mercredi 29 août 2012

KANAKY – 29/08/2012 …. Renouvellement du bureau du Congrès du pays.

 


« PARFOIS LA POLITIQUE PREFERE LE FAUX A LA PLACE  DE L’AUTHENTIQUE ».

Un indépendantiste au perchoir cela devait dépasser certains !!! Ce mandat n’aura duré qu’un an le strict délai réglementaire. Les indépendantistes sont rappelés à l’ordre  eh oui vous êtes minoritaires au congrès , votre arrivée au perchoir tenait en fait qu’à des ententes politiciennes ( comme certains ont l’habitude de qualifier ce genre d’alliance ou de pacte …). Bref. Les élections ont eu lieu dans les règles de l’art.  3 kanaks candidats , il faut dire que c’est peut être pour la première fois dans l’histoire du pays d’avoir une telle affiche sur le fronton de la plus haute instance du pays. Evolution dans l’air certes, mais comme toute chose il y a des « authentiques » et des « faux »  ou encore assimilés ou mieux encore aliénés pour rester dans la terminologie politique. Le congrès du Boulevard Vauban a connu aujourd’hui une élection qui s’est terminée un peu en « queue de poisson » - les élus devaient élire le président du congrès. L’élection pouvait aller jusqu’à 3 tours, et aujourd’hui durant les 2 premiers tours , les indépendantistes ont fait le plein de leur voix par contre  du côté de la droite locale , les voix se sont répartis entre les deux candidats conformément au nombre d’élus de chaque obédience . Mais le coup de théâtre du 3ème tour a étonné plus d’un dans la mesure où c’est le candidat qui a obtenu le plus de voix du camp loyaliste au deuxième tour, qui s’est désisté. Au 3è tour il ne restait plus que deux candidats en lisse , un indépendantiste et un loyaliste. Arrangement politicien ou démarche de responsabilité pour sauver l’unité du camp loyaliste , c’est à croire que c’est la deuxième hypothèse qui est la plus plausible aux dires du candidat qui a fait le coup de théâtre.

Les indépendantistes ont été viré du perchoir, place donc au loyaliste qui se réclame de ce rapport de force obtenu par son parti depuis les dernières législatives. Il s’agissait donc pour lui d’une continuité pour respecter le vœux de la population. Un raisonnement fondé mais en politique , ce sont les interprétations qui donnent l’éclairage  exact sur les véritables raisons  de tel ou tel positionnement. Protocole oblige , après son élection le nouvel élu loyaliste fait son discours . Fracassant et pas digne d’un paletot comme celui d’un président de la plus haute instance du pays , le discours a été de suite critiqué dans les minutes qui ont suivi sa fin. Critique sévère de la part des indépendantistes , dont certains ont quitté la salle refusant d’entendre une telle tirade relevant de 10 ans en arrière ( dans la teneur des propos), mais aussi critique de la part du camp loyaliste , pire , ces mêmes qui ont voté pour ce kanak loyaliste.  La valse a donc commencé pour rythmer la vie institutionnelle du pays , à moins de deux ans des prochaines échéances provinciales de 2014 . Comme diraient certains, c’est cela le choix de la démocratie à fond amer malgré tout , en l’occurrence.

Mais avec un peu de recul : regardons les chiffres : les indépendantistes ont récupéré deux voix supplémentaires au 3ème tour, un bulletin blanc et le reste des voix au candidat loyaliste. Le candidat élu n’a la légitimité que de 12 voix ceux de son parti, le reste des voix qui l’ont porté à la majorité pour être au perchoir relève de l’autre parti loyaliste. Dans son discours , le candidat élu n’en n’a pas tenu compte, ne serait-ce que par une formule de politesse, sans compter les propos provocateurs envers les indépendantiste mais aussi envers ses propres partenaires loyalistes. Sans vouloir exceller dans le dénigrement , mais cela frôlait le spectacle d’un perroquet qui lisait le papier qu’on lui a remis , mais sans prendre une seconde de réflexion pour simplement déplacer une virgule qui pouvait recaler le sens d’une phrase. C’est le spectacle qui a plombé l’ambiance de cette fin de matinée au Boulevard Vauban.  Tension dans l’air, reformulation, risque d’instabilité politique, radicalisation, bref, des termes qu’on avait plus entendu depuis un certain temps, eh bien ils sont tous revenus au galop.  Quelle est maintenant la suite.   ….Faisons les bonnes analyses pour continuer à avancer en retenant l’essentiel. 
Naku press reviendra sur cette élection  dans ses prochaines publications...

