dimanche 22 juillet 2012

Intervention de la commission Politique et Citoyenneté du FLNKS/PT à la fin de la Marche du 14 juillet 2014

Bonjour à tous …bonjour à la jeunesse de kanaky, 14 juillet 2012


Je suis Madeleine OUNOU,

J’interviens pour la commission Politique et citoyenneté du FLNKS et du Parti travailliste, une commission qui essaye d’améliorer l’inscription des populations kanak sur la liste électorale spéciale dans chaque commune.

Tout d’abord un court historique :

Cette commission a vu le jour en mai 2009 dans le cadre de l’organisation mise en place dans le Sud après les élections provinciales et sur la base d’un travail commencé par des militants délégués représentant le FLNKS dans les commissions de contrôle des listes spéciales de Nouméa.

En 2011, la commission est devenue commission du FLNKS, validée par le bureau politique et étendue au parti travailliste.

Quel est l’objectif de cette commission ?
C’est de tout mettre en œuvre pour que les 1ers citoyens du Pays, le peuple kanak, soient dans la situation de pouvoir exercer son droit de vote aux prochaines élections provinciales de 2014 et lors du référendum après 2014.

Pourquoi cet objectif ?

En feuilletant les Tableaux Annexes (TA) en mairie de Nouméa, on découvre la présence de nombreux kanak.

Cette liste, TA, rassemble les électeurs qui ne sont pas admis à voter aux élections provinciales. Ce fut une grande surprise ! Comment peut-on empêcher des kanak de voter pour leur propre pays ? Cette situation a plusieurs causes que je ne développerais pas aujourd’hui, ça serait trop long.

A partir de 2009 on a recensé tous ces kanak en consultant les TA dans quelques mairies en particuliers Néa et Mont dore. Cette année on a étendu notre recensement à toutes les communes en se rendant à la Direction Administration Générale (DIRAG) où sont déposés par les mairies toutes les listes électorales On a compté et relevé le nom la date de naissance, l’adresse de tous ces électeurs kanak. Ils sont 1870 dont 1544 dans les 4 grandes communes du Sud. Mais même dans nos communes indépendantistes,  on trouve des kanak qui ne voteront pas en 2014 si on ne fait rien. Quelques exemples : 126 à Lifou, 18 sur Houailou, 25 sur Maré, 16 à Ponérihouen... Pour ne citer que quelques communes. Ces listes, nous les avons dans la commission et pouvons les communiquer.

La commission s’est donc mise au travail pour faire en sorte qu’avant le 31 décembre 2013, il n’y ait plus de kanak sur les TA, mais qu’ils soient tous sur la Listes Spéciales (LS).

Qu’a-t-on fait ? Je vais essayer d’être la plus brève possible !

La commission a utilisé la voie juridique en déposant au tribunal de 1ère instance de Nouméa le nom de tous ces électeurs kanak recensés. N’obtenant pas satisfaction, la commission s’est adressée à la cour de cassation qui à son tour a répondu négativement ce qui nous a amené, cette année, à transmettre toutes les listes des électeurs kanak de 2011, à la cour Européenne des droits de l’homme.

Pour nous tous je pense, le droit de vote de tous ces électeurs kanak est bafoué et il le sera encore plus quand il s’agira de voter lors du référendum si la situation reste en l’état ! Thierry Xozame, un juriste kanak nous a aidés. Dans les requêtes on a surtout insisté sur le fait que tous ces électeurs kanak doivent pouvoir exercer son droit à l’auto détermination réservé aux peuples colonisés.

Tout en utilisant la voix juridique, la commission a interpelé l’Etat français à deux niveaux :

Le 1er niveau, localement auprès du Haussaire. Plusieurs rencontres ont eu lieu et en 2010, un groupe de travail a été mis en place rassemblant tous les partis politiques.

Nous avons également eu une rencontre avec l’association des maires et nous devrions les interpeler de nouveau pour leur remettre les listes des électeurs kanak qui les concerne.

