mercredi 28 septembre 2011

Pierre Frogier à la fête 2011 de la citoyenneté à Balade

Messieurs les autorités coutumières,
Mes chers amis,
Merci au comité d’organisation des commémorations
du 24 septembre,

Merci à la population de Balade mobilisée par la fête de la citoyenneté,

Car tout commence à Balade, où nous sommes aujourd'hui rassemblés !
Tout commence ici, à Balade, où notre présence en ce 24 septembre est, pour chacun d'entre nous, un symbole fort.
Très fort, comme un retour aux sources de notre histoire.
Tout commence à Balade, sur cette terre que James Cook découvre en 1774 et qu'il dénomme "Nouvelle-Calédonie".
C'est ici, que l'amiral d'Entrecasteaux viendra mouiller, quelques années plus tard, en 1793.
C'est ici, qu'en 1843, les missionnaires célèbrent la première messe.
C'est ici, que le drapeau français est hissé pour la première fois. C'était le 1er janvier 1844, lors d'une cérémonie de reconnaissance de souveraineté signée entre les officiers français et les chefs de l'île Opao.
C'est ici, enfin, que le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de l'empereur Napoléon III.
Tout commence à Balade qui, dans ces temps anciens, était la porte d'entrée sur la Grande terre, des navigateurs, découvreurs, savant et géographes venus d'Europe.
C'est ici que se sont déroulées les premières rencontres, qu'ont eu lieu les premiers contacts.
Et nous imaginons la stupeur ressentie alors de part et d'autre !
Il y avait de l'étonnement, sûrement, de l'effroi, probablement, de l'incompréhension, certainement, à voir arriver ces immenses navires à voile qui venaient d'un monde inconnu.
Mais il y avait aussi, sans nul doute, la même crainte et la même stupéfaction à découvrir les habitants de ces contrées lointaines.
Assurément, cette première rencontre entre les ancêtres de nos deux communautés, fut un choc !
L'un de ces moments exceptionnels, uniques, qui écrivent l'histoire, frappent les mémoires et les imaginations, et laissent une empreinte indélébile, gravée à jamais dans notre patrimoine commun.
Ce fut un choc entre deux mondes, des contacts parfois douloureux et violents.
On se souvient encore, ici-même, à Balade, du martyr du frère Blaise Marmoiton, qui figure sur l'un des vitraux de votre église.
Mais l'on pense aussi à l'exécution de Felipo Boueone, le chef de Balade, en 1858.

C'est ici que commence cette histoire dense, riche, mouvementée que nous partageons depuis 158 ans.
Cette histoire qui fonde la légitimité de nos deux communautés qui se sont rencontrées, découvertes et reconnues.
Elles sont allées l'une vers l'autre et elles ont essayé de se comprendre.
Elles se sont aimées, elles se sont détestées.
Elles se sont mélangées, elles se sont séparées.
Elles se sont ignorées, elles se sont recherchées.
Elles se sont rassemblées, notamment lors des deux grands conflits mondiaux, qui ont vu des soldats français, Calédoniens, d'origine européenne et mélanésienne, partir ensemble, à l'autre bout du monde, pour défendre "la mère patrie".
Mais elles se sont affrontées, il n'y a pas si longtemps, et cette histoire commune aurait pu se terminer dans le sang et les larmes si, au bord de la rupture, nous n'avions pas choisi la voie du pardon.
Cette histoire, c'est la nôtre !
Celle des mélanésiens, qui occupaient cette terre depuis des millénaires.
Celle des européens qui y sont arrivés il y a plus de 150 ans.
Celle des autres communautés qui, depuis, volontairement ou non, s'y sont installés et y ont fait souche.
Une histoire qui, bien sûr, a ses ombres et ses lumières !
Mais, dites-moi, comment peut-il en être autrement ?

Cette histoire commune, nous devons la conserver précieusement, nous devons la porter, nous devons la transmettre.
C'est notre bien commun.
C'est ce qui nous relie à nos anciens, à nos ancêtres.
C'est aussi ce qui tisse ce lien si particulier entre nous.
Mais nous ne devons pas pour autant en être prisonniers, ni rester enfermés dans des schémas dépassés !
Après plus de 150 ans de cheminement chaotique, nous débutons aujourd'hui une nouvelle étape de cette histoire.
Nous avons choisi d'emprunter le chemin de la paix, celui de la confiance, du partage et du rééquilibrage.
Nous nous sommes engagés à construire le destin commun auquel nous appelle l'Accord de Nouméa.
Récemment, nous avons fait un pas décisif les uns vers les autres.
Dans un geste de reconnaissance mutuelle, nous avons décidé, sur ma proposition, de faire flotter ensemble le drapeau tricolore et le drapeau identitaire kanak.
Deux drapeaux qui racontent, illustrent et résument l'histoire contemporaine de notre communauté humaine.
Et je veux vous demander, aujourd'hui, à Balade, en ce 24 septembre.
Y a-t-il meilleur symbole de réconciliation et de volonté de vivre ensemble que ces deux drapeaux qui flottent, côte à côte, là où, pour la première fois, nous nous sommes rencontrés ?
Quand le temps a passé, y a-t-il meilleure traduction de cette histoire commune qui, depuis plus de 150 ans, associe l'identité mélanésienne et océanienne de la Nouvelle-Calédonie à son identité européenne et française ?
Les deux drapeaux nous obligent à regarder l’homme kanak et à faire chemin avec lui :
Comme ils obligent les kanak, à leur tour, de regarder l’autre, et faire chemin avec lui, et non plus contre lui.
Ces deux drapeaux additionnés expriment notre volonté de vivre ensemble dans une Calédonie enfin réconciliée.
Ensemble, ils représentent la paix et l'unité, valeurs communes autour desquelles nous pouvons nous retrouver.
Ils traduisent, aussi, la confiance retrouvée et les nouvelles relations qui existent entre les partenaires des Accords.
Et peut-être permettent-ils d'esquisser les contours de la citoyenneté calédonienne dont l'Accord de Nouméa nous demande de poser les bases.
Une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie qui doit permettre "au peuple d'origine de constituer, avec les hommes et les femmes qui y vivent, une communauté humaine affirmant son destin commun."
Par ailleurs, le Président de la République, dans son discours de Païta, nous a donné son accord pour y travailler de façon positive, afin de réfléchir sur ce qui nous rapproche, sur ce que nous pouvons construire ensemble.
Et il nous a affirmé que la République est suffisamment solide pour supporter que des hommes de bonne volonté débattent de cette question

Personnellement - et vous le savez - j’ai la conviction que ce n’est pas parce que l’on se sent profondément Calédonien que l’on est moins Français.

C'est dans cet esprit que le 24 septembre devra désormais être célébré, comme la fête de la citoyenneté.
Ce 24 septembre qui fut, pour les uns, jour de deuil en mémoire de la prise de possession, pour les autres, jour de célébration du rattachement de la Calédonie à la France.
C’est bien du fait de ce schéma que ces dernières années, la fête de la citoyenneté a balbutié.
La citoyenneté est restée une coquille vide, parce que nous avons fait l'erreur de l'enfermer dans des concepts juridiques.
Parce que nous l'avons définie, par défaut, en la cantonnant dans des notions d'emploi local et de corps électoral.

Parce que nous en avons fait un instrument d'exclusion alors qu'elle doit être synonyme d'adhésion et d'intégration.
La citoyenneté, c'est ce qui doit créer des liens et qui doit unir et rassembler.
La citoyenneté, c'est ce qui permet de regarder ensemble dans la même direction et de porter des projets communs.
La citoyenneté calédonienne doit être basée sur l'addition des valeurs que nous partageons et dont nous trouvons les racines dans nos cultures respectives.
Les valeurs d'accueil, de respect et d'humilité que porte la civilisation mélanésienne.
Les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, qui fondent la République française.
Nous devons faire en sorte que ces valeurs s’unissent pour traduire la reconnaissance et l’acceptation de l’autre, car la citoyenneté est constituée de ce qui « lie » les hommes, de ce qui les unies.
Pour y répondre, je vous propose que ce lien entre les femmes et les hommes de Nouvelle-Calédonie, soit le geste coutumier, qui en plus de sa valeur spécifiquement coutumière, pourrait devenir ce geste d’amitié, que chacun intègrerait dans ses
pratiques.
Ce geste deviendrait un signe d’alliance, de lien, et donc d’unité entre toutes nos communautés.
Ainsi grâce à ce geste partagé par tous qui deviendrai le symbole visible de la citoyenneté calédonienne.
Nous sortirons ce concept de « citoyenneté calédonienne » qui fait peur des ambigüités dont il est prisonnier.
Nous devons donner à la citoyenneté calédonienne ce contour positif qui permettra à tous de se l'approprier.

Et nous devons l'élargir pour y accueillir tous ceux qui partagent nos valeurs, qui veulent participer à ce vivre ensemble et être acteur du destin commun.
C'est ce que je voulais vous dire, vous faire partager en ce 24 septembre, à Balade, là où tout a commencé !

Au moment d’achever ce propos, permettez-moi d’avoir une pensée pour un enfant de cette terre, descendant de la chefferie POUMA qui a accueilli, ici les premiers missionnaires.
Benjamin a fait partie de ma famille pendant 30 ans. Il a élevé mes enfants. Il repose aujourd’hui, à Balade - c’est pour lui que je suis aussi venu aujourd’hui.

mercredi 21 septembre 2011

Le transfert au pays de la compétence normative en droit civil et en droit commercial...

"Initié par l’Accord de Nouméa et précisé par les articles 21-III et 26 de la loi organique du 19 mars 1999, le transfert à la Nouvelle-Calédonie de la compétence en matière de droit civil et de droit commercial est désormais en voie de réalisation. Ce transfert, peu médiatisé et dont l’importance a longtemps été sous-estimée, est en réalité l’un des plus significatifs au titre de l’émancipation du pays. Il n’implique pas, par lui-même, un bouleversement radical des normes applicables en Nouvelle-Calédonie. Mais il donne à ce territoire la compétence de décider des règles qu’il entendra adopter à l’avenir dans ces deux domaines essentiels que sont le droit civil et le droit commercial.

Ce transfert de compétence normative ne va pas, cependant, sans poser de sérieuses questions pour l’ordonnancement juridique. Le droit civil et le droit commercial calédoniens restent en effet intégrés dans l’ordre normatif de la République française et toute une réflexion doit être menée pour que soit assurée une articulation harmonieuse de ces diverses composantes. Il en va de l’exercice serein, par la Nouvelle-Calédonie, de cette compétence inédite et plus encore de la sécurité juridique à laquelle peuvent prétendre les justiciables. A cet égard, des questions aussi essentielles que celle du périmètre sur lequel s’exerce la compétence, celle des conflits de normes qui vont immédiatement survenir, ou encore celle de l’articulation avec les autres branches du droit et en particulier avec le droit pénal doivent être soulevées. Le colloque organisé le 29 septembre par le Laboratoire d’Analyses et de Recherches Juridiques et Economiques (LARJE) a pour objectif de poser les premières pierres de cette importante réflexion. Il s’agira, dans un premier temps, de proposer des pistes quant à la manière de concevoir ce transfert, c’est-à-dire de réfléchir sur le positionnement juridique de ces nouvelles normes de source calédonienne. L’analyse sera consolidée par les leçons de transferts normatifs déjà réalisés, soit en Nouvelle-Calédonie dans d’autres domaines, soit en Polynésie Française. Elle sera l’occasion de réfléchir sur les difficultés mais aussi les opportunités que peut présenter l’exercice de cette compétence normative. Dans un second temps, la parole sera donnée aux praticiens qui, dans une perspective différente, expliqueront les conséquences qu’implique, dans l’exercice de leurs métiers, un tel transfert.

Cette réflexion globale, sous l’angle du droit privé touché ici dans ses deux branches fondamentales, sera la première menée en Nouvelle-Calédonie à ce sujet. Portée par l’Université et le Laboratoire de Recherches Juridiques et Economiques, elle a pour ambition de montrer que ce transfert de la compétence normative en droit civil et en droit commercial est un enjeu majeur pour la Nouvelle-Calédonie."

