKS ne peut que voter ce projet...
Exposé des motifs par l'administration...

"Le Parc des Grandes Fougères a été créé sur une partie du domaine privé de la province Sud par la délibération n° 09-2008/APS du 10 avril 2008 codifiée au code de l’environnement. D’une surface d’environ 4 500 hectares, le parc est divisé en deux secteurs fonctionnels :
- un réservé à la chasse et au contrôle des populations animales d’environ 1 500 hectares ;
- un, subdivisé en deux zones, réservé à la promenade, à la randonnée et à la conservation du milieu naturel.
Sa gestion et son aménagement sont confiés au syndicat mixte des Grandes Fougères qui est chargé de fixer les conditions d’accès, de séjour et de circulation.

La chasse dans le parc provincial est une activité habituelle et traditionnelle, pour des chasseurs des communes de Farino, Moindou et Sarraméa ainsi que pour des chasseurs extérieurs à ces trois communes.
Elle est encadrée par le code de l’environnement et par la convention n° SMGF-2011/02/CONV du 8 février 2011 conclue entre le syndicat mixte des Grandes Fougères (SMGF), l’Association Communale de Chasse Agréée de Farino (ACCAF) et la Fédération de la Faune et de la Chasse de Nouvelle-Calédonie (FFCNC).

En 2008, 2009 et 2010, des zones de chasse au notou exclusivement ont été ouvertes :
- l’une dans la partie nord du périmètre provincial du Col d’Amieu, hors parc des Grandes Fougères ;
- l’autre correspondant au « secteur réservé à la chasse et au contrôle des populations animales » du parc.
Or, la pratique de la chasse au notou pose désormais un certain nombre de questions relatives à la sécurité des personnes, notamment dans le parc, et à la préservation de l’espèce.

En effet, l’expérience des années passées montre que le nombre élevé de chasseurs pratiquant dans ce secteur lors des week-ends d’avril et les conditions dans lesquelles la chasse se déroule ne permettent plus de garantir la sécurité des chasseurs eux-mêmes, ni celle des usagers et visiteurs du parc.

En outre, le parc, en tant qu’aire protégée, se doit de contribuer au maintien de la biodiversité et à la protection des espèces endémiques, rares ou menacées. La chasse au notou va à l’encontre de cet objectif, alors que les populations de cette espèce unique au monde ne font l’objet d’aucune évaluation objective.

Par ailleurs, le contexte dans lequel la chasse est pratiquée a évolué de façon notable ces dernières années : organisation des chasseurs au sein d’une fédération et d’associations de chasse, augmentation du nombre de chasseurs fédérés, libéralisation de la vente des armes et munitions, pratique d’une chasse de plus en plus orientée vers le loisir, sensibilisation accrue du public au maintien de la biodiversité, etc.

La pratique de cette chasse mérite donc d’être reconsidérée.

Lors de réunions relatives à la chasse dans le parc, tenues en janvier et février 2011 à l’initiative du SMGF et avec la collaboration des services provinciaux, les représentants de la FFCNC et de l’ACCAF se sont dits favorables à une telle démarche.

Conformément aux dispositions de l’article 215-11 du code de l’environnement, qui prévoient que les prescriptions particulières en matière de chasse puissent être établies par le Bureau de l’assemblée de province après avis de la commission de l’environnement, il vous est proposé de fixer dans le premier secteur fonctionnel du parc les prescriptions suivantes :
- limiter les prélèvements à 3 notous par chasseur et par jour en 2011 ;
- limiter à 20 par jour le nombre de chasseurs autorisés à chasser pendant la période d’ouverture (week-ends du mois d’avril) ;
- n’autoriser que les chasseurs porteurs d’armes permettant la chasse au notou pendant les week-ends du mois d’avril, pour contribuer à la limitation du nombre de chasseurs sur zone ;
- interdire la chasse aux notous à partir de 2012 ;
- maintenir l’interdiction de la chasse aux roussettes.

Ces propositions ont été élaborées en concertation avec la FFCNC et l'ACCAF, qui les ont validées, sous réserve que les chasseurs puissent bénéficier de l’ouverture de zones « compensatoires » pour la chasse au notou. La Nouvelle-Calédonie ayant en août 2010 autorisé la chasse sur le domaine privé de la Nouvelle-Calédonie, cette condition est remplie.

Tel est l’objet de la présente délibération que j’ai l’honneur de soumettre à votre approbation..."




mercredi 16 mars 2011

Déclaration du groupe FLNKS à l'assemblée de la Province Sud sur les contrats de dévelopement 2011-2015

Jeudi 17 mars 2011. Ce matin à 9h00 a eu lieu une assemblée de la province sud qui a porté plus spécialement sur les contrats de développement 2011-2015. Ces contrats sont au nombre de trois: contrats Etat français/Province, Etat français/Province/Agglomération et Etat français/Province/Communes hors Agglo.
En l'absence du chef de groupe, Sylvain Pabouty, c'est Ila Lauouvéa qui a fait la déclaration au nom du groupe indépendantiste.
Cette déclaration sera suivie ici de l'exposé des motifs du projet de délibération habilitant le président de l'assemblée de la Province Sud à signer les contrats de développement...
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Assemblée de la province Sud
Jeudi 17 mars 2011

DECLARATION DU GROUPE F.L.N.K.S
Projet de délibération approuvant les contrats de développement Etat/province Sud, province/communes du Sud et d’agglomération 2011-2015

Offrir à tous les conditions de se loger décemment, c’est la priorité des priorités de cette nouvelle génération de contrats. Plus de 6400 familles sont demandeuses de logement, tandis que l’urbanisation informelle, que nous avons du mal à absorber, persiste : 1800 familles squattent. Le moins que l’on puisse dire c’est que les politiques publiques d’aménagement urbain et de logement mis en œuvre, aussi volontaristes qu’elles soient, n’ont pas répondu aux besoins d’une très large part de la population calédonienne. Même si le déficit de logement affecte plus particulièrement les populations océaniennes, populations aux revenus les plus faibles.
On doit certainement se rendre à l’évidence que l’ambition, que nous continuons à porter avec force tous autant que nous soyons ici et au-delà de ce qui nous sépare, d’un logement pour tous à un coût abordable connaît les limites des contraintes économiques d’une collectivité en déficit structurel. Comme on doit certainement aussi se rendre à l’évidence que les squatters ne sont pas un simple phénomène transitoire.
La persistance et l’ampleur du phénomène révèle que les politiques publiques jusqu’ici mises en place ont échoué dans l’aménagement urbain indispensable pour assurer l’intégration des populations aux revenus les plus faibles. Peut-on aujourd’hui dénoncer cet « habitat non conforme » en leur déniant le droit d’occuper l’espace urbain ? La façon dont nous traiterons les squats en dira long sur notre vision politique de la société. APPROCHE PRAGMATIQUE Pour le groupe F.L.N.K.S, il faut nous acheminer vers un droit opposable qui donnerait à la collectivité, non plus une simple obligation de moyens, mais une obligation de résultats. Le droit au logement est vecteur de cohésion sociale, d’intégration et de lutte contre les exclusions. Dans ce sens, la question de l’accès à la propriété constitue un objectif en soi. Tout comme le F.L.N.K.S pense que la politique du logement est une politique sociale (qui prend en compte la manière de vivre des gens) et non pas quantitative, avec pour objectif l’intégration, la sécurité et l’aménagement du territoire.