Le 2ème niveau d’interpellation a été nos responsables politiques : le BP du FLNKS, les responsables du PT ; Et lors des comités des signataires de 2010 et 2011, le problème a été traité sans qu’il y ait pour l’instant de solutions
.
Au comité des signataires 2012, nous espérons que la discussion soit de nouveau engagée. Comme moi, vous avez peut-être lu dans les nouvelles calédoniennes de jeudi qu’un échange a déjà eu lieu à Paris semble-t-il entre Roch Wamytan en tant que président du Congrès et Philippe Gomès de Calédonie ensemble. Ce sujet tient à cœur à Philippe Gomès. Durant la campagne, il a maintes fois décrété qu’il y avait 4600 électeurs nés en NC présents sur les TA qui devraient être mis sur la liste spéciale. Effectivement, il y a probablement des électeurs autres que kanak qui remplissent les conditions pour être sur la liste spéciale. Mais notre commission aimerait dire à M.Gomès que le recensement que nous avons fait nous même fait apparaitre 4445 électeurs nés en NC. Les 1870 kanak sont compris dans les 4445. Il en reste donc que 3020 électeurs pour lesquels il s’agira avant de les faire figurer sur la LS, de vérifier s’ils sont bien des citoyens (le lieu de naissance à lui seul ne suffit pas !). Les conditions, vous les connaissez : être arrivés avant le 8 novembre 1998, pour ceux qui sont nés après le 8 novembre 1980, avoir un des parents inscrit sur une liste spéciale…

Pour les 1870 électeurs kanak, le problème ne se pose pas de la même façon. Les kanak sont de fait tous citoyens en tant que 1er occupant du Pays, donc leur transfert sur la LS devrait se faire sans problème particulier. A ce sujet la commission prévoit de rencontrer les coutumiers car un dispositif dans l’Ade N pourrait être utilisé a leur niveau.

La commission sera contente de faire le point avec M.Wamytan et avec les autres responsables politiques indépendantistes qui iront au comité des signataires 2012 ;

Tout en agissant au niveau politique, notre commission s’attache, dans son action, à ce que les 1870 électeurs kanak soient contactés pour qu’on leur dise de retourner en mairie faire leur demande pour figurer sur la liste spéciale des électeurs.

Pour faciliter ce contact avec les 1870 kanak des TA (tableau annexe) des jeunes de la commission, Jean Philippe Tjibaou, Florenda ont initié une démarche « l’appel du TERO » afin de se rendre auprès des électeurs concernés avec un bonjour (c’est une petite sculpture en bois avec un bout d’étoffe attaché et un mot invitant d’aller en mairie). Contactez - les si vous voulez plus de renseignements.

Nous avons aussi interpelé l’ONU par M ANAYA , le rapporteur spécial, lors de sa venue l’année dernière.

En plus de cette situation particulières des électeurs kanak bloqués sur les TA, la commission porte beaucoup d’autres préoccupations pour lesquelles nos politiques, l’Etat français sont également interpelés.

Si vous n’êtes pas trop fatigué de m’écouter,  je voudrais vous en indiquer 4

La 1ière préoccupation :

Concerne l’observation faite dans les commissions de contrôle des listes spéciales en mairie. Des électeurs obtiennent leur inscription sur la LS sans être obligatoirement « citoyen » (la liste S est celle qui permet de voter aux provinciales) L’Accord de Nouméa, définit comme je vous le disais ceux qui sont citoyens de ceux qui ne le sont pas : être arrivé avant le 8 novembre 1998, figurer sur le TA de cette époque et vivre 10 ans continue donc, jusqu’en 2008). Cette présence de non citoyen est surtout vraie dans les communes du sud non indépendantiste, dans les communes où il y a le plus d’électeurs ! Les causes de cette situation sont nombreuses  Je ne peux les développer ici. Mais nous pensons qu’une vérification des LS soit nécessaire avant 2014 ! Pour cela problème devrait également être traité au comité des signataires de 2012.

Une 2ième préoccupation :
Chacun de nous sait, que c’est en province Sud que nous pouvons obtenir plus d’élus pour les envoyer au congrès.

Pourquoi cette volonté ? L’Accord de Nouméa dit que pour certaines décisions, il faut les prendre à la majorité des 3/5ième ce qui veut dire que sur les 54 élus que compte le congrès, c’est 33 élus indépendantistes qu’il faut pour détenir cette majorité

Le nouveau congrès mis en place aux élections provinciales de 2014 devra décider à la majorité des 3/5ième la date du référendum, et son contenu.