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Colloque 29 septembre 2011 Nouméa
Le transfert à la Nouvelle-Calédonie de la compétence normative
en droit civil et en droit commercial

8h30: Ouverture du colloque par Jean-Marc Boyer, Président de l’Université de la
Nouvelle-Calédonie
8h45: Propos introductifs
Les enjeux du transfert de compétence en droits civil et commercial (Sandrine Sana,
Professeur, Université de la Nouvelle-Calédonie)


Comment concevoir le transfert ? Perspectives universitaires
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9h00: Les limites du principe de spécialité législative.
Quels enseignements dans la perspective du transfert des compétences législatives ?
(Régis Lafargue, Conseiller à la Cour d’appel de Nouméa, ancien conseiller
référendaire à la Cour de cassation))
9h20: Rétrospective sur les transferts déjà réalisés, focus sur le droit du travail
(Nadège Meyer, Maître de conférences, Université de la Nouvelle-Calédonie)
9h40: L’état actuel des compétences exercées par la Polynésie Française en droit civil et en droit commercial(Pascal Gourdon, Maître de conférences, Université de la Polynésie Française)
10h00: Questions
10h20: Pause café
10h40: Quel(s) droit(s) civil(s) calédonien(s)? Le périmètre matériel du droit civil transféré(Etienne Cornut, Maître de conférences, Université de la Nouvelle-Calédonie)
11h00 Un droit calédonien pour qui ? Le périmètre spatial du droit civil transféré
(Sandrine Sana, Professeur, Université de la Nouvelle-Calédonie)
11h20: Le transfert de compétence en matière commerciale(Laurent Grosclaude, Maître de conférences, Université de Toulouse I-Capitole)
11h40: Questions
12h00: Pause Déjeuner
14h00: Le transfert du droit de la propriété intellectuelle : l’opportunité d’une législation sur le patrimoine immatériel adaptée à la Nouvelle-Calédonie
(Céline Castets-Renard, Maître de conférences, Université de la Nouvelle-Calédonie)
14h20: La question du droit pénal:(Valérie Malabat, Professeur, Université Montesquieu-Bordeaux IV)
14h40: Approche légistique des compétences transférées(Pascal Puig, Professeur, Université de La réunion)
15h00: Questions
15h15: Pause Café

Comment vivre le transfert ? Paroles de praticiens
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15h30: Table ronde sous la direction d’Alain Moyrand(Maître de conférences, Université de la Polynésie Française)
- Magistrat référent nommé par l’Etat pour accompagner le transfert (Monsieur
Christian Belhôte)
- Avocat (Maître Denis Milliard, Bâtonnier)
- Commissaire aux comptes (Madame Anne-Marie Klotz)
- Notaire (Maître Philippe Bernigaud)
- Président du Tribunal de commerce (à confirmer)
16h30: Propos de Conclusion

lundi 19 septembre 2011

Rapport de James Anaya sur la situation des autochtones en Kanaky et réponse du représentant de l'Etat français

http://www2.ohchr.org/english/issues/indigenous/rapporteur/docs/A-HRC-18-35-Add6_fr.pdf
Voir également l'article de Naku press : http://madoy-nakupress.blogspot.com/2011/02/declaration-du-rapporteur-special-de.html

Résumé du rapport
La situation du peuple kanak de Nouvelle-Calédonie (France)**

Le Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, M. James Anaya, s’est rendu en visite officielle en Nouvelle-Calédonie, collectivité française sui generis, du 6 au 13 février 2011; il s’est rendu dans la Province Nord et la Province Sud, sur la Grande Terre, ainsi que dans la Province des îles Loyauté. Il a rencontré des représentants du Gouvernement français, des représentants du Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, des autorités municipales, des membres de plusieurs communautés kanak et de leurs instances dirigeantes, dont des conseils et des chefs coutumiers, des représentants de plusieurs associations kanak, des membres de partis politiques, de syndicats, de diverses associations civiles et de représentants des intérêts miniers.

Du 22 au 24 juin 2011, il a séjourné à Paris où il a rencontré des représentants du Gouvernement français pour poursuivre ses entretiens sur la situation des peuples autochtones de Nouvelle-Calédonie.

Le présent rapport s’appuie sur les informations que le Rapporteur spécial a recueillies au cours de son voyage, sur des communications écrites et sur les résultats de recherches indépendantes. Le Rapporteur spécial fait plusieurs recommandations au regard des normes internationales, afin de concourir à l’effort actuel de promotion des droits du peuple kanak dans le contexte de l’exécution de l’Accord de Nouméa et du processus de décolonisation soutenu par l’Organisation des Nations Unies.
ONU le 14 septembre 2011

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Réponse du représentant de l'Etat français...

"Merci M. le Président,
Je tiens en premier lieu à saluer Monsieur ANAYA pour son rapport suite aux missions qu’il a effectuées en Nouvelle-Calédonie en février dernier et à Paris en juin dernier. Le gouvernement français et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont été très heureux de l’accueillir et de coopérer pleinement avec lui.

Je voudrais saluer la présence au sein de notre délégation de M. Goromido, Président du Sénat coutumier de Nouvelle-Calédonie, accompagné d'autre membres de cette institution. Le Sénat coutumier est reconnu dans le statut de la Nouvelle-Calédonie et joue un rôle actif dans le processus de prise de décision quotidien en Nouvelle-Calédonie.

Je souhaite rappeler, à titre préliminaire, que la France mène une politique internationale active en faveur de la reconnaissance des peuples autochtones et de leur pleine jouissance des droits fondamentaux. C’est à ce titre qu’elle a coparrainé et voté en faveur de la résolution qui a adopté la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones en 2007.

S'agissant de la Nouvelle-Calédonie qui nous intéresse aujourd'hui, l’Accord de Nouméa et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones s'inspirent de valeurs communes

La Nouvelle Calédonie vit toujours une phase active de la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa. L’Etat et les deux principales familles politiques du territoire, à savoir les indépendantistes et les loyalistes, ont signé en 1998 un accord sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, qui repose sur la recherche permanente du consensus, afin de construire un destin commun.

Dans le cadre de ce processus, le rôle de l’Etat est de veiller à faire respecter l’équilibre entre les deux autres parties à l’Accord.

Les dispositions qui figurent dans l’accord de Nouméa font ainsi souvent écho à celles de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones :

- les préjudices subies par les populations autochtones dans le cadre du mouvement historique de la colonisation sont reconnus.

- l’identité mélanésienne et la coutume sont inscrits explicitement dans le statut de la Nouvelle-Calédonie. Les juridictions ont reconnu cette année la personnalité morale au clan kanak, et de manière implicite les droits collectifs attachés à ce statut, alors même qu’aucun texte juridique ne lui confère cette qualité. Le clan kanak va maintenant pouvoir défendre ses intérêts en justice sans intermédiaire.

- la restitution des terres confisquées aux populations constitue un exemple marquant du lien entre la Déclaration des Nations Unies et l’Accord de Nouméa. La propriété collective de la terre est reconnue aux tribus. La reconnaissance du statut coutumier des terres leur confère un régime d’inaliénabilité, d’incessibilité, d’incommutabilité et d’insaisissabilité.

- le patrimoine culturel des populations autochtones peut être cité avec l’inauguration en 1998 du centre culturel Tjibaou, établissement public chargé de promouvoir la culture kanak, prévu par les accords de Matignon. Le centre porte le nom du clan auquel le leader indépendantiste kanak Jean Marie Tjibaou appartenait. Il est géré par l’agence de développement de la culture kanak. Il est un pôle de développement de la création artistique Kanak et un centre de diffusion de la culture contemporaine Kanak.

- la participation pleine et entière des Kanaks à la prise de décisions qui concernent directement ou indirectement leurs modes de vie est reconnue. Le sénat coutumier est consulté sur les questions relatives à la coutume et intervient dans le processus d’élaboration des lois du pays touchant cette matière.

- des efforts conséquents ont été réalisés en matière d’emploi avec le programme « cadres-avenir » afin de former des cadres néo-calédoniens, en particulier d’origine kanak, appelés à servir dans les entreprises privées ou les structures administratives.

Par ailleurs, les efforts se poursuivent dans le domaine du développement économique et social.
L’amélioration des conditions d’existence des populations de Nouvelle-Calédonie, principalement des plus démunies, est un objectif permanent pour le gouvernement français. L’Etat s’est donc engagé à garantir un rééquilibrage économique et social au bénéfice des populations et des territoires. Si la Nouvelle-Calédonie pâtit il est vrai de déséquilibres géographiques persistants entre la province Sud, dominante sur le plan économique, et les provinces Nord et îles Loyauté, beaucoup moins développées – et peuplées majoritairement de Kanaks –, l’action engagée depuis 10 ans par le Gouvernement français et les institutions néo-calédoniennes dans le cadre des Accords de Matignon de 1988 et de l’Accord de Nouméa de 1998 a pour objectif de rééquilibrer les infrastructures, les services sociaux et les possibilités d’emploi dans les trois provinces.

L’Etat s’en préoccupe par des soutiens financiers importants et des actions d’assistance technique. C’est pourquoi 70 % des aides de l’État aux provinces sont affectées à la province Nord et aux îles Loyauté et les 30 % restants à la province Sud. De plus, l’État français a conclu des contrats de développement avec les communes du territoire pour un montant de 370 millions d’euros.

A ce propos, je rappellerais que le déséquilibre qui affecte le développement social des provinces néo-calédoniennes est aussi un sujet de préoccupation majeure pour le gouvernement territorial. Car, en Nouvelle-Calédonie, les compétences en matière d’éducation, de santé, de politique de la ville et une partie du développement économique et social sont de la compétence des autorités locales, réparties entre le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, les provinces et les communes.

Je citerais pour mémoire la démarche « Nouvelle-Calédonie 2025 » qui a pour objet d’élaborer le schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie avec la participation de toutes les forces vives du pays.

Voilà présentées brièvement les mesures engagées par la France en faveur de la population Kanak. Le rapport de M. ANAYA met clairement en exergue les enjeux liés à la population Kanak et le gouvernement français sera très attentif aux recommandations qui y sont faites.

Je vous remercie de votre attention./.

mercredi 14 septembre 2011

Des barbouzes infiltrés chez les coutumiers de Gomen...

Un camarade a écrit ceci sur internet...

Il est temps de finir avec les baroudeurs du colonialisme français. Ils ont assissiné Pierre Declercq et maintenant on trouve un de ces énergumènes qui est entrain de semer la zizanie chez les coutumiers de Kaala-Gomen.
Jean-Claude Mantion, habitué des coups bas en Afrique notamment en tant que colonel de la DGSE dans l'affaire du génicide de Rwanda, a aussi participé au soutien début 1998 au dictateur mobutu contre le Congo de Laurent-Désiré Kabila.

FOUTONS LUI LES PIEDS DANS LE C.. ET QU'IL S'EN AILLE EN DEHORS DE KANAKY.

Lu dans http://www.lnc.nc/article/pays/chomage-technique-au-centre-de-ouaco

Deux personnages qui soulèvent des questions

A entendre les uns et les autres, le dossier a des allures de vieux polar. A l’issue du conseil d’administration de la SMSP, Victor Tutugoro s’est interrogé à voix haute sur le profil des mandataire et conseiller des coutumiers, Laurent Ouillemon et Jean-Claude Mantion, « tous deux membres du directoire du RPC », le parti politique de feu Jacques Lafleur. « Ce même Mantion, poursuit l’élu du Nord, était membre du contre-espionnage français, de la DGSE. Il a exercé notamment en Afrique. » Contacté, le Rassemblement pour la Calédonie assure n’avoir « rien à voir avec cette histoire », selon Jean-Luc Régent. D’ailleurs, ces deux personnalités aujourd’hui citées « ne sont plus dans le nouveau bureau du mouvement ».
Rencontrés, les intéressés, qui ne veulent pas pour l’instant s’exposer, admettent avoir pris leurs distances aujourd’hui avec le RPC. « On défend les intérêts des coutumiers, argue Jean-Claude Mantion, qui note avoir rejoint l’initiative à Gomen « par amitié pour Laurent » Ouillemon, originaire de Saint-Louis au Mont-Dore. Le pedigree du premier est digne d’un film d’action : taper le nom de « Jean-Claude Mantion » sur le Net le fait apparaître comme « agent des services secrets », « colonel de la DGSE », ou encore « conseiller d’un président en Centrafrique ».
« J’ai été militaire, remarque sobrement l’ancien haut gradé, proche du double mètre sous la toise. Oui, en Afrique. » Point. Son implication dans cette affaire pose légitimement question. « On suit ce que la chefferie nous dit, relève son ami Laurent Ouillemon. L’absence de redistribution et l’état dans lequel ils vivent là-haut » ont, selon lui, suscité l’étincelle et déclenché le mouvement. A l’heure actuelle, le mandataire et le conseiller estiment que les coutumiers sont soutenus par une cinquantaine de clans à Gomen.

