dimanche 29 janvier 2012

Le journal KANAK ou la mémoire qui flanche...

Dans sa dernière parution, n°219, nov/décembre 2011, le KANAK, dans un article, virilent contre le partenaire naturel du PALIKA dans le FLNKS, intitulé « L’UC est-elle encore sur la ligne politique tracée par l’ADN qui mène le pays vers son émancipation ? », se pose la question suivante : « …comme l’histoire du drapeau où aucune décision n’a été prise par les instances du FLNKS dans le but d’en faire le signe identitaire du pays. Mais, où a-t-on décidé cela ? »

Et, pourtant, dans une des motions votées à son congrès de Kédeigne en 2010, le PALIKA avait « appell(é) ses responsables :
- à faire aboutir le grand débat sur l’école pour la construction du Pays ;
à faire en sorte que le drapeau politique porté par le FLNKS soit admis comme drapeau identitaire du Pays et que Kanaky-Nouvelle-Calédonie en devienne le nom ;
- à poursuivre le travail sur les listes électorales pour intégrer ceux qui sur le tableau annexe, réunissent les conditions pour voter au référendum d’autodétermination et qui sont exclus de la liste spéciale.
- à promouvoir les objectifs du développement durable dans le cadre des politiques publiques en s’appuyant notamment sur les avancées obtenues notamment à l’échelle internationale suite à la dernière conférence de Nagoya au Japon. »

Question : soit le journal kanak, pourtant organe de communication du PALIKA, n’est pas très au courant des décisions de ce parti, soit la mémoire de ses auteurs commence à bien flancher… Vous avez dit « manipulation ? »


jeudi 26 janvier 2012

La DUS , la virgule qui gêne...

Voilà 4 mois que le mouvement indépendantiste kanak a de fait enregistré un nouveau venu sur l’échiquier politique local : la DUS (Dynamique Unitaire Sud), née d’une scission au sein d’une des composantes du FLNKS : le PALIKA. Comme toute idée nouvelle, on cherchera par tous les moyens de la contrecarrer, pour ne pas qu’elle ne pousse plus haut que les branches qui lui ont permis de sortir de terre. Mais les lois fondamentales de la science, et pour parler de politique, la dialectique occasionnée même par l’évolution des débats impose parfois des situations pas confortables pour tous. Apprécier les contradictions pour mieux avancer serait la posture idéale... Mais...

Le 5 novembre 2011: annonciation publique de la création de la DUS....

Nous sommes en Kanaky, un pays en voie de construction du destin commun, de sa pleine souveraineté, de son indépendance ; bref peu importe la terminologie mais un pays qui doit organiser la sortie d’un cadre politique celui de l’Accord de Nouméa.

Fondée par des militants nationalistes de longue date, la DUS affiche une volonté de moderniser le débat en optimisant le travail de relais entre le terrain et le niveau institutionnel. Un relais dynamique qui se doit de traiter les problématiques tout en respectant les orientations données par le projet social du FLNKS. C’est dans l’action que nous forgeons réellement nos options politiques. Les positions politiques nationalistes sont déjà là, et ont suffisamment arrosé le terrain. La réception de ces messages s’est donc traduite par des actions dans tous les secteurs de la société. Comment canalyser ces initiatives pour qu’elles s’inscrivent dans la perspective de la construction d’un pays souverain ?

C’est l’angle modeste que la DUS souhaiterait travailler pour contribuer à consolider l’échafaudage construit par le mouvement nationaliste depuis la nuit des temps. C’est la raison pour laquelle la DUS ne s’est jamais située en dehors du FLNKS, travaillant pour l’unité, elle ne peut pas être ailleurs.

Le seul problème est que nous sommes en politique, et malheureusement dans ce domaine, si les gens refusent d’apprécier la dimension théorique d’une idée ou d’une nouvelle approche, les contradictions secondaires prennent le dessus, et on va assister à des blocages systématiques qui vont donner toute la primeur à parfois une virgule mal positionnée ou tout simplement à des considérations qui n’ont plus rien à voir avec le portage d’un idéal. L’être humain vit aussi ses propres contradictions et il les transpose parfois dans ses champs d’action tel la politique.

Ainsi va le monde et la grande question est la suivante : comment faire pour que la contradiction principale soit toujours l’essence même de nos faits et gestes dans un espace habité par un monde hétérogène. C’est une corde raide quand on connaît les perturbations qui habitent normalement un contexte comme celui où nous vivons actuellement, mais le militantisme c’est aussi cet effort de se transcender pour toujours tenir cette contradiction principale.

La construction d’un pays souverain, la lucidité, l’objectivité, bref des mots ou des concepts que la DUS souhaite inscrire dans les relations que nous pouvons entretenir entre nos mouvements, surtout à la veille de grandes échéances. 

Mise en ligne par Naku Press  le 26/01/2012 à 23h26

mercredi 25 janvier 2012

Hommage à notre camarade Haé, infatigable militant de longue date...

                                                                Communiqué de presse de la DUS
La Dynamik Unitaire Sud (DUS) a appris avec tristesse la disparition du camarade, Haeweng Pidra Holen. Il nous a quitté hier et sera enterré dans sa tribu à Kédeigne (Lifou) ce mercredi 25 janvier 2012 à 14h00.

La Dynamik Unitaire Sud (DUS) rend hommage à ce camarade qui fut un compagnon de route et militant actif de longue date de la section de base du Palika/Nouméa avant de rentrer dans son île natale il y a 3 ans.

La Dynamik Unitaire Sud (DUS) présente ses condoléances à sa petite famille, son épouse Louisa et son clan.

Pour la DUS Sylvain Boiguivie
Haé, Séfo et Sylvain lors d'un meeting pour le corps électoral figé en 2007 sur la place Mwâ Kâ
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Hommage de Kameremoin Thierry,
directeur de la radio Djiido, le 26 janvier 07:05

Salut le vieux, militant PALIKA de toujours combattant la liberté infatigable, avec courage, détermination et persévérance. Partisan de l'unité du peuple kanak qui fait front à la base, tu as été un acteur majeur de toute les mobilisations de 1984. Récemment tu es passé me rendre une visite à la radio comme tu l'as souvent fait. Pour le local de Djiido à Drehu, on est allé, toi, moi et Louisa pour le visiter avant que l'on décide de faire la demande à la province alors qu'il était abandonné.

Vous avez décidé, tous les deux, de rentrer a Kedeigny. Les articles de journaux que tu as écris, les tracts, les affiches du Comité Pierre Declercq, du comité de lutte de Nouméa, de la sb Palika... Une belle ecriture.  D'ailleurs,  l'EPK,  tu étais animateur de l’école de Néaawa là haut à Wâwil's, le front à la base était ton credo. La maison à la Vallée du tir et le café le matin Glen et Jako était encore petit merci. Pour tout pour nos interminables débats sans cesse renouvelés.

GRAND MERCI DE M'AVOIR PERMIS DE TE RENCONTRER, à Louisa et les enfants, il était fier de vous !

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Hommage par Guéré sur le Kanaky On Line (KOL)

[kanaky] Bon voyage, Haé !


De :Grégoire Seither À :Kanaky
Jeudi 26 janvier 2012 19h10

C'est avec une très grande tristesse que j'ai appris la mort de Haé Pidra,qui a été un mentor pour nous, pendant les années de lutte, au Comité Pierre Declercq, dans les EPK, puis à Lifou, avec toute la bande autour de Dodo, Xeje, Umak et les autres...
Les longues nuits de discussion à Hnang, dans la maison de la forêt sur la route de Cila, avec même les lutins qui venaient t'écouter sous les arbres... Tout cela est encore présent dans ma tête, comme si c'était hier.
Là-bas, dans les falaises de Kejenyi, regardant la mer, les autres vieux t'attendent déjà, la guitare à la main, Wawa, Upé, Djini... Toute la bande des "planches à voile" des EPK en Grande-Terre qui t'attend pour chanter "Sur le coup de minuit..."

http://www.youtube.com/watch?v=4zLmX9go_sI

Elanye, grand frère et oleti pour tout !

Guéré

lundi 23 janvier 2012

Hurler avec les loups ou l'Echec du rééquilibrage par Nidoish Naisseline

Le leader du LKS (Libération Kanak Socialiste) a organisé une conférence de presse ce mardi 24 janvier 2012. Grande découverte du Grand Chef de Nengone : un constat d'un échec d'un objectif de rééquilibrage. Le problème: comment peut-on parler d'échec quand on n'a pas définir au départ le temps necessaire pour y arriver ?
Conférence...


Journaliste : Nidoïsh Naisseline qui dénonce l'échec du rééquilibrage géographique et humain de la province des Îles. Et pour remédier à la situation, le président du LKS en appelle notamment à la responsabilité des élus loyaltiens.

Journaliste : Et c'est un constat sans concession qu'a dressé Nidoïsh Naisseline, ce matin, devant la presse. Pour le président du LKS, en effet, l'exode des populations loyaltiennes vers la grande terre est l'illustration parfaite de cet échec et de citer en exemple, le fait qu'entre 2004 et 2009, c'est l'équivalent de six à sept tribus des îles qui auraient été rayées de la carte. Une situation imputable, pour partie, à la cherté de la vie aux îles Loyauté, insiste tout d'abord Nidoïsh Naisseline :

Nidoïsh Naisseline : Le problème plus crucial aux îles Loyauté, c'est l'exode. En 1997, il y avait 38 % de Loyaltiens à la grande terre, et, là, il y a 60 %. Et je précise, à l'époque on a voulu expliquer cela par la compétence des présidents que nous sommes, mais de 2004 à 2009, tout le monde reconnait que la province des Îles est très bien gérée, mais au demeurant, vous avez 21 % de la population qui est partie. Malgré la très bonne gestion, l'exode a été plus importante qu'avant, et ce qui pose la question, mais qu'est-ce qui se passe, là ? Il y a, d'une part, des blocages au niveau des transports. Le prix du fret du transport est exorbitant. Donc, j'ai demandé qu'on reparte sur la définition du service public, qui doit être défini par les besoins de la population.

Journaliste : Autre argument mis en avant, par Nidoïsh Naisseline, pour démontrer l'échec du rééquilibrage aux îles : l'incapacité des institutions, et au premier rang desquelles la province, à penser le développement économique en termes de mise en valeur des traditions et des terres coutumières.

Nidoïsh Naisseline : Si la province, malgré la bonne gestion, malgré tout ce que vous voulez, n'a pas touché les populations les plus vives, c'est parce que la province, comme institution de la République, n'est pas adaptée à la population de chez nous. Et puis la dernière raison, c'est le manque de volonté politique de chez nous. On est rentré dans l'institution, et puis on donne plus d'importance à nos querelles internes pour prendre la place d'un autre et tout ça, plutôt que d'un outil de service, quels sont les besoins de la population, et puis élaborer une politique en fonction de la réponse à donner à ces populations-là.

Journaliste : Et Nidoïsh Naisseline de proposer pour adapter le modèle de développement économique des îles notamment, que la déclaration de l'assemblée générale de l'ONU, de septembre 2007, soit appliquée en Calédonie. Celle-ci stipule que soit intégrée dans tous les projets de développement sur les terres coutumières une disposition portant sur l'accord préalable, libre et en connaissance de cause des autorités traditionnelles.

dimanche 22 janvier 2012

Réunion des états majors du FLNKS: la necéssaire thérapie de groupe

Gérard Reignier : Je pense que le congrès, de toute façon, il va se tenir. Les explications, elles vont être données, simplement, il y a un besoin de bien clarifier les choses entre nous déjà, au sein même du BP FLNKS, au sein de ses instances, parce que les militants qui sont sur le terrain nous posent les questions, à nous, groupe de pression puisqu'on sort des congrès de chacun d'entre nous. Ces questions, il faut réussir à trouver les réponses en interne et, ensuite, bien sûr, au niveau du FLNKS. Et donc, c'est essentiellement ce besoin de cohérence qu'on a besoin d'aller donner à nos militants, voilà. Mais, les explications, la rencontre, le débat, il aura lieu au congrès.

Congrès du Front en décembre 2010 à Dumbéa...
Si l'on comprend bien sur l'objectif de cette réunion des exécutifs des partis composant du FLNKS, on pourrait retenirceci : explication, avant tout, pour savoir les intentions des uns et des autres, en particulier sur les stratégies divergentes sur plan institutionnel. Il a donc été surtout question de cette fameuse "l'Alliance" (entre certaines composantes de la mouvance, l'UC et le RUMP et l'Avenir Ensemble)...  Par contre, pour l'heure, il n'est pas question de parler ni de la DUS (Dynamik Unitaire Sud) ni des autres nationalistes... Même si la DUS n'est pas à mettre au même plan que le PT ou autres organisations...

A la sortie de cette réunion, les uns et les autres semblent reconnaître que des "clarifications", "éclaircissements" ou "éclairages" (tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on se trouve...) ont été apporté(e)s même si l'exercie doit se poursuivre en février prochain. Mais, le fait que le porte parole n°2 du Palika emploie le terme de "Majorité" en lieu et place de celui de "Alliance", cela laisse penser que ce n'est pas qu'un changement de sémantique...
Lisons ce que Charles Washetine du Palika a déclaré dans un interview " Cette réunion nous aura permis de comprendre un petit peu les stratégies des uns et des autres. Parce que ce que l'on a constaté, c'est que dans cette majorité qui s'est constituée, les partenaires du Front ne communiquent pas assez, et c'est souvent les autres qui communiquent, peut-être, en ne disant pas forcément ce qui se fait à l'intérieur. Donc, là, on aura eu des explications, pourquoi cette stratégie. La discussion doit se continuer le 16 février prochain. Donc, c'est le mérite de cette réunion, c'est qu'on se sera dit des choses de la même façon, les réticences du parti vis-à-vis de ce qui s'est fait, donc, nous avons eu l'occasion, à cette réunion, de nous en expliquer également. Donc, ça nous permettra ensuite, à l'issue de la journée du 16 février de mieux préparer le congrès. Parce que, pour nous, il revient au congrès de prendre des décisions définitives quant à la stratégie du Front.
Washetine, le porteparole n°2 du Palika, au comité des signataires à Paris en 2008...

Dans telle circonstance, il est toujours préférable de garder un état d'esprit positif comme l'a suggéré Yvon FAUA, aure membre du BP FLNKS, représentant du RDO malgré les réunions quasi-hebdomadaires de la direction frontiste qui se sont déroulées durant l'année 2011. A croire que cela n'a été que du dialogue des sourds... A moins que certains étaient-ils dans des états seconds ?

Maintenant, le souhait est qu'à l'issue de la réunion de février, les véritables problématiques soient mises en évidence pour une bonne préparation du Congrès de fin mars à Waa Wi Lùù. Un Congrès qui devrait arrêter une stratégie concertée et partagée, à défaut d'être commune...

Au terme de ces différentes rendez-vous de ce trimestre 2012, le BP FLNKS, dans son ensemble, doit se rendre bien compte que, dans le sud, il n'y a pas d'alternative: il faut s'unir au sein de la famille nationaliste et progressiste. Plus il faut "battre" dans le sud, plus la lutte est nationaliste et "pays" ! ! ! "Penser Pays, agir province ! "

La stratégie ne doit être vue et débattue uniquement que sur le plan institutionnel même si elle est primordiale dans le contexte politico-institutionnel de nos jours.

Le lutte sur le terrain est aussi importante...

mercredi 18 janvier 2012

FLNKS: d'un congrès populaire à une réunion des exécutifs des partis...

Journaliste : Gérard Reignier, bonjour ! Gérard Reignier : Bonjour !
Journaliste : Pour ou contre un congrès du FLNKS ?
Gérard Reignier : Pour un congrès du FLNKS. Les quatre groupes de pression ont dit qu'ils étaient pour un congrès du FLNKS.

Le peuple, il va falloir patienter... !
Journaliste : Pourtant il était prévu pour ce samedi 21. Il ne se réunira pas.
Gérard Reignier : Oui, tout à fait. Il y a eu une demande en interne pour faire en sorte que ce congrès se passe bien, il y a eu une demande pour que les exécutifs des quatre groupes de pression se retrouvent. C'est dans cette démarche, que les quatre exécutifs des quatre groupes de pression, RDO, UPM, Palika, UC vont donc se retrouver au Surf, samedi pour regarder nos convergences, nos divergences, mais aussi les enjeux que le FLNKS doit faire face.

Journaliste : Vous êtes sûr que les états-majors, les exécutifs des quatre composantes seront présents samedi ?
Gérard Reignier : C'est l'engagement qui a été pris, mardi, en bureau politique. Donc, les gens seront là.

Journaliste : Ce refus d'un congrès, ça vient du Palika ou d'une autre composante ?
Gérard Reignier : Non, il n'y a pas de refus du congrès. Tout le monde est pour le congrès, simplement, il y a des demandes de niveler les choses, et donc, cette demande, elle a été acceptée collégialement, et c'est dans un consensus que nous préparons cette réunion de samedi.

Journaliste : Mais cette demande, elle émane du Palika ?
Gérard Reignier : Essentiellement.

Journaliste : Ce n'est pas la première fois qu'un congrès du FLNKS doit être reporté. Est-ce que vous pensez que vous allez arriver à le réunir, cette année ?
Gérard Reignier : Oui, bien sûr, c'est un objectif, et quelque part, pour le pays, c'est une obligation.

Journaliste : Est-ce que ce report ne cache pas, en réalité, les profondes divisions qui existent aujourd'hui encore au sein de la coalition ?
Gérard Reignier : C'est pas la première fois, c'est pas la dernière. Le FLNKS est fait de groupes de pression, est fait de visions quelque part différentes, et souvent, de stratégies différentes. Charge, justement, de ce front, puisque c'est un front, de savoir se retrouver et, surtout, de porter l'héritage qui est le nôtre, parce que l'Accord de Nouméa, on le dit, et on le réaffirme, c'est le FLNKS qui est le garant de l'Accord de Nouméa. Personne d'autre. C'est bien le FLNKS qui l'a signé et c'est lui qui le porte. Si demain, le FLNKS ne doit plus être porteur de l'Accord de Nouméa, l'Accord de Nouméa meurt.

Journaliste : Mais on sait que le Palika vous reproche, ces derniers mois notamment, ce qu'il qualifie d'alliance avec le Rassemblement, l'Avenir ensemble, le Parti travailliste. Est-ce que cette situation est une des raisons de l'échec de la réunion de ce congrès ?
Gérard Reignier : C'est une des raisons, mais ce n'est pas la seule. Je pense qu'elles sont multiples. On a pris note des différentes motions et résolutions des uns et des autres, et on voit bien que chacun a besoin, d'abord, de se retrouver dans ces groupes de pression, on l'a vu sur les motions du Palika, celles de l'UPM, celles de l'UC. Et donc, cette nécessité de pouvoir refaire un point en interne, pour aller plus loin. Et c'est vrai que le reproche de l'alliance, il est fait au sein du bureau politique. L'UC s'en est expliquée, le RDO, l'UPM et le Palika. Mais en rien n'a été remise en cause l'action du FLNKS dans l'application de l'Accord de Nouméa.


Journaliste : De son côté, l'UC avait proposé, il y a quelques semaines, un congrès élargi à l'ensemble des composantes indépendantistes, en y intégrant notamment le Parti travailliste. Elle en est où, cette idée ?
Gérard Reignier : Cette idée, elle continue à vivre, parce que là aussi, on a regardé les différentes motions, et on voit bien que l'ensemble des quatre groupes de pression parle de réunir, de rassembler, de réunifier. Chacun utilise des mots différents, mais tout le monde veut dire la même chose, tout le monde parle de mouvance indépendantiste. Donc, on voit bien, qu'on a, dans ce pays, des indépendantistes, aujourd'hui. En 84, il y avait le FLNKS et le LKS. Aujourd'hui, cette mouvance s'est un peu élargie. Il y a le FLNKS et il y a d'autres partis, d'autres groupes, mais tout le monde souhaite qu'à un moment ou un autre, on se retrouve. L'UC a été un peu, j'allais dire : a pris de l'avance en proposant un congrès, un congrès élargi, justement, aux différentes forces indépendantistes. Mais sinon, sur le fond, tout le monde est d'accord. Maintenant, c'est sur la forme. L'UC est là pour travailler. Les autres partis politiques aussi, le Palika aussi a une démarche, où il parle d'alliés, il parle de mouvance indépendantiste. Donc, on est, sur le fond, dans la même vision. Maintenant, c'est qu'une question de démarche
Journaliste : Le Palika a tout de même traîné les pieds quand on a envisagé une réunion avec le Parti travailliste, ils s'entendent quand même pas franchement.
Gérard Reignier : Oui, bien sûr, c'est normal. Forcément, c'est pas toujours évident. Aujourd'hui, l'UC a quelques difficultés avec le LKS. Mais c'est pas pour ça que la mouvance indépendantiste ne doit pas se réunir, ne doit pas se retrouver. Les enjeux que le FLNKS, que les indépendantistes ont en face d'eux, à savoir, préparer la sortie de l'Accord de Nouméa, font qu'on doit se retrouver à un moment ou un autre.
Journaliste : De son côté, la Dynamique unitaire Sud de Sylvain Pabouty souhaite être intégrée comme cinquième composante du FLNKS. Est-ce que c'est envisageable ?
Gérard Reignier : Oui, c'est envisageable, bien sûr, puisque c'est l'essence-même du FLNKS. C'est un front de libération national kanak socialiste. Ce front, il avait vocation, il a toujours vocation à rassembler les indépendantistes pour, justement, accéder à la pleine souveraineté. Donc, bien sûr, maintenant, il faudra trouver les voies, les formes. Je repense à RDO qui a mis trois ans avant d'intégrer le FLNKS, mais qui a travaillé, mais qui, aujourd'hui, siège au sein du bureau politique du FLNKS. Je pense raisonnablement qu'à un moment ou un autre, le DUS sera à l'intérieur du FLNKS.

Journaliste : D'un autre côté, comment faire appliquer les décisions qui sont prises lors des congrès FLNKS ? On se souvient que lors du dernier congrès, il avait été décidé une démarche unitaire, en règle générale, que ça a pas été fait, et qu'un certain nombre de composantes se sont plaint. Alors à quoi ça sert de faire un congrès si, après, vous n'arrivez pas à traduire dans les faits ?
Gérard Reignier : Je pense que c'est là notre grosse difficulté, mais c'est pas né d'hier, c'est né depuis toujours. Dès la naissance du FLNKS, au moment de la charte, sur les niveaux de stratégies, ça n'a pas été évident. Je rappelle que le FLNKS, à un moment donné, a eu des divisions importantes. Je pense, bien sûr, à la sortie du FULK, par exemple, du FLNKS. On sait les événements dramatiques de 89, sur la signature des Accords de Matignon. Donc, au sein du FLNKS, il y a un débat, il y a quelques fois des contradictions, mais il y a toujours cette même volonté, ce même objectif. C'est ce qui nous rassemble. Là-dessus, il y a pas de souci. Maintenant, la mise en œuvre des choses : bien sûr, le FLNKS n'est pas un parti unique, c'est bien un rassemblement de différents groupes de pression, de différents partis. C'est toute la difficulté qu'on a eue depuis le début, qu'on aura toujours, de toute façon, c'est de mettre en œuvre les décisions qu'on prend ensemble.

Journaliste : L'hypothèse d'un président du FLNKS, on y pense encore ou pas du tout ?
Gérard Reignier : Ça avait fait surface, l'année dernière. Le bureau politique était chargé de travailler dessus. On a beaucoup de difficultés parce qu'il est clair, qu'en fait, pareil…, l'histoire du FLNKS, c'est un rassemblement, c'est un front. Ce qui veut dire que ce sont des groupes de pression et qu'à l'intérieur de ces groupes de pression, il faut retrouver un consensus, il faut trouver la collégialité pour prendre les décisions, et c'est vrai qu'un président qui serait plus un président porte-parole qu'un président décideur, c'est pas évident. C'est pas évident à trouver parce que c'est une question de leadership, et c'est souvent ce que les uns et les autres pensent, c'est-à-dire : qui, de quel groupe de pression va être le président du FLNKS ? Je pense qu'on retombe toujours sur cette problématique. Pour l'instant, il y a le bureau politique qui travaille toutes les semaines, tous les mardis, il se réunit, et qui travaille collégialement, et chacun vient avec ses idées, et on essaye de trouver les consensus nécessaires pour avancer, pour faire exister le FLNKS. Donc, pour l'instant, la question d'un président, n'est pas à l'ordre du jour. La question qui est à l'ordre du jour : nous avons des enjeux très importants, 2014 – 2018, et sur ces enjeux, il faut qu'on arrive à se mettre d'accord. Ensuite, on a des stratégies, comment convaincre les autres, comment préparer une constitution avec les autres. Et donc, ces enjeux, il faut que le FLNKS se structure autour de ces enjeux. Peut-être qu'un jour nous aurons un président qui permettra peut-être, justement, d'être un peu le porte-parole de ces choses-là, mais en aucun cas, le président du FLNKS est un président tel qu'on l'entend dans un parti politique, c'est-à-dire un président exécutif. C'est un président qui est en charge de rassembler les groupes de pression.

Journaliste : Les exécutifs des différentes composantes se réunissent samedi. Il va en sortir quelque chose ?
Gérard Reignier : Ah ben, bien sûr ! Il faut qu'il en sorte quelque chose, de toute façon, et au minimum, si on ne fait que prendre en compte nos convergences, parce que, peut-être, vous, vous ne le voyez pas, de l'extérieur, mais en interne, on a bien vu, sur ce qui se disait il y a un an, il y a deux ans, que pour certains groupes de pression, le FLNKS avait montré ses limites, était 'en bout de course. Cette année, les quatre groupes de pression ont réaffirmé le bien-fondé de ce mouvement de lutte, de ce mouvement de libération qu'est le FLNKS. Donc tout le monde a replacé le FLNKS sur son véritable rôle, et ça, c'est un point qui, pour moi, est essentiel, est important. C'est au moins ce point qui est convergeant. Ensuite, qu'on identifie nos divergences. Il y en a. Faisons-le. Et que, derrière ça, par rapport aux enjeux, on essaye de trouver une méthode pour régler nos divergences et faire face aux enjeux, ce serait pas mal déjà.

Journaliste : Il n'y a pas eu de congrès du FLNKS en 2011, il y en aura un en 2012 ?
Gérard Reignier : Le bureau politique de mardi a dit : réunion des exécutifs, et dans ce que nous proposerons aux exécutifs, c'est que dans les deux mois, dans les trois mois, il y ait un congrès du FLNKS, en 2012, bien sûr.

Journaliste : Gérard Reignier, merci.
Gérard Reignier : Merci.

dimanche 15 janvier 2012

De la reconnaissance de la DUS au sein du FLNKS...


Voici un extrait d'un interview de Jean Marie Ayawa sur une radio locale à l'issue de la Coordination Générale de le DUS...



Journaliste : C'est le rendez-vous politique du week-end, l'assemblée générale de la Dynamique unitaire Sud. En quête de reconnaissance, la mouvance créée, en novembre 2011, veut obtenir la reconnaissance du FLNKS concernant sa démarche politique, à savoir fédérer les indépendantistes de la province Sud. La DUS souhaite qu'elle soit légitimée par le Front. Jean-Marie Ayawa a participé aux travaux.
Jean-Marie Ayawa : Nous avons fait une démarche envers le FLNKS et un courrier qui est parti en direction du bureau politique, pour demander la reconnaissance de notre mouvement au sein du Front.

Journaliste : La Dynamique unitaire Sud espère pouvoir devenir la cinquième composante du FLNKS ?
Jean-Marie Ayawa : Oui, on espère être reconnus en tant que mouvement agissant pour l'objectif du FLNKS, soit en devenant une cinquième composante. Ce qu'on espère, c'est être légitimés en tant que mouvement qui agit pour les objectifs que le FLNKS s'est donné. C'est aux camarades du Front d'en discuter et puis d'en décider. Il est important pour nous, début 2012, de communiquer, de parler de nous pour expliquer un peu aux populations quelle est notre spécificité, notre démarche et quels sont nos objectifs. Et donc, par rapport à ça, nous avons émis des séminaires de formations où, là, nous avons plusieurs thèmes sur la communication justement en politique, parce que c'est vraiment une arme la communication.

Journaliste : Et aux nombres des questions majeures sur lesquelles la Dynamique unitaire Sud entend apporter sa contribution, la réflexion sur l'avenir institutionnel, ou encore le développement économique de la Nouvelle-Calédonie.

mercredi 11 janvier 2012

Quelques rendez-vous manqués à la démarche unitaire depuis mai 2009… au Congrès

Journaliste : Pendant toute cette période, vous étiez encore au Palika. Est-ce que les débats ont été vifs au sein du Palika, entre ces deux positions…, est-ce que vous vous êtes vraiment opposés ?

Sylvain Pabouty : Jusqu'à présent, depuis mai 2009, même jusqu'à cette année, j'ai jamais manqué un seul congrès, comme toujours d'ailleurs, une seule assemblée générale, où j'ai essayé de défendre la position des anciens camarades du Palika Sud, et même, quand il y avait des demandes d'explications, de clarification, on a toujours apporté notre point de vue, et ça n'a pas suffit apparemment, et en même temps, quand on nous disait que si on se reconnaît pas dans les positions du Palika, la porte était ouverte. Effectivement, il y a un cumul de points de divergences qui, pour nous étaient importants, parce que l'objectif, pour nous, c'était qu'il fallait être offensif durant cette période de 2009 à 2014, pour pouvoir arriver en 2014 dans des conditions assez favorables, parce que là, il fallait être offensif, il fallait se battre sur un certain nombre de dossiers. Pour nous, les institutions constituent des leviers, pour répondre aux préoccupations des gens. Par exemple, la province Sud, c'est très important pour pouvoir être auprès des populations, de relayer leurs préoccupations auprès de l'assemblée de la province Sud.

C’est un extrait d’un interview sur une radio locale de Sylvain Pabouty, élu du Congrès et de la Province Sud sous l’étiquette du FLNKS…

Au-delà des questions de fond, notamment sur la stratégie, on peut se contenter de relever des divergences se rapportant à une actualité institutionnelle concernant précisément le Congrès de la Nouvelle Calédonie.

Le 9 mai 2009, des militants de l’UC et du PALIKA confectionnent au dernier moment une liste, nommée Ouverture Citoyenne. Certains d’entre eux avaient d’abord entamé des négociations qui ont échoué avec des forces de droite, notamment Calédonie Ensemble…

Avant l’installation des nouveaux élus au Congrès, dans une réunion organisée par le BP FLNKS, Joseph Goromido, porte-parole des élus UNI annonça que ces derniers ne constitueront pas avec les autres élus du FLNKS un seul groupe en dépit des décisions de la convention du FLNKS du 29 janvier 2009 à la tribu de St Paul (Thio). Dans la lancée, le maire de Koné indique que le groupe UNI présentera sa propre liste au Gouvernement.

Le groupe FLNKS a donné un avis défavorable au projet de modification de la loi organique du 19 mars 1999 parce qu’il avait prévu, entre autres, de « glisser » certaines compétences inscrites à l’article 21-III (sécurité civile, droit civil, droit commercial) à l’article 27. Autrement dit, de glisser d’un transfert obligatoire vers un transfert hypothétique… Et, cela sous prétexte de consensus (mou !) exprimé lors d’un comité des signataires tenu à Paris le 8 décembre 2008 et d’un souci de réalisme et de progressivité (Ah, la belle affaire, dira Rosières à l’assemblée nationale…). Le Conseil d’Etat s’opposera à ce glissement et le parlement lui emboîtera le pas !

Même si elle a été votée à une large majorité (dont le groupe UNI) le 30 décembre 2009, la loi du pays sur l’emploi local dans le secteur privé a été renvoyée pour une seconde lecture suite au recours déposé par le groupe FLNKS du Congrès conformément à l’article 103 de la loi organique. Parce qu’elle ne donnait pas la priorité de l’emploi aux citoyens.

Le 27 juillet 2010, c’est à l’unanimité que le congrès a adopté la loi amendée sous les formes suivantes : « à conditions de qualification et de compétence égales, l’employeur est tenu de donner la priorité au citoyen de la Nouvelle-Calédonie ». Par citoyen, il faut comprendre les inscrits sur la liste électorale spéciale pour le scrutin provincial, suivant la définition de l’article 4 de la loi organique.

Paradoxalement, ce revirement de situation a été initiée par le président de l’assemblée de la Province Sud, Pierre Frogier et non d’un autre groupe…

En février 2010, contre toute attente, Pierre Frogier propose que les deux drapeaux, français et kanak, soient levés côte à côte sur tous les bâtiments institutionnels du pays. Cette initiative, évidemment, ne fait pas l’unanimité au sein du camps loyaliste ; Calédonie Ensemble en fait même un cheval de bataille électorale en vue des législatives de juin 2012. Dans le monde indépendantiste et kanak, toutes les personnalités, les organisations politiques indépendantistes, les institutions coutumières approuvent cette initiative. Sauf le Bureau Politique du Palika…

Suite à la chute du Gouvernement Gomès en février 2011, le Bureau Politique du FLNKS prône une démarche unitaire dans le cadre de la constitution d’une seule liste au gouvernement rassemblant toutes les forces nationalistes. Sous prétexte d’être acculé devant un fait accompli, le PALIKA refusera la proposition de démarche unitaire…

L’élection d’un indépendantiste au Congrès 34 ans après, est le résultat de la soit disant Alliance tant décriée par certains. Il a été élu une première fois le 1er avril 2011, mais Calédonie Ensemble, pour des raisons futiles, a entamé un recours devant les tribunaux. Soutenant cette démarche, le porte parole du PALIKA qualifiera cette arrivée de celui qui assumait jusqu’alors la fonction de chef de groupe au perchoir du Congrès d’élection illégale ! Après une invalidation par le conseil d’Etat le 18 juillet, il sera réélu le 19 août 2011…
Non content d’être débarqué de la présidence du gouvernement en février 2011, le mouvement Calédonie Ensemble mit en place sa stratégie de déstabilisation des institutions ; d’abord au niveau du gouvernement et ensuite, au niveau du Congrès. Cette stratégie, peu constructive et devenue de plus en plus agaçante, n’aura pas trouvée d’écho favorable ni auprès de l’Etat français ni devant les tribunaux… sauf auprès du groupe UNI.
Dans le cadre du renouvellement de la présidence et du bureau du Congrès le 19 août, le groupe FLNKS a proposé une démarche unitaire auprès des groupes indépendantistes. L’initiative a été refusée et pourtant, elle constituait d’une part, à proposer un candidat unique pour la présidence et, d’autre part, à constituer une liste unitaire pour le bureau.
Néanmoins, cela n’a pas empêché au le groupe FLNKS et les élus du PT de voter en faveur de Nadia Héo pour le poste de secrétaire du Congrès. Par contre, le groupe UNI a préféré voter Gérard Poadja au poste de questeur ce qui a torpillé les chances de la candidature de Sylvain Pabouty qui avait présenté sa candidature… Faut-il préciser que Nadia Héo était absente à ce moment là ? Un peu plus tard, le groupe FLNKS a voté encore Nadia Héo, alors toujours absente, pour la présidence de la commission Fonction Publique…


«Depuis six mois, nos institutions ont été malmenées, avec les élections de ce jour, elles sont désormais en ordre de marche et donc opérationnelles. Nous n’avons plus de temps à perdre désormais, il nous faut maintenant nous mettre au travail dans la sérénité et l’apaisement, conditions pour que ce travail soit efficace.» C’est un extrait de la déclaration de Roch Wamytan lors de sa réélection à la tête du Congrès le 19 août 2011.

Nous espérons que cet appel soit entendu par tous. Même si nous savons que d’ici 2014, la mise en application de l’Accord de Nouméa risque d’être perturbée par des stratégies politiciennes en vue des prochaines échéances électorales.



dimanche 8 janvier 2012

Voilà une initiative unitaire à encourager pour l'année 2012 !

Ce vendredi 6 janvier 2012, Caroline Machoro et Jean Pierre Djaiwé, chefs respectives des groupes FLNKS et UNI au Congrès, ont déposé au secrétariat du Congrès un amendement pour la prise en compte de l'enseignement des langues kanak dans le socle commun des connaissances et des compétences, dispositif de la délibération portant sur l'organisation de l'enseignement primaire en NC, texte qui sera examiné en séance publique le jeudi 12 janvier 2012.
L'amendement proposé seront délivrées à la commission enseignement/Culture du Congrès le mardi 10 janvier 2012.
________________________
"Amendement au projet de délibération portant organisation de l’enseignement primaire de la Nouvelle Calédonie (Rapport n° 69/ GNC du 29.11.2011)
Exposé des motifs

L’accord de Nouméa, en son point 1.3.3, et la loi organique, en son article 215, reconnaissent « les langues kanak (…) comme langues d’enseignement et de culture. « Leur place dans l’enseignement (…) doit donc être accrue ».

Il est donc essentiel qu’elles soient dans le socle et pas seulement dans les programmes, le socle étant ce qui est fondamental pour réussir sa vie. Elles servent aussi à maîtriser l’ensemble des compétences déclinées dans le socle.

Le compte rendu des travaux du comité de pilotage Bilan de l’Accord de Nouméa du 21 décembre 2011 indique que sur les objectifs de« rééquilibrage et d’émancipation », la mise enœuvre du dispositif reste insuffisante. La vision n°2 du Défi n°3 intitulé « Converger sur la nature du Destin Commun »stipule :
« Il manque une véritable volonté politique pour que les langues kanak puissent prendre la place qui leur revient dans l’enseignement, les médias et l’espace public de la Nouvelle Calédonie »

L’inscription des langues kanak dans le socle commun de l’école calédonienne doit reconnaître à nos langues le statut que leur confère l’ADN et la LO afin de compléter le socle commun français, elle ne lui enlève rien. C’est une mesure allant dans le sens du rééquilibrage. Elle acte la mise en œuvre progressive de cet enseignement « de et en » langue kanak dans notre école calédonienne.
Quand fut évoqué dans le cadre du transfert au 1er janvier 2012 « le maintien de la qualité de l’enseignement »,nous avions posé la question : « de quelle qualité parle-t-on ? ».

Les cahiers du LARJE d’octobre 2011 font le constat des inégalités ethniques importantes devant l’école dès le CE2.
Donner une place à nos langues dans le socle commun calédonien c’est donner du sens au colloque de 2002 « pour une école de la réussite en Nouvelle-Calédonie ».

Les travaux sur le plurilinguisme à l’école nous y encouragent.

Nos groupes proposent donc d’amender ce projet de délibération portant organisation de l’enseignement primaire de la Nouvelle Calédonie."

lundi 2 janvier 2012

Les indépendantistes et le vote du budget NC 2012

Extrait d'une retranscription des interviews menés par une radio de la place sur les réactions des groupes indépendantistes à l'occasion du vote du budget NC 2012...

Le FLNKS
Journaliste : Le groupe FLNKS aussi soutient ce budget, même si Caroline Machoro a exprimé quelques regrets.
Caroline Machoro : Notre groupe votera pour ce budget parce qu'il est un budget de rigueur et aussi parce qu'il intègre des perspectives économiques et sociales d'avenir. Nous regrettons cependant que le budget 2012 n'ait pas accordé à l'identité kanake, à travers les normes culturelles kanakes, toute la place que lui revient conformément au préambule de l'Accord de Nouméa.

Le Parti Travailliste
Journaliste : Approbation, enfin, du Parti travailliste. Et Louis Kotra Uregei relève que c'est la première fois que son parti vote un budget.
Louis Kotra Uregei : Un certain nombre de dispositions nous semblent intéressantes, notamment le plan d'aménagement du réseau routier. Après, budget classique, effectivement, mais quand je dis budget classique, c'est dire que ça couvre l'ensemble des secteurs qui relèvent du budget de la Nouvelle-Calédonie. Mais nous, nous faisons confiance. C'est la première fois que nous nous engageons favorablement sur un budget. Je rappelle simplement que nous sommes au Congrès que depuis deux ans, et donc, nous nous attachons, petit à petit, à nous engager de plus en plus, au fur et à mesure que l'on apprend aussi, que l'on distingue quelles sont les priorités, petit à petit, on s'engage. Nous sommes satisfaits de ce budget, et c'est pour ça que nous l'avons voté.

UNI
Journaliste : Et s'il pouvait y avoir quelques incertitudes sur l'attitude du groupe UNI, il a, lui aussi, voté pour, comme l'a expliqué Jean-Pierre Djaiwé.
Jean-Pierre Djaiwé : Notre groupe s'inscrit favorablement dans les mesures à mettre en œuvre, préconisées par le gouvernement : la lutte contre la vie chère, se doter d'une fiscalité moderne, favoriser le développement économique et l'emploi, offrir une plus grande justice sociale et protéger les plus fragiles, se doter d'un plan d'aménagement (?). Notre groupe reste cependant dubitatif quant à la capacité des majorités en place à mener à terme les grandes réformes souhaitées dans des délais nécessaires, raisonnables.

dimanche 1 janvier 2012

Les deux drapeaux n'ont fait que lever des contradictions internes à la droite coloniale liées aux intérêts économiques...


Tout commença par une démission au début de l'année 2011...

Une démission de la liste FLNKS qui a entraîné, de fait, la chute du gouvernement Gomès 1er. La chute sera irréversible malgré les diverses tentatives politico-institutionnelles mises en oeuvre.

Dès le départ, la question de la levée des deux drapeaux était mise en avant comme étant à l'origine de la chute du gouvernement. Si l'on ne peut pas se contenter de cet argument, on pourra alors considérer que la question de la levée des drapeaux n'est venue que relever au grand jour des contradictions internes plus profon dans le camps loyaliste ?

Le président de Calédonie Ensemble aurait pu être reconduit à la tête de l'exécutif gouvernemental si le Pacte Républicain était bâti sur du solide. On a tendance à oublier que Gomès n'était pas devenu président du gouvernement par enchantement ou par la volonté du Saint esprit, mais bien grâce à une entente, ponctuelle certes, entre les forces de droite que sont le RUMP (Rassemblement UMP), l'AE (Avenir Ensemble), le LMD (Le Mouvement de la Diversité) et CE (Calédonie Ensemble).

Malgré cela, les relations entre les partenaires du Pacte au gouvernement devenaient de plus en plus brouillées. Qui ne se souvient pas des problèmes relationnels persistants entre l'ex-président du gouvernement et ses autres ministres du Pacte Républicain ? Notamment les brouilles avec Sonia Backès sur la question de l'Enseignement et de la conduite du Grand Débat devant aboutir au projet éducatif ? Et celles avec Simon Loueckhotte qui s'est vu imposé le secteur Fonction Publique du pays ? Ces brouilles ne peuvent pas être ramenées à une question de leadership entre loyalistes au gouvernement ? Mais peut-être à un leadership sur la société globalement... ou sur les sociétés ?

Le Pacte Républicain n'avait que pour seul objectif une répartition des postes et d'empêcher par la même les indépendantistes à se retrouver aux commandes d'une haute institution... En fait, plus sournoisement, ce fameux Pacte Républicain était véritablement un pacte de non-agression entre loyalistes; c'est à dire qu'étant tous trempés dans des affaires louches, les membres du Pacte devaient faire en sorte que ces affaires ne sortent pas sur la place publique.

Les deux drapeaux n'ont fait que de lever une voile qui, de toute façon, tôt ou tard, se devait l'être. En effet, comment des partis, quand bien même tous loyalistes, peuvent-ils s'entendre durablement ? Ces partis ne sont que des relais des intérêts économiques privés contradictoires ? Pire, certains élus y sont directement concernés. Les dossiers traités actuellement par la justice sont significatifs de cette proximité douteuse entre les politiques et les affaires ? Mise examen de Harold Martin pour l'affaire de l'OPT, déboires judiciaires pour Philippe Gomès, liens douteux entre le RUMP et un escroc à la défisc... les médias, evidemment, ont en fait leurs choux gras.

Se croyant toujours fin stratège, Gomès chercha des boucs-émissaires pour masquer un pacte qui ne reposait que, manifestement, sur du vent... Avec virulence, il dénonça voire accusa alors une certaine alliance entre le RUMP/AE et l'UC, responsable de sa chute magistrale. Une alliance, evidemment, contre nature selon lui.
Aveuglés par la question, ô combien secondaire, du leadership au sein du mouvement indépendantiste, aggravée par un anti-UC primaire légendaire, certains responsables et organisations politiques empruntèrent la même voie sinueuse que Gomès 1er.
Malheureusement, les déboires politiques et juridiques recoltés par Philippe 1er ont eu pour conséquence des dégâts collatéraux dans le mouvement indépendantiste.

Kanaky, le 2 janvier 2012


Les membres du comité de pilotage des signes identitaires à la fin de ses travaux en 2008 au Centre Culturel Tjibaou...