samedi 30 juillet 2011

LA PETITE CHRONIQUE HEBDO DE NAKU PRESS...

Air Calédonie, la compagnie aérienne assurant la desserte domestique est aux feux de l’actualité locale depuis maintenant près d'un mois. Les usagers, les salariés sont dans la rue pour chacun dire leur mécontentement quant à la gestion de cette société. Billet trop cher selon les usagers, «pas touche» à nos petits avantages, le mot d’ordre des salariés.

Les collectivités publiques actionnaires majoritaires dans cette société, font les calculs, cherchent encore une marge à exploiter pour pouvoir continuer l’application des mesures du plan de redressement de la société voté par le congrès du Pays. L’économie des îles est bloquée, la presse s’exprime en millions de francs perdus pour parler des conséquences de cette crise.


Peu d’intervention médiatique des instances dirigeantes de la société, une posture classique dans de telle situation, mais on ose penser que l’on ne reste pas observateur, on cherche aussi des solutions.


Le gouvernement s’est exprimé axant sa communication sur la nécessité d’un schéma directeur des transports pour le pays, au même titre que les autres secteurs d’activité, ayant un impact important sur l’économie du pays.


Chacun campe sur ses propres axes de communication, en attendant les «petites gens» se débrouillent pour venir sur Nouméa, pour se soigner ou aller aux Iles pour enterrer un proche. Quand les décideurs voudront bien s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution, Aircal retrouvera ses ailes, et la population enfin soulagée. Une réunion est déjà programmée par le gouvernement pour le 10/08/2011. A Nouméa, pas à La Foa comme cela a été dit faussement...



Côté affaires «louches» - après le comité des signataires où chaque courant politique a pu tirer ses marrons du feu, Gomes, le chef de Calédonie Ensemble est régulier dans les colonnes du quotidien local (Les Nouvelles Calédoniennes) avec les affaires quelque louches : des climatiseurs sur l’usine de Goro, des subventions accordées aux associations wallisiennes et futuniennes. Un exemple pour confirmer la version moderne (du moins dans un certain milieu) de la politique : histoire de fonds de commerce. Mais s’agissant de fonds des contribuables, alors l’appareil judiciaire est là pour être sollicité à la régulation. Heureusement encore que l’intérêt général a encore de quoi se défendre…



Le dossier Vie Chère : l’intersyndicale, elle aussi, est allée manifester devant le tribunal de Nouméa pour réclamer une application stricte des textes, en matière de publication des bilans de toutes les sociétés de la place. Sur les 10 000 existantes, seules 6400 ont publié leur bilan ! Et, le reste ? L’intersyndicale parle d’accords économiques et sociaux, elle attend ce débat avec les décideurs du pays.



La flamme des jeux continue son parcours dans le pays, entraînant organisation, mobilisation et liesse dans les établissements scolaires en particulier. La flamme qui annonce l’arrivée des autres frères de la région pour des compétitions sportives, c’est aussi quelque part saluer cette ouverture sur notre région, celle du bassin pacifique.



Et enfin Naku press terminera ce petit rétrospectif par cette exposition et Ateliers vannerie organisée par la Commission de la Femme de la Province nord, dans la commune de Waawiluu. Une initiative si petite soit elle, mais parlante, car elle cause de la culture, de l’économie, du savoir faire, de l’utilisation des éléments de la nature pour des besoins très pratiques de la vie (le sac pour transporter des affaires, le chapeau pour se protéger du soleil, la natte pour se poser ou dormir, etc). Pour un petit retour sur l’histoire : la natte, dans certaine région de la Grande Terre, a servi à enrouler les morts avant d’aller les déposer soit dans des grottes ou sur les cimes des grands arbres.



Et enfin, la vieille dame, la SLN qui déplore les conditions météo avec les premières conséquences sur sa production. En même temps, elle laisse passer quelques informations sur des projets : l’ouverture d’une usine à WEDA Bay en Indonésie en fin 2012, - la situation du dossier de sa centrale électrique avec le difficile choix à faire entre le charbon ou le gaz (sachant que le gaz est moins polluant mais plus coûteux), la veille dame attend bien une confirmation d’aide soit de l’Etat ou de la Nouvelle Calédonie.



Naku press avec sa plume et sa lecture de l’actualité via la presse locale.



Mise en ligne le 31/07/2011 à 14h21


mercredi 27 juillet 2011

UN RENDEZ VOUS AVEC L'HISTOIRE... Le soutien de Naku Press

Un pays, une histoire, un avenir … Et le débat continue…Naku press voudrait s’associer au travail mené actuellement par un groupe de militants nationalistes pour la commémoration des 30 ans de la Mort de Pierre Declerq, secrétaire de l’Union Calédonienne assassiné le 19/09/1981 à son domicile dans la commune du Mont Dore. Naku press rend hommage à ce militant non kanak qui a osé porter le flambeau de la cause nationaliste aux côtés des militants kanak. Naku press salue également tout ce travail engagé pour honorer la mémoire de ce grand homme, c’est ainsi qu’il a accepté d’octroyer une place dans ses colonnes et pages pour faire passer le message.A ceux qui passeront un temps sur les documents qui suivent, Naku press voudrait simplement leur laisser ce mot de passe «c’est aussi à travers notre histoire que l’on décide de notre avenir» pour dire autrement «c’est en marchant que nous trouvons le chemin».



Successivement vous trouverez, le programme de la journée du 18/09/2011, la biographie de Pierre Declerq et enfin le règlement d’un concours d’écriture. Pour couronner le tout : le Poème «Septembre est là» d’une grande écrivain kanak : Déwé Gorodey, connue pour ses écrits très engagés.……………………………………………………………………………………………………………………..


PROGRAMME


30e ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE PIERRE DECLERCQ


A LA TRIBU DE LA CONCEPTION







DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011





08 H ACCUEIL COUTUMIER



09 H MESSE sur le site de la Conception, par le père Apikaoua



10 H PILOU par le Groupe de danse de Saint Louis L’île Ouen



11 H FORUM



une vie d’engagement d’un militant humaniste.



- Famille - foi chrétienne



- Professionnel (enseignement) - Social (syndicat - droits de l’homme)



- Politique (U.C. - F.I. = (Le combat pour le droit inné à l’Indépendance)



12H REPAS



14H FORUM



Evolution politique depuis sa disparition



- Nainville les Roches (Reconnaissance des 2 peuples : kanak et victimes de l’Histoire)



- Accords de Matignon (Accords de Paix et création des provinces)



- Accord de Nouméa (Citoyenneté )



Le Contexte politique actuel



30 ans après sa disparition, la déclaration de Pierre est plus que jamais d’actualité :



«Le terme Kanak ne désigne pas une ethnie, ni une race. L’objectif d’une société kanak signifie la construction d’un peuple multiracial, solidaire et fraternel. Cela ne veut pas dire que la future société sera entièrement mélanésienne. Le droit à la différence sera respecté mais nous ferons en sorte que cela n’entraîne pas de rapport de domination d’une ethnie sur l’autre.»



Perspective Politique :



La décolonisation - la Nation - Le socialisme



16 H EXPOSITION ET DIAPOSITIVES COMMENTEES - DECOUVERTES DES CREATIONS ARTISTIQUES




(sculpture - écriture - chant - peinture, etc)




18 H THEATRE PIERRE GOPE «60 MINUTES AVANT L’ASSAUT».



19 H DEBAT autour du ressenti de la pièce



Comment l’expression artistique contribue t- elle à promouvoir la construction du Pays en devenir




20 H GROUPES DE MUSIQUE



22 H CLOTURe






LUNDI 19 SEPTEMBRE 201






O9 H RENDEZ VOUS SUR LE SITE



10 H MARCHE VERS LE CIMETIERE



10 H 30 DEPOT DE GERBE, ESPACE DE PAROLES «Souvenons-nous de Pierre, Homme d’engagement»…



12 H REPAS





14 H FORUM : suite judiciaire sur l’assassinat de Pierre Objectif : «Connaître la Vérité».



16 H CLOTURE ET GESTE COUTUMIER



………………………………………………………………………………………….