30e anniversaire de l'assassinat de Pierre Declercq...

PROGRAMME
30e ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE PIERRE DECLERCQ
A LA TRIBU DE LA CONCEPTION -


SAMEDI 17 SEPTEMBRE 2011
Réception des coutumes
A partir de 13h à la Maison Commune de la Conception

DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011
08h: ouverture : conseil des anciens de la tribu de la conception
+ Comité trente ans pierre Declercq
08h30: Levée des drapeaux + Hymne
09h: MESSE sur le site de la Conception, par le père Apikaoua - CHORALE PROTESTANTE
10h: danse traditionnel par le Groupe de Saint Louis L’île Ouen
11h: Wanak’s (aux hommes tombés)
11h: FORUM
Une vie d’engagement d’un militant humaniste.
- Famille - foi chrétienne
- Professionnel (enseignement) - Social (syndicat - droits de l’homme)
- Politique (U.C. - F.I. = (Le combat pour le droit inné à l’Indépendance) musik
12h: DANSE MODERNE ENOK KANAKY
12h: UKEI NEIMEL (groupe drueulu)
12h: REPAS offert (four kanak)
14h: musik dédicacé a Pierre - (wanak’s ?)
14h: FORUM ouvert
Evolution politique depuis sa disparition
- Nainville les Roches (Reconnaissance des 2 peuples : kanak et victimes de l’Histoire)
- Accords de Matignon (Accords de Paix et création des provinces)
- Accord de Nouméa (Citoyenneté)
Le Contexte politique actuel
30 ans après sa disparition, la déclaration de Pierre est plus que jamais d’actualité :
« Le terme Kanak ne désigne pas une ethnie, ni une race. L’objectif d’une société kanak signifie la construction d’un peuple multiracial, solidaire et fraternel. Cela ne veut pas dire que la future société sera entièrement mélanésienne. Le droit à la différence sera respecté mais nous ferons en sorte que cela n’entraîne pas de rapport de domination d’une ethnie sur l’autre. »
Perspective Politique : La décolonisation - la Nation - Le socialisme


MUSIK
16h: EXPOSITION ET DIAPOSITIVES COMMENTEES - DECOUVERTES DES CREATIONS ARTISTIQUES (sculpture -écriture- chant- peinture)
18h: film sur l’histoire du pays.
19h: DEBAT (animé par le Comité trente ans)
20h: SOUPE CHINOISE
20h: PODIUM MUSICA : WANAK4S (drehu) : GUREMED (Nengone) : BULU HAU (Iaïa) :
NEPA (conception)
22h: CLOTURE


LUNDI 19 SEPTEMBRE 2011
O9h: RENDEZ VOUS SUR LE SITE
10h: MARCHE VERS LE CIMETIERE
10h30: DEPOT DE GERBE, ESPACE DE PAROLES «Souvenons-nous de Pierre, Homme d’engagement »…
CHORALE PROTESTANTE
12h: REPAS offert
DANSE : UKEI NEIMEL (DRUEULU)
14h: FORUM : suite judiciaire sur l’assassinat de Pierre Objectif : « Connaître la Vérité ».
16h: CLOTURE ET GESTE COUTUMIER
Comité trente ans PIERRE DECLERCQ

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Vu sur le KOL
[kanaky] Halluin : Hommage ce week-end à Pierre Declercq
À : 1 Autres1 destinataireCc : destinatairesVous Autres
Masquer les détails De :alfrai À :kanaky@yahoogroupes.fr Ce mail est affecté d'une étoile. Dimanche 18 Septembre 2011 23h14

Corps du message Il y a 30 ans, l'halluinois Pierre Declercq était assassiné en Nouvelle-Calédonie à cause de son engagement aux côtés des Kanaks.

http://www.maville.com/actu/actudet_-Halluin&160;-Hommage-ce-week-end-à-Pierre-Declercq_dma-1993001_actu.Htm


http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Tourcoing/actualite/Autour_de_Tourcoing/Halluin_Vallee_de_la_Lys/2011/09/19/article_la-ville-veut-garder-vive-la-memoire-de.shtml

lundi 12 septembre 2011

Sur le communqiué final issu du 42e sommet du Forum des Îles du Pacifique par Flash Océanie

Pacifique-Forum-sommet-communiqué-final: 42ème sommet du Forum : le communiqué final

AUCKLAND, jeudi 8 septembre 2011 (Flash d’Océanie) – À l’issue d’une brève retraite dans un petit hôtel balnéaire situé à Cable Bay, sur une île au large d’Auckland, Waiheke, les dirigeants des pays membres du Forum des Îles du Pacifique (FIP) ont publié, en fin de journée, le communiqué final de cette édition 2011 du sommet, qui marquait aussi le quarantième anniversaire d’existence de cette organisation régionale considérée comme la voix politique de l’Océanie.

Quatorze des seize États membres étaient représentés par leur chef de gouvernement.
Comme c’est le cas depuis 2009, Fidji était absent de ce sommet, pour cause de suspension prononcée à son encontre pour non retour rapide à la démocratie.
Le Premier ministre de Vanuatu, Sato Kilman, figurait aussi parmi les absents et s’était fait représenter par un « envoyé spécial ».

Parmi les décisions attendues de cette réunion 2011 et en réponse à des débats intervenus dès mardi en séance plénière, les dirigeants océaniens ont notamment réaffirmé la conviction selon laquelle les clés du développement durable pour l’Océanie résidaient le plus probablement dans les secteurs du tourisme, de l’agriculture et des pêcheries.

En écho au thème de cette année, « transformer les potentiels en prospérité », les dirigeants ont aussi réaffirmé l’importance de l’éducation, de l’énergie et des infrastructures afin de réaliser les potentiels des pays de cette région.
Concernant les pêcheries, le communiqué final insiste aussi sur les « effets dévastateurs » de la pêche illicite et non signalée dans la région et appelle à l’aide de toute organisation régionale ou pays partenaires pour renforcer une police efficiente des pêches dans cette vaste région.

Changements climatiques : « la plus grande menace »
En matière de changements climatiques, les chefs d’États et de gouvernements ont estimé une nouvelle fois que ce phénomène « demeure la plus grande menace aux modes de vie, à la sécurité et au bien-être des peuples du Pacifique ».
Ils ont aussi « salué la visite historique dans le Pacifique du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour venir se rendre compte de visu du degré de vulnérabilité des peuples du Pacifique confrontés aux impacts adverses des changements climatiques et de la montée du niveau des océans, comme c’est par exemple le cas de Kiribati ».
Ils ont aussi « applaudi l’allocution du Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso et le soutien qu’il a exprimé en faveur d’efforts régionaux et d’une action internationale forte pour s’attaquer aux impacts des changements climatiques ».
Ils ont aussi évoqué le besoin urgent de mise à disposition de fonds d’adaptation pour permettre aux îles les plus directement concernées de s’adapter, voire de déplacer les populations les plus menacées.

Crise sanitaire sur les maladies non transmissibles
En matière sanitaire, la question saillante soulevée cette année en forme de cri d’alarme a été celle des maladies non transmissibles, autrement dit liées aux styles de vie, pour lesquels les pays océaniens considèrent désormais qu’il existe une situation de « crise » au niveau régional.
Motif : selon les statistiques disponibles, 75 pour cent des décès chez les adultes de toute la région sont dus à cette cause.

Concernant Fidji, la suspension mise en place début mai 2009 n’a pas été levée et le FIP invite toujours cet archipel à revenir à une démocratie parlementaire et, avant cela, à engager un dialogue politique « sincère et sans exclusive » entre tous les partis, « sans conditions préalables ni préjugés sur le résultat ».
Seule concession : concernant les cycles de pourparlers qui se poursuivent au niveau régional en vue parvenir à des accords de libre-échange, Fidji est désormais à nouveau autorisé à participer en envoyant des responsables gouvernementaux.
Les appels, dans la région, s’étaient multipliés ces derniers mois, insistant sur le fait que toute négociation commerciale excluant Fidji n’avait aucun sens.

Welcome au Pacifique américain
Au plan des nouveaux arrivants au sein de la famille du Forum, comme prévu, les trois territoires américains de Guam, des Marianne du Nord et des Samoa américaines sont désormais admis en tant qu’observateurs dans un premier temps. Ce geste, selon les dirigeants océaniens, intervient en « reconnaissance du rôle vital et important joué par les États-Unis et ses territoires dans le Pacifique ».
Un autre observateur a été admis : il s’agit du groupe des 78 pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique), au sein duquel les 16 États membres du Forum constituent déjà le « P », dans le cadre de relations privilégiées avec l’Union Européenne.

Polynésie française : voyez avec Paris
Sur la question de la Polynésie française, dont le Président actuel, l’indépendantiste Oscar Temaru, avait demandé le soutien du FIP pour une réinscription de cette collectivité sur la liste de l’ONU des pays à décoloniser, le FIP, qui n’avait pas caché son point de vue ces deux derniers jours, a bien confirmé que sur le principe, et ceci depuis 2004, il « soutien le principe du droit de la Polynésie française à l’autodétermination », mais ne va plus loin que pour « réitérer ses encouragements envers la Polynésie française et la France afin qu’elles recherchent une approche consensuelle sur les moyens de réaliser le droit de la Polynésie française à l’autodétermination ».

Rendez-vous aux îles Cook
Aucun paragraphe ne vient faire écho à la demande de la Nouvelle-Calédonie pour une augmentation de son statut de « membre associé » vers un statut de membre plein.
Le poste de Secrétaire Général du FIP, occupé depuis trois ans par le Samoan Tuiloma Neroni Slade, fortement contesté par les pays Mélanésiens (et en tête Fidji), a néanmoins été reconduit pour une nouvelle période de trois ans.
La prochaine édition du sommet annuel du FIP aura lieu aux îles Cook, à une date non encore fixée.

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le texte intégral (en Anglais) du communiqué final à l’adresse suivante :
http://www.forumsec.org//pages.cfm/newsroom/press-statements/2011/forum-communique-42nd-pif-auckland-new-zealand.html

dimanche 11 septembre 2011

Le compte administratif 2010 de la Nouvelle Calédonie et le groupe FLNKS

Avec beaucoup de retard, Naku press vous fait part de la DECLARATION DU GROUPE FLNKS AU CONGRES SUR LE COMPTE ADMINISTRATIF 2010 dans la SEANCE DU 01 SEPTEMBRE 2011...