Naku press : Mise en ligne le 29/08/2012 à 21h54

samedi 25 août 2012

RAPPORT DU SENAT COUTUMIER DE LA NOUVELLE-CALEDONIE SUR L’ETAT DE LA SITUATION DU PEUPLE KANAK, PEUPLE AUTOCHTONE DE LA KANAKY-NOUVELLE CALEDONIE

RENCONTRE DU SENAT COUTUMIER ET DE LA MISSION MINISTERIELLE DU GROUPE DE FER DE LANCE (GFDLM)
En visite en Kanaky Nouvelle-Calédonie, au siège du Sénat Coutumier le 14 août 2012.

INTRODUCTION

La visite de la mission du Groupe des Fer de Lance Mélanésien se situe 18 mois après la visite du rapporteur spécial des Nations Unies, James ANAYA et 27 mois après, la tenue à Nouméa d’un séminaire régional du comité de Décolonisation de l’ONU conduit par son président en exercice.
Ces deux visites exceptionnelles et inédites dans l’histoire récente de la décolonisation de la Kanaky Nouvelle Calédonie ont permis d’apporter un regard nouveau de la communauté internationale sur un processus resté trop longtemps enfermé dans le carcan franco- français.
Il faut rappeler que la NC a été réinscrite en 1986 sur la liste des territoires sous tutelle à décoloniser en référence à la résolution 1514 de l’ONU. Par ailleurs comme l’a vérifié et constaté le rapporteur spécial, ici vit en NC un peuple autochtone dont la situation est discriminée par un système imposé par un Etat colonisateur ou une puissance de tutelle. Ce peuple autochtone a des droits reconnus et protégés par la communauté internationale que la France s’est engagée à respecter.
Le bilan de la décolonisation en référence à la résolution 1514 ou le bilan sur le plan du droit à l’autodétermination du peuple autochtone kanak dans son propre pays est le bilan d’un processus issu de deux accords politiques successifs (ADM et ADN) lequel porte sur une durée générale de 22 années soit de 1989 à 2011.
Il est trop tôt pour pouvoir indiquer si des progrès sont en marche suite aux différents bilans négatifs publiés et aux recommandations présentés par James ANAYA.

 Dans ce bref rapport, le sénat coutumier entend présenter brièvement les points importants qui selon les coutumiers devraient rapidement trouver des solutions pour que le processus de décolonisation reste crédible pour les populations kanak (les seuls à avoir été colonisés par la France) et cela aux yeux de la communauté internationales.

Le Sénat Coutumier, au nom de l’ensemble des autorités coutumières organisées dans les 8 conseils coutumiers de la Nouvelle Calédonie
- Se félicite la présente mission du groupe des Fers de Lance Mélanésiens pour cette visite à la rencontre du peuple kanak et des autorités politiques et administratives de la Nouvelle Calédonie ;
- Accueille chaleureusement la délégation et les honorables missionnaires ;
- Emet le vœu que cette visite permette, à la Nouvelle Calédonie toute entière d’élargir sa vision de la société à construire en prenant mieux en compte les droits fondamentaux du peuple autochtone dans le respect des droits de l’homme et dans le cadre d’une société démocratique respectant le pluralisme juridique.