Une biographie ………………….




PIERRE DECLERCQ




































































































































































































































































































































































































































































































30 mai 1938



Naissance à Halluin (Nord). Il est le 4ème d’une famille de 6 enfants. Son père est employé de Banque. Sa mère reste au foyer











jusqu’en 1958








Etudes classiques au Séminaire jusqu’au bac.








Scout



Durant les vacances, il suit une formation d’animateur, puis de directeur de Centre de vacances.



Il est remarqué comme animateur et devient instructeur UFCV. Il encadre des camps de scout et des camps d’adolescents










58 - 59



1 an de théologie au Séminaire Académique de Lille










59 -



Propédeutique M.P.C. (Math, Physique, Chimie) -1ère année de licence de Sciences Physiques








Séminaire académique de Lille















Juillet 61 ( ?)








Il quitte le Séminaire et continue ses études de Sciences aux facultés catholiques de Lille








Fin 63 ( ?)








Coopérant (V.A.T.) à Nouméa au Collège du Sacré-Cœur















Janvier 64 ( ?)








Anime une colonie de vacances des enfants de Nouméa à l’Ile des Pins organisée par les frères maristes








64 - 65








Enseigne plusieurs matières - des maths au latin - au Collège du Sacré-Cœur à Nouméa















66 ( ?)








Retour en métropole pour terminer sa licence de Sciences Physiques qu’il obtient en juin 67








En même temps, il enseigne au Collège de Tourcoing (France)















67








Retour définitif en Nouvelle-Calédonie. Il enseigne au Collège Champagnat à Nouméa















68








Il crée une classe après le brevet pour préparer les élèves à des concours administratifs.








Il enseigne aussi au Second Cycle catholique, Place des Cocotiers (Actuel ENEP), les Sciences physiques en Terminale.








Il se marie le 13 décembre 68 à Nouméa.















Mars 69








Pour pallier à l’absence de formation des enseignants du primaire privé, il crée le « Cours Normal » en 1 an qu’il dirige. Son adjoint est Jean-Pierre Deteix.








Il enseigne toujours les Sciences physiques en Terminale.








Ayant observé que les enseignants des « missions » (kanak pour la plupart) avaient des salaires bien inférieurs à ceux des enseignements de Nouméa, il fonde le 1er syndicat des enseignants dans l’Enseignement Catholique : le S.E.L.E.C (Syndicat des Enseignants Laïcs de l’Enseignement Catholique) dont il est secrétaire général.








Avec des parents et des enseignants, il fonde le C.C.E.C. (Comité Calédonien de l’Enseignement Catholique) chargé de gérer l’enseignement catholique jusque là dirigé par chaque congrégation.








Il fonde aussi l’A.C.L.V. (l’Association Calédonienne pour les Loisirs et les Vacances) dont il est le président, pour former des cadres de centres de vacances (Moniteur, Directeur).








Il est membre fondateur de l’U.S.O.E.N.C















70








2ème promotion du « Cours Normal » qu’il dirige. Il enseigne toujours les Sciences Physiques en Terminale.








Le Second Cycle étant trop petit, le C.C.E.C. cherche un autre emplacement et Pierre participe à la réflexion pour la construction de ce nouveau Lycée qui s’appellera « Blaise Pascal », la mairie donne un terrain à l’Anse Vata.








En décembre, il est nommé Directeur de ce Lycée.








Il est aussi élu cette année -là Secrétaire-adjoint de l’U.S.O.E.N.C.















Janv. - Fév. 71








Il suit les travaux de construction de Blaise Pascal et organise le déménagement du Centre Ville à l’Anse Vata. Son adjoint Jean-Pierre Deteix, ami des « foulards rouges », a été licencié en décembre 70 et Pierre œuvre pour sa réintégration ; il menace de démissionner de son poste s’il n’est pas réintégré.








Fin février 71, il démissionne de l’enseignement n’ayant pas obtenu satisfaction. Il découvre un monde colonialiste qui ne veut pas entendre les revendications anticolonialistes des jeunes kanak.















Août -sept ( ?)71








Il reste au chômage plusieurs mois puis trouve un emploi de chimiste au laboratoire de chimie de l’hôpital Gaston Bourret.








Il y restera jusqu’à son élection à l’Assemblée Territoriale en 77















72








Il est contacté par des membres de l’U.C. : Mr Burck, Mr Caron,… pour être sur la liste U.C. en position non éligible en tant que syndicaliste pour les élections à l’Assemblée Territoriale.








Il adhère à l’U.C.








Pendant les vacances, il dirige des colonies et camp d’adolescents de la S.L.N. à Poindimié








75








Il est marqué par la réunion à la Conception des Conseillers Mélanésiens et des Groupes de jeunes kanak qui adoptent un manifeste pour l’Indépendance Kanak :"Désormais, il se mettra à l'UC au service de cette cause et travaillera à l'accession du pays à cette Indépendance Kanak"








Entre 72 et 77








Depuis 72, sans avoir de poste élu au sein de l’U.C., il travaille à la réorganisation du Mouvement au Mont Dore : Section de base, Comité Local.








Il travaille à ce que « l’Avenir Calédonien » paraisse régulièrement.








Après 75, les discussions portent sur la préparation de l’Indépendance Kanak et des grands rassemblements ont lieu au local des sœurs de l’Avé-Maria à Saint Louis.








A certaines de ces réunions, des délégations de Canala principalement participent à ces réunions. Il travaille avec les élus sur les questions sociales, d’enseignement, notamment contre la loi Debré pour non prise en compte des spécificités locales.








Dès que ses filles nées en 69.70.72 sont scolarisées, il entre à l’Association des Parents d’Elèves dont il est rapidement le président à Cluny Conception, puis plus tard à Marie-Reine Thabor (à partir 79-80). C’était une activité qui lui tenait à cœur















77








Il est élu Secrétaire Général de l’Union Calédonienne au Congrès de Bourail. Avec lui, Jean-Marie Tjibaou, François Burck, Eloï Machoro, Yeiwene Yeiwene entrent au Bureau de l’U.C.








Il est élu à l’Assemblée Territoriale








22 juin 1979








Interview parue dans les Nouvelles. Dans cet interview il donne son point de vue sur le terme "Kanak" « Le terme Kanak ne désigne pas une ethnie, ni une race. L’objectif d’une société kanak signifie la construction d’un peuple multiracial, solidaire et fraternel. Cela ne veut pas dire que la future société sera entièrement mélanésienne. Le droit à la différence sera respecté mais nous ferons en sorte que cela n’entraîne pas de rapport de domination d’une ethnie sur l’autre. » <!--[if !supportLineBreakNewLine]--> <!--[endif]-->








De 77 à 81








C’est à tous les échelons du Parti que Pierre va se consacrer à animer le mouvement de conscientisation du peuple kanak en marche vers son indépendance.















Cela se fera principalement dans plusieurs directions :








<!--[if !supportLists]-->Þ <!--[endif]-->En tant que Secrétaire Général :








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->L’Avenir Calédonien, le journal de l’U.C. qu’il contribue à relancer, passant souvent des soirées et des week-ends entiers à écrire des articles. Il sollicite ses collègues et compose le journal.








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Les Instances Dirigeantes du Parti qu’il s’attache à mieux organiser et faire vivre.








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Le Congrès qui aura lieu tous les ans








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Le Comité Directeur qui se réunit tous les trimestres








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->La Commission Exécutive tous les 15 jours - Il veille à ce que les représentants de l’Intérieur soient présents et que tous puissent s’exprimer et travailler.








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Le Bureau : Malgré ses multiples activités, il milite régulièrement aux Sections de Base du Mont Dore, au Comité Local de Nouméa et du Mont-Dore, ainsi qu’aux Comités Locaux qui le sollicitent















<!--[if !supportLists]-->Þ <!--[endif]-->En tant qu’élu








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Il travaille les dossiers afin d’avoir des interventions pertinentes. Tous ses pairs le reconnaîtront








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Il est le porte-parole de l’U.C., puis du F.I.