Monsieur le Président,
Cher(e)s Collègues,

Avant de vous donner la position de notre groupe sur le Compte Administratif 2010, nous souhaitions rappeler qu’à l’occasion de l’examen du Budget Primitif de 2010, nous nous étions abstenus afin de dénoncer les orientations budgétaires privilégiées par l’ancienne majorité qui n’allait pas dans le sens d’une plus grande émancipation du Pays, vers plus d’indépendance...
A cet égard, nous n’avons cessé de marteler, à cette occasion, notre crainte face à des investissements peu marchands pour la Nouvelle-Calédonie et susceptibles d’hypothéquer les politiques de développement mises en place au Nord comme aux Iles, cause d’exode rurale vers Nouméa.
Nous rappelons que malgré nos recommandations sur le sujet, une majeure partie des crédits a été utilisée pour équiper principalement les communes du grand Nouméa, en équipements sportifs.
On est quand même en droit de se féliciter de la montée en puissance du chantier de l’Usine du Nord, qui rééquilibre cette situation et permet de fixer les populations localement. Des mesures sont prises pour la reconversion, notamment, par des formations, des petites entreprises et des personnels touchés par la démobilisation de fins de chantiers. C'est aussi aujourd'hui l'occasion, pour les collectivités d'aménager leurs projets structurants afin d'offrir des moyens nouveaux d'insertion de ces personnels.
Ce Budget 2010 qui avait pour ambition de maintenir un fort taux de croissance et permettre une augmentation de la consommation des ménages a surtout contribué à générer de l'inflation, + 2,7%, pénalisant ainsi les plus démunis.
Si nous n'étions pas en mesure de maîtriser l'inflation s'agissant de certains produits, comme le carburant, que dire de secteurs comme le logement, + 2,7%, du prix de l'eau à la consommation, + 12,8%, du transport, + 1% et du prix des légumes, + 10%. Notre politique budgétaire se devait d'être plus volontariste pour encadrer des coûts insupportables pour une catégorie de notre population.
Concernant le secteur minier, nous nous interrogeons sur l’augmentation des quantités de minerais exportés qui rapportent peu de plus-value à la Nouvelle-Calédonie, un faible rendement en termes de retombées fiscales alors que dans le même temps le Pays et l’Etat travaillent sur le schéma industriel minier.
Ne sommes-nous pas en train de brader nos richesses minières au détriment d’un véritable développement durable ?
Nous souhaitons d’ailleurs attirer l’attention du gouvernement sur les exportations effectuées par VALE-NC de 222 tonnes d’un produit intermédiaire NHC (Nickel Hydroxyde Cake) qui, de fait, remet en cause le “pacte de stabilité fiscale' voté par les élus du Congrès.
S’agissant du secteur touristique, nous notons la dégradation du secteur avec une chute du nombre de visiteurs alors que parallèlement nous constatons une forte augmentation de touristes calédoniens se déplaçant vers les pays voisins.
Ne faudrait-il pas permettre une réorientation de notre politique en matière de tourisme en favorisant d’abord la clientèle locale afin de maintenir et de valoriser nos devises localement, en renforçant un rapprochement entre gens du Pays au travers du Tourisme, en lançant des infrastructures légères mais pérennes sur l’ensemble de la grande terre et des Iles qui permettront des retombées financière sur l’ensemble du Pays au service du vivre ensemble que nous souhaitons tous ?
Nous ne pouvons terminer notre courte analyse de ce compte administratif 2010 sans féliciter l'effort entrepris pour la maîtrise des dépenses de 2010 :+ 9,8 contre + 11,8% en 2009, ce qui permet à la collectivité d’améliorer sensiblement sa situation financière.
Nous encourageons le Gouvernement à poursuivre dans cette voie, car, pour l'heure, le rythme d'évolution des dépenses reste supérieur au rythme d'évolution des recettes
Nous constatons que le résultat de l’exercice de 2010 est positif de 6,257 milliards ce qui nous permet des perspectives pour les budgets à venir.
Cependant, nous constatons que les recettes fiscales directes, hors impôt sur les sociétés minières, sont en diminution, au détriment des impôts indirects en nette hausse.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir la position du groupe FLNKS quant à sa volonté de voir chacun d’entre nous contribuer de manière équitable à hauteur de ses revenus.
C’est la raison pour la quelle la révision de la fiscalité doit revoir ces injustices de plus en plus criantes dans notre Pays.
En ce sens, j’attire une fois de plus votre attention sur la proposition de délibération que notre groupe a déposée pour l'instauration d'une Commission Spéciale chargée de l'élaboration et du suivi de la réforme globale de notre système fiscal.
Au vu de ces éléments et pour rester conforme à notre position lors du vote du budget Primitif de 2010, notre groupe s’abstiendra sur le vote du compte administratif de l'exercice 2010.

jeudi 8 septembre 2011

Charles PIDJOT sur Radio Djiido le jeudi 8 septembre 2011


Avec l'aimable autorisation de la radion nationaliste, Djiido, Naku press reproduit ici l'interview de Charles PIDJOT, président de l'UC, et président de la même radio, par ailleurs, principal animateur du Conseil Politique. L'interview a été réalisé par Romain Hmeun le jeudi 8 septembre 2011.


Journaliste : Notre invité du jeudi, Monsieur Charles Pidjot, président de l'UC. Bonjour !
Charles Pidjot : Bonjour aux auditeurs, bonjour à la radio, ainsi qu'à son personnel.

Journaliste : Revenons sur la venue du président de l'État français, Monsieur Nicolas Sarkozy. Beaucoup de déclarations ont été faites. Il faut bien dire que les indépendantistes, le FLNKS, a participé à tous ses déplacements ici, au pays. C'est une première, c'est important de le souligner !
Charles Pidjot : Oui, c'est important de le souligner, mais avant tout, je voudrais dire aux auditeurs, c'est vrai qu'on m'a peu entendu ces derniers temps. Moi, j'ai fait un choix, c'est de présider le parti. Présider le parti, c'est faire le travail, assumer ses responsabilités. Assumer ses responsabilités, c'est pas à être sur tous les postes. On a des membres du gouvernement, on a des membres du Congrès, on a des membres qui sont dans les provinces, des exécutifs aussi. On a des outils qui sont là. Ensuite la mise en musique appartient à ces représentations que l'on a mises en place. Je pense que c'est un choix, une méthode qu'on s'est donnée dans le travail, qui nous permet d'être dans une efficacité, dans l'action politique qu'on mène. Là, et à travers ça, je voudrais aussi saluer, d'une part, l'élection du président du Congrès, Rock Wamytan. Je pense que là-dessus, elle traduit bien l'esprit et la lettre de l'Accord, du pays en devenir, du destin commun à bâtir. Je profite aussi de l'occasion pour saluer l'élection du nouveau président du sénat, monsieur Goromido, qui est en poste depuis le passage du président de la République. On voit un jeune qui prend les commandes du sénat coutumier, mais, le sénat coutumier, c'est aussi une continuité dans le travail. On a des rendez-vous de travail fixés avec eux, que l'on espère renouer dans les jours prochains, afin de répondre aux interrogations qu'on se pose de part et d'autre. Bien entendu, tout ça font qu'il faut qu'il y ait une continuité, il n'y ait pas une rupture, une crise qui est là. Et malheureusement, c'est vrai qu'on a assisté, ces derniers temps, à beaucoup de départs chez nous, et notamment là, hier. On a enterré un de nos vieux commissaires politiques que je tiens à saluer, là, sur les ondes, parce que, quand il est revenu un peu au devant de la scène, il m'avait appelé, à l'époque, et il m'avait demandé s'il pouvait parler sur Djiido, comme je suis aussi le patron d'Edipop et j'avais organisé ça pour qu'il puisse s'exprimer. Je tenais à tout prix à ce qu'il s'exprime, parce que c'est une mémoire, c'est quelqu'un qui a marqué l'histoire, et je voulais qu'il partage, parce que tout ce travail-là, il est riche, il est fort. Je tenais à ce qu'il partage, puisque c'est un des derniers vieux de l'UICALO et de l'AICLF, c'est un des fondateurs de l'UC, et je voulais qu'il en parle parce qu'à son âge encore, il était toujours actif, présent et je voulais qu'il partage ça aux jeunes en disant que le combat ne doit jamais cesser. Et c'est ce message-là qu'il laisse, là, face à la mort, ou dans la mort qu'il nous laisse. Je voudrais aussi lui rendre hommage, parce que cet hommage-là s'adresse à tous nos vieux qui sont partis.

Journaliste : Le FLNKS va partir divisé pour les prochaines sénatoriales. Est-ce qu'il y a un sentiment particulier, il y a un retrait que l'on peut dire, du fait qu'il n'y a pas une liste commune du Front, par rapport à ces élections ?Charles Pidjot : On peut toujours regretter. Moi, je l'ai dit, quand je suis allé sur la coutume à Paita, j'ai dit à nos familles, à Paita, qu'on peut toujours juger l'histoire : vous voyez, là, le vieux qui part, avec lui, on a décidé d'assumer les choses, malgré les péripéties. Parce que, vous prenez 10 ans, 20 ans, 30 ans, un siècle en arrière, notre histoire a toujours été jalonnée comme ça, qu'il y ait des divisions. Et aujourd'hui, on a tout tenté. On a fait tous les efforts nécessaires pour retrouver le FLNKS. Moi, je vous rappelle, en 2007, après l'éclatement du FLNKS de 2004, 2007 où on essayait de reprendre les choses en main, à travers les législatives, on part, mais en même temps, on est titillés à l'intérieur, ce qui est un peu à l'origine de cette échec-là. Mais on ne s'est pas battus pour un poste non plus, on ne s'est pas battus pour un poste de député, de sénateur, de PDG ou d'administrateur, on se bat pour le pays. Je pense que c'est ça qui nous anime et c'est ça qui animait le FLNKS, lors de nos derniers congrès, notamment sur notre participation aux élections municipales, aux élections provinciales, aux élections du Congrès et du gouvernement, et des choix politiques qui ont été faits, de façon à ce que la représentation du FLNKS s'organisait autour d'un groupe du FLNKS. Bien qu'on ait pris cette décision dans nos congrès et conventions, il y a toujours eu des refus de derniers moments, des retraits de dernier moment qui font que des choses n'ont pu aboutir, n'ont pu s'accomplir, et qui font qu'aujourd'hui, on a des groupes, on entretient... Et ça, c'est pas la faute des Blancs. On a beau dire : c'est la faute des Blancs, c'est la faute de l'État. C'est nous qui entretenons ces divisions. Malgré tous les efforts déployés à ce jour, on se rend compte qu'il y a encore un refus énorme. Je ne sais pas si c'est une bigamie ou autre, mais je dirais que nous, à l'UC, on a fait des choix. Il y a 50 ans de ça, on a eu une ligne politique qui est toujours à assumer avec détermination, avec conviction, on ne changera pas là-dessus. On porte cet héritage et on porte ces valeurs, ce qui fait qu'à l'UC, on est présents sur tous les sujets, sur tous les débats, sur tous les combats, parce que c'est une responsabilité qui nous incombe et qui nous habite tous les jours, que l'on met en œuvre, qu'on doit…, vis-à-vis de tous nos vieux qui sont partis, on n'a pas le droit d'en abuser ou d'user, mais de faire en sorte que les choix, les orientations, la parole donnée là-dessus, engagée, autant dans l'UC qu'au sein du FLNKS, qu'on la mette en œuvre avec tout le respect qu'on doit avoir, de cette parole, parce qu'elle est issue de nos tribus, de nos clans, là où il y a toute notre représentation politique.

Journaliste : On sait que vous êtes le candidat pour les sénatoriales, ainsi que monsieur Victor Tutugoro. Vous êtes suppléés par deux personnalités de la mouvance indépendantiste. Que peuvent apporter ces candidatures des trois composantes du Front pour le pays, demain ?Charles Pidjot : Quand on porte, là, ces candidatures, c'est parce que c'est une mission que l'on nous confie. À l'UC, on a une procédure de désignation de nos candidats, on a une commission de l'investiture, c'est elle qui décide, et des choix ont été faits. Ces choix ont été portés devant le FLNKS, parce que c'est le FLNKS qui est signataire de l'Accord. Et si on doit avoir une représentation, c'est avec le FLNKS qu'on aura cette représentation. Là-dessus, étant candidat aujourd'hui, avec cette représentation du FLNKS autour de ces candidatures, font que le FLNKS est présent. On sera présent, lors de cette élection. Mais, on sait très bien, nous, aujourd'hui, et moi, je le sais très bien aussi, je veux dire, comme en 2007, aller à ces élections, c'est pas pour aller pour qu'on se batte pour un poste. C'est aller faire valoir l'Accord de Nouméa, l'esprit et la lettre de cet accord, les fondamentaux de cet accord, et renforcer le FLNKS, toute cette mouvance qui aspire à accéder à la pleine souveraineté. Cet objectif-là, c'est de réunir cette mouvance, il n'y a aucune intention, je dirais, à ce jour, de pouvoir briguer un poste de sénateur. Vous savez très bien que sur les grands électeurs, bon, on ne dispose pas de majorité. On dispose, avec l'ensemble du FLNKS, de 220, en gros, grands électeurs sur 535, si je ne me trompe pas, c'est-à-dire qu'on n'a pas la majorité pour pouvoir accéder au poste de sénateur. Mathématiquement, c'est pas quelque chose d'acquis… Mathématiquement, on est perdant, je veux dire. Par contre, si on peut gagner, sur le plan politique, pour permettre de mobiliser cette mouvance, entre le 1er et le 2e tour de ces sénatoriales, ben, on fera un premier pas vers cette réconciliation entre les différentes tendances qui forment cette mouvance et qui veulent l'accès à la pleine souveraineté. C'est un beau défi, et c'est pour ça que j'ai donné mon accord, quand on m'a proposé l'investiture du parti, c'est de relever ces défis-là avant tout. Ensuite, rien ne nous empêche d'aller à Paris, rien ne nous empêche d'avoir des contacts avec Paris. On a déjà une représentation dans l'enceinte des institutions de la Nouvelle-Calédonie. L'UC, comme les autres composantes du FLNKS dans cette mouvance indépendantiste, on a cette représentation-là. On est au niveau de la région, au niveau extérieur. Vous savez qu'aujourd'hui, on a une équipe qui est au Forum du Pacifique. C'est vrai qu'on n'a pas de représentation dans les chambres nationales, mais les chambres nationales, on peut (?) au niveau politique, étant signataire de l'Accord, au même titre que mes autres camarades du FLNKS, que se soit Rock Wamytan, Paul Néaoutyine et Victor Tutugoro, les autres signataires de l'Accord. Moi, je suis signataire aussi de l'Accord de Matignon-Oudinot. Fort de cette responsabilité morale et politique, je peux me déplacer à Paris, sans le titre de sénateur. Mais, bien entendu, tout ce qui nous anime, nous, c'est de faire en sorte de faire valoir, c'est plus fort que ça même, de faire valoir ce sur lequel on a engagé le pays, doit aboutir et on se donnera tous les moyens pour que les choses aboutissent.