I) LA NON CONCRETISATION D’UN VOLONTARISME POLITIQUE AFFICHE AU MOMENT DE LA SIGNATURE DES ACCORDS POLITIQUES DE MATIGNON ET DE NOUMEA

Les Accords de Matignon (1989 à 1998- 10 ans) puis de Nouméa (1999 à 2019- 20 ans) ont été présentés comme des paris sur « l’intelligence » et on s’est facilement abrité derrière la formule de Jean Marie TJIBAOU « sortir par la grande porte pour revenir par la fenêtre » pour argumenter sur la nécessité d’un processus de décolonisation de 30 ans. Or il faut rendre à J.M. TJIBAOU ce qui lui revient, ce qui signifie qu’il faut lui reconnaître que sa signature ne portait que sur une période de 10 ans qui devait servir à la concrétisation d’un volontarisme politique portant sur la préparation du pays à l’acte d’autodétermination prévue en 1998 dans les Accords de Matignon.
Le Sénat Coutumier verse cet élément important dans le bilan au moment où émergent des prises de positions qui tendent à affirmer que le pays n’est toujours pas prêt à assumer son destin et qu’un pacte cinquantenaire serait nécessaire.
Car en jouant de cet argument, le peuple kanak s’est senti plus intelligent que les autres peuples frères de la Mélanésie à l’image de la France qui s’est toujours considéré comme un Etat au dessus des recommandations de l’ONU.
Quel bilan tirer de ce processus dît « intelligent » ? Peux t-on parler de processus intelligent sans contrainte de délais et sans contraintes de la communauté internationale ?
IL faut d’emblée constater au vu de ce qui a été fait, qu’un processus n’est efficace que s’il est volontaire et le volontarisme politique suppose qu’il y ait une contrainte de délais ou de durée, sinon les objectifs sont rapidement noyés et dilués dans l’intemporalité et dans les habitudes d’un système colonial habitué à se reproduire sur lui-même. C’est ce qui s’est passé pour l’accord de Matignon et c’est ce qui se passe pour l’accord de Nouméa.
Nous affirmons donc que le bilan est mitigé voir totalement négatif au vu des principes de la décolonisation.

Sur les transferts des compétences :
Les délais n’ont pas été respectés et les conditions ne sont pas clairement établies.
Sur le plan de la formation des hommes.
- en 20 ans, combien de cadres supérieurs kanak ont été formé pour la prise en charge de postes de responsabilités dans les administrations et les institutions ? Trop peu dans l’administration centrale, dans la justice, dans la fiscalité, dans la police et la gendarmerie, dans les hôpitaux et les dispensaires.
Sur le plan de l’éducation et de l’enseignement.
- le résultat est mitigé et 20% de chaque tranche d’âge sort chaque année d’une école qui garde pour seul modèle l’école française.

A titre d’exemple, la majorité au congrès de la Nouvelle-Calédonie ont voté contre l’enseignement obligatoire des langues kanak.,
Sur le plan de l’exploitation des ressources naturelles.
- On a multiplié par trois la production du nickel.
- On a multiplié par quatre, les problèmes de pollution
Sur la situation des autorités coutumières et du peuple kanak
- la reconnaissance des structures coutumières et la mise en place des 8 conseils coutumiers et du Sénat Coutumier n’ont pas permis de faire émerger de vrais politiques publiques sur les terres, sur le développement, sur les questions de discriminations et les problèmes de société auxquels sont confrontés le monde kanak.
Sur la situation sociale du peuple kanak et des autres communautés.
- Les problèmes rencontrées ont triplé en même temps que l’on a multiplié par deux le PIB par habitant qui se situe aujourd’hui autour près de 3 millions de $/tête d’habitant.
- La richesse produite est confisquée par les populations immigrées de métropoles et par les sociétés et compagnies basées en dehors du pays.
- Le coût de la vie est très cher et les bas salaires sont extrêmes par rapport aux salaires de la fonction publique et des mines.