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->En 79 : Création du F.I. (Front Indépendantiste) qui regroupe l’U.C., le F.U.L.K., le P.S.C., l’U.P.M., et le PALIKA. Il a travaillé à cette création indispensable pour arriver à l’objectif commun : l’Indépendance. Il travaillait aussi à maintenir son unité.








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Chaque lundi, il organise la réunion des élus de l’U.C. avant 79, puis du F.I.








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Il collaborait étroitement avec le député Rock Pidjot qui lui confiait souvent des travaux d’analyse de dossiers. Ils étaient en correspondance régulière.








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Il est élu par le C.A. de la C.A.F.A.T., Président de la CAFAT








<!--[if !supportLists]-->- <!--[endif]-->Toujours ouvert aux problématiques de développement et de formation, il encourage l’A.C.L.V. à diversifier ses actions pour en faire bénéficier des militants syndicaux et politiques. L’A.C.L.V. devient l’A.C.F.D.(l’Association Calédonienne pour la Formation au Développement).





























19 septembre 1981






















Il est assassiné chez lui alors qu’il travaillait à son bureau








UN CONCOURS , pour continuer à faire vivre une histoire , un évènement…..






















COMITE 30 ANS PIERRE DECLERCQ















18 ET 19 SEPTEMBRE 2011 - TRIBU DE LA CONCEPTION








VILLE DU MONT DORE















Contacts : (687) 43.51.69 - 77.35.30- 77.87.68 - 76-06-79 - fara@lagoon.nc;





























ECRIRE POUR PIERRE















A l’occasion de la commémoration des trente ans de la disparition de Pierre Declercq, l’Association « Comité 30 ans Pierre Declercq », en partenariat avec (liste des partenariats sollicités : Vice Rectorat de Nouvelle Calédonie, Gouvernement de la Nouvelle Calédonie, Direction de l’enseignement des Provinces Sud, Nord et Iles Loyauté, Direction de la DDEC, ASEE et de la FELP, Ville du Mont Dore, UGPE)








Organise, du 18 juillet au 6 septembre 2011 un CONCOURS D’ECRITURE autour de la vie de Pierre Declercq et de son message de paix et de justice pour la Nouvelle-Calédonie (Nouvelles, poésies, chansons, etc.). Trois catégories (adultes, jeunes, enfants) et différents thèmes sont institués :









Catégorie : adultes, Nouvelles : En rentrant chez lui, la porte était ouverte…
Poésies-adultes : Humanisme, résistances, entre rêve et réalité…









Catégorie : jeunes (collège, lycée et moins de 25 ans), catégories Dessins, Nouvelles et Poésies : Un bel avenir pour tous








Catégorie : enfants (primaires), thème : Dessins, nouvelles et poésies : Je vais vers l’autre, mon ami, mon frère.

Ce concours est ouvert aux habitants de la Nouvelle Calédonie de tous âges. Il peut donner lieu à des productions en langue française ou en langues kanak.










REGLEMENT DU CONCOURS

Article 1Les œuvres seront manuscrites ou dactylographiées, de format 210x297, sur simple recto et envoyées en 2 exemplaires. Les nouvelles comporteront 4 pages maximum. Les poèmes n’excèderont pas 28 vers. Les œuvres ne respectant pas les conditions énumérées requises,risquent d’être pénalisées et/ou ne seront pas prises en considération.

Article 2 – Les nouvelles et les poèmes devront être inédits.

Article 3L’anonymat sera respecté. Ne pas signer ni noter de nom et d’adresse sur les poèmes ou sur les nouvelles ou les dessins. Les coordonnées du candidat figureront sur le bulletin d’inscription glissé dans une enveloppe jointe aux œuvres.

Article 4Chaque candidat ne peut concourir que dans une seule catégorie et n’envoyer qu’une seule nouvelle ou un seul poème.

Article 5 – La participation aux concours est gratuite.

Article 6Les décisions du jury seront sans appel.

Article 7Les organisateurs se réservent le droit de prolonger, écourter, annuler le présent concours, si les circonstances l’exigent.

Article 8Les membres du jury et les organisateurs ne sont pas autorisés à concourir.

Article 9Des prix en espèces et en nature viendront récompenser les lauréats de chaque catégorie.

Article 10Tous les participants seront informés des résultats, individuellement. Les résultats seront proclamés le 18 septembre 2011 à la tribu de la Conception lors de la grande journée de commémoration des 30 ans de la disparition de Pierre Declercq. Les pièces du concours ne seront pas restituées. La distribution des prix aura lieu le jour même et au plus tard en octobre 2011.

Article 11Dans le cas d’une sélection pour l’obtention d’un prix, l’auteur autorise la publication de son texte ou de son oeuvre, dans un recueil spécialement édité par le comité 30 ans Pierre Declercq.

Article 12Chaque envoi devra être accompagné des pièces suivantes :
o Bulletin d’inscription dans UNE ENVELOPPE FERMEE

Article 13Les envois, NON RECOMMANDES, devront être adressés, avant la date de clôture fixée au 6 septembre 2011, au secrétariat de l’association :








COMITE 30 ANS PIERRE DECLERCQ
BP 230 - 98810 MONT DORE








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lundi 18 juillet 2011

Débat après le comité des signataires du 8 juillet 2011...


Madoy a trouvé intéressant de publier ici une "retranscription "mot à mot" de l'émission C'est A Dire (CAD) dans laquelle participaient Sonia Backès pour le RUMP, Gomes pour Calédonie Ensemble, Roch Wamytan pour le FLNKS et Jean Luc Régent du RPC...


De votre côté, le trouverez-vous également intéressant ?


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Journaliste : Avec nous, depuis la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris, Rock Wamytan, bonjour !


Rock Wamytan : Bonjour !



Journaliste : Signataire de l'Accord de Nouméa en 98 et membre de la délégation de l'UC. À vos côtés, Philippe Gomès, bonjour !


Philippe Gomès : Bonjour !



Journaliste : Leader du groupe Calédonie ensemble. Jean-Luc Régent du RPC, bonjour !


Jean-Luc Régent : Bonjour !



Journaliste : Et pour terminer, Sonia Backes, porte-parole du Rassemblement UMP. Merci d'être avec nous. Bonjour !


Sonia Backes : Bonjour !


Journaliste : Pour lancer le débat consacré à ce bilan du 9e comité des signataires, qui s'est doncdéroulé à Paris : on a parlé d'un comité apaisé, consensuel. Ça veut dire qu'on a défin




tourné la page sur les divisions politiques ? Sonia Backes :


Sonia Backes : Je crois surtout que le Premier ministre a donné le ton avec un discours qui a posé les choses, qui a apaisé un certain nombre de sujets, et qui a permis de se projeter sur l'avenir.



Journaliste : C'est-à-dire ?


Sonia Backes : Bien, je crois que ce qui est important maintenant, c'est que trois sous-comités ont été mis en place, dont un qui concerne la construction de la sortie de l'Accord de Nouméa, et maintenant, nous sommes dans cette construction, et donc dans une projection de l'avenir.