Journaliste : Vous avez parlé de l'esprit de l'Accord de Nouméa. Il y a beaucoup de critiques par rapport à l'entente, que certains appellent l'Alliance entre le groupe FLNKS en tant que tel et la droite locale, notamment le RUMP, qui est très critiquée. Est-ce que vous pensez que l'esprit de collégialité de l'Accord de Nouméa est biaisé par cette entente-là ?Charles Pidjot : Non, il n'est pas biaisé. Il y a des choix qu'on fait. Il a fallu se battre contre le statut Lemoine ou le statut Ponce, en ayant, en face de nous, l'État. L'État a proposé qu'on se mette autour d'une table, avec la représentation des non-Kanaks, ici, qui sont leurs ressortissants, pour voir dans quel cadre les choses peuvent évoluer. Il y a eu les Accords de Matignon-Oudinot, il y a eu les Accords de Nouméa, on s'est retrouvés, on était autour d'une table. Il y a d'autres périodes, sur le plan industriel, on s'est battus avec le préalable minier, mais quand il a fallu régler les histoires d'Accord de Bercy, ben, l'État a demandé aussi à ce que la représentation des non-Kanaks soit associée à ça, qu'on les associe, et c'est pour ça que la STCPI a été créée. Il y a beaucoup de choses à dire là-dessus ! En 2003, quand ils ont biaisé le plan de financement de l'usine du Nord, avec le plan qu'a proposé Paris, notamment le président Chirac, que la province Nord a accepté, nous mettent dans cette situation aujourd'hui. À l'époque, ça a été traité entre Paul Néaoutyine, Jacques Chirac et Jacques Lafleur. On ne dit pas que les choses ont été biaisées, c'était un choix. Nous, on s'est braqué à l'époque, c'était contre cette orientation structurelle, sur le plan économique et financier de la société, on n'a pas accepté. Mais on n'a jamais pointé du doigt, dit que c'était biaisé. Puisque le choix de l'Accord de Nouméa repose, et notamment si on reprend le principe de l'Accord, repose sur les parties signataires, mais repose aussi sur la population. L'Accord est fondé sur les populations. Là, aujourd'hui, quand on essaye de composer et de préparer le pays à la sortie, on nous dit que c'est biaisé. Pour moi, c'est une attitude irresponsable. Je ne comprends pas l'attitude du Palika là-dessus, parce que, quand ils étaient au pouvoir, ben, il fallait discuter avec tout le monde. Aujourd'hui qu'ils ont perdu soit disant le leadership du FLNKS, aujourd'hui, il ne faut plus discuter avec tout le monde, il faut discuter simplement avec une autre tendance qui n'est pas la tendance majoritaire à droite. Il y a beaucoup de questions qu'on peut se poser dessus. Nous, il ne faut pas non plus oublier que, bon, notre responsabilité, c'est de préparer la sortie. Préparer la sortie, c'est de se donner une méthode de travail avec une feuille de route qui a été arrêtée au comité des signataires, qui nous permet de préparer au mieux la sortie, comme on prépare ses populations. Si on continue à entretenir, comme ça, des divisions, aussi bien demain ou bien en 2014, quand il va falloir se prononcer, on ne va pas demander aux Kanaks, d'une part, de dire ce qu'ils en pensent de l'accession à la pleine souveraineté, et puis de l'autre côté, on va consulter les non-Kanaks en demandant leur avis sur l'accession à la pleine souveraineté ! Cette problématique-là nous est posée comme ça, et c'est de savoir. On essaye de nous l'imposer comme ça, alors qu'on sait très bien que la consultation de sortie, c'est une consultation du corps électoral figé de nos populations concernées, et là-dessus, bien entendu, ça regarde l'ensemble des citoyens. Et je ne pense pas, s'il y en a qui ont vendu leur âme, parce qu'il y en a qui ont bazardé la lutte, il y en a qui ont bazardé, je dirais, nos acquis là-dessus, c'est sûrement pas l'UC. Fort de cet héritage, fort de ce combat des engagements pris, des orientations que l'on a fixées chez nous, en tant que président, je n'admettrai jamais que quelqu'un, chez nous, puisse retomber dans ces travers. On l'a connu en d'autres périodes. Aujourd'hui, et depuis 2007, j'ai accédé à la présidence de l'UC, j'ai demandé aussi qu'une grande réconciliation soit faite entre nous, nous Kanaks, nous Calédoniens, de façon à ce qu'on puisse se préparer au mieux à assumer les pleines responsabilités qui sont devant nous.

Journaliste : Est-ce que vous avez une impression que les citoyens se préparent à tout cela, à la sortie aussi ? Il y a les organisations politiques qui martèlent, qui parlent de la sortie. Est-ce que les simples citoyens sont conscients de ce qui va se passer demain ?Charles Pidjot : Il y a une réelle volonté du citoyen de participer, à tous les niveaux, sur le plan politique, sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan culturel, quel que soit l'endroit où on est. Je veux dire, quand quelqu'un crie pour un prix du billet là-bas, il sait très bien que la valeur du billet a une incidence aussi sur le budget. Il en est conscient, c'est pour ça qu'il sait où actionner les choses et nous montre du doigt, mais, c'est parce qu'il veut aussi participer et il veut pas être enfermé. Quand je prends le cas des îles, c'est ça. Quand je prends l'entreprise qui subit les charges sociales et les charges fiscales, dit : tous les jours, j'ai des charges très importantes. Comme le petit citoyen qui vient nous dire : le coût de la vie est très élevé. Le dire, c'est vouloir réformer, c'est vouloir adapter, innover, de façon à ce que le pays soit plus participatif, plus attractif, tout le monde puisse accéder à la chose publique. Pour moi, il y a une forte attente là-dessus, mais, je reconnais maintenant que cette attente, les interrogations qui sont posées, autant par les organismes ou les forces vives de ce territoire ou les différentes représentations ou la population générale, c'est de dire : qu'est-ce que font les politiques ? Bon, les politiques, nous, on a essayé de démontrer, ces dernières années, qu'on ne pouvait pas passer notre temps à nous disputer. On n'est pas là non plus pour entretenir nos partis. J'entends bien, quand je parle de partis, c'est les états-majors politiques. On est là pour préparer le pays à accéder aux pleines responsabilités, à la souveraineté. Si on est dans cette logique-là, on doit se donner les moyens. On s'est rendu compte que, et on l'a proposé comme ça, il y a eu un gros problème de méthode, ces dernières années, dans l'approche des problématiques pays, des fondamentaux à mettre en œuvre, c'est que chacun venait avec son petit panier, là, et puis on allait devant l'État pour faire ses courses. Chacun venait avec son petit panier, il avait sa liste, on a besoin de ça, ça, ça, ça, on venait et puis on tapait sur toutes les tables, ou on s'engueulait au Congrès, ou au niveau provincial, et puis, quand on sortait de ces réunions, on faisait les comptes et puis on disait : bon, voilà, on a gagné ça, on a gagné ça, et on regardait ce qu'on a ramassé, plus que les autres. C'était un raisonnement très, très individuel qui n'est pas pays. C'est un raisonnement partisan, un raisonnement très colonial, là-dessus. Et on s'est dit…, et c'est pour ça qu'on a fait le choix, au dernier congrès du FLNKS, de mettre un congrès FLNKS avec un bureau politique renforcé. On n'a jamais pu mettre en œuvre, c'était justement pour affronter toutes ces problématiques qui étaient devant nous, face à nous. À défaut de ça, comme on a vu qu'il n'y avait pas de volonté de rassembler et de construire, on a mis en place un conseil politique pour assumer ces responsabilités. Aujourd'hui, dans ce conseil politique, toute la représentation du FLNKS y est. Il y a le Parti travailliste qui nous a rejoints. On a travaillé avec l'UCR, on a travaillé avec, même un moment, avec Nidoïsh Naisseline, il y a eu des contacts. À travers ça, il y a un contact avec Calédonie ensemble, Avenir ensemble, Rassemblement UMP, avec l'État. Pourquoi on s'est donné cette méthode-là ? C'est parce qu'il faut rassembler tout le monde.

Journaliste : Il faut parler pays maintenant.Charles Pidjot : Oui, il faut parler pays. Rassembler tout le monde pour parler pays. Rassemblement tout le monde, c'est déjà, dans un premier temps, mettre ces états-majors devant une table et puis parler. C'est pas d'aller crier fort à Paris, ou sortir du grand récif et puis aller crier fort ailleurs, mais crier fort chez nous. On crie fort dans la maison, on parle chez nous. Et quand on sort de là, comme là-bas, à la tribu, quand on réunit nos clans, on réunit tout le monde dans la maison, on parle. Mais, quand on sort de là, on a une parole de la case, on a une parole du clan, on a une parole de la tribu et ce qui fait qu'on est fort ailleurs, et c'est pour ça qu'on s'est donné ça. Maintenant, il y a quelques frictions, mais on va pas s'arrêter de suer. Si on avait le luxe de pouvoir s'arrêter de suer, en se disant : bon, on a la vie devant nous. Non ! On n'a pas la vie devant nous. On a des échéances : 2014 qui arrivent. Comment on fait en 2014 ? 2014 à 2018, c'est le dernier mandat dans lequel le pays a la possibilité d'accéder à la pleine souveraineté. Comment on s'interroge sur toutes ces questions-là ?

Journaliste : Le conseil politique ne veut pas prendre le travail du bureau politique du FLNKS ?Charles Pidjot : Mais, non, puisque le bureau politique du FLNKS a ses responsabilités. Nous, on siège au bureau politique du FLNKS. Sur les questions politiques qui concernent le FLNKS, toutes les questions, y compris institutionnelles, que ce soit au gouvernement, Congrès, provinces, gestion communale, les problèmes de population, les problèmes de fléaux, tout, les problèmes de mutation, tous sont traités au bureau politique. Mais, sur le manque de combativité, de responsabilité du bureau politique, ben, on ne peut pas simplement s'appuyer là-dessus. Nous, on a une échéance, c'est 2014, qui est là, devant nous, et on s'est donné, nous, comme moyen…, parce que comme le Palika…, c'est pas le Palika en plus, c'est le groupe UNI qui a refusé qu'on ait un seul groupe au Congrès, qu'on ait une seule représentation au gouvernement, ben, on s'est donné ce moyen de gérer les politiques publiques à travers ce conseil politique.