Et globalement les contrats restent dans une approche aménagement du territoire avec un volet social. Ils accompagnent l’existant, mais n’impulsent pas vraiment de nouvelles dynamiques tournées vers l’avenir sauf peut-être les aspects « transports propres » dans le cadre de la récente labellisation suite à l’appel à projet national que le texte du contrat ne mentionne cependant pas. Le lien est fait avec le Schéma d’Aménagement et de Développement de la NC et des projets comme « transports commun en site propre » ou « Plan Agir pour la jeunesse » ou encore « convention ADEME-province Sud », schéma des maisons de santé, OGAF parc des grandes fougères…ce qui apporte de la cohérence et une « vision projet ». L’inclusion des dispositifs de prévention de la délinquance « CLSPD et CISPD » dans les contrats Etat-communes (Bourail, La Foa) est un point positif.

Il nous apparaît souhaitable d’aller plus au fond des choses sur la politique économique et de l’emploi. Orienter les contrats sur le soutien à l’économie et à la compétitivité des territoires (soutien à la création d’entreprises, aménagement de zones d’activités économiques, soutien à l’artisanat et au commerce en lien avec les chambres consulaires et organisations professionnelles, actions de développement durable, soutien à des filières innovantes ex éco-activités, soutien à un (des) pôles de compétitivité en lien avec les entreprises et les établissements d’enseignement, de formation et de recherche, appels à des projets structurants et de désenclavement comme le col de PETCHICARA …dont nous avons eu l’assurance de l’exécutif de la province de sa prise en compte dans ces contrats de développement).
Cela suppose une réflexion globale sur le système économique et un plan d’action avec une approche globale qui favoriserait le rééquilibrage interprovincial et à l’intérieur même de notre province. On pourrait alors seulement s’orienter vers un véritable contrat de projet fondé sur une stratégie et un schéma de développement économique et de développement durable.
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RAPPORT A L'ASSEMBLEE DE PROVINCE

Objet : Habilitation du président de la province Sud à signer avec l’Etat et les communes, le contrat de développement Etat/province Sud, le contrat d’agglomération et le contrat Etat/Province/Communes du Sud, pour la période 2011-2015


L’Accord de Nouméa, signé le 5 mai 1998, par l’Etat et les partenaires des accords de Matignon, fixe le cadre de l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie ainsi que certaines modalités de son développement économique, social et culturel afin d’améliorer les conditions de vie des populations.

Cet Accord de Nouméa précise dans son préambule que la Nouvelle-Calédonie bénéficie pendant toute la durée de la mise en œuvre de sa nouvelle organisation, de l’aide de l’Etat en termes d’assistance technique, de formation et de financements nécessaires à son développement économique et social.

Ainsi, l’article 210 de la loi organique modifié n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie a prévu que seraient conclus entre l’Etat d’une part, la Nouvelle-Calédonie et les provinces d’autre part, des contrats de développement pluriannuels.
Les contrats de développement sont conclus et renouvelés pour une durée de cinq ans.

Ces contrats constituent des instruments privilégiés pour atteindre les objectifs définis par les signataires de l’accord.

Ils s’inscrivent donc dans une logique d’accompagnement des collectivités dans l’exercice de leurs responsabilités, assortie d’une volonté de rééquilibrage entre les collectivités.


En outre, pour assurer une plus grande coordination des actions menées par les différentes collectivités, l’article 211 de la loi organique prévoit la réalisation d’un schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie, lequel exprime les orientations fondamentales en matières d’infrastructures, de formation initiale et continue, d’environnement, d’équipements, de services d’intérêt territorial et de développement économique, social et culturel.

Le cadrage du schéma d’Aménagement et de Développement de la Nouvelle-Calédonie est défini clairement par la loi organique, qui stipule qu’il :
Ø exprime les orientations fondamentales en matière d'infrastructures, de formation initiale et continue, d'environnement, d'équipements, de services d'intérêt territorial et de développement économique, social et culturel ;
Ø veille à un développement équilibré du territoire, en particulier au rééquilibrage de la répartition des fonds publics bénéficiant aux provinces et communes ;
Ø fixe les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en œuvre par l'Etat, la Nouvelle-Calédonie, les provinces et les communes.
Aussi, dans le but de contribuer à un développement équilibré du territoire, les contrats de développement conclus avec les différentes collectivités doivent être compatibles avec les orientations fondamentales du schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie.

La phase de diagnostic du schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie, achevée en 2009, a permis d’identifier vingt-deux grands enjeux.

Par homologie avec les grandes politiques de l’Etat, les projets retenus au titre des contrats de développement 2011-2015 sont compatibles avec ce schéma et rejoignent douze grands enjeux qui sont les suivants :

- Un accès au logement pour tous ;
- Des services et des infrastructures de transport répondant mieux aux besoins du pays ;
- Une couverture améliorée du territoire par les services ;
- Un système de santé pérennisé et une meilleure prévention ;
- Un projet éducatif au service du destin commun ;
- Une gestion durable des ressources naturelles renouvelables, adaptée à des milieux exceptionnels ;
- Une agriculture plus performante ;
- Une reconnaissance des différentes composantes de la société calédonienne, de leurs cultures et identités propres et de leur identité commune ;
- Des politiques de solidarité et d'égalité des chances poursuivies et confortées ;
- Des compétences mieux développées, pour construire le pays ;
VKP, pôle clé du rééquilibrage ;
- Une politique foncière et une planification de l'espace au service du développement économique et social et de la protection de l'environnement ;


Les programmes retenus concentrent l’effort financier de l’Etat autour de deux axes :
· L’axe « solidarité, cohésion sociale, jeunesse » comprenant :
- L’équipement en infrastructure de base,
- Le développement des services à la personne et lutte contre les exclusions,
- La prévention de la délinquance et soutien au rééquilibrage ;


· L’axe « aménagement durable de l’espace et rééquilibrage » comprenant :
- Le foncier,
- La prévention des risques,
- L’environnement et biodiversité,
- L’énergie,
- L’organisation des filières agricoles,
- La recherche et développement.