II) LA MISE EN ŒUVRE d’UN VERITABLE PROCESSUS DE DECOLONISATION

En 2012, le pays se situe à 7 ans du terme final de l’Accord de Nouméa.
Ce qui inquiète les responsables coutumiers kanak, c’est la trajectoire prise par les travaux actuels des partenaires de l’Accord de Nouméa : l’Etat Français, le FLNKS et le RUMP/Loyalistes français.
Tout se passe comme en 1998, où le bilan tiré reste technique en référence à un cadre très orientée celui du rééquilibrage entre les provinces nord et Iles et la province sud.
Le bilan du rééquilibrage système français et société kanak n’apparaît que ponctuellement sans que cela soit une grille de lecture politique déterminante.

C’est en sens que nous disons que le « volontarisme politique » voulu par J.M. TJIBAOU ne s’est pas traduit en termes d’objectifs pour la mise en œuvre de vrais politiques publiques servant l’objectif de décolonisation affiché.

QUELQUES MESURES TYPES QUE VOUDRAIENT METTRE EN AVANT LE SENAT COUTUMIER POUR PREPARER LE PAYS A SON ACTE D’AUTODETERMINATION

a) En matière de formation de cadres kanak pour le pays.
- La formation de cadres et responsables administratifs dans tous les secteurs.
- La formation dans la technicité du Common law de 50 juristes formés jusqu’ici en droit positif français pour servir dans les institutions coutumières, dans les professions libérales, dans les juridictions civil et pénales coutumiers.
- La formation de 200 infirmiers et infirmières pour servir sur les territoires des communes et des tribus.
- La formation de 200 enseignants en langue pour les maternelles et les écoles primaires.
- La formation de professeurs des collèges et des lycées sur des branches où excellent les universités du pacifique.
- La formation de policiers et gendarmes kanak y compris une vingtaine d’officiers et des officiers supérieurs.
- La formation d’une vingtaine d’officiers et d’officiers supérieurs militaires.
 b) En matière foncière
En Kanaky, et comme dans les pays frères de la Mélanésie, les terres et l’espace appartiennent aux coutumiers.
Un certain nombre d’études historiques foncières chiffrent à 600 000 hectares de terres occupées directement par les clans kanak sans tenir compte des espaces rattachés. La rétrocession des 300 000 hectares manquant aux clans ou en cas d’impossibilité aux chefferies devraient être un objectif pour le court terme de la réforme foncière. Il faut que l’Etat français continue à financer la réforme foncière autour de cette mission de justice historique.
 c) En matière d’aménagement foncier
Le sénat coutumier a demandé la mise en place et le financement du « cadastre coutumier » inscrit dans l’Accord de Nouméa sur une période de 10 à 20 ans pour aménager les terres, établir le cahier foncier des clans et des chefferies.
d) En matière d’exploitation des ressources naturelles
Nous demandons que soit appliqué le principe du consentement préalable et éclairé des chefferies sur toutes les opérations minières et sur l’ensemble des terres et nous demandons un moratoire sur l’octroi de tous nouveaux titres miniers.
e) En matière de fiscalité minière
Nous demandons depuis 2008 au gouvernement et au congrès de la NC que soit appliquée une taxe minière pour alimenter le Fonds de l’Identité Kanak dont l’objet sera de financer les besoins des autorités coutumières, le développement sur les terres coutumières et un fonds pour les générations futures.
 f) En matière de langues et de cultures kanak et océanienne
Le gouvernement et le congrès de NC doivent réorienter les programmes scolaires pour intégrer dans le socle commun d’apprentissage, la culture et l’apprentissage des langues kanak et océaniens en même temps que l’anglais.
g) en matière audio visuel
Nous sollicitons un programme de formation dans le milieu du pacifique de journalistes, d’animateurs et d’opérateurs techniques.
h) en matière de protection de nos savoirs traditionnels et du patrimoine matériel et immatériel du peuple kanak
Le projet de loi du pays portant sur la protection de nos savoirs traditionnels a été récemment rejeté par le Conseil de l’Etat français. Nous sollicitons les organes juridictionnels et décisionnels de l’Etat Français pour la protection immédiate de nos savoirs traditionnels.