Journaliste : Au niveau de l'organisation indépendantiste, il y a une petite friction au sein du mouvement UC, avec un des responsables du mouvement ?
Charles Pidjot : Oh, mais il y en a toujours eu. Ce responsable-là, il a fait le choix. Le seul choix qui l'animait, c'était avoir un poste de vice-président à la province Nord. C'est une démarche qu'il a engagée avec la province Nord, avec Paul, pour pouvoir avoir ce poste de vice-président. C'est tant mieux pour lui, tant mieux pour Paul. Je pense que, s'il pense que c'est comme ça qu'on fait de la politique, bon, il a crié, maintenant, il est suspendu de toute responsabilité, pendant un an. Ça, moi, je lui avais demandé, à l'époque, quand on a eu le comité directeur à Tiwaka, de l'assumer, parce que les statuts, les modifications du statut et du règlement intérieur de l'UC, on les a mis en…, ont fait l'objet de…, tout ce travail de modification a été pendant la période de Pascal Naouna était président de l'UC. Étant président de l'UC, il a dérogé aux règles qu'il a fixées là-dedans, eh ben, aujourd'hui, il doit les assumer. La friction, c'est la friction avec un homme. L'homme, il faut pas non plus qu'il oublie que, quand il y a eu ces déboires en province Nord, ben, il était pas tout seul. Il a été tout seul dans sa gestion, mais quand il a eu ces déboires avec la SOREN, avec les populations là-haut, j'étais avec lui. Je l'ai soutenu là-dessus, parce qu'on avait fait des choix économiques là-dessus et c'était situer l'opérateur du terrain, mais, c'est des choix. Moi, quand je suis monté au créneau, quand j'ai défendu l'entreprise…, l'entreprise, c'est pas kanak, ça appartient aux gens de droite. Il appelle ça la dérive à droite, c'est une dérive à droite, à aller dans l'entreprise. Si, quand je me suis braqué par rapport à la justice, par rapport à l'État, par rapport à la SLN, c'est tous des gens de droite. Mais, on a retroussé les manches, on est monté au créneau. On est allé négocier pour sortir PPK de cette situation-là, on l'a fait ! Il en est fier aujourd'hui, il a un outil devant lui, et aujourd'hui, il use un peu de ce luxe-là pour pouvoir crier fort, mais, je lui souhaite de réussir. Parce que, ce que je lui ai demandé au lendemain de ce règlement, c'est de faire les démarches auprès des autorités coutumières, auprès de sa tribu, auprès des gens, des populations de Poya, pour qu'on règle définitivement ces différends, le travail, il n'a pas été fait. J'espère, encore une fois, qu'il le fera, voilà

Journaliste : Dernièrement, il y a eu des déclarations de monsieur Buffet, PDG d'Eramet. Qu'est-ce que vous pouvez dire par rapport à ces déclarations ?
Charles Pidjot : La première chose que je veux dire, c'est qu'il a fallu le préalable minier pour pouvoir accéder à la mine, à la ressource. D'abord, une pensée pour mon ancien président, parce qu'il en est mort. Tout le monde avait dit à l'époque qu'il magouillait, on l'avait taxé de tout, mais aujourd'hui, si on est fort d'une usine, c'est parce que l'on a su investir dans la mine, le rachat de la SMSP. On s'est battu pour la ressource et on a eu cette ressource, il y a eu des préalables, il y a eu des blocages, et on a beaucoup perdu chez nous. On s'est battu pour ça et on a réussi à mettre en place un schéma minier. Pourquoi à l'époque on l'a mis ? Parce qu'on disposait, aux alentours de 10 à 15 % de la ressource minière et le reste des titres miniers étaient tenus par des grands opérateurs. On a innové avec ce schéma minier qui devait remplacer le fameux code minier qui était devenu obsolète. On a réussi à le faire valoir dans la négociation, on l'a amélioré comme ça. Mais, on s'est rendu compte aussi qu'avec cette valse des OPA, les capitaux étant détenus par des fonds de pensions, par des tiers, faisait qu'on n'était pas à l'abri, d'où cette initiative qu'on a prise, nous, de porter le schéma industriel pour être adossé au schéma minier, de façon à ce qu'il y ait plus de cohérence dans l'action et doter la Nouvelle-Calédonie d'une véritable stratégie minière et d'une véritable politique minière, c'est-à-dire que tout le monde le reconnaît, que la seule ressource qui rapporte, qui porte la Nouvelle-Calédonie aujourd'hui, c'est le nickel, d'où ces approches-là. C'est pour vous dire que quand on se met ensemble, ici, dans le pays, quand on sait se battre, on arrive à décrocher des outils ou des orientations politiques qui engagent le pays, mais qui garantissent le pays. Et monsieur Buffet, qui est peut-être à 22 mille kilomètres et a peut-être pour patrons ceux d'Areva, Duval et consorts, eux, ne représentent pas les intérêts calédoniens, ils représentent leurs intérêts. Mais, je tiens à rappeler à monsieur Buffet que dans la négociation de 98, de 96 à 98, sur le préalable minier, l'ouverture des négociations politiques était liée à l'accès à la ressource. À l'accès à la ressource et à la cession d'Eramet. Les deux volets économiques étaient adossés à l'évolution politique, à la négociation politique. Et on a donné notre accord lorsque la modification de la Constitution a été adoptée, en juillet 98, pour engager toute la discussion, finaliser la loi organique d'une part, et régler définitivement la cession d'Eramet. Et je tiens à rappeler à monsieur Buffet que dans la négociation, Paris, et là, pour ceux qui n'ont pas de mémoire, les négociations de 96, on l'a ouvert avec Jacques Chirac, Alain Juppé et De Peretti, et on a fini avec Jean-Jacques Queyranne et Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn, avec comme président encore Jacques Chirac. Quand on a posé ça sur la table, l'État nous a dit quoi ? Elle reconnaît que le développement de la filiale nickel au niveau d'Eramet, qui a permis le développement d'Eramet, a été fait sur les fonds nickel, mais qu'aujourd'hui, par rapport à ses politiques gabonaises et européennes, notamment avec le manganèse et les aciers rapides, elle ne pouvait pas, sur le bloc Eramet, nous accorder la totalité. Elle était prête à discuter simplement sur la partie nickel, d'où le pacte d'actionnaires, d'où l'Accord de Bercy, d'où cette place prépondérante et incontournable de la Nouvelle-Calédonie sur ce sujet, et ce qu'on a trouvé regrettable, c'est que monsieur Buffet le traite à Paris avec ses actionnaires, avec un petit groupe d'actionnaires aussi au niveau de ses conseils d'administrations. Mais le plus regrettable là-dedans, je crois aussi, c'est l'absence de stratégie. J'ai l'impression qu'on a une représentation, là, au niveau de la STCPI, qui est là-haut, qui sont là pour les postes, les dividendes. Ils sont là pour la posture, non pas pour le travail. J'ai du mal à me retrouver dans tout ce que décline Patrick Buffet, pas simplement sur les histoires d'Enercal ou des histoires de Prony, autant sur Weda Bay, parce qu'aussi bien l'histoire de Weda Bay. Weda Bay tombe dans l'escarcelle de la branche nickel, c'est pas du manganèse, c'est pas des aciers rapides, ça. Et enfin de compte, il y a une entourloupe, là, d'Eramet, parce qu'elle a récupéré Weda Bay et elle a fait rentrer Weda Bay dans les actifs d'Eramet, d'où une re-discussion, obligatoirement, sur tout le sujet avec les intéressés, et l'intéressé notamment, et l'État, là-dessus. Parce que si on reprend ce que déclarait leur président de la République, que le nickel, il y avait pas besoin de troisième usine et que l'État verrouillait les actions qu'elle avait au sein d'Eramet, d'où cette interpellation, ce signe qu'on doit adresser à l'État, en disant à l'État : il va falloir qu'on se mette autour de la table et qu'on revoit toute la copie, de A à Z, parce qu'on a engagé aussi un schéma industriel et qu'il est adossé au schéma minier et c'est un ensemble, bien entendu, que l'on doit revoir ensemble.

Journaliste : Par rapport à ces déclarations de monsieur Buffet, il faut dire maintenant qu'il n'est pas question que des choses soient décidées de Paris, d'Eramet seul, il faut prendre en compte les responsables du pays ?Charles Pidjot : Oui, je le dis, parce qu'à l'époque, on était peut-être pas aux commandes de ces outils, on n'était pas à la tête d'Eramet, de la SLN, on n'était pas dedans, mais on s'est battu, nous, pour. C'est avec nous que les choses ont été signées, ont été engagées. Aujourd'hui, il est ramené simplement dans un cercle très restreint, là, de gens qui sont un peu à la botte, c'est inacceptable. Mais, je tiens aussi à rappeler que l'État a repris en main sa participation dans les métaux non-ferreux, à l'époque, c'est à travers la stratégie que nous, on a su déployer sur la SLN et sur Eramet. Je tiens aussi à rappeler, là-dessus, elle a permis de sauver Duval. Duval qui était en mauvaise posture à l'époque, il y a eu des échanges d'actions, en permettant à Duval de rentrer, les aciers rapides, de rentrer dans des actifs d'Eramet et sauver une partie des actifs français au niveau de ses aciers rapides. En leur permettant de reconsolider les approches sur les métaux non-ferreux, on a permis ça à la France, mais, il faut pas que la France s'amuse à jouer contre nos intérêts, parce que c'est inacceptable ! Mais, quand je dis ça aussi, je dis ça pour que ce soit…, parce que j'ai entendu aussi des propositions de Posco, j'ai dit : moi, là-dessus, je suis contre aujourd'hui. L'extension de Posco, d'une part, et les intentions de Patrick Buffet ou d'Eramet là-dessus, je dis qu'on a un rendu, là, d'Anne Duthilleul, d'ici la fin de l'année, il est encore temps, là, de voir comment les choses vont évoluer.

Journaliste : Une petite précision sur ce que vous dites sur Posco ?
Charles Pidjot : On a engagé un schéma minier, on a engagé des usines, on a engagé une modernisation de l'exploitation minière, des politiques environnementales. On a essayé de combler un vide, ou une absence au niveau industriel. On est sur le point d'aboutir et il y a de la surenchère de dernière heure. Jusqu'à présent, Posco, ça fait même pas deux, trois ans qu'ils sont en activité et ils veulent passer de (1,8 à 3,6 millions de tonnes?). De l'autre côté, tu as Eramet qui a une usine, ici, la grosse question, c'est de savoir qu'est-ce qu'elle fait avec cette usine, à terme ? Problème de centrale, qui est posé, là, parce qu'on arrive en fin de parcours, où il va falloir rénover là-dedans. Là-dessus, il y a des choix à faire, et en même temps, on vient nous parler d'extension, on vient nous parler d'une usine à Prony, d'une reprise de la côte Est. On a l'impression que tous ces gros opérateurs-là mettent la main sur les titres miniers et les geler, mais, c'est pas les intérêts de la Nouvelle-Calédonie, ce sont les intérêts d'opérateurs qui ne sont pas les nôtres. Et c'est pour ça que je dis, moi, stop à ça, on bloque tout maintenant et on se donne, d'ici la fin de l'année, pour pouvoir rebondir là-dessus.