Enfin, cette génération de contrat de développement étant aussi le moment de réaliser un état du rééquilibrage dix ans après l’Accord de Nouméa, un dispositif de suivi-évaluation est mis en place sur toutes la durée du contrat de développement 2011-2015 afin de mesurer les effets et impacts des opérations réalisées sur les administrés.
Ainsi, sur l’ensemble des contrats de développement 2011-2015, on retiendra que le volume global est de 32 676 210 760 XPF, soit une baisse de 12% par rapport à la génération 2006-2010.
L’enveloppe par contrat se présente ainsi qu’il suit :

I - Contrat de développement Etat/province Sud : 12 000 000 000 F fcp
II - Contrat d’agglomération : 17 712 510 760 F cfp
III - Contrat Etat/province/Communes du Sud : 2 963 700 000 F cfp

Total contrats :32 676 210 760 F cfp

Afin de permettre la mise en œuvre de ces contrats pour la période 2011-2015, une délibération de l’assemblée de province Sud est nécessaire pour approuver lesdits contrats ainsi qu’habiliter le président à les signer.

Tel est l’objet de la présente délibération que j’ai l’honneur de soumettre à votre approbation.

lundi 14 mars 2011

Un colloque pour réfléchir à l'avenir calédonien ou une opération de comm... ?

Suite au colloque sur les collectivités politiques d'Océanie et d'ailleur, organisé à l'IRD qui a eu lieu du lundi 7 au 10 mars 2011, Ué a fait le commentaire suivant: "Je n'ai assisté au colloque que le 1er jour pour l'ouverture (lundi après midi) et le dernier jour (jeudi après midi). Donc, au vu de ce j'ai pu entendre et voir, ce colloque ne m'a pas apporté beaucoup de choses que je n'aurai pas connaissance jusqu'à présent (Chrisnatcht n'a fait que reprendre les hypo déjà décrites dans l'Accord de Nouméa, Frogier re-explique sur le pourkoi de sa proposition des deux drapeaux, etc.). En fait, je pense que c'est plus une opération de comm pour assurer les "citoyens". Ainsi, je comprends mieux pourquoi il n'y avait pas d'intervenant déclaré "indépendantiste"; les indépendantistes intervenants avaient des casquettes soit écrivain soit historien soit philisophe... Voilà, on attend le bouquin qui reprend tout cela."

Ceci a, évidemment, suscité un autre commentaire...
"Ué et aux correspondants concernés à qui je dis bonjour en passant,
Voici mon commentaire. La prestation de Christnacht est celle de celui qui détient la montre et propose un futur calendrier et des hypothèses de sorties. Un rappel au temps ou à l'échéancier. Frogier fait de la figuration et cherche à justifier ses actes. Faberon se place comme consultant juridique. Je vous colle les textes décisifs et surligne en gras rouge les deux points importants.
Points 3.3 et 5 du Document d’orientation : Point 3.3 : « Les compétences régaliennes. La justice, l’ordre public, la défense et la monnaie (ainsi que le crédit et les changes), et les affaires étrangères (sous réserve de disposition du 3.2.1.) resteront de la compétence de l’État jusqu’à la nouvelle organisation politique résultant de la consultation des populations intéressées prévue au 5. ». Point 5 : « L’évolution de l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie. Au cours du quatrième mandat (de cinq ans) du congrès, une consultation électorale sera organisée. La date de cette consultation sera déterminée par le congrès, au cours de ce mandat, à la majorité qualifiée des trois cinquièmes. Si le congrès n’a pas fixé cette date avant la fin de l’avant-dernière année de ce quatrième mandat, la consultation sera organisée, à une date fixée par l’État, dans la dernière année du mandat. La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité. Si la réponse des électeurs à ces dispositions est négative, le tiers des membres du congrès pourra provoquer l’organisation d’une nouvelle consultation qui interviendra dans la deuxième année suivant la première consultation. Si la réponse est à nouveau négative, une nouvelle consultation pourra être organisée selon la même procédure et dans les mêmes délais. Si la réponse est encore négative, les partenaires politiques se réuniront pour examiner la situation ainsi créée. Tant que les consultations n’auront pas abouti à la nouvelle organisation politique proposée, l’organisation politique mise en place par l’accord de 1998 restera en vigueur, à son dernier stade d’évolution, sans possibilité de retour en arrière, cette « irréversibilité » étant constitutionnellement garantie. Le résultat de cette consultation s’appliquera globalement pour l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie. Une partie de la Nouvelle-Calédonie ne pourra accéder seule à la pleine souveraineté ou conserver seule des liens différents avec la France, au motif que les résultats de la consultation électorale y auraient été différents du résultat global. L’État reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier, à la fin de cette période, d’une complète émancipation. »
Deux questions :
1. Le périmètre qui définit les populations intéressées sera-t-il encore garanti?
2. Qui sont les partenaires politiques? Les membres du Comité des signataires?

Sortir des analyses stéréotypées, c'est construire un pays nouveau !

Aujourd'hui, il est temps de sortir des analyses politiques stéréotypées pour ne pas tomber dans la caricature. Il faut renouveler les schémas d’analyse politique devenus trop simplistes. Ceux qui les développent ont, en fait, d’autres préoccupations éloignées de l’intérêt général. Bien souvent, ils comportent en eux-mêmes des rancoeurs plus ou moins personnels. Ces rancoeurs ou plutôt ces contentieux remontent dans un passé, parfois, lointain mais inexplicable.

Il faut également renouveler la classe politique. La construction d’un pays nouveau est un défi gigantesque. Les incompétents, les cumulateurs de mandats, les « vieux »,…constituent des blocages. Pourtant, ils ne doivent pas freiner cette soif d’ériger un monde nouveau à partir d’une Histoire singulière composée d’histoires…
Les incompétents ont été malheureusement choisis car ils répondaient à des critères liés à l’électoralisme pur. Le régionalisme, le localisme et le tribalisme sont des abus à une volonté légitime de faire représenter une région ou une tribu.
Les cumulateurs de mandats sont de la pire espèce qui considèrent, à chaque fois, qu’ils sont indispensables et incontournables. Ce sont les seuls capables… Sans eux, la terre ne tournerait pas comme il faut ! Ils peuvent cumuler sans état d’âme des mandats municipaux, provinciaux et nationaux. Même l’absentéisme avéré et notoire ne leur fait pas peur !
Les « vieux » ? Effectivement, il faut renouveler la classe politique. Les « vieux » s’accrochent au pouvoir ou aux miettes du pouvoir… Le renouvellement de la classe politique et donc des « vieux » n’est pas synonyme d’irrespect !