Journaliste : Philippe Gomès :


Philippe Gomès : Je ne sais pas si le consensus ça veut dire "il faut pas débattre", ou si c'est "on est tous d'accord sur tout". Non, c'est pas du tout ça. On a chacun nos divergences, chacun nos sensibilités, chacun nos convictions, nos valeurs. Elles peuvent se rejoindre parfois, et puis, d'autres fois, non, elles subsistent telles qu'elles sont. Et donc, là en ce qui concerne ce comité, il y a plusieurs sujets sur lesquels le Premier ministre a rappelé des choses qui sont importantes pour Calédonie ensemble. Sur le drapeau, d'abord, il l'a dit dans son discours, c'est le premier sujet qu'il a abordé après avoir rendu hommage à Jacques Lafleur, où il a dit : il importe que les partenaires du comité des signataires mettent en œuvre le point 1.5 de l'Accord de Nouméa, c'est-à-dire, recherchent en commun, il a utilisé les termes, un signe identitaire affirmant l'identité kanake et le futur partagé entre tous. Et il a indiqué, en conclusion de ce passage : dans cette attente, dans l'attente d'une solution conforme à l'Accord de Nouméa, les deux drapeaux continueront à flotter au vent. Donc, on voit bien, là, dans la proposition du Premier ministre qui a été reprise par le comité des signataires dans le relevé de conclusions du comité, on a, à la fois l'affirmation de ce qui a été exprimé par le Rassemblement UMP et l'UC FLNKS, les deux drapeaux qui flottent dans le ciel calédonien, et puis, en même temps, l'attente de Calédonie ensemble qui est de dire : ces deux drapeaux qui flottent, ça n'est pas l'Accord de Nouméa, l'Accord de Nouméa, c'est un drapeau commun. On est apaisés, oui, enfin ce que je veux dire, c'est que les positions exprimés sur le sujet se retrouvent dans les conclusions du comité.



Journaliste : Sauf que, quand j'ai posé la question à François Fillon, les collectivités de l'État comme les mairies, n'ont pas encore reçu la circulaire pour hisser les deux drapeaux et, allait-il obliger officiellement, les corps de l'État, comme les gendarmeries, les casernes, le tribunal, le service des douanes, à hisser le drapeau du FLNKS, il a répondu ouvertement : oui, les instructions seront données.


Philippe Gomès : Il y a deux textes qui font foi, au-delà de l'interview que vous avez faite, qui était peut-être utile, mais il y a un texte qui est dans le relevé de conclusions du comité des signataires, et puis il y a son discours qui est accessible également sur le site Internet de l'hôtel Matignon. Et puis enfin, la même question lui avait été posée à Nouméa, je ne sais pas qui l'avait posée, mais la réponse avait été, par François Fillon, en ce qui concerne les communes : il n'y aura pas de circulaire sur les communes, et chaque commune devra assumer ses responsabilités, dans le cadre de la loi. Donc, voilà la bonne réponse qu'il avait faite à ce moment-là. Puisque l'État peut pas imposer aux communes de hisser un drapeau ou pas.



Journaliste : Rock Wamytan, pour vous : un comité des signataires différent des autres ?


Rock Wamytan : Je crois que la volonté d'apaisement était partagée par tous, parce que la Nouvelle-Calédonie ne pouvait pas continuer à vivre ce qu'elle vivait depuis 5 mois. C'était pas possible, depuis février, avec la chute du gouvernement Gomès, et puis les démissions successives, c'était pas possible, tant au niveau des responsables politiques, les signataires de l'Accord, l'État français. C'est pour ça, d'ailleurs, que le Premier ministre avait demandé à ce que les responsables politiques viennent en parler, il y a un mois et demi de cela. Donc, je crois que c'était une volonté qui était partagée par tous. Et on est tous venus ici, en tout cas, notre délégation est venue à Paris avec cette volonté d'apaisement en tête, pour trouver des solutions de façon à avancer parce qu'on pouvait pas, avec tous les problèmes qui se posent actuellement à la Nouvelle-Calédonie, avec les problématiques de la vie chère, les préoccupations des gens, c'était pas possible de continuer comme ça. Donc, il fallait trouver des solutions. Je pense que chacun a convergé vers cet ensemble de propositions qui ont été faites et acceptées par tous, lors de ce comité.


Journaliste : Jean-Luc Régent, François Fillon a rendu hommage à Jacques Lafleur. Vous êtesavecnous un peu pour le regard historique de ce 9e comité :




Jean-Luc Régent : Je n'ai pas assisté aux comités précédents, mais j'ai apprécié le fait que le Premier ministre ait rendu hommage à Jacques Lafleur. En ce qui concerne ce comité proprement dit, c'est vrai que c'est un comité, très apaisé. Je crois aussi, comme le disait le président Wamytan, que cet apaisement vient de la volonté de l'ensemble des forces politiques du pays, sans exception. Donc, il y a eu assez peu de sujets politiques d'abordés, sauf peut-être, l'affaire des drapeaux, et là, le ministre a effectivement rappelé, peut-être pour faire plaisir, et aux uns, et aux autres, que le Congrès ayant voté aux trois cinquièmes un vœu demandant à ce que les deux drapeaux flottent sur les établissements publics, mais il a aussi rappelé que, conformément à une disposition de l'Accord de Nouméa, il était nécessaire de continuer la recherche en commun d'un drapeau. Donc, il ne faudra pas se contenter, en fait, de voir…, de ne plus parler de ce sujet-là, puisqu'il avait été demandé, il y a quelques mois la création d'une commission spéciale comportant toutes les formations politiques pour justement parler de cette recherche en commun d'un drapeau.



Journaliste : Sonia Backes, sur le drapeau :


Sonia Backes : Simplement rappeler que Pierre Frogier, quand il a fait sa proposition sur les drapeaux, il était pas à la recherche d'un signe identitaire, et simplement rappeler, parce que je crois que c'est important, ne pas faire dire au Premier ministre ce qu'il n'a pas dit, ce qu'il a indiqué sur le drapeau. Donc, je cite, il a dit : les deux drapeaux sont un geste politique fort parce qu'il se situe dans l'esprit qui a présidé aux Accords de Matignon et à l'Accord de Nouméa, ils sont un geste de réconciliation, un geste qui exprime la volonté de vivre ensemble, un geste qui scelle et qui renouvelle la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. Et il a conclu que tant qu'une solution n'aura pas été trouvée, les deux drapeaux doivent coexister, comme l'a décidé le Congrès. Donc, je crois que c'est important, et en tout cas, ça pose des choses. Je crois que maintenant, on est dans une autre phase, on est dans une phase de construction de l'avenir. Voilà. La venue du président de la République au mois d'août prochain va nous permettre de se projeter dans l'avenir.



Journaliste : On est en 2011, on nous parle d'un éventuel référendum, d'une sortie de l'Accord de Nouméa, dès 2014. L'avenir institutionnel du pays, est-ce que c'est aussi le rôle du comité de préparer la sortie de l'Accord de Nouméa ? Rock Wamytan :


Rock Wamytan : C'est évident que c'est le rôle du comité des signataires, en tout cas de trouver des pistes qui permettraient d'éclairer le choix des Calédoniens. Je pense que ce qui est important pour les Calédoniens, c'est bien de redéfinir les liens futurs entre la Nouvelle-Calédonie et la France.



Journaliste : Ça veut dire que vous ne parlez plus éventuellement du mot indépendance, mais vous …


Rock Wamytan : J'avais rappelé, lors de ce comité des signataires, le discours qu'il avait tenu lors du colloque sur le destin des collectivités territoriales, à Nouméa, au mois de mai. Il avait dit ce que nous, les indépendantistes, nous avons dit aussi, qu'on ne devait pas reporter ad vida aeternam la question fondamentale qui est celle-là : quels seront les liens futurs entre la Nouvelle-Calédonie et la France ? Est-ce que ce sera une indépendance ? Auquel cas on établira des liens de coopération, comme tous les pays indépendants. Est-ce que ce sera une indépendance associée à la France ? Est-ce que ce sera une autonomie au stade le plus achevé. C'est ces formules-là qu'il faut trouver. Mais je crois que ce qui est important, et moi, je vois le rôle du comité à ce niveau-là, c'est de faire en sorte de pouvoir préparer nos populations de façon à créer des conditions maximales pour que les populations concernées soient à même de se décider en toute connaissance de cause, sur l'une ou l'autre formule qui seront proposées à ce moment-là, mais bien sûr dans le cadre de l'application de l'Accord.