Journaliste : La SMSP parle tout de même d'un partenariat qui est très avantageux pour le pays, en augmentant le tonnage de nickel pour exporter sur l'usine de Corée du Sud. C'est un mal pour un bien ?Charles Pidjot : Mais, on peut faire toutes les gymnastiques qu'on veut là-dessus, on s'est pas battu pour une province, on s'est pas battu pour une société, on s'est battu pour un peuple, pour un pays. Regardez les déséquilibres aujourd'hui, quand on prend la situation, on peut les énumérer. Donc, on a fait le choix de faire un bilan des politiques publiques pour pouvoir faire une évaluation ensemble de ce qu'on a fait, y compris avec l'État. Ne pas se chercher des boucs émissaires, mais, c'est dire comment, en tant que responsable, on assume cette responsabilité, ou ces responsabilités, des choses qu'on a mis en place et on se rend compte qu'il y a beaucoup de déséquilibres. Moi, je l'ai dit, quand tu prends nos populations qui ne se fixent pas et qui ont tendance à venir dans le Sud pour venir courir après le travail, c'est quand tu fais pas grand chose dans nos provinces, ou on reste focalisé simplement sur la province, là, et puis une zone précise, on prend pas en compte l'ensemble de ces dispositions. D'où cette évaluation-là des politiques publiques, ce bilan qui est demandé, et je pense qu'à ce moment-là qu'on pourra raisonner. Je dis les choses comme ça parce que j'ai toujours l'impression, et moi, je peux le dire, parce que nous, on s'est battu pour le préalable minier, on a des morts pour le préalable minier, on s'est sacrifié pour le préalable minier, on a perdu, on a été saisi pour le préalable minier. Pendant qu'il y a d'autres qui, hier, n'étaient pas avec nous, mais qui, aujourd'hui, sont, là, aux commandes de ces outils. Hier, ils nous traitaient de "jusqu'au boutisses" et puis tout, on trichait. Eux ont triché, parce qu'aujourd'hui, ils sont à la tête de ça. Eux, je peux dire qu'ils ont triché. Mais, on se rend compte que les choses ne vont pas plus mal. C'est des choses qu'on…, décline les choses comme ça, parfois ça fait un peu mal, des fois, on hésite à trop en parler, parce que ce sont nos affaires à nous, mais il y a des choses parfois qui sont inacceptables. Je le dis comme ça parce qu'on se rapproche de la sortie et puis on a l'impression qu'il y a un joli fleuron, là-bas, il s'appelle la SMSP, il s'appelle l'usine du Nord, et puis il faut tout faire pour. Mais, ça alimente qui, ça ? Ça alimente juste un président de province, un président de la SMSP, un président de Sofinor, et puis juste une zone VKP. Moi, ça, c'est pas le pays. La raison de mon pays, il est pas là, il est ailleurs. Alors, je dis : stop là dessus. Je dis : arrêtons de faire n'importe quoi, on n'est pas là pour faire de la surenchère, on est là face au pays et on doit les relever ensemble.

Journaliste : Monsieur Pidjot, on va parler des jeux du Pacifique, pour terminer cet entretien. Le sentiment que vous avez aujourd'hui ?Charles Pidjot : Ben ça, c'est une fierté c'est une..., parce que nous, on a toujours porté le drapeau, on a porté la citoyenneté, on a porté tout. On est inscrit dans toutes les négociations, on a..., on y croyait. Et puis, c'était de combat en combat, des frustrations très fortes, beaucoup de fatigue, des pleurs et de sang versé. Et quand on voit les choses aboutirent comme ça, on souffle un peu. On souffle un peu parce que c'est..., on souffle et puis on a un peu de recule. C'est le retour sur soi, c'est la pensée des..., comment je vais dire, c'est..., c'est pas une chose que tu prends avec beaucoup de recul tout ce qui vient, là. Même si tu prends une part très importante à l'action, quand arrive le moment, tu te retires, tu te caches parce que tu as une pensée pour tous ces vieux. Eh bien, tu sais, on peut amener l'État et le RPCR à accepter tous ça. On a imposé des actes fondateurs à cette feuille de route, et, c'est la citoyenneté et les drapeaux. On avait dit après, avec Pierre Frogier, c'est que si tu es capable de lever le drapeau au même niveau que le tien, ben, on commencera peut-être, on va pouvoir se mettre au tour de la table et puis discuter. On a proposé une feuille de route, le bilan, le schéma industriel, la sortie, parce qu'eux, ce qui les intéressait, c'était la sortie. Et nous, on disait que, pour aborder la sortie, il faudrait qu'on fasse un état des lieux, savoir ou on est rendu aujourd'hui. Il faut qu'on fasse aussi un état des lieux, pas seulement des politiques publiques, mais aussi des outils, pour savoir où on est rendu, qu'est-ce qu'on a pu faire pour les développer, pour les consolider. Et là, c'est les choix qu'on a faits avec cette feuille de route arrêtée l'année dernière au dernier comité des signataires, qui a fait l'objet, encore, des discussions cette année. Aujourd'hui, on a un drapeau qui flotte tout partout, sur les stades. On a une citoyenneté, avec le corps électoral figé qu'on a réglé en 2007. Pour nous, ça faisait 9 ans qu'on se battait dessus. Beaucoup, là aussi, n'y ont pas cru, mais avec notre détermination, on a fait aboutir les choses. Il y a eu aussi la suite de la carte citoyenne, la citoyenneté aussi parce que la citoyenneté, c'est aussi des droits et devoirs. Et on parle plus de droits que de devoirs, et l'un ne va pas sans l'autre. Je veux dire, si on veut bâtir un pays, c'est aborder aussi sous ces angles-là, cette citoyenneté. On a une proposition qui a été déposée devant le Congrès, autant sur le drapeau, parce que tout le monde dit qu'il faut que cette procédure aboutisse. Aujourd'hui, nos drapeaux sont levés, mais il faut faire aboutir la procédure conformément à la loi organique. La citoyenneté, il y a une proposition aussi qui est devant le Congrès, avec une carte citoyenne. Ça a fait l'objet d'une discussion l'année dernière, comme cette année, au comité des signataires, relayée par le Premier ministre et aujourd'hui par le président de la République qui ne voient pas d'entraves à la mise en œuvre de ces dispositions-là, mais qui attendent des propositions concrètes. Nous, on a demandé à réactualiser les choses. Dans les jours prochains, notre présentation, au niveau du Congrès et du gouvernement, on fera en sorte que les choses aboutissent, je veux dire, c'est dans les tuyaux aujourd'hui. Mais là, ces jeux arrivant, c'est..., ils sont formidables parce que... et je tiens à saluer, là, Pascale Bastien-Thiry et puis l'ensemble des bénévoles de leur dévouement à ces jeux et les sportifs bien entendu parce que bon... Les sportifs, on les voit sur les stades, on les voit dans les arènes et tout. Des bénévoles, on les voit très peu, on en parle très peu mais je lance aussi ce petit clin d'œil, si tu veux, à cette partie d'encadrement au niveau de l'organisation dont on ne voit pas. Je tenais à en parler, là. Je dis aussi que bon, c'est très bien, on sent la Calédonie présente, on sent cette ambiance des jeux, on voit à travers les jeux, à travers les cris, à travers cette ambiance qu'il y a dans les stades. Et il n'y a pas de bon stade, ni de mauvais stade parce que tout partout ça équipe, tout partout les "olé" sont envoyés et je trouve ça fabuleux. Mais, l'un des moments forts a été la déclaration du président de la République à l'ouverture, parce que j'ai trouvé, là, quelqu'un de sobre, avec beaucoup d'humilité, qui n'avait pas ce discours qu'ont toujours eu nos paternalistes métropolitains quand ils venaient ici : "c'est nous qui avons tout fait, c'est nous les meilleurs et puis tout". J'ai trouvé un président de la République très simple, très humble et ça correspond à ces moments qu'on vit, là, tous les jours. Il y a une bonne ambiance, très bonne ambiance, il n'y a pas de tension, c'est fort. Et malheureusement, je dis malheureusement parce que quand on prend les résultats qu'on obtient, nous, la question qu'on peut bien se poser, c'est des jeux pour qui ? Pour que la Calédonie récupère toutes les médailles. Mais on se rend compte là, dedans, qu'il y a des efforts qui doivent être fait au niveau des autres pays et on doit aussi trouver des moyens d'aider les autres pays à développer des infrastructures et puis peut-être voir ou organiser au mieux l'encadrement sportif de tous ces pays, peut-être plus d'échanges, je sais pas. Il va falloir se pencher dessus. Le moment très fort, aussi, pour moi, c'était le défilé. Le défilé avec les deux drapeaux, quand j'ai vu ça, j'ai eu un moment de recueillement. Il y a un mec pour qui j'ai eu une pensée très forte à ce moment-là, il m'a flashé comme ça, c'est Aymar Bouanaoué. Aymar Bouanaoué, parce qu'il était à la tête de ceux qui occupaient le stade en 87 et puis qui se faisait charger par les mobiles, parce qu'on était en train de.., on s'est prononcé contre les jeux, il y a eu une tension politique et on était dans tous les meetings, les manifestations. Et le mec qui était à la tête de ça, c'était Aymar Bouanaoué, j'ai eu une pensée pour lui à ce moment- là, et, parce que je me disais, hier : tu vois, là, hier, mon frère-là, il était dehors, là-bas. On était dehors, là-bas, en train de crier, en train de se faire tabasser, parce qu'on s'est fait tabasser ce jour-là par des mobiles et puis avec d'autres. Là, aujourd'hui, on est dedans, nous, on est dedans. On est dedans et puis on est derrière le président de la République. Il y a toutes les délégations qui passent devant nous et puis il y a des belles prestations. Et ce moment, c'est l'arrivée de la délégation de la Nouvelle-Calédonie avec les deux drapeaux, tu vois. Et le moment qui vient, qui suit c'est le Aka, le Aka calédonien qui est beau parce que c'est un cri, c'est un mouvement. C'est un seul geste et là, tu vois la Calédonie se dessiner, tu dis c'est beau. C'est beau et c'est con, parce que c'est… Et on retrouve tout au long de ces jeux, c'est peut-être pour ça qu'on rapporte le maximum de médailles parce qu'on s'est donné un nouvel élan, là.

Journaliste : Monsieur Pidjot, merci d'avoir répondu à nos questions.

mercredi 7 septembre 2011

Discours du président du gvt KANAKY/NC, Harold MARTIN, à la réunion du Forum des îles du Pacifique 2011

Le FORUM DES ILES DU PACIFIQUE se tient en Nouvelle-Zélande du 5 au 9 septembre 2011.
Une délégation du pays y participe (http://madoy-nakupress.blogspot.com/2011/09/la-nc-bientot-membre-part-entiere-du.html). Harold MARTIN, Président du Gouvernement de Kanaky/Nouvelle-Calédonie, chef de la délégation, a prononcé un discours...

Discours...

"Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Secrétaire Général,
Mesdames et Messieurs les dirigeants des pays membres du Forum des Iles du
Pacifique,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est avec un très grand plaisir que je retrouve aujourd’hui votre honorable assemblée des dirigeants des Iles du Pacifique pour la tenue du 42ème Sommet du Forum, ici, à Auckland, en Nouvelle-Zélande.

J’ai eu l’honneur de recevoir certains d’entre vous à Nouméa à l’occasion de
l’ouverture des 14ème Jeux du Pacifique qui se déroulent en ce moment même sur
notre territoire.
Permettez-moi, tout d’abord, à travers ces premiers mots, d’adresser mes plus
sincères remerciements au Gouvernement et au peuple de Nouvelle-Zélande pour l’accueil extrêmement chaleureux qui nous est réservé dans le cadre de ce 42ème
Sommet du Forum.

Je tiens ainsi à saluer l’excellence de l’organisation de cette réunion et l’attention particulière accordée à chacun.
Je suis aujourd’hui accompagné de plusieurs personnalités politiques calédoniennes,
qui incarnent les différentes sensibilités présentes au sein de notre exécutif collégial et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, notre assemblée délibérante.
Permettez-moi de vous les présenter :
· Monsieur Gilbert TYUIENON, Vice Président du Gouvernement de la
Nouvelle-Calédonie, en charge des secteurs des Mines, des Infrastructures
publiques et du Transport aérien domestique, terrestre et maritime ;
· Monsieur Anthony LECREN, membre du Gouvernement en charge de
l’Economie, du Commerce extérieur, de l’Environnement et de l’Economie
Verte ;
· Monsieur Georges MANDAOUE, membre du Gouvernement en charge des
Affaires Coutumières, du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion
Professionnelle ;
· Madame Déwé GORODEY, membre du Gouvernement en charge de la
citoyenneté, de la culture et de la condition féminine.
Comme vous le constatez, Mesdames et Messieurs, notre délégation à ce Sommet est
importante. Elle témoigne très directement de l’attachement de l’ensemble des forces
politiques calédoniennes à l’insertion pleine et entière de la Nouvelle-Calédonie dans notre grande région et à son action positive au côté des Etats et Territoires qui la composent.