Or, poser la problématique du nécessaire renouvellement de l’analyse politique nécessite certaines conditions. En effet, il faut en mesure de le poser. Pour cela, il est très important d’exercer actuellement ou récemment une responsabilité institutionnelle et non institutionnelle. La responsabilité institutionnelle doit être également à la fois ou successivement de pouvoir et de contre-pouvoir, de majorité et de minorité, d’exécutif ou d’opposition.
C’est de cet exercice là que découle une vision globale et nationale indispensable.

Avant tout, la pratique doit être « d’actualité » ou récente. Même si les expériences passées ne sont pas à négliger, loin de là, la pratique « actuelle » permet d’éviter de s’accrocher aux choses du passé ou à des contentieux que les nouvelles générations ne comprennent rien… C’est du passéisme !


Sortir des analyses stéréotypées, c’est construire un pays nouveau !

dimanche 13 mars 2011

L'UGPE se mobilise pour que tous les élèves aient une place dans les établissements scolaires....

L'UGPE, la fédération des parents d'élèves, d'obédience nationaliste et progressiste, a bravé la forte pluie de la journée du vendredi 9 mars 2011 pour manifester une fois de plus leur mécontentement face à l'incapacité du vice rectorat pour trouver des places dans les établissements pour plus de 300 enfants... Une réalité malheureusement réccurente annuelle.
C'est à partir du Mwâ Kâ, place devenue un espace de la citoyenneté, qu'une délégation de l'UGPE à organiser ses rencontres: une dans la matinée avec le vice recteur et une autre l'après midi avec le gouvernement, représenté par Mme Sonia Backès, ex-ministre de l'enseignement et Mr Yvon Faua, probablement futur successeur de cette dernière.
Madoÿ publie ici d'une part, une réaction d'un des responsables de l'UGPE; apparemment, il n'est pas du tout satisfait ! Et, d'autre part, le communiqué d'appel à cette mobilisation de vendredi par l'UGPE même.
Colère...



"bonjour,

Au lendemain de la commission d'ajustement, il est important que nous restions mobilisés sur le front du combat légitime des parents qui souhaitent des formations pour leurs enfants.
Le Vice Rectorat nous parle de 750 places vacantes, allant jusqu'à nous provoquer en disant que cela correspondait à un lycée entier, vide d'élèves.

Qu'en est il en réalité ??? D'où viennent ces 750 places ???

Voici comment M.Melet et les services du Vice rectorat comptent :

Ils aditionnent tout simplement toutes les places déclarées vacantes par les directeurs que ce soit en CAP (1ère ou 2° année), en Alep (1ère et 2° année), en BEP (1ère et 2° année) en bac pro (2de, 1ère ou terminale). Nous avons le détail précis à l'UGPE, mais ce mélange ne permet aucun lisibilité de l'ensemble du dispositif. En effet, voici au moins 3 raisons :

- Certaines filières ne sont plus demandées par les élèves et les familles, qui ont conscience que ce sont "des voies de garage" qui ne correspondent pas aux besoins de l'économie du pays, et qui ne permettent pas d'aller jusqu'au bac (CAP, puis marché du travail)
- Certaines classes sont en fait inaccessibles comme les 2° année de CAP ou les 2° années de BEP ou les 1ères bac pro, car elles correspondent à une poursuite de cycle.
- D'autres classes sont également inaccessibles car situées dans des endroits éloignés où les parents n'ont pas forcément de la famille et où très souvent les places en internat sont inexistantes à près d'un mois après la rentrée officielle !

Voici les chiffres :
LPCH (Escoffier) 158 places dont 93 (cap et inaccessibles)
Jules Garnier : 19 places dont 11 inacc.
Attiti : 47 places dont 35 inacc
Touho : 14 places dont 7 inccc.
Lycée Iles : 29 places dont 19 inacc.
Segpa et ALP : 113 places vacantes toutes en CAP
Pouembout : 8 places dont 8 inacc.

Au total, le public propose donc 388 places vacantes dont 286 qui mènent uniquement à des CAP sans espoir de poursuite d'études ou qui sont en fait virtuelle car correspondant à des poursuite de cycle (impossible de rentrer en 1ère bac pro si on n'a pas fait de seconde bac pro...).

Le privé, de son côté a une situation identique : il propose 384 places vacantes au 25 février dont 239 correspondent à des CAP ou des poursuites de cycles.

Au final, cela fait public et privé ensemble 772 places dites ou déclarées vacantes par le Vice rectorat dont plus des deux tiers (66 %) soit 525 soit soit inaccessibles soit juste un palliatif avant d'envoyer le jeune pointer au chômage....

Voici la triste réalité !

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Communiqué de presse de l'UGPE

MANQUE DE PLACES DANS LES LYCEES – RENTREE 2011

« PARENTS D’ELEVES ET ELEVES EN COLERE »
L’UGPE INVITE TOUS LES PARENTS D’ELEVES DU PAYS CE VENDREDI 11 MARS A LA PLACE MWA KAA A PARTIR DE 8H

Au même moment où nous manifesterons notre colère face au manque de places pour nos enfants, se réunira la Commission dite « d’Ajustement » sensée solutionner les problèmes de nos jeunes qui sont encore en liste d’attente (supérieur à 300).
Voici les principales sources de préoccupations de tous les parents d’élèves du pays qui seront abordées lors de cette journée :
- Le manque de places dans les établissements publics et privées du secondaire
- Le manque de places dans les cantines et les internats !
- La correction locale du bac
- L’échec massif au BAC des élèves kanak en particulier dans les filières générales (uniquement 12% de réussite)
- La place de l’enseignement des langues kanak,
- Les problèmes dans certains établissements (lycée de Touho, collège de Poya, Lycée Escoffier, collège de La Foa, les Lycées et Collèges de la province des Iles, etc.)
- La question des adhésions forcées dans certains établissements…..
- Toutes les formes de discriminations dans les établissements

Voici le programme de la journée :
- Rassemblement au Mwa Ka dès 8h,
- Marche vers le vice-rectorat à partir de 9h 30,
- Sit-in devant l’immeuble Flize et Rencontre avec les autorités en charge du vice Rectorat,
- Retour vers le Mwa Ka en passant par le siège du gouvernement de la N.Calédonie
- Arrêt au gouvernement, rencontre avec la Présidence,
- Retour au Mwa ka Compte rendu aux parents, prises de parole, décisions pour la suite à donner,
- Fin de la mobilisation à 17h30.

« PARENTS, NOUS SOMMES TOUS CONCERNES ALORS AGISSONS ENSEMBLE »

dimanche 6 mars 2011

Analyse des juristes sur la tentative de blocage des institutions par Gomès...