EN CONCLUSION

Nous demandons que soit estimé le chiffrage de ces mesures qui doivent selon nous être traduites en programmes de politique publique de décolonisation dans la période 2013 à 2019.
Nous appelons le groupe des fers de Lance Mélanésien et le FLNKS à engager avec le concours de l’ONU une vrai politique de préparation du pays à son acte d’autodétermination.
Le premier mérite de la prise en compte de cette demande serait de redonner confiance au peuple kanak envers le processus de décolonisation pour lequel ont été engagé les Accords de Matignon puis de Nouméa.

Le Président du Sénat Coutumier De la Nouvelle-Calédonie
Et Sénateur du pays PAICI CAMUCKI

jeudi 23 août 2012

LE 23 AOUT UNE DATE A NE JAMAIS OUBLIER !!


  Naku press vous renvoie à cette petite lecture, question de ne pas oublier les années sombres dans  l'histoire de l'humanité... Un message de IRINA BOKOVA, la directrice générale de l'UNESCO  pour ce 23/08/2012

JOURNEE INTERNATIONALE DE SOUVENIR DE LA TRAITE NEGRIERE ET SON ABOLLITION

 

La traite négrière, une tragédie fondatrice de notre monde moderne

La traite négrière qui, du VIe au XXe siècle, a arraché des millions d’Africains à leur terre pour les déporter et les réduire en esclavage dans différentes régions du monde est  longtemps restée une histoire occultée.
Pour que cette tragédie ne soit pas oubliée, l’UNESCO a lancé en 1994 à Ouidah (Bénin), le projet La Route de l’esclave : résistance, liberté et héritage afin de répondre à l’obligation historique et morale de traiter, de manière holistique, méthodique et consensuelle ce chapitre douloureux de l’histoire de l’humanité.
En rendant hommage, le 23 août de chaque année, aux femmes et aux hommes qui ont combattu ce système d’oppression, l’UNESCO souhaite encourager la réflexion et les échanges sur cette tragédie qui a imprimé sa marque sur le monde tel qu’il est aujourd’hui. En effet, par le capital accumulé durant la traite, et le rôle d’investissement qu’il a joué dans l’industrialisation de l’Europe et des Amériques, par les interactions culturelles issues de cette tragédie et qui ont nourri les créations artistiques modernes, et par le combat abolitionniste qui a profondément influencé les mouvements des droits de l’Homme, cette histoire a contribué à façonner notre monde contemporain.

A travers ce projet, l’UNESCO met également en exergue le dialogue des cultures entre les peuples des différents continents qui ont donné naissance à de nouvelles expressions culturelles participant de l’extraordinaire diversité du monde, de sa force créatrice et de sa capacité à se réinventer perpétuellement, tel que nous le connaissons. Les expressions artistiques - le blues, le jazz, la soul, le reggae, le mayola, le candombe, le hip hop, le tango, la capoeira, mais aussi les manifestations des croyances et expressions religieuses - le vaudou, les syncrétismes religieux - en sont le fruit, et constituent notre patrimoine commun.
C’est pourquoi, loin d’être un fait du passé, la question de la traite négrière et de l’esclavage nous interroge tous, et plus encore les jeunes générations qui se sont appropriées cet héritage et qui, fort de ce legs, sont pleinement mobilisées dans le combat contre le racisme et la discrimination, conséquences persistantes de cette histoire. Ce passé nous interpelle enfin car il soulève des questions d’une brulante actualité, telles que la réconciliation nationale, le respect du pluralisme culturel, la construction de nouvelles identités et de citoyennetés dans un monde en perpétuel mouvement.
A l’occasion de cette Journée de commémoration, chacun est invité à ce devoir de mémoire, à s’interroger sur les conséquences de ce passé sur notre présent, sur les nouvelles exigences du vivre ensemble dans nos sociétés multiculturelles et sur la lutte contre les formes contemporaines d’esclavage dont sont victimes aujourd’hui des millions d’êtres humains.
Par leurs luttes, leur désir de dignité et de liberté, les esclaves ont contribué à l'universalité des droits humains. Il faut enseigner les noms des héros de cette histoire, car ils sont les héros de toute l’humanité.

