mercredi 19 novembre 2014

KANAKY : LA FRANCE AUX COTES DES PETITS ETATS INSULAIRES CONFRONTES AUX EFFETS NEFASTES DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

NAKU PRESS publie ci après un extrait de Flash d'Océanie , l'édition du 18 Novembre. La France qui affiche clairement sa position aux côtés des petits états insulaires confrontés aux effets néfastes de la montée des eaux , une position qui se conçoit puisque ces états ont élevé leur voix jusqu'au plus haut niveau des sphères de décision de cette planète. Mais à côté de cela , nous sommes en droit aussi de s'interroger du choix de l'opportunité de ce voyage , pour affirmer une telle posture. Ce voyage s'inscrit initialement , de ce que l'on a compris, dans un souci de venir faire le point avec la classe politique locale , à deux ans du référendum d'auto détermination comme prévu dans l'accord de Nouméa. Et effectivement on peut aussi comprendre que la France profiterait bien de l'occasion pour conforter ses liens avec les pays de la région, notamment avec le  grand continent voisin ( l'Australie) . Bonne lecture et à chacun de se faire son opinion ...


 Le Président de la République française, François Hollande, a affiché en début de semaine la volonté de son pays de se tenir aux côtés des petits États insulaires du Pacifique, parmi les premiers de la planète à être directement confrontés aux effets néfastes des changements climatiques, en premier lieu la montée du niveau des océans.
À l’occasion d’un bref déplacement en Nouvelle-Calédonie, M. Hollande a consacré une bonne partie de l’après-midi de lundi à un « dialogue de haut niveau » avec des chefs d’États et de gouvernements, ainsi que des diplomates et représentants d’organisations régionales et internationales spécialisées dans le développement et l’environnement.

Au siège de la Communauté du Pacifique (CPS, organisme intergouvernemental dont le siège se trouve à Nouméa), M. Hollande, accompagné de son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, de la ministre française des Outre-mers, George Pau-Langevin et de son conseiller spécial pour la protection de la planète, Nicolas Hulot, s’est exprimé devant un parterre de dirigeants océaniens.
Son message, en substance, a été d’affirmer le prééminence et l’ « urgence » de la situation dans le Pacifique, au regard des changements climatiques et de se faire le porte-voix de leur cause lors de la prochaine grande échéance planétaire : la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21), qui se tiendra à Paris en décembre 2015 et dont un des objectifs majeurs est de tenter de parvenir à un accord de dimensions planétaire concernant les mesures en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

À l’occasion de sommets internationaux, les États du Pacifique, et de manière générale les États insulaires, n’ont eu de cesse d’alerter la communauté internationale sur leur tangible réalité concernant les effets des changements climatiques.
Ils se sont heurtés jusqu’ici à une fin de non-recevoir, les grands pays pollueurs refusant de réduire leurs niveaux d’émission de gaz à effet de serre.

« La guerre la plus catastrophique est celle que nous menons nous-mêmes contre les générations futures (…) Le monde n’a jamais été confronté à un défi d’une telle ampleur, et c’est la raison pour laquelle la France sera fière d’épauler la communauté océanienne (…) Nous devons définir les moyens qui nous permettront de créer l’environnement économique post-carbone. Si nous négligeons d’accompagner les pays les plus pauvres et les plus vulnérables dans cette transition vers un développement durable, il nous sera impossible de conclure le moindre accord contraignant sur l’action climatique future », a déclaré lundi le Président Hollande.

Ont notamment participé à cette réunion les Premiers ministres des Îles Cook (Henry Puna), de Niue (Toke T. Talagi), de Tuvalu (Enele Sopoaga), de Vanuatu (Joe Natuman), les Présidents de Kiribati (Anote Tong), du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (Cynthia Ligeard), de la Polynésie française (Édouard Fritch) ainsi que plusieurs ministres représentant d’autres gouvernements océaniens.



Parmi les mesures concrètes annoncées par M. Hollande, lundi, à la CPS : le financement par la France d’un nouveau poste d’expert, basé au sein de cette organisation, et qui sera spécialisé dans les questions de changements climatiques.
Par ailleurs, le Président français a appelé de ses vœux le principe d’une allocation systématique du Fonds Vert à la région Océanie.
En retour, Anote