Madoÿ publie pour vous une interview de Mathias Chauchat sur la radio Djiido le jeudi 4 mars 2011... Le journaliste qui a assuré l'interview est Romain Hmeun, redacteur en chef de la radio nationaliste.
Interview...

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Journaliste : Nous avons le plaisir de recevoir monsieur Mathias Chauchat, professeur de droit public à l'UNC. Monsieur Chauchat, bonjour, et merci d'être avec nous.
Mathias Chauchat : Bonjour !

Journaliste : Pourquoi monsieur Gomès est resté au gouvernement ?
Mathias Chauchat : Philippe Gomès, à mon sens, il est toujours dans une logique de blocage des institutions, et le meilleur moyen de bloquer les institutions, c'est d'y être présent, présent au gouvernement, parce que la répartition des secteurs entre les membres du gouvernement doit se faire à l'unanimité, il faut le contreseing de chaque membre du gouvernement pour se répartir les secteurs. Personne n'est marginalisé. Et donc, pour éviter que, dès aujourd'hui, le gouvernement annonce la répartition consensuelle des secteurs, il a, en étant présent au gouvernement, l'arme du contreseing, et donc, il est très vraisemblable que pendant 15 jours, le gouvernement aura beaucoup de mal à se répartir les secteurs, s'il décide de les bloquer par le contreseing. Et puis, la deuxième raison, c'est qu'il souhaite, je pense, conserver un certain nombre de moyens matériels. Si vous n'êtes plus présent au gouvernement, pourquoi vous occuperiez des bureaux, pourquoi vous auriez un téléphone, pourquoi vous conserveriez les collaborateurs. Donc, c'est pour ça que la stratégie a une part d'ambiguïté. À mon sens, aujourd'hui, tous les ponts sont pas rompus, et le retour au gouvernement à brève échéance, on en parlera, reste envisageable.

Journaliste : Quand on dit que le gouvernement expédie les affaires courantes, ça veut dire quoi ?
Mathias Chauchat : Expédier les affaires courantes, on le sait par la jurisprudence ce que ça recouvre. C'est une définition assez large. En gros, les affaires courantes doivent pas engager l'avenir, elles doivent avoir un certain caractère consensuel, c'est-à-dire qu'on fait fonctionner la machine administrative jusqu'au vote du budget, si c'est nécessaire. Si l'heure de voter le budget arrive, ça empêche pas un gouvernement, dans les affaires courantes, de voter le budget. Donc, même des actes essentiels peuvent rentrer dans les affaires courantes. Ce qu'il faut, c'est éviter de faire des dépenses qui pourraient être remises en cause par un futur gouvernement en affectant sa politique. Donc, il faut prendre garde aux versements de subventions, il faut prendre garde aux versements de grosses défiscalisations, on ne peut, sans doute, pas entamer une réforme fiscale, mais un gouvernement peut fonctionner longtemps sur la base de l'expédition des affaires courantes. Vous savez, pour arriver à une crise institutionnelle, il faut beaucoup de temps et beaucoup de volonté.

Journaliste : Et le Congrès, ça peut fonctionner normalement aussi ?
Mathias Chauchat : Le Congrès, il fonctionne logiquement normalement s'il a une majorité. Moi, à mon sens, j'ai soutenu depuis le premier jour : il y a une crise politique, certes grave, mais il y a pas de crise institutionnelle. Et je pense que, sans même parler de modification de la loi organique, il y a les moyens dans la loi organique de faire face à la situation difficile dans laquelle on est. On a sous-estimé beaucoup de dispositions de la loi. On les interprète dans un sens qui n'est pas le sens de l'Accord de Nouméa.

Journaliste : Est-ce que ce que vous dites explique le fait que le haut-commissaire, après la désignation du gouvernement, a convoqué ses membres pour élire le président et son vice-président ?
Mathias Chauchat : L'avis du tribunal administratif, il était très fragile. Il était très fragile parce qu'il crée une crise sans fournir de solution juridictionnelle. C'est-à-dire, en disant que si les membres d'une liste démissionnent dès l'élection au Congrès, le haut-commissaire ne peut plus convoquer les membres du gouvernement pour élire le président, vous vous retrouviez dans une situation où aucun président du gouvernement n'aurait jamais rendu le pouvoir, il aurait toujours négocié sa sortie, sa situation, et donc, aucune juridiction ne peut interpréter les institutions pour les bloquer. Donc, la seule interprétation légitime qui déjà avait été celle du tribunal administratif, en 2004, et puis celle du tribunal administratif, en 2007, c'est de dire que le gouvernement n'est constitué qu'à l'élection de son président et de son vice-président. Une fois que le gouvernement a élu son président et son vice-président, il gère les affaire, et à ce moment-là, l'ancien gouvernement cesse d'expédier les affaires courantes, et il n'y a pas de difficulté, et c'est le choix qu'a fait le secrétaire général du gouvernement, le haut-commissaire, et moi, j'en suis persuadé, c'est le choix qui sera celui du Conseil d'État.

Journaliste : Qu'est-ce qui se passerait s'il y a démission à répétition ?
Mathias Chauchat : S'il y a démission à répétition, à mon avis, il y a plusieurs scénarios qui sont envisageables. Le scénario qui était annoncé, y compris au débat sur RFO 1ère, hier, qui était de modifier la loi organique, c'est pas impossible. C'est une suggestion que j'avais faite, d'ailleurs, il y a déjà un bon moment. On peut considérer, par une modification rapide de la loi organique, que la démission ne peut avoir lieu qu'une fois par groupe et par an, pour éviter une trop grande instabilité. Mais, sans même modifier la loi organique, on a les outils contre la crise. Le premier outil, on a des précédents jurisprudentiels un peu équivalents en Polynésie française, c'est que la démocratie doit pas être transformée en une farce. Et donc, un président du Congrès, à mon sens, ne serait pas obligé de convoquer le Congrès tous les 15 jours pour réélire le gouvernement, face à des élus qui ont annoncé à l'avance qu'ils démissionneraient. Pourquoi ? Parce qu'il y a des considérations générales qui s'y opposent. Et, à mon sens, si une juridiction était saisie, ce qui reste d'ailleurs une hypothèse compliquée, eh bien, elle confirmerait comment, d'une considération d'intérêt général, on peut éviter de ridiculiser les institutions. Ça, c'est la première solution. Ça veut dire que le gouvernement pourrait expédier durablement les affaires courantes, sans être obligé de faire le cirque du vote. À mon avis, on va le faire une fois, deux fois, mais pas trois fois. Alors, ensuite, il y a un deuxième outil, auquel personne n'a pensé, qui est fourni par l'article 72 de la loi organique, qui est tout simplement la démission d'office d'un certain nombre d'élus qui ne remplissent pas le mandat qui leur est confié.