Sources : AFP
Naku press : mise en ligne le 23/08/2012 à 21h45 

mercredi 15 août 2012

KANAKY AOUT 2012 : Visite ministérielle du Groupe de Fer de Lance Mélanésien (GFLM)

Le Premier Ministre Fidjien, le Commandant Voreqe Bainimarama ne sera pas dans la délégation qui compose la seconde visite Ministérielle du Groupe Fer de Lance Mélanésien, (GFLM) du 13 au 18 août.
C’est son ministre des Affaires Etrangères, Ratu Inoké Kubuabola qui la conduit au nom de Fidji, à la présidence du GFLM depuis fin 2010.
L’immigration et les relations extérieures sont des compétences régaliennes de l'Accord de Nouméa, et encore, une fois, c’est la France qui a tranchée en ignorant les relations du FLNKS dans le GFLM mais entendant bien continuer ce que disait déjà le ministre Français de la coopération, Abelin, en 1975 : « La France se doit d’être présente partout dans le monde où le génie de ses penseurs lui a fait une place sans commune mesure avec sa démographie ou les ressources de son territoire national. »

Aussi,  cette affaire devrait attirer notre attention sur le fait que la France a encore de longs et beaux jours dans le Pacifique comme ne s’est pas manqué de rappeler l’Ambassadeur de France à Fidji, Gilbert Montagnier, lors de son discours de célébration du 14 juillet 2012 à Suva.
« La France, grâce à ses trois collectivités territoriales, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie Française et Wallis et Futuna est un pays du Pacifique Sud.
A ce sujet, j’ouvre une parenthèse et je dis solennellement ceci. Dans ces trois collectivités existe un débat politique, comme dans toute démocratie. Ce débat est un débat de politique intérieure française et doit être considéré comme tel par nos amis. Si, un jour, ces collectivités devaient revoir leurs relations avec la France,ce serait sur la base d’un vote majoritaire des populations concernées, sur le principe que reconnaissent toutes les démocraties, « un homme, une voix » et non sous la pression de tel ou tel pays ou de tel ou de tel groupe de pays. Je ferme la parenthèse (….) »
RAPPEL DES FAITS :

Cette visite est inscrite dans un calendrier engagé lors du dernier sommet spécial des Leaders du GLFM à Suva en Mars, où, le Porte Parole du FLNKS pour les relations extérieures, Victor Tutugoro, déclarait :
"Comme je vous l’ai indiqué par courrier Monsieur le Président du GFLM, l’élection présidentielle française et  les élections au parlement de la France  mobilisent fortement la classe politique en NC et le FLNKS vous a proposé de différer la seconde visite ministérielle du GFLM. Le FLNKS serait honoré de vous accueil lir Monsieur le Président ainsi que toutes les délégations en juillet pour cette seconde visite."
 En avril, dans une conférence de presse conjointe, Calédonie Ensemble (CE) et le Mouvement dans la diversité LMD s'opposait farouchement à la venue du 'dictateur du Pacifique en tant que chef de délégation.
La visite programmée en juillet intervenait au lendemain des élections législatives qui ont élus CE dans les deux sièges de députés.
V.Tutugoro et Charles Pidjot se sont rendus au secrétariat du GFLM à Port-Vila, Vanuatu, pour tenter de comprendre pourquoi cette situation « post élections qualifiées de fortement instable » aurait conduit le PM Bainimarama à ne pas faire sa demande de visa à temps.
Dans la foulée, épaulé par le Ministre des Affaires Etrangères du Vanuatu, Mr Carlot, V.Tutugoro s’est envolé à Suva pour y rencontrer le PM Fidjien en personne, qui lui a réaffirmé son soutien sans failles au peuple Kanak.