Pour la première fois depuis notre participation initiale à ces séances plénières, en
1999, nous arborons nos deux drapeaux
,
Cela résulte de la décision prise, sur la proposition de Pierre FROGIER, Député de la
République, Président de la Province Sud et leader du parti non-indépendantiste, par
les membres du Comité des Signataires de l’Accord de Nouméa en juin 2010, à
Paris, sous l’autorité du Premier Ministre Français, François FILLON.
Deux drapeaux, en signe de reconnaissance mutuelle des deux légitimités qui
fondent la Nouvelle-Calédonie.
Un voeu du Congrès, adopté à une très large majorité dans cette même période, a
institutionnalisé ce symbole très fort et les bâtiments publics mais aussi les mairies des communes ont ainsi été pavoisés.

Lors de la cérémonie d’ouverture des XIVème Jeux du Pacifique à Nouméa, c’est
derrière ces deux drapeaux entrecroisés qu’a défilé la délégation des athlètes
calédoniens, faisant naître dans le public une forte émotion.
Cette émotion est le signe de la conscience qu’ont les Calédoniens du chemin qui a
été parcouru au cours des dernières années. Le Président Nicolas SARKOZY lors de
sa visite à Nouméa le 28 août dernier s’adressait aux Calédoniens en ces termes :
« […] Cette double reconnaissance manifeste le dépassement des oppositions
radicales qui, depuis les années 1960, structurent la vie politique calédonienne, bloc contre bloc, légitimité contre légitimité. »
Et il ajoutait : « […] Ces deux drapeaux, parce qu’ils flottent ensemble, traduisent
aussi le fait que la Nouvelle-Calédonie est une terre de partage. Dans de
nombreuses familles, des enfants ou des petits enfants ont tout à la fois du sang
kanak, européen, métropolitain, polynésien, wallisien. Vos enfants vivent, au plus
profond de leur chair, la réalité et la diversité de la société calédonienne. Ils sont le visage réconcilié de la Nouvelle-Calédonie. Ces deux drapeaux sont l’un des reflets de leur identité ».

Cette année 2011 marque le 40ème anniversaire du Forum des Iles du Pacifique.
Depuis sa création en 1971, ici même en Nouvelle-Zélande, cette organisation n’a
cesser de prouver qu’elle constituait non seulement un indispensable lieu d’échange
entre nous tous, mais aussi un outil de décision et de coordination politique au
service de nos populations si diverses au sein de cet immense espace géographique
de près de 100 millions de km².
Mais la réalité, nous le savons tous, n’aurait jamais été aussi positive sans
l’important soutien et le travail de rapprochement conduit par les autres
organisations régionales du Pacifique, au premier rang desquelles la Communauté du
Pacifique, la CPS, dont le siège est à Nouméa et dont l’activité technique,
scientifique, sert de socle au développement régional.
Le thème que vous avez retenu pour ce 42ème Sommet des Dirigeants du Forum des
Iles du Pacifique - « Convertir le potentiel en opportunité » - nous permettra d’aborder avec efficacité les problématiques clés du développement économique durable, de la coordination de l’aide au développement et de l’amélioration de la qualité de vie et du bien-être des populations océaniennes.
Précisément, en matière de développement économique durable, la Nouvelle-
Calédonie a particulièrement concentré ses efforts sur les cinq priorités suivantes :
· Premièrement, l’adaptation et l’atténuation des effets du changement
climatique
.
Nous avons pris acte des progrès qui ont été enregistrés depuis la Déclaration de
Nuié en 2008 et reconnaissons la nécessité de combattre le changement climatique
pour la survie des petits Etats insulaires en développement qui comptent parmi les
plus vulnérables face au changement climatique.
La Nouvelle-Calédonie considère en effet qu’au niveau régional, en matière de
changements climatiques, il est primordial de renforcer le dialogue politique afin
d’améliorer la coordination des actions entre nos pays mais aussi dans les
négociations internationales.
· Deuxièmement, et cela contribue aussi à notre action d’adaptation et de
lutte contre les modifications du climat, nous soutenons activement la
promotion des Energies renouvelables et la pérennisation de la Sécurité
énergétique.
Nous considérons en effet que le secteur de l’énergie représente une dimension essentielle du développement économique et social de la région Pacifique, en ce qu’il influence notre cadre environnemental et qu’il permet de pallier les impacts du changement climatique et l’augmentation du prix des combustibles fossiles.
A ce titre, nous nous félicitons de l’élaboration, sous la tutelle de la CPS, d’un
« Cadre d’action régional » dédié au transport (Framework for Action on Transport
Services) qui devrait permettre d’optimiser le potentiel très important d’amélioration énergétique du secteur des transports.

En Nouvelle-Calédonie, nous avons a mis en oeuvre une politique énergétique qui
comporte des incitations fiscales à l’adoption des énergies renouvelables, notamment
pour les fermes éoliennes anticycloniques et les panneaux photovoltaïques. Afin de
permettre la mise en oeuvre d’une nouvelle politique de l’énergie adaptée aux
exigences d’un développement durable, une étude sur un « Schéma de l’énergie et du
climat » a été lancée fin 2010, en concertation avec l’ensemble des acteurs
institutionnels, associatifs, publics et privés.
· Notre troisième priorité est la protection et la conservation de la biodiversité. Nous avons participé en juillet dernier à Apia aux réunions ministérielles préparatoires à la Conférence de Rio + 20. A cette occasion, nous avons annoncé que nous souhaitions contribuer à sécuriser un engagement politique fort des gouvernements de la région en matière de développement durable.

Dans cette optique, nous nous sommes très concrètement engagés au travers deux
projets clé dans le premier thème de la Conférence Rio + 20, qui s’intitule : « Une
économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la
pauvreté
». Le premier projet, relatif au concept d’ « Economie verte » s’intitule « Un arbre, un jour, une vie ». Le second projet, relatif au concept d’ « Economie bleue », s’inscrit dans l’esprit de l’initiative « Pacific Oceanscape » prônée par le Gouvernement de Kiribati. Dans la continuité de l’inscription d’une partie remarquable des lagons de Nouvelle-Calédonie au Patrimoine Mondial de
l’UNESCO en 2008, ce projet consiste en la gestion durable et concertée de l’aire
marine protégée « Mer de Corail », formalisée par la signature, l’an dernier, d’une
Déclaration d’intention avec l’Australie.
· Notre quatrième priorité est l’exploitation durable du minerai de nickel. La Nouvelle-Calédonie, qui détient un quart des ressources mondiales de nickel, a posé les bases, via l’adoption en mars 2009 de son « Schéma de mise en valeur des richesses minières de la Nouvelle-Calédonie », d’un développement raisonné de son industrie minière et métallurgique.

· Enfin, notre cinquième priorité consiste, pour la Nouvelle-Calédonie, qui est un pays et territoire d’Outre-mer de l’Union Européenne, à contribuer directement à la mise en oeuvre de la « Stratégie de l’Union Européenne dans le Pacifique » qui encourage le développement durable de la région.
Nous avons, cette année, souhaité participer le plus activement possible à la
préparation de vos discussions de demain.
Jamais, en effet, la Nouvelle-Calédonie n’avait été aussi présente dans les rencontres préparatoires au Sommet.
Cette démarche est cohérente. Elle s’inscrit directement dans le travail d’intégration régionale que nous conduisons de longue date maintenant. Mais nous avons besoin de votre aide pour aller plus loin dans ce cheminement, nous avons besoin de votre confiance et de votre expérience.
Vous le savez, la Nouvelle-Calédonie désire vivement une évolution de son statut au
sein du Forum.
J’avais déjà exprimé ce souhait devant vous, en 2007 à Tonga, en 2008 à Niué et en
2009 lors du Sommet de Cairns.
L’année dernière, en 2010, nous avons formellement déposé notre candidature à
l’accession au statut de membre à part entière de l’organisation et je vous remercie
du soutien que vous nous avez apporté à Port Vila.
Cette année, chers collègues, nous réitérons ce voeu.

Bien évidemment, il conviendra, préalablement à cette accession, d’établir le cadre
institutionnel précis de cette évolution, conjointement avec le Secrétariat du Forum,
le Comité Ministériel du Forum sur la Nouvelle-Calédonie mais également l’Etat
français qui soutient notre démarche.
Je tiens d’ailleurs, en cet instant, à vous remercier du soutien très clair que vous avez apporté à cette initiative l’an dernier, à Port Vila.
Dans votre communiqué, vous vous félicitiez de notre volonté d’accéder à ce statut ;
vous nous invitiez aussi à réfléchir aux moyens «d’étendre et d’enrichir notre
implication et notre rôle au sein du FIP ».
Nous avons entendu ce message et nous y avons travaillé, soutenu par l’Etat français
dont le Ministre des affaires étrangères, Alain JUPPÉ sera parmi nous vendredi.
Nous avons ainsi envisagé le cadre de cette accession en réfléchissant à l’élaboration d’un outil conventionnel, définissant les modalités de notre accession à ce statut et le cadre de notre action dès lors que nous serions devenus membre à part entière.
S’il n’a pas été possible, dans un calendrier trop contraint, d’accueillir le Comité
Ministériel du Forum sur la Nouvelle-Calédonie avant cette réunion, nous y
parviendrons certainement à la fin de l’année 2011 ou au début de l’année 2012.
Je tiens d’ailleurs ici, Mesdames et Messieurs, à rendre un hommage spécial au
Secrétariat du Forum qui s’est montré et se montre extrêmement coopératif dans
l’ensemble des contacts que nous entretenons.

Mesdames et Messieurs, cette accession, nous voulons en être à la hauteur.
Pour cela, le Gouvernement calédonien a engagé avec Anthony LECREN plusieurs
chantiers à vocation régionale. Ces chantiers doivent être les moteurs de notre
intégration et les préfigurations de notre action future au sein du Forum.
Lors de la rencontre des Ministres du Commerce Extérieur du mois de mai dernier,
Anthony LECREN a exprimé notre volonté d’examiner l’opportunité et les
modalités de notre participation à L’accord commercial entre les Etats insulaires du
Pacifique, le PICTA. Ce travail est aujourd’hui concrètement conduit, une mission
mandatée par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie s’est d’ailleurs déjà rendue
au Secrétariat du Forum des Iles du Pacifique à Suva au début du mois d’août.
Dans le même temps, nous avons lancé une opération « d’économie verte » de très
grande envergure. Cette initiative dénommée « Un arbre, un jour, une vie », consiste
à ce qu’une fois dans l’année chacun des 250 000 calédoniens plante un arbre.
Cette opération vise un triple objectif : environnemental, tout d’abord, puisqu’elle
constituera une formidable action de reforestation ; économique, ensuite, puisqu’elle
permettra de développer une activité sylvicole durable ; social enfin, car l’initiative vise à développer la gestion participative, favoriser les retombées économiques vers les acteurs communautaires, et fixer la population rurale tout en contribuant à restaurer le lien « Homme-nature ».
Mais nous avons la conviction que cette opération aurait, à long terme, beaucoup
plus de sens si nous pouvions la régionaliser.
En effet, chers amis, alors que nous préparons le discours que nous tiendrons en
commun lors de la grande conférence Rio + 20 au mois de juin 2012, nous pensons
très fortement que cette initiative devrait pouvoir dépasser nos frontières
calédoniennes. C’est une proposition que nous versons au débat.
Dans cette même logique d’une intégration régionale plus forte et plus efficace, vous
savez que nous finalisons en ce moment, en étroite collaboration avec le
Gouvernement français, la mise en oeuvre d’un dispositif qui prévoit le déploiement
d’un réseau de représentants de la Nouvelle-Calédonie auprès de certains de vos
gouvernements conformément à l’Accord de Nouméa de 1998, notre constitution.
Vous le voyez, tous ces propos, à l’image des initiatives que nous avons prises, et je ne peux être exhaustif, démontrent incontestablement la volonté profonde et sincère du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de prendre toute sa part dans les
affaires de notre région.
Laissez-moi ainsi conclure en vous disant, à tous, que plus que jamais, le
Gouvernement que j’ai l’honneur de présider formule ici le voeu solennel que vous
entendiez notre appel, l’appel d’une Nouvelle-Calédonie réconciliée avec elle-même
et avec son histoire, à devenir le 17ème pilier de votre organisation, le Forum des Iles du Pacifique.
Nous savons combien nous avons à nous apporter les uns aux autres et à construire
ensemble dans de si nombreux domaines.

Je vous remercie de votre attention."
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