Actuellement ils sont seulement 23 élus. Il en manque donc 10 et ces 10, on ne peut les trouver qu’en votant massivement en province sud (actuellement ils sont 4 indépendantistes sur les 40 possible (En province nord et Iles, les indépendantistes occupent à 1 élus près tous leur siège).

Tout cela pour dire qu’il est impératif que beaucoup d’électeurs indépendantistes votent dans le sud !

La commission appelle alors toutes les personnes kanak qui travaillent dans le sud, qui restent pour se soigner, pour scolariser un enfant, … à changer de bureau de vote C’est facile. Cela s’appelle demander un transfert en allant dans la nouvelle commune ou l’on décide de voter. Plus tard, chacun pourra retourner dans sa commune d’origine !

A titre d’information, en province sud, aux élections législatives, 5909 voix sont allées aux candidats indépendantistes sur les 56 158 électeurs qui ont voté Toutes les autres voies (plus de 50 000 sont allées vers les candidats qui refusent que le pays devienne indépendant !

Si on est plus nombreux à voter on obtiendra plus de voix donc plus d’élus. C’est mathématique !

Une 3ième préoccupation est encore à partager avec vous :

Il, s’agit de tous les kanak qui ont perdu un jour leur droit civique et qui pensent, peut-être, que c’est à vie qu’ils ne peuvent pas voter …Même si on a fait de la prison on peut redevenir électeur. Des démarches sont à entreprendre.

Si on connait des personnes dans cette situation, n’hésitons pas à les informer : Elles doivent se rendre au tribunal pour obtenir le papier de levée de l’interdiction, puis aller en mairie avec ce papier faire la démarche ordinaire d’inscription sur la liste électorale spéciale.
Avant de vous indiquer notre 4ième préoccupation, j’ai envie de résumer ce qui motive la commission à agir en sachant que si on était plus nombreux dans la commission, ça serait bien. On serait alors plus efficace.

La commission sait et vous le savez aussi que pour prendre en mains le pays, faire les réformes dont on a tant besoins ….il faut mettre plus d’élus indépendantistes dans les institutions et pour cela toutes les voix comptent. Chaque voix comptera en 2014 et chaque voix comptera pour le référendum qui sera organisé après 2014.

Cette motivation n’est pas la seule :

Le FLNKS a obtenu de l’Etat français que ça soit un corps électoral gelé qui s’exprime pour les élections du pays! Bien que reconfirmé en 2007 par le congrès de Versailles, (corps électoral souvent remis en cause par les élus de droite !), les populations kanak et indépendantiste ne remplissent pas ce corps électoral gelé. Ne laissons pas « les assimilés de l’histoire », donc ceux qui sont arrivés avant le 8 novembre 1998 d’être les seuls à remplir ce corps électoral figé.

Pour ce corps électoral gelé, il ne doit manquer aucun kanak. Pourtant on sait que beaucoup de personnes kanak ne sont pas encore inscrites sur la liste électorale.

C’est donc notre 4ième préoccupation.

Il faut ensemble chercher et comprendre les raisons de cette non inscription sur la liste électorale et bien entendu, la liste spéciale.

Beaucoup pensent qu’aller s’inscrire sur la liste électorale, c’est faire comme les blancs, ou encore ! D’autres disent, la politique ça ne m’intéresse pas, pourquoi prouver que je suis du Pays ? Il faut apporter beaucoup de papiers qu’on n’a pas toujours ….Plein d’autres causes encore pourraient être exprimées. Vous faites peut-être partie de ceux là. Il suffirait alors de vous donner la parole !

Mais, quelques soit les bonnes raisons que l’on peut avoir, il faut peut-être devenir conscient que, ne pas s’inscrire sur la liste électorale, c’est laisser les autres décider à notre place, c’est se mettre dans un statut de marginalisés qui existe encore mais que l’on combat, c’est être un étranger dans son propre pays !

Pour gagner l’indépendance après 2014, il est vraiment nécessaire que tous les kanak mettent un bulletin de vote dans l’urne. Personne ne doit manquer à l’appel ! Le rôle de la commission consiste donc à rappeler les différentes démarches que chacun et chacune doivent faire dès qu’elle atteint 18 ans.