Journaliste : Philippe Gomès :


Philippe Gomès : Oui, ce qui a déjà été installé lors du précédent comité des signataires, 2010, donc, c'est pas une nouveauté, c'est un comité de pilotage. Je cite le titre du comité pour éviter franchement les interprétations erronées : qui a pour tâche d'approfondir les éléments de discussion dans la perspective de la consultation prévue après 2014. Ces termes ont été explicités à plusieurs reprises, et par le Premier ministre et par le président de la République, l'année dernière, et cette année encore. Ce sont toujours les mêmes fondamentaux, c'est-à-dire : il s'agit de préparer une échéance, d'échanger sur le sujet, de se nourrir, comme l'a exposé Rock Wamytan, de tout ce qui peut exister dans le monde en termes souveraineté partagée, d'autonomie élargie, de liens reconstruits avec une ancienne puissance coloniale. C'est le travail de ce comité. Et pour que ce travail soit effectué, trois experts ont été nommés, trois experts de l'État, un conseiller d'État, un professeur de Droit et un représentant du ministère de l'outre-mer. Ce comité a une vertu majeure, c'est qu'il associe tous les partis politiques, on n'est pas juste avec des signataires historiques, on est également avec Jean-Luc Régent du RPC, Nidoish Naisseline du LKS, le Palika, Calédonie ensemble et les autres mouvements politiques. Et donc, le travail de ce comité, il va se situer dans cette perspective-là. C'est pas un travail où on organise un référendum en 2014. Je sais qu'il y a un mouvement indépendantiste qui parle de Kanaky 2014.



Journaliste : Et le but de ce débat, c'est d'expliquer aux Calédoniens.


Philippe Gomès : Non, le but de ce débat, c'est pas d'expliquer aux Calédoniens, c'est de partager entre sensibilités politiques différentes, chez les indépendantistes et chez les non-indépendantistes, les perspectives d'évolution qui s'offrent à la Nouvelle-Calédonie, par rapport à ce qui se passe ailleurs dans le monde. Mais ensuite, et le président de la République l'a dit dans son discours, l'année dernière à l'Élysée. Je vous demande de bien intégrer ces termes parce que pour moi, ils sont importants : c'est à la majorité issue des urnes en 2014, donc les élections provinciales de (inaudible) qu'il appartiendra de décider les termes de la consultation. En clair : nous avons la responsabilité, aujourd'hui, de continuer à échanger de manière plus précise sur ces solutions de sortie, mais bien évidemment, le suffrage universel qui s'exercera lors des provinciales de 2014 dira qui est à même, de part et d'autre, de porter des solutions de sortie de l'Accord de Nouméa.



Journaliste : Sonia Backes, le mot décolonisation ne fait plus peur aujourd'hui au Rump ?


Sonia Backes : Non, je crois qu'à plusieurs reprises, nous avons affirmé que nous étions dans ce processus. Philippe Gomès avait indiqué, d'ailleurs, quand il était président du gouvernement, à une réunion internationale, que nous étions dans le cadre d'une décolonisation au sein de la République. Je crois qu'on est vraiment dans cette démarche-là. La question, elle est très claire, je crois, pour tout le monde, elle est de nous permettre d'éclairer les uns et les autres sur les différentes voies possibles, pendant les trois ans qui nous restent avant 2014, pour que les choix que nous ferons à l'avenir se fassent en toute connaissance de cause, tout simplement.



Journaliste : Jean-Luc Régent :


Jean-Luc Régent : En fait, l'Accord de Nouméa est un accord qui va bien au-delà des dispositions de l'ONU en matière de décolonisation. Donc, nous sommes bien…, nous sommes en avance sur ces dispositions-là, donc, je crois qu'on peut considérer que depuis la signature des Accords de Matignon, nous sommes dans un pays, un territoire en voie de décolonisation.



Journaliste : Rock Wamytan, votre partenaire, le Parti travailliste, Louis Kotra Uregei revendique, lui, ouvertement, Kanaky 2014 : pleine souveraineté en 2014. Et il dit : oui, effectivement, c'est notre revendication, mais nous ne sommes pas tout seuls, nous avons des partenaires. Est-ce que ça veut dire qu'éventuellement, il y a une discussion au sein de ce comité politique UC – Parti travailliste ?


Rock Wamytan : C'est un vœu qui n'est pas à exclure. À partir du moment où le texte de l'Accord dit qu'au lendemain des élections de mai 2014, s'il y a une majorité des trois cinquièmes du Congrès qui le demande, on déclenche le référendum d'autodétermination. C'est tout simplement une possibilité, mais ça peut ne pas se passer comme ça, aussi. Ce sera en fonction des résultats des provinciales de 2014. Bon, on le dit tous, ce sont des positionnements politiques que les uns et les autres ont, mais chacun travaille au niveau de son camp pour pouvoir faire avancer (inaudible)



Journaliste : Est-ce qu'il n'y a pas de surenchère un petit peu ?


Rock Wamytan : Mais c'est pas des surenchères puisque c'est prévu dans la loi organique !



Journaliste : Des surenchères politiques, des argumentations politiques, d'utiliser le mot indépendance …


Rock Wamytan : Je ne sais pas. Si dans les trois ans nous arrivons à convaincre une majorité des trois cinquièmes, le référendum, il se déclenche.



Journaliste : Philippe Gomès :


Philippe Gomès : Je voudrais juste expliquer quelque chose : aujourd'hui, l'Accord de Nouméa prévoit qu'une question est posée entre 2014 et 2018 au peuple calédonien. Cette question c'est : est-ce que vous souhaitez que les compétences régaliennes, exercées par l'État, monnaie, justice, défense, relations étrangères, etc., soient exercées par la Nouvelle-Calédonie ? Est-ce que vous souhaitez que la citoyenneté calédonienne devienne la nationalité du pays ? Et est-ce que vous souhaitez que la Nouvelle-Calédonie puisse acquérir un statut international, avoir son siège à l'ONU ? Et cette question sera posée aux Calédoniens si la majorité des trois cinquièmes du Congrès le demande. Et si en 2018, personne ne l'a demandé, du moins la majorité des trois cinquièmes n'a pas été réunie, à partir de ce moment-là, l'État organisera obligatoirement ce référendum. Donc, voilà la question qui, en l'état actuel des choses, a vocation à être posée aux Calédoniens. Cette question ne peut être modifiée qu'à partir du moment où les forces politiques locales ont pu aboutir à un consensus. Ce consensus conduira à une modification de l'Accord de Nouméa, c'est-à-dire une modification de la question qui est prévue aujourd'hui, et donc à une modification de la Constitution. C'est une procédure extrêmement lourde qui est engagée, mais au jour d'aujourd'hui, la question qui est prévue, c'est celle qu'a rappelé Rock Wamytan. Il n'y a pas d'autre question de prévue pour sortir de l'Accord de Nouméa. Sauf qu'on est un certain nombre, et j'en fais partie de longue date, à dire : cette question, c'est pas une bonne question, parce qu'elle va cliver, elle va opposer les uns et les autres, elle va faire des vainqueurs et des vaincus, elle va être génératrice de tensions politiques, économiques, sociales, ethniques, et qu'il nous faut essayer de voir si on peut poser une question qui rassemble les Calédoniens au lieu de les diviser. C'est le sens du travail qui est engagé aujourd'hui, mais c'est un travail de longue haleine.



Journaliste : Sonia Backes :


Sonia Backes : Ce qui est important, c'est qu'on ait travaillé pour savoir effectivement quelle est la question, mais je crois surtout que ce qu'il faut retenir, c'est que rien ne pourra se faire dans le dos des Calédoniens. Cette question-là, elle est prévue. Il est prévu qu'il y ait un référendum, une consultation des Calédoniens. Quelles que soient les propositions vers lesquelles on se dirige, quelles que soient les solutions qui pourraient être proposées, elles passeraient, ces propositions, devant l'avis de la population.