Journaliste : Qu'est-ce que ça veut dire ?
Mathias Chauchat : On a la possibilité de demander au Conseil d'État la démission d'élus qui ne respectent pas, finalement, les règles de la loi…

Journaliste : La démission ou la destitution ?
Mathias Chauchat : Le texte de l'article 72, c'est que ces élus peuvent être déclarés démissionnaires par le Conseil d'État. Donc, les membres du congrès qui moqueraient les institutions, à mon avis, rentrent dans le cadre des sanctions de l'article 72, s'ils le faisaient régulièrement. Et je pense que le président du Congrès, le président du gouvernement et le haut-commissaire, conjointement, saisissant le Conseil d'État pour demander la destitution de ces élus, eh bien, ça aurait un poids certain auprès de la haute juridiction, après que toutes les voies politiques aient été tentées. Donc, moi, je pense que c'est un peu l'arme atomique, et c'est l'arme atomique qui permettra, à mon sens, de mettre fin à toutes ces querelles. Je pense sincèrement, et c'est un peu mon côté anglo-saxon, que le combat politique, il s'arrête à la crise institutionnelle. C'est-à-dire que les élus, ils ont droit à presque toutes les armes politiques, mais ils ne peuvent pas mettre les institutions en péril. Ils sont quand même au service des institutions, et au service aussi de la population. Et qu'on ne rentre pas dans la crise institutionnelle, parce que ça emmène progressivement, à des conflits politiques sans solution, à la remise en cause des institutions. Donc, il y a des limites, à mon sens, infranchissables. Et, si on les franchit, à l'article 72 de la loi organique.

Journaliste : Et c'est ce qui pourrait être fait, ici dans le pays, même si la loi organique dit que tous les 15 jours, on doit choisir le gouvernement ?
Mathias Chauchat : La loi organique, elle dit pas : tous les 15 jours. Elle dit que si un gouvernement est démissionnaire, on doit élire dans les 15 jours son successeur. La loi organique a jamais dit que tous les 15 jours, il faut aller faire un cirque. Ce qu'il faut comprendre, c'est que, si Calédonie ensemble décide de maintenir sa démission régulière, c'est un détournement de l'esprit de la loi, c'est un abus de droit. Donc, on ne répond pas à une attitude illégale par des automatismes comme ça. C'est-à-dire que la jurisprudence fournit les moyens d'y répondre autrement. Autrement, ça veut dire ne pas convoquer le Congrès systématiquement, ça veut dire discuter des moyens politiques, et si les élus persistent, eh bien les élus qui démissionneront à répétition seront destitués par le Conseil d'État, à la demande des autorités politiques. Il me semble qu'avant d'arriver à la modification de la loi organique, et avant d'arriver à d'éventuelles élections générales, dont les conditions ne sont pas remplies, ces voies doivent être explorées prioritairement.

Journaliste : Ce qui donne encore la possibilité à la discussion.
Mathias Chauchat : Bien sûr. Mais Calédonie ensemble, je l'ai souvent dit, ne sera pas marginalisé. L'Accord de Nouméa empêche toute marginalisation d'une composante importante de la vie du pays. Calédonie ensemble aura deux membres du gouvernement, la possibilité d'avoir des secteurs importants, la possibilité d'avoir des collaborateurs, la possibilité de disposer du contreseing, Calédonie ensemble va continuer d'exister dans les institutions. Mais Calédonie ensemble ne peut pas exister contre les institutions, elle peut pas remettre en cause le fonctionnement des institutions par une crise institutionnelle. Il y a des moyens d'y répondre. Mais tous les moyens légaux empêcheront sa marginalisation. Et d'ailleurs, je pense que les autres partenaires le savent. Tous ont vécu à un moment ou à un autre, dans les vicissitudes de la vie politique, des périodes de mise à l'écart, ils savent comment ça se passe, il y a rien de si dramatique que cela.

Journaliste : Calédonie ensemble parle d'une entente entre le Rassemblement UMP et l'UC pour les futures élections. Vous avez un commentaire à faire là-dessus ?
Mathias Chauchat : Depuis longtemps, je pense que de toute façon, il faut partager les grands postes politiques entre les grands courants politiques de la Nouvelle-Calédonie. Je pense que le pacte républicain était une erreur, parce qu'il aboutissait à une unité des loyalistes ou prétendus tels, ou des non indépendantistes, contre les partis kanaks indépendantistes. Ça me semble une mauvaise voie. Donc, il faut que les responsabilités du pays soient partagées. Il me semble que la première possibilité qui sera donnée, ça va être le renouvellement de la présidence du Congrès. C'est peut-être l'occasion qu'un indépendantiste kanak accède à la présidence du Congrès. Pareil, après, se pose la question des élus nationaux, et je crois que les élus, y compris Pierre Frogier, ont ça en tête. Le Rassemblement UMP n'est pas en forme olympique électorale. Il est sur une circonscription difficile, il a pas une marge énorme. Et donc, il est possible qu'il veuille transiger avec les indépendantistes sur la question des sénatoriales. Parce que, après la présidence du Congrès, qu'est-ce qui arrive ? Il arrive en septembre 2011 les élections sénatoriales, et pour la première fois, la Nouvelle-Calédonie aura deux postes de sénateur. Deux postes de sénateur, c'est quand même deux rentes particulièrement faciles à accéder. Si on fait les comptes, ils sont élus par les grands électeurs, qui sont les représentants des conseils municipaux. En gros, les grandes communes ont tous leurs conseillers municipaux qui sont électeurs, et les petites élisent des délégués. Nouméa, même des délégués supplémentaires. Et comme ce scrutin majoritaire, le Rassemblement peut avoir les postes. Donc, il est possible pour assurer tout ça, qu'il y ait un partage des responsabilités. Je veux dire, nous verrons qui sera candidat, comment, pourquoi. Mais voilà ce qui peut être en tête. Il faut pas non plus se focaliser que sur les (?) Il y a quand même d'autres enjeux en Nouvelle-Calédonie, et puis après se posera la question des élections législatives de 2012, après la présidentielle. Et là, les élections dans la circonscription Nord vont être certainement très disputées. Donc, voilà, je crois que les élus, ils ont toujours le calendrier des élections en tête. Ce que je souhaite, c'est qu'ils pensent autrement qu'à court terme, c'est-à-dire, rien les empêche d'avoir un calendrier à court terme en tête, dès lors qu'ils pensent aux problèmes moyen et long terme de la Calédonie. Les problèmes, moyen et long terme, c'est la réduction des inégalités, c'est une croissance économique qui soit plus artificielle, et c'est une réflexion lente qui doit mûrir tranquillement sur la sortie de l'Accord de Nouméa.