De gauche à droite: Ministre des Affaires Etrangères du Vanuatu: Mr Alfred Carlot, Président du GFLM & PM de Fidji : Voreqe Bainimarama, Porte Parole du FLNKS pour les Relations Extérieures: Mr Victor Tutugoro et Jean-Pierre Nirua du Secrétariat du GFLM. (photo Sec GFLM)


LA CAUSE KANAK LA RAISON D’ETRE DU GFLM :

Si les Leaders de la Mélanésie sont conscients de la raison d’exister du GFLM ; ce ‘presque’ incident  interpelle sur l’investissement réel du FLNKS au sein de cette organisation, qui est composée des 4 autres Pays souverains.
Encore en juin dernier, Fidji et Papouasie Nouvelle-Guinée plaidait pour la cause Kanak à l’ONU.
Cette 2nde mission Ministérielle a pour objectif principal de récolter les informations nécessaires pour que le secrétariat du GFLM rédige le rapport annuel sur la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa pour le compte de la 4ème commission de l’ONU prévue en octobre prochain. 


Mais une question se pose : «  Est-ce que le Sommet des Leaders du GFLM prévue l’année prochaine en Kanaky va avoir lieu, si la France refuse toujours la présence d’un des Leaders Mélanésiens sur son sol ? 

En 2013, sont prévus aussi de se tenir pour le compte du GFLM, les jeux inauguraux de la Mélanésie et l’anniversaire des 25 ans d’existence du Groupe. 

Magalie TINGAL, 
Suva- Fiji
Août 2012

Naku press : Mise en ligne le 15/08/2012 à 18h53

mardi 14 août 2012

LA NOIX DE COCO DU PACIFIQUE FAIT TACHE D’HUILE



                                         
(crédit photo : AFP)
Woman in Business une coopérative populaire , alimentée par des petits cultivateurs, est chargée de vendre l’huile de coco à l’étranger. En 2008 elle a réussi à obtenir une certification biologique, un titre recherché par un des gros clients de la cosmétique : Body shop du groupe l’OREAL. Depuis , cette coopérative développe toute une politique de partenariat dans la région en essayant de promouvoir les petites cellules familiales , mais aussi d’inciter certaines communautés et notamment les autochtones d’Hawai à se remettre à l’agriculture et à la production d’huile de coco. C’est l’objet des négociations actuellement en cours entre la directrice de Woman in Business : Adi TAFUNAI , et la présidente du Conseil pour le développement du peuple autochtone d’Hawai.

L’idée de Woman in Business c’est de stabiliser les populations dans les îles et d’évier l’exil vers la Nouvelle Zélande, l’Australie, et les Etats –Unis. Body shop est prêt à acheter 10 tonnes d’huile tous les 4 mois , et la capacité actuelle des producteurs de Woman in Business est de l’ordre d’une tonne tous les 3 à 4 mois. Un grand marché que Woman in Business souhaiterait partager avec d’autres producteurs, une façon aussi de solliciter les organisations régionales pour faciliter l’obtention de certification et d’assurer à l’ensemble des producteurs l’accès à ce grand marché.

Une modeste initiative des samoanes qui a rencontré un besoin sur le marché et qui permet à ces femmes de pouvoir partager les débouchés de la commercialisation de l’huile de coco  à l’ensemble des petites îles de la région. Ce sont des petits revenus mais qui permettent de payer certaines factures.

Sources : Radio Australie.
Naku press : mise en ligne le 15/08/2012 à 06h16

samedi 11 août 2012

Le groupe FLNKS Sud soutient le dispositif "Restructuration de l'Habitat Spontané"

Face à la polémique ravivée, dernièrement, à l’occasion de l’avis du Conseil d’Etat sur le dispositif « Restructuration de l’Habitat Spontané », le groupe FLNKS à l’assemblée de la Province Sud souhaite rappeler sa position sur la question.


Dès sa présentation lors de diverses réunions à l’assemblée de la province sud, le groupe FLNKS n’a pas hésité à soutenir le dispositif parce que cela répondait à la volonté affichée par la plus part des populations à majorité océanienne vivant dans les squats.

Cette volonté consiste non seulement à améliorer les conditions de vie au quotidien des familles les plus démunies mais également à offrir un habitat à l’océanienne tout en respectant des règles de base de l’urbanisme.