Journaliste : Un dossier qui est très important, c'est notamment notre fameuse ressource nickel. Est-ce qu'on est en train de préparer un schéma stratégique du nickel pour les 20, 30 ans à venir ? Pourquoi c'est important ? Est-ce qu'il y a urgence ou pas ? Jean-Luc Régent :


Jean-Luc Régent : C'est urgent, puisque comme c'est un problème qui nous amènera, à terme, à parler notamment des participations publiques au sein des différentes sociétés, puisque, pour que la Nouvelle-Calédonie puisse maîtriser son destin en matière de nickel, en matière économique en général, il faudra donc intégrer cette donnée-là. Je crois qu'il faut en parler, il était nécessaire d'aborder tous ces sujets-là assez rapidement.



Journaliste : Sonia Backes :


Sonia Backes : Ce qui est surtout important, c'est que ça fait partie intégrante de ce qu'on est en train de construire, c'est-à-dire que la ressource nickel, c'est la principale ressource de Nouvelle-Calédonie et c'est, si on veut construire une solution institutionnelle durable, il faut qu'on puisse s'appuyer sur cette ressource-là. Et dire que le sous-comité, il y a quand même trois comités qui ont été mis en place, le bilan de l'Accord, et puis les solutions institutionnelles de sortie, mais ce troisième comité, on voit bien qu'il est au même niveau parce que cette ressource nickel, elle sera partie intégrante de la construction de notre avenir. C'est d'ailleurs celui des trois qui a le plus avancé, puisqu'on a Anne Duthilleul qui est présente et qui fait un gros travail sur ce sujet.



Journaliste : Le comité qui avait travaillé sur le nickel a donc fait un état des lieux en rappelant qu'on a au moins pour 40 ans de ressource nickel de haute qualité, et plus d'un siècle pour un nickel de moins bonne qualité. Rock Wamytan :


Rock Wamytan : Ce qui est important pour la Nouvelle-Calédonie, c'est bien de définir des stratégies en la matière, puisque jusqu'à présent, le pays avait agi un peu au jour le jour. Bien sûr il y a eu le schéma minier, le code minier, tout ça, donc, en fait, ce comité de pilotage qui a été mis en place l'année dernière lors du comité des signataires, le comité pour la stratégie industrielle, c'est bien dans ce cadre-là, de façon à faire quoi ? De façon à faire en sorte que nous, la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Calédonie dispose de ressources importantes, nickel, cobalt, etc. On a un marché, on a des opérateurs, nous avons un patrimoine. Comment créer une synergie de façon à ce qu'on puisse gérer au mieux notre ressource pour le développement économique ? C'est ça, l'idée principale. Donc, il y a une méthode qui a été proposée par Anne Duthilleul, l'année dernière. Donc, nous sommes en train d'avancer puisque nous sommes rendus maintenant, je crois, au troisième, quatrième réunion de ce comité de pilotage des stratégies industrielles. Donc, nous avons examiné les ressources, l'état des ressources du pays. Le deuxième point, ce sont les procédés, le troisième point, c'est la question de la valeur ajoutée, c'est un déterminant économique. Nous allons passer ensuite aux impacts, impacts à tous les niveaux : socio-économiques, environnementaux, etc., et ensuite, nous allons définir les moyens. Si vous voulez, tout cet ensemble-là, c'est un peu la boîte à outil, et à partir de là, la Nouvelle-Calédonie va pouvoir faire et tracer sa propre stratégie pour pouvoir valoriser au mieux ses ressources en fonction des moyens dont elle dispose.



Journaliste : Philippe Gomès, c'est capital ?


Philippe Gomès : C'est capital à plusieurs titres. D'abord parce que ça conditionne notre capacité à maîtriser nos ressources et notre industrie métallurgique, ce qui est pas le cas aujourd'hui. Je rappelle que nous n'avons que 34 % dans la SLN et que, aller à 51 %, pour maîtriser ce qui est la première société du pays…



Journaliste : C'est-à-dire que le pays soit actionnaire…


Philippe Gomès : Le pays est aujourd'hui actionnaire mais à un niveau minoritaire, alors que s'il l'était à un niveau majoritaire, il aurait une capacité de décision, bien sûr qu'il n'a pas aujourd'hui.



Journaliste : Pour preuve : la SLN, elle prend dans le gras. Elle utilise tous ses gisements qui sont hyper rentables, avec des minerais en haute teneur, et elle bloque, parce qu'elle est propriétaire des titres, elle bloque tous ses gisements avec un minerai de moins bonne qualité, et vous les politiques, malheureusement, vous pouvez rien y faire.


Philippe Gomès : Je veux pas rentrer là-dedans, je veux simplement dire que dans le cadre du schéma, l'idée, c'est de dire : comment le pays prend le contrôle, non seulement de ses ressources, mais également de son appareil métallurgique, industriel ? On a le contrôle de l'usine du Nord qui est en cours de construction, avec 51 %. Il faudra prendre, à un moment donné, le contrôle de la SLN, Calédonie ensemble y est favorable, et il faut monter en puissance au sein du capital de Vale Inco. On est à 5 % et on a la possibilité de monter à 20. Ça, c'est le premier aspect du schéma, et ensuite, quand on a ces participations, comment on fait en sorte qu'elles soient coordonnées, concertées, pour que ce soit l'intérêt général du pays, au bout du compte, et pas l'intérêt des opérateurs qui soit pris en considération. Ça, c'est un premier volet. Le deuxième volet, c'est celui relatif à la redistribution des richesses. On a un nickel, c'est formidable. On a le Ruamm qui est au fond du trou. Un quart de la population du pays qui vit au dessous du seuil de pauvreté, etc. donc, l'idée, là aussi, c'est (inaudible) pour le pays de la richesse minière, et en l'espèce, l'une des perspective, c'est la création d'une redevance d'extraction, qui serait payée pour toute tonne extraite et/ou exportée, et qui viendrait abonder le budget et, le cas échéant, un fonds pour les générations futures. Troisième volet, si vous me laissez terminer, qui me semble aussi important que les deux premiers, c'est les doubles impacts locaux du développement de notre industrie. Rock Wamytan en a un peu parlé, c'est-à-dire, c'est à la fois l'environnement, et en même temps, l'emploi. Sur l'environnement, il est clair qu'avec les gaz à effet de serre que nous allons émettre, du fait du développement du Nord et du Sud, la question de l'usine de production de gaz de la SLN est un enjeu important parce que, en termes d'environnement, ce sera très positif pour notre pays. De la même manière, l'impact en termes d'emplois des usines, c'est formidable. Il faut impérativement que notre appareil de formation soit à la hauteur des enjeux, et qu'on n'ait pas simplement les postes d'employés et d'ouvriers, dans ces usines, mais qu'on ait aussi des postes de cadres et d'ingénieurs. Ça, c'est un effort qui a été engagé. Dire que rien n'a été fait, ce ne serait pas sérieux, mais c'est un effort qui doit être amplifié. Donc, vous voyez le schéma, c'est en réalité embrasser cet ensemble-là, et donc, c'est un schéma, bien sûr, qui sera extrêmement important au final.



Journaliste : Sonia Backes, c'est l'enjeu majeur pour les 5, 10 ans à venir :


Sonia Backes : Oui, indiquer aussi que dans le cadre de la réforme de la fiscalité que nous sommes en train de mener, il y a trois volets : la partie réforme de la fiscalité directe, réforme de la fiscalité indirecte, et il y a une partie sur les ressources minières. Et c'est essentiel, parce qu'il est important que la Nouvelle-Calédonie, pour régler notamment l'ensemble des problèmes sociaux que nous avons, puisse bénéficier des retombées du nickel, qui va forcément se développer dans les années à venir.



Journaliste : Souvent, en économie, on dit : la richesse d'un pays n'est pas forcément synonyme de richesse de ses populations.