Un mot aussi pour ceux qui bénéficient d’une inscription d’office l’année de leurs 18 ans. Invitons vraiment tous nos jeunes à se faire recenser en mairie à 16 ans car tout démarre de ce recensement pour être mis sur la liste électorale sans avoir à en faire la demande. Nous savons que de nombreux jeunes kanak ne se font pas recenser et ne vont pas faire leur journée d’appel à la défense appelé maintenant « journée de la citoyenneté, JDC

Faire que tous les kanak demain soient inscrits sur la liste électorale spéciale, , c’est un très gros travail qu’il nous faut entreprendre partout dans nos familles, nos clans, nos quartiers. Aller convaincre les indécis, accompagner au besoin en mairie, aider à préparer les papiers nécessaires, créer des espaces d’échanges sur tous ces problèmes …

Mais être inscrit ne suffira pas pour gagner. Il est nécessaire que tous les électeurs aillent voter. Quand on épluche les résultats des législatives, dans notre camp indépendantiste, il n’a manqué que 2752 voix, c’est peu ! Pour que nos candidats, JP Djawié et Caroline Machoro soient élus. On pouvait gagner si tous les électeurs de chez nous avaient votés. A titre d’information encore quelques chiffres : 19 054 électeurs n’ont pas votés en province nord pour 16 481 qui se sont déplacés. En province iles ce sont 14 437 qui n’ont pas mis leur bulletin dans l’urne pour 6405 qui ont voté. En province sud où l’électorat est massivement à droite, la situation est un peu inversée : 51 644 se sont abstenus pour 56 158 qui sont allés voter

Cette abstention massive est préoccupante. Elle a des causes qu’il faut rechercher. Souhaitons qu’elle soit bien moins importante pour les élections municipales et provinciales de 2014.



Pour ces élections nous allons tous nous sentir concernés …Nous obtiendrons alors 33 élus au sein du congrès et pourrons prendre des décisions sans toujours être contrariés par les loyalistes qui demeurent encore trop nombreux dans les institutions du Pays



En conclusion je dirais :



Qu’il est temps de se mettre rapidement au travail, toutes les démarches sont à faire avant le 31 décembre 2013 ; Après ça sera trop tard. Il nous reste plus qu’ 1an ½

Pour faire ce travail, la commission met des outils à votre disposition : la liste des électeurs kanak bloqués sur les TA, l’appel du téro, un diaporama, des fiches de procédures, des tracts, des attestations d’hébergement quand on vit en squat.
J’ai été un peu longue, merci de m’avoir écouté



jeudi 19 juillet 2012

LE FESTIVAL DES ARTS DU PACIFIQUE / HONIARA JUILLET 2012

Honiara ( Salomons ) un des stands sur le site du festival
Le 11ème festival des Arts du Pacifique s’est déroulé à Honiara dans les Iles Salomons. Tous les pays du Pacifique étaient au rendez vous pour présenter leur savoir faire artisanale et aussi culinaire. Le thème du festival : « LA CULTURE EN HARMONIE AVEC LA NATURE ». 10 jours durant la capitale Honiara a vécu au rythme des danses, des chants, un espace pour les salomonais de montrer tout leur talent, pour attirer l’attention de la foule toujours nombreuse sur le site. La micronésie, la polynésie, la mélanésie, une diversité culturelle, mais qui a démontré un dénominateur commun qui est la nature. C’est la nature qui nous donne la vie, elle nous nourrit, elle nous habille, elle nous garde, mais elle peut aussi nous amener la mort. Bien évidemment que toutes ces iles du Pacifique, certaines d’entre elles comme les Tuvalu, sont déjà sur la liste des urgences à gérer, quant aux conséquences de la montée des eaux. Triste image, un artiste a bien voulu symboliser la détresse de ces petites îles en dressant sur un tapis deux bandes de sable, chacun avec des parties surélevées. Les hommes étaient représentés par des noix de cocos secs bien taillés, - on les trouvait à la fois sur les parties surélevés , comme aussi sur les rebords de ces bons de sable pour crier à l’aide et surtout demander le droit d’accueil aux autres pays.