Journaliste : Est-ce que vous pensez pas que la crise peut aller jusqu'à la rue ?
Mathias Chauchat : Je pense que la situation est plus grave qu'il n'y paraît, parce que la crise n'est pas finie, c'est-à-dire que la dette continue d'augmenter. Donc, la France n'a pas réglé son problème de dette. Je veux dire, Nicolas Sarkozy a obtenu le plus mauvais budget jamais obtenu par la France. 149 milliards d'euros de déficit, c'est hallucinant, on n'a jamais vu ça. Donc, la France donne à la Calédonie de l'argent qu'elle n'a pas, et la Calédonie emprunte à tire-larigot. Donc, ce modèle, qui est basé sur la dette, ce modèle économique va casser. Le problème, c'est quand et comment il va casser. Et donc, moi, depuis longtemps, je plaide pour qu'on remette les choses sur la table. On arrête les défiscalisations ahurissantes, inutiles. On commence à se poser la question de l'indexation, bref, qu'on gagne de l'argent réellement conquis sur la croissance économique et pas emprunter sur les générations futures. Donc, je pense qu'il faut changer de modèle économique. Les inégalités ont explosé, qu'est-ce qu'on a fait du boom de ces dix dernières années ? Une explosion d'inégalités. On a fait des immeubles, on a fait de l'importation de voitures et de bateaux. Tout ça n'a pas enrichi la Calédonie. Et donc, le risque de la Calédonie, c'est que, dès qu'il y aura un ralentissement économique, la crise sociale va se rappeler à nous. Le problème, je cite Jacques Lafleur, depuis qu'il est mort, tout le monde le cite, donc, moi aussi, il dit : en Calédonie, attention, toute crise économique devient une crise sociale, toute crise sociale devient une crise politique et toute crise politique devient une crise ethnique en Calédonie. Et donc, on va directement à l'affrontement des communautés, si on ne règle pas le problème des inégalités. Donc ça, c'est la priorité du gouvernement, et il faut le faire par une réforme de la fiscalité, non seulement indirecte, mais directe.

Journaliste : Avec ce qui s'est passé hier, le président du Congrès et le président du gouvernement…, les choses peuvent se faire légalement ? Comment ça se passe ?
Mathias Chauchat : Les deux fonctions, en fait, de président du gouvernement et de président du Congrès sont incompatibles. C'est l'article 112 de la loi organique qui dit qu'on ne peut pas être à la fois membre du gouvernement et membre d'une assemblée de province, donc, a fortiori, président du gouvernement. Donc, c'est une incompatibilité, la loi organique dit qu'il y a un délai de 30 jours qui s'ouvre pour choisir. Donc, le président du Congrès doit remettre son mandat de président en jeu dans 30 jours. Sinon, là aussi, il y a une hypothèse de démission d'office par le conseil d'État, dans la loi organique, à l'article 196. Je veux dire, la loi organique, elle a prévu des hypothèses de sanctions pour les élus qui s'accrochent indéfiniment au pouvoir et qui bloquent les institutions, que ça soit le président du gouvernement, que ça soit les élus du Congrès, que ça soit le président du Congrès. Donc, il n'y a pas de vide, il y a que les mauvais juristes qui voient des vides dans les textes. En réalité, l'esprit des textes et la jurisprudence suffisent à régler les situations.

Journaliste : Est-ce que vous pensez qu'on a aussi des manœuvres qui s'effectuent, en parallèle avec des colloques qui vont se faire ? Est-ce que vous pensez que c'est bien que cela se fasse ?
Mathias Chauchat : Je répondrai après sur le colloque (AMO?), qui aura lieu la semaine prochaine. La question la plus importante, c'est le discours sur l'Accord de Nouméa. Je crains un dérapage sur cette question. On va rentrer dans une période qui est très difficile et qui va durer jusqu'à 2018. Il ne faut pas se faire d'illusions, il n'y aura pas d'accord rapide qui va se substituer à l'Accord de Nouméa par miracle, avant 2014 ou juste après 2014. Donc, on va rentrer dans une période d'incertitudes et d'inquiétudes. Pourquoi ? Parce qu'au fur et à mesure de l'Accord de Nouméa, tout aura été transféré. Et donc, il n'y aura pas la possibilité, je veux dire, de faire un accord facile. Il va falloir toucher, je dirais, à l'os, c'est-à-dire, aux compétences régaliennes, si on veut trouver une solution de sortie. Donc, c'est une situation difficile. Et dans cette situation difficile, il faut un discours apaisant pour les Calédoniens. La proposition des deux drapeaux faisait partie de ces solutions (coupure RDK). Et le discours risque de dériver. Moi, je mets en garde les responsables de Calédonie ensemble là-dessus. Le discours, "je veux un drapeau commun", se comprend pour une partie de l'opinion, par "je ne veux pas du drapeau kanak". D'ailleurs, la venue du FN et du RPC, venus renforcer Calédonie ensemble, montre que ce mouvement est en train de dériver à droite. Il est en train de perdre les classes populaires, il est en train de perdre Rivière-Salée, en quelque sorte, pour gagner le RPC et le FN. C'est pas une bonne stratégie politique. En réalité, la stratégie, qui consiste à essayer de tailler des croupières sur le Rassemblement, en jouant de la fibre anti kanak, est dangereuse et, à mon avis, sans issue. Donc, je crois qu'il faut maintenant régler cette question du drapeau. Chacun de nous sait que le drapeau kanak ne redescendra pas, je l'ai déjà dit. Je veux dire, il y a eu trop d'émotion à sa levée. Je veux dire, descente du drapeau kanak créera des troubles incontrôlables. Donc, il faut prendre ça comme un fait politique et il faut savoir passer à autre chose. Calédonie ensemble avait un positionnement, et j'espère, à toujours un positionnement centriste, réformateur, etc., et doit le conserver, et ce mouvement doit se lancer dans les grandes réformes économiques et sociales dont la Nouvelle-Calédonie a besoin. Voilà l'essentiel. Après, je vous dirai un mot, si vous voulez, sur le colloque de la semaine prochaine.

Journaliste : Est-ce qu'il y a des manœuvres de préparation vers un autre accord ?
Mathias Chauchat : Préparation d'un autre accord, je n'y crois pas. Ce colloque, il est organisé en dehors de l'université. Il a été financé, plus que de raison, par les institutions publiques. Le gouvernement, par exemple, pour le colloque de l'université sur le droit constitutionnel calédonien, avait donné 500 mille francs. Le gouvernement donne 8 millions pour ce colloque qui est organisé par des retraités, retraités de la Polynésie, retraités de Montpellier, et organisé par des équipes universitaires métropolitaines.