Cette volonté a été portée, d’ailleurs, par les organisations de soutien aux squatters comme l’Association pour le Droit au Logement pour tous (ADLD).

Le groupe FLNKS déplore que le recours intenté par Calédonie Ensemble contre le dispositif « Restructuration de l’Habitat Spontané », sous prétexte de répartition de compétence entre la Nouvelle Calédonie, est plus motivé par une question de leadership de la droite coloniale et de règlement de compte interne aux anciens partenaires du Pacte Républicain.

Pour ne pas décevoir une fois de plus, les centaines de familles dont la plupart contribuent au développement économique du pays qui attendent depuis des années une amélioration substantielle de leurs conditions de vie, le groupe FLNKS demande d’une part, à l’exécutif de l’assemblée de la Province Sud de ne pas abandonner les éléments du dispositif « Restructuration de l’Habitat Spontané » relevant d’une compétence provinciale et d’autre part, au gouvernement de proposer incessamment un projet de délibération relatif à la création d’un nouveau zonage dénommé « Restructuration de l’Habitat Spontané ».

Une droite coloniale traumatisée...

Apparemment, beaucoup n’ont pas réellement compris la portée essentielle de l’Accord de Nouméa, cet acte de civilisation… Faut-il leur rappeler que c’est un processus inédit de décolonisation. Au lieu de le reconnaître mais, forts d’une légitimité démocratique tout à fait contestable, ils, les responsables politiques de la droite coloniale, se complaisent dans un combat d’arrière-garde… Tirant ainsi le niveau général du débat politique vers le bas.

Ils ne se sont même pas aperçus que l’Accord de Nouméa, processus de décolonisation, est une suite logique de la revendication hautement légitime et historique du peuple kanak pour son indépendance.

Autrement dit, tôt ou tard, pendant ou après l’Accord de Nouméa, le peuple kanak devra retrouver pleinement ses droits légitimes. Ce n’est ni un Gaël Yanno, ni un Philippe Gomes, ni une Bianca Hénin ni d’autres représentants de la droite coloniale qui l’empêcheront ! Même pour le nouveau pouvoir en France, cette droite coloniale ne devrait pas constituer un obstacle majeur. Il lui suffit d’appliquer pleinement et entièrement les dispositifs de l’Accord de Nouméa. Pleinement et entièrement, cela signifie une mise en œuvre conformément à la lettre et à… l’esprit. En effet, c’est tout ce que l’on peut exiger d’un pouvoir de gauche. Néanmoins, les leçons de moral en diplomatique ne doivent pas se renouveler, notamment d’un Etat qui reçoit par vague des dictateurs les plus sanguinaires de la planète Terre…

Ainsi, vouloir fonder un destin commun sans rétablir au préalable le kanak dans ses droits, c’est comme vouloir construire une maison dans les fondations…

Aujourd’hui, les représentants de la droite coloniale usent et abusent d’un certain nombre de subterfuges ou d’artifices pour entretenir une illusion d’une possible paix durable dans la France par l’octroi de quelques miettes identitaires aux kanak.

Ces représentants politiques de la droite coloniale ne sont pas si propres que cela, ces fameux démocrates. Car, depuis quelques temps, des affaires de justice dans lesquelles ils sont impliqués ressortent des placards et alimentent les médias. Si la justice, ici en Nouvelle Calédonie, remplissait convenablement sa mission, les responsables politiques de la droite coloniale effectueraient, à coup sûr, de bons séjours en prison. Aujourd’hui, il n’y aurait pas 400 détenus mais 500 ; c'est-à-dire plus d’une centaine de délinquants au col blanc…

Assener des propos comme « L’indépendance, jamais… », « Clairement en 2014 et 2018, il n'y aura pas d'indépendance, pas d'indépendance-association, pas……. » est, en fait, une thérapie pour se donner bonne conscience face à une marche historique inéluctable et irréversible.
Une marche, on s’en doute, traumatisante…