Philippe Gomès : Il y a qu'à voir une bonne moitié de l'Afrique qui est assise sur des richesses immenses, de toutes natures, et dont la population vit toujours, 50 ans après l'indépendance, dans la plus extrême pauvreté. Donc, oui, la question de la mainmise d'un certain nombre de multinationales, etc. est une vraie question pour des petits pays comme le nôtre, pour des petites économies comme les nôtre et on doit se défendre, à leur égard, de façon à ce que l'intérêt général du pays soit préservé. On commence à le faire dans le secteur minier et métallurgique, mais il faut poursuivre ce travail.



Journaliste : C'est ça au fond : avoir l'indépendance économique, avoir la main.


Philippe Gomès : Je vais laisser Rock Wamytan parler de l'indépendance économique.


Rock Wamytan : Ben, en fait, ça a toujours été le principe qu'a défendu le FLNKS depuis plus de 20 ans. C'est-à-dire par rapport à nos propres richesses, par rapport à nos ressources naturelles, c'est bien de pouvoir maîtriser nos ressources et contrôler les outils qui valorisent ces ressources. Donc, ça a toujours été notre principe et, depuis, le FLNKS a toujours suivi ce principe-là et toutes les initiatives que nous avons prises depuis, notamment au moment des discussions politiques qui ont abouties, quelques mois plus tard, à l'entrée des intérêts de la Nouvelle-Calédonie dans SLN-Eramet, ça se situe bien dans cette démarche-là. Et nous allons continuer à poursuivre, mettre en application l'accord que nous avons passé, en juillet 2000, par rapport à ce que disait Philippe Gomès, c'est-à-dire, à terme, d'arriver à la prise majoritaire dans le capital de la SLN



Journaliste : Jean-Luc Régent ?


Jean-Luc Régent : Oui, moi, je voulais dire que notre émancipation, en fait, est conditionnée aussi par notre capacité à nous autofinancer. C'est-à-dire, qu'il faut pas confondre la souveraineté fiscale, qu'évoque monsieur Chauchat assez souvent, et l'autonomie financière, c'est pas du tout la même chose, même si dans l'esprit des gens, ça a un peu tendance à se confondre. Enfin, c'est tout au moins ce qu'on essaye de faire. On essaye de créer cette confusion pour dire : vous savez, on est déjà pratiquement indépendant, puisque, regardez, on a la souveraineté fiscale. C'est pas du tout le cas. Mais, il est effectivement important que, quel que soit l'avenir politique de la Nouvelle-Calédonie, on se rapproche au maximum d'une autonomie fiscale, d'une autonomie financière et c'est ce qui a même été dit d'ailleurs, je crois, par la délégation du FLNKS, l'an dernier, devant le comité des 24 qui avait évoqué, effectivement, leur désir de voir une Nouvelle-Calédonie autonome, mais après qu'elle ait atteint son autonomie financière.



Journaliste : Autre thème important, les transferts de compétences. Il y a l'enseignement, il y a aussi le droit civil et commercial, c'est un dossier majeur ?


Sonia Backes : Alors, sur l'enseignement, il y a eu quand même des avancées intéressantes, puisque nous avons quasiment finalisé les conventions qui vont permettre le transfert effectif de la compétence enseignement, pour la rentrée 2012, avec notamment une question essentielle qui est l'organisation de la compétence enseignement demain, où la Nouvelle-Calédonie s'est battue pour avoir, non pas une scission de services pour avoir encore un enseignement encre plus éclaté que ce qu'il n'est aujourd'hui, mais le regroupement de l'ensemble des compétences enseignement dans un service unique, avec une co-nomination du vice-recteur, à la fois par l'État, pour ce qui concerne les compétences de l'État, et par la Nouvelle-Calédonie, pour ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie. Donc, ça, c'était un point essentiel, on a avancé dans les réunions de travail, cette semaine, sur ce sujet-là.



Journaliste : On est prêt pour cette école calédonienne ?


Sonia Backes : Oui, on est prêt pour ce transfert de compétences. On est prêt, en tout cas, pour assumer la compétence telle qu'elle est assumée, aujourd'hui, par l'État. Ensuite, l'objectif d'un transfert de compétences, c'est de faire mieux ! Et ce faire mieux, c'est ce que nous allons construire dans le cadre du projet éducatif que nous devons mettre en œuvre, en partie, d'ici la fin de l'année 2011 et ensuite que nous devrons améliorer au fur et à mesure. Simplement, sur cette question de l'enseignement, il y avait aussi un autre sujet majeur qui était le sujet des lycées, où, là, nous avons obtenu un engagement de l'État, avec une inscription des crédits nécessaires à la construction des deux lycées, à hauteur de 19 millions d'euros, d'autorisation d'engagement. Donc, ça, c'était quand même une avancée importante de ce comité des signataires et puis ensuite, un certain nombre de sujets importants ont été traités et ont pu être réglés pendant cette semaine.



Journaliste : Philippe Gomès ?


Philippe Gomès : Oui, la question des transferts, c'est la question de notre capacité à nous émanciper, donc, c'est pas rien. Les compétences qui ont vocation à nous être transférées, pendant le mandat 2009-2014, sont immenses; Droit civil, droit commercial, sécurité civile, règles de l'état civil, l'enseignement, circulation maritime et aérienne, établissements publics, comme le centre Tjibaou, le CDP, l'ADRAF. Donc, vous voyez que la Nouvelle-Calédonie, en 2014, aura sous sa responsabilité des pans entiers de gestions de services publics, ou des pans entiers dans un cadre normatif comme le droit civil ou le droit commercial.



Journaliste : Et le relevé des conclusions de ce comité le dit bien.


Philippe Gomès : Tout à fait, c'est d'autant plus important que ces transferts, s'ils sont réussis, les Calédoniens auront confiance dans une Nouvelle-Calédonie apte à exercer des responsabilités plus larges. Si ces transferts sont ratés, et on en a raté dans le passé, on cite souvent le droit des assurances, qui a été transféré, sur lequel on n'est jamais intervenu. Pour le coup, on a un droit des assurances vitrifié, aujourd'hui, en Nouvelle-Calédonie. Ben, si on les rate, les Calédoniens, à juste titre, diront : attendez, stop sur l'émancipation, parce que, ou-est-ce que vous nous emmenez ? Donc, réussir le droit civil et le droit commercial, c'est faire, demain, en sorte que les rapports dans notre société, qu'il s'agisse des rapports entre individus ou des rapports entre sociétés, continuent à être possibles avec un droit qui soit moderne. Réussir le transfert de l'enseignement, c'est faire en sorte que les 70 mille enfants qui sont scolarisés dans ce qui va nous être transféré demain, que ces 70 mille enfants-là, ces 70 mille élèves-là, leurs parents n'aient pas l'impression que le transfert à la Nouvelle-Calédonie ait conduit à une dégradation du service public. Dégradation des établissements scolaires, dégradation de la formation des maîtres et des professeurs, etc. Donc, véritablement, là, je crois qu'au-delà des sensibilités politiques, il y a une volonté collective d'être responsables dans cette émancipation-là, c'est pour ça d'ailleurs que le relevé de conclusion du comité des signataires le reprend et je crois que c'est de bon augure, ça, par contre qu'après une période un peu tumultueuse ou un peu erratique, en ce qui concerne les transferts de compétences aujourd'hui, il y ait, collectivement, une volonté d'avancer de manière ferme, mais en même temps la plus sécurisée possible.



Journaliste : Rock Wamytan, ça veut dire, qu'au fond, c'est tellement important qu'il vaut mieux prendre son temps, quitte à les retarder un peu, c'est le cas ou pas ?