Honiara (juillet 2012) une scène dans le village salomonais
Ce festival s’est tenu au même moment que la commémoration des 34 ans de l’indépendance des Iles Salomons. C’est finalement un grand honneur pour ce pays, qui se prend en charge avec la collaboration de sa propre population. Une population encore bien attachée  à l’essentiel, et qui sait encore faire avec ce qu’elle a. Dans les magasins d’Honiara, on trouvera rarement des boissons gazeuses, du coca cola, (si on en trouve elles sont plus chères), par contre à tous les 100 m on trouvera un marchand de coco vert. L’agriculture garde encore une large place dans la politique alimentaire, c’est aussi un levier ciblé par le gouvernement comme régulateur de la santé, - de même que ces habitations faites avec des matériaux locaux autorisés par le gouvernement aux abords du centre ville d’Honiara. Et la devise qui justifie cela : il faut que l’homme soit bien dans son élément, pour qu’il soit aussi bien dans la société.  Un peuple discipliné et responsable : le site du festival toujours comblé de monde, laisse toujours une ambiance paisible et c’est qui permet de percevoir en toute sérénité la qualité des prestations. Un silence de respect, un silence d’habitude, ou un silence pour continuer à porter cette fibre nationaliste que l’on ressent dès les premiers pas à l’aéroport international d’Honiara.  Dans un interview  accordé à la revue Island Business, le premier ministre des Iles Salomons a fait un rapide tour d’horizon pour dire que le pays avance, avec surtout la collaboration des forces vives que sont les églises, les coutumiers. Le pays est départagé en 8 provinces, avec 600 000 habitants parlant un peu plus de 80 dialectes, donc une réalité hétérogène avec tout ce que cela entraîne. Les tensions entre les Malaita et Honiara des années 2000 en sont simplement à leurs dernières heures, et d’ailleurs le slogan de « L’unité nationale, Solomon’s Island only one country » a été omniprésente dans les thèmes abordés soient dans les paroles des chansons ou encore des danses, des sketches.
Une des belles iles des Salomons : Florida Islands. 

Naku press , très humblement voudrait ici saluer ce pays qui du haut de ses 34 ans d’indépendance , apprécie le soutien de sa population, mais qui en même temps fait aussi son entrée dans les problèmes liés à la modernité. Car comme tout pays, les Salomons sollicitent aussi les investisseurs étrangers pour aider à leur développement.

Mise en ligne par naku press : le 19/07/2012 à 18h00.

vendredi 13 juillet 2012

La Voie du FLNKS: un numéro spécial drapeau censuré...

Éditorial

LE DRAPEAU NE REDESCENDRA PAS  ( la une censurée) .


Un éditorial d'un numéro qui ne pourra pas sortir parce que le Palika et l'UPM ont jugé que les articles étaient un danger pour la paix civil en NC...

La roue de l’histoire tourne dans le sens des aiguilles d’une montre !!!!

« Le pari de l’intelligence » c’est ainsi que JMarie Tjibaou a qualifié les implications de l’Accord de Nouméa. La barre a été placée très haut, ce qui voulait aussi dire que le chemin ne sera pas une ligne droite, sans embûches. L’intelligence, la pertinence, la finesse, tout un certain nombre de concept pour solliciter la capacité de chacun de se transcender pour à chaque fois mettre l’intérêt général, celui du pays avant tout.
Mais l’évolution d’une société avec tout ce qu’elle entraîne, oblige à  redéfinir le positionnement de chacun. Une position prise il y a de cela quelques années peut être revue, c’est la dialectique qui le veut, mais il existe aussi des décisions sur lesquelles nous ne pouvons pas revenir. Celles là font partie des évènements qui marquent réellement un tournant dans l’histoire d’un pays.

L’histoire de la Calédonie c’est aussi celle de la colonisation française. Cette « mère patrie » qui a été capable d’accompagner à sa manière la revendication du peuple kanak pour son émancipation. De statut en statut avec les multiples réformes, les accords, tout cela a contribué à faire évoluer les mentalités, parce que cela faisait partie des exigences mêmes de l’évolution des choses.

Et c’est cet élan qu’il faut prendre pour éviter d’être responsable devant l’histoire de situations voulant aller à contre sens de celui de l’aiguille d’une montre. Qu’en est-il de l’histoire du peuple kanak et de sa revendication pour son émancipation ? La réalité de 2012 est bien celle là : « des patrons kanaks, des patrons indépendantistes embauchent des calédoniens de toutes origines, des professeurs kanaks enseignent à des enfants de toute ethnie, la robe popinée est maintenant portée aussi par des femmes européennes … et pire certaines le font pour dénoncer le racisme anti kanak  dans les boîtes de nuit à Nouméa !!! L’effet du discours politique est aujourd’hui porté  par le peuple dans ses actes quotidiens.

Le vent des législatives a amené un autre écho sur le chemin, celui qui occupe les ondes des médias depuis le début de cette année, et qui a encore pris de l’élan à l’élection des deux représentants de Calédonie Ensemble. Le peuple kanak s’interroge sur cette volonté affichée de revenir sur l’histoire : redescendre le drapeau kanak, ou il faut laisser les kanaks à la tête de leur province, mais surtout pas leur donner la présidence de la plus haute instance du pays. Certainement que l’évolution normale de la revendication noble du peuple kanak, touche maintenant aux intérêts matériels de certains, et de fait elle met en évidence la fragilité des discours tenus par certains, jusqu’à présent. Le pari de l’intelligence va donc revenir rythmer les débats ces prochains jours, parce qu’il faudra de nouveau, sceller la prochaine étape de cette longue marche engagée à deux voir à trois.

Le drapeau kanak aux côtés du drapeau français, peut  intriguer et interroger le chef d’Etat comme le simple passant d’une rue, c’est cette dimension qui gêne énormément. Et c’est cette évolution que chacun doit pouvoir assumer, pour confirmer l’esprit de rééquilibrage et de partage.

Le 14 Juillet est une date historique pour la France. Le mouvement indépendantiste a choisi cette date pour appeler à la mobilisation autour du drapeau kanak avec le slogan «  le drapeau kanak ne redescendra pas », c’est aussi pour se rappeler que certains de nos Vieux se sont sacrifiés aussi sur les champs de bataille français pour la défense des valeurs de dignité  de souveraineté et de liberté. La Rédaction renvoie la suite de cette réflexion aux âmes et conscience de chacun qui veuillent bien comprendre ce que c’est qu’un équilibre !!!


Jean Pierre Djaiwé sur Calédonie Première

Contrairement aux prises de positions de Charles Washetine du Palika et de Victor Tutugoro de l'UPM consistant à dénoncer l'initiative de l'UC à organiser une marche le 14 juillet 2012, le candidat malheureux du FLNKS lors des dernières législatives, Jean Pierre Djaiwé, ne la remet pas en cause.