Journaliste : Il y a quand même des gens du pays qui…
Mathias Chauchat : Il y a des gens du pays qui viennent, mais parce qu'ils ne savent pas où ils mettent les pieds, à mon avis. Les deux messages du colloque, ils sont très simples. Le premier message, c'est : on fait venir des gens de tout l'outre-mer français pour montrer que la France est capable d'adapter le droit à chaque situation, etc., etc., noyant la spécificité de la Nouvelle-Calédonie, qui est le seul pays d'outre-mer de la France, qui est en voie de décolonisation, reconnu par les Nations-Unies. Donc, le premier message, c'est la noyade dans l'outre-mer. Et le deuxième message de ce colloque, c'est de dire qu'il y a plus de peuple à libérer, comme le peuple kanak, qui est toujours sur une position de décolonisation, il n'y a plus que des communautés, qui vivent dans une France plurielle, heureuse de les accueillir. D'ailleurs, l'intervention que feront Pierre Bretegnier et Jean-Yves Faberon ensemble, c'est les communautés dans la France, c'est très révélateur de l'optique général du colloque. Après, y viennent un certain nombre de gens. Quand vous avez autant de moyens, c'est facile de faire venir de métropole des tas de gens qui viennent parler. C'est l'occasion, aussi, pour nous, de revoir un certain nombre de personnages qu'on aime. Et je fustige pas ceux qui y sont, moi, je n'y serai pas, mais un certain nombre de gens peuvent y aller. On verra, à l'issue de ce colloque, quels sont les axes qui seront les plus utiles, entre ceux de l'université avec le droit constitutionnel calédonien, l'année dernière, et ceux de ce colloque-là. Je précise aussi que l'université organisera d'ailleurs un nouveau colloque cette année, sur les transferts de compétences dans le domaine du droit privé, c'est-à-dire, droit civil, droit commercial, et on aura beaucoup à dire.

Journaliste : Cette semaine, il y avait eu la réunion des PTOM dans le pays. Quelle est votre analyse et votre sentiment ?
Mathias Chauchat : Là aussi, il y a une très grande diversité des pays et territoires d'outre-mer. En réalité, ce qu'on appelle les PTOM, ce sont les derniers des territoires dont la décolonisation n'est pas achevée et qui sont restés accrochés à une puissance métropolitaine. Donc, il y a un certain nombre de pays qui accompagnent encore ces pays et territoires et l'UE a rénové ses relations avec ses pays et territoires. C'est très utile, dans la mesure où les relations sont déséquilibrées et asymétriques en notre faveur. C'est-à-dire que les produits de la Nouvelle-Calédonie peuvent rentrer librement en Europe, les gens peuvent s'établir librement en Europe, s'ils le souhaitent. Et en contrepartie, la Nouvelle-Calédonie peut protéger son économie lorsque c'est nécessaire, peut créer les droits de douane. Donc, on a beaucoup finalement à attendre de l'Europe, et l'Europe est très peu interventionniste sur les problèmes internes de la Nouvelle-Calédonie. Donc moi, j'y vois que du bien. Mais il ne faut pas non plus y voir plus que cela, c'est-à-dire que les financements de l'Europe, ils sont très ciblés sur la formation professionnelle et un certain nombre de grands équipements, et l'Europe fera pas plus que cela. Ça restera, quand même, un domaine d'intervention un peu secondaire. Par contre, dans le Pacifique, aujourd'hui, c'est très clair que l'Europe est en train de se substituer à la France, parce que la France n'a plus les moyens de sa splendeur passée, et on voit partout, effectivement, les fonds européens se substituent aux fonds français. C'est pas tout à fait le cas dans l'outre-mer français, dans la mesure où les transferts restent encore importants.

Journaliste : Avec ce qui s'est passé hier et ce que vous avez dit, on a l'impression que, difficilement, on va revenir aux élections provinciales.
Mathias Chauchat : Non, non. Moi, je pense que tôt ou tard, le gouvernement va fonctionner avec 11 membres normalement. C'est-à-dire que je ne crois pas à l'hypothèse de la crise institutionnelle et du retour aux élections générales provinciales. Pourquoi tant de fureur ? En réalité, les mécanismes institutionnels, j'en ai cité quelques-uns, empêcheront d'aller à la dissolution. Et plus le temps va passer, plus le raccourcissement des échéances empêchera la dissolution. Donc moi, je ne crois pas à l'hypothèse de la dissolution qui amènerait plus d'instabilité pour rien. D'autant qu'à la fin, on vote à la proportionnelle, on va retrouver exactement les mêmes. Je veux dire, on ne peut pas, à la proportionnelle, à la plus forte moyenne, qui plus est, dans un cadre provincial, faire une grande alternance. Il peut y avoir que des évolutions marginales sur un siège ou deux. Quel est l'intérêt d'aller à la dissolution ? Je n'y crois pas.

Journaliste : Monsieur Chauchat, merci d'avoir répondu à nos questions.
Mathias Chauchat : Merci.



LE PROCHAIN SOMMET DES PAYS FER DE LANCE CONTESTE PAR LE M.L.P.O.

Le sommet des Pays Fer de lance se tiendra le 31 Mars prochain aux Iles Fidji. Il sera présidé par le chef de la diplomatie fidjienne Ratu Inoke Kuboabola. Le Groupe mélanésien Fer de lance regroupe la Papouasie Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, le Vanuatu, Fidji et le FLNKS de Nouvelle-Calédonie (Front de libération nationale kanak socialiste).

Les ministres des Affaires étrangères de cette alliance mélanésienne ont bien accueilli la requête de l’Indonésie et du Timor Leste pour obtenir le statut d’observateur au sommet du 31 mars. Les raisons évoquées : l’Indonésie compte plus de 4 Millions de mélanésiens , de même que cette influence mélanésienne est aussi présente au Timor Leste ( une ancienne province indonésienne).

Le mouvement de libération de la Papouasie occidental( MLPO) par la voix d’une de ses responsables a fait savoir son désaccord à la requête de l’Indonésie pour un statut d’observateur à ce prochain sommet des Pays Fer de lance. Andy Ayamisaba du MLPO précise tant qu’à faire pourquoi ne pas accorder ce statut d’observateur à l’Australie puisqu’il y les mélanésiens vivant sur dans les Iles du Détroit de Torres. Elle précise également que les mélanésiens de la Papouasie Occidentale ont aussi déposé une requête de statut d’observateur auprès du Mouvement des Pays Fer de lance, et cela fait 5 ans maintenant qu’ils attendent une réponse.

Ainsi, accorder ce statut à l’Indonésie, c’est trahir les Mélanésiens de Papouasie occidentale, conclut M. Ayamisaba.

Sources : Radio Australie

Naku Press : mise en ligne le 06 Mars 2011 à 20H57