Rock Wamytan : Bon, je défends l'option indépendance moi. Quand nous avons discuté, que ce soit à Matignon en 88, ou en 98, donc, c'est cette option-là que nous avons défendu, donc, l'accession de la Nouvelle-Calédonie à sa pleine souveraineté. Donc, la question des transferts, elle se place à ce niveau-là, voilà, c'est-à-dire que pour un pays…, dans toutes les décolonisations des pays qui ont été colonisés par la France, le transfert de ces compétences-là se sont passés en un an, ou deux ans, ou trois ans, pas plus, maximum. Là, ce que nous avons obtenu, à la négociation, en 98, c'était un transfert, non pas en un an ou deux ans, puisqu'après c'est l'accession à la pleine souveraineté, mais, sur 15 à 20 ans. Donc, c'est ce qui est en train de se passer, donc, il y a eu tout un bloc qui est passé sur la première et la deuxième étape, premier et deuxième mandat. Troisième mandat, normalement, ce sont les compétences de l'article 27, dont l'université par exemple, et ensuite, c'est le transfert des compétences régaliennes. Donc, c'est dans cette démarche-là. Bon, ben, maintenant, c'est vrai que, ça, c'est le principe, mais après, effectivement, il faut pas effrayer les gens avec ces transferts. Il faut pas que ça nous tombe sur la tête, comme ça, et puis voilà. Donc, il faut préparer et c'est surtout là-dessus que notre délégation est beaucoup intervenue, c'est qu'il faut profiter de ces transferts. De profiter que la Nouvelle-Calédonie va exercer, effectivement, ces transferts-là, de façon à pouvoir les adapter au contexte culturel, au contexte sociologique d'un petit pays finalement, nous sommes que 250 mille, pas plus.


Philippe Gomès : Mais, un mot, pardonnes-moi, le transfert peut aussi être une opportunité. On garde le thème de l'enseignement, si vous le voulez bien, on va illustrer l'opportunité du transfert. L'opportunité du transfert, c'est non seulement, bien sûr, d'adapter notre école de manière plus précise aux réalités du pays, c'est la question du projet éducatif calédonien qui doit être un véritable creuset pour la construction du destin commun, mais le transfert, l'opportunité du transfert de l'enseignement, c'est aussi mille postes de professeurs et de cadres de directions qui vont se libérer dans les cinq, dix ans à venir, qui sont autant d'opportunités d'emploi pour les Calédoniens, qui pourront d'autant plus facilement être pourvus, que les concours seront des concours territoriaux réservés. En clair, une possibilité pour les Calédoniens qu'ils réussissent d'être affectés immédiatement en Nouvelle-Calédonie. Alors, bien sûr, il faut que la puissance publique accompagne fortement ça, au travers de ce qu'on peut appeler un véritable "plan Marshall" de formation, parce qu'aujourd'hui, on a 40 à 45 Calédoniens qui réussissent, chaque année, le CAPES, donc, vous voyez que c'est extrêmement réduit. Il faudrait qu'on arrive à une centaine, par année, qui le réussissent. Donc, ça va nécessiter des moyens importants d'accompagnement, de formations, de préparation aux concours, mais c'est en même temps une formidable opportunité pour la jeunesse du pays. Et donc, il faut savoir, non seulement exposer les risques, c'est ce qu'on vient de faire. Attention aux transferts des compétences, c'est pas évident, il faut qu'on sache les exercer, mais en même temps, mettre en valeur les opportunités de cette émancipation parce que c'est aussi porteur d'avenir pour la jeunesse de notre pays.



Journaliste : Au final, c'est vraiment important de se retrouver autour de la table, loyalistes, indépendantistes et l'État pour discuter ensemble et s'entendre surtout pour préparer collégialement l'avenir du pays ?


Sonia Backes : Oui, c'est essentiel. C'est vraiment des moments…, que ce soit le comité des signataires lui-même, ou les réunions qui précèdent ce comité des signataires, c'est essentiel, parce que ça permet, réellement, de donner le coup d'envoi, concret d'un certains nombre d'actions. Et, là, le coup d'envoi concret, et c'est dans le discours du Premier ministre qui a été donné cette fois-ci, c'est le lancement des réflexions qui doivent éclairer les différentes voies possibles pour notre avenir, et ça, c'est essentiel. Il nous reste trois ans avant 2014. On a maintenant les experts qui ont été nommés, je crois que ce qui est essentiel, c'est ça.


Philippe Gomès : Éclairer l'avenir, c'est nécessaire, c'est formidable, il faut le faire, mais il faut aussi éclairer le présent. Le présent, c'est aujourd'hui un gouvernement dans lequel collégialité et consensus sont pas au rendez-vous. Calédonie ensemble, comme chacun sait, ne fait pas partie de la coalition qui contrôle, aujourd'hui, le Congrès et le gouvernement. Le Premier ministre a rappelé dans son discours d'ouverture qu'il est nécessaire, je le cite, au sein du gouvernement, de faire vivre la collégialité et consensus et que c'est une responsabilité partagée entre le président du gouvernement et chaque membre du gouvernement. Donc, moi, ce que je souhaite, c'est que cet apaisement constaté, à l'occasion de ce comité, que cet éclairage de l'avenir qui doit rassembler les uns et les autres, faisons en le vœu, je souhaite qu'au retour à Nouméa, on le retrouve aussi, que les membres Calédonie ensemble du gouvernement pourront avoir les secteurs raisonnables dont nous parlons depuis plusieurs semaines et que l'éclairage "matignonesque" se retrouvera également rue des Artifices, là où se trouve l'immeuble du gouvernement.


Sonia Backes : C'est pas une conclusion, ça, Monsieur Gomès.


Philippe Gomès : Ah ça me semble être une bonne conclusion pour éclairer le présent, Madame Backes.


Sonia Backes : C'est pas une conclusion, parce qu'en matière de collégialité, vous avez pas de leçon à donner.


Philippe Gomès : Eh ben, en matière de collégialité, c'est sûr, que vous avez des leçons à prendre.



Journaliste : Jean-Luc Regent :


Jean-Luc Regent : Nous, nous pensons, effectivement, que c'est une bonne chose que les gens puissent se réunir sous l'égide des plus hautes autorités de l'État pour que celles-ci donnent l'impulsion à chaque nouvelle étape. Et en ce qui concerne ce qu'a évoqué Philippe Gomès tout à l'heure, je pense qu'il faut que chacun fasse un effort, effectivement, pour les gens puissent s'entendre et que les gens voient chacun en ce qui les concerne, enfin disons pas leurs propres intérêts personnels, ou l'intérêt de leur propre parti, mais l'intérêt de la Nouvelle-Calédonie.



Journaliste : Rock Wamytan :


Rock Wamytan : Je voudrais dire aux auditeurs calédoniens qui nous écoutent que ces rendez-vous parisiens, de toute la classe politique est hautement importante, ici, à Paris, puisque, là, comme disaient les uns, les autres, c'est l'occasion, pour nous, de rencontrer les plus hautes autorités de l'État et d'aller ensemble, de cheminer ensemble dans l'esprit de l'Accord de Matignon, dans l'esprit de l'Accord de Nouméa, je pense que c'est important. Et je crois, dans cet état d'esprit qui a été souligné quand même par le Premier ministre, lors de son discours, il disait à un moment donné, au moment où il a présidé, il disait que c'est qu'en Nouvelle-Calédonie qu'il trouve cette démarche-là. C'est-à-dire, des groupes qui sont opposés, ils arrivent toujours, après des conflits, à retrouver des compromis, des consensus, des chemins de concertation et d'aller ensemble. Mais, pour peut-être donner un message d'espoir, je dirais que, peut-être, qu'il faut aller dans ce sens-là…



Journaliste : Et vous regardez Philippe Gomès en disant ça !


Rock Wamytan : Non, mais je pense que Philippe Gomès, avec son groupe, ils sont aussi dans cette volonté d'apaisement. Donc, les uns et les autres, nous trouverons bien une solution pour aller tout le monde ensemble, parce que la Calédonie a besoin de tous ses élus, tous ses groupes politiques. Elle n'a pas besoin, seulement, d'un petit groupe pour mener le troupeau, je pense que c'est tous ensemble que nous devons le faire, parce que c'est l'esprit de l'Accord de Matignon et de l'Accord de Nouméa.


Philippe Gomès : J'ai pris bonne note des déclarations de Rock Wamytan.



Journaliste : En tous les cas, merci à vous quatre d'avoir participé à ce débat.