 
Journaliste : Quel avenir pour le projet de télé du Nord ? NCTV se veutgénéraliste, portée par une société d'économie mixte, soutenue par la province. En attendant de pouvoir émettre, et après le report de l'examen des candidatures par le CSA, la Webtélé est prête et les équipes se mettent en place.
Journaliste : Et pour évoquer ce dossier, et ...d'autres sujets d'actualité, le porteur du projet NCTV, notre invité ce soir. Jean-Pierre Djaiwé, bonsoir !
Jean-Pierre Djaiwé : Bonsoir !
Journaliste : Concernant ce dossier, on l'a vu, le CSA a reporté l'examen de ces dossiers à plus tard. On sait que vous étiez que vous étiez contre la fusion proposée par le gouvernement. Est-ce qu'aujourd'hui, ce projet de fusion est définitivement enterré ?
Jean-Pierre Djaiwé : Ce que je voudrais dire ici, c'est que nous sommes désagréablement surpris par cette décision prise par le CSA. Nous avons un projet qui est quasiment bouclé, finalisé, et cette décision du CSA qui est un organe indépendant des pouvoirs politiques et qui doit prendre toutes les décisions, toutes ses décisions, en toute impartialité, et cette décision de reporter la décision à la fin de l'année arrange ceux qui portent un projet qui n'est pas complètement finalisé. Je tiens à rappeler ici qu'il y a deux projets qui sont portés, l'un par la province Nord, et l'autre par la province Sud. Celui qui est porté par la province Nord est quasiment finalisé. Nous avons déjà nos jeunes qui sont revenus de formation, nous avons les locaux, nous avons les financements, nous avons les hommes pour commencer le projet, et nous avons un autre projet qui n'est pas prêt puisqu'il a demandé des financements au niveau de la Nouvelle-Calédonie, et c'est le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui dit qu'il ne pourra pas financer deux projets. Mais celui du Nord, n'a jamais demandé de financement de la part de la Nouvelle-Calédonie. Donc cette décision de reporter à la fin de l'année, arrange ceux qui portent un projet qui n'est pas finalisé.
Journaliste : Alors, ces projets avaient été très critiqués, notamment par Calédonie ensemble qui met en doute la garantie qui est affichée, de pluralisme et d'indépendance. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce point de vue. Ces télés sont-elles de propagande ?
Jean-Pierre Djaiwé : Nous, nous sommes…, nous portons un projet qui est un projet de télévision pays. Nous sommes aujourd'hui dans un contexte où nous voulons travailler sur l'avenir de notre pays, le vivre ensemble. Nous sommes, là, à porter un projet qui veut aller dans le sens de la mise en œuvre de l'Accord de Nouméa, et de faire en sorte à ce que, à travers les actions, les documentaires que nous allons proposer, les ethnies vivant dans ce pays, les composantes de la population calédonienne puissent se connaître davantage, parce que c'est ça, à notre avis qui manque pour que l'on puisse aller vraiment dans le sens du vivre ensemble.
Journaliste : Bien sûr, il y a d'autres questions d'actualité. Sur le chapitre politique : que pensez-vous de l'annonce faite par le président du Congrès sur la mise en place d'une commission chargée de rechercher un drapeau commun ? Est-ce que cela vous étonne, est-ce que c'est, pour vous, un tournant sur cette question ?

Jean-Pierre Djaiwé : Nous, nous l'avons toujours dit, le FLNKS a toujours dit que nous voulons l'application pleine et entière de l'Accord de Nouméa. L'Accord de Nouméa dit qu'il faut trouver des signes identitaires. Nous, nous avons toujours dit qu'il faut trouver les signes identitaires du pays et le drapeau et le nom du pays restent donc des chantiers à faire.

Journaliste : Pendant la campagne, pour vous, ce drapeau commun, c'est sur une base du drapeau kanaky. Comment ce drapeau pourrait devenir le drapeau commun à tous les Calédoniens. À quelles conditions ?

Jean-Pierre Djaiwé : Vous voyez, nous avons accepté, tous ensemble de vivre dans ce pays. Et c'est le peuple kanak qui s'est battu pour retrouver sa dignité dans ce pays, et il a décidé, il a voulu le partager avec les autres. Et nous voulons également partager ce drapeau pour qu'il devienne le drapeau du pays. Il faut faire un effort sur soi-même. Dire que ce drapeau représente la violence…, et le drapeau tricolore, il a représenté aussi la violence, à un certain moment donné, dans l'histoire de ce pays. Mais on est passé au-dessus, et maintenant les indépendantistes acceptent le drapeau tricolore. On peut très bien aussi accepter le drapeau qui est présenté par le FLNKS pour qu'il devienne le drapeau du pays, et les couleurs peuvent devenir des couleurs sur lesquelles on se met d'accord : le rouge, le vert, le bleu, et le soleil qui éclaire la planète, et bien sûr, la flèche faîtière. La flèche faîtière, c'est…
Journaliste : Jean-Pierre Djaiwé, sur le 14 juillet, puisqu'on parle de drapeau : vous trouvez opportun cette manifestation, qu'on appelle à manifester lors de la fête nationale française ?

Jean-Pierre Djaiwé : Je crois qu'il y a une volonté des partis qui ont appelé à faire une marche. Ce n'est pas une marche de manifestation, je ne pense pas. Mais au niveau du FLNKS, c'est une manifestation qui est lancée pour la première fois. Il y a besoin, je pense, encore de réflexion.
Journaliste : Jean-Pierre Djaiwé, merci.

Jean-Pierre Djaiwé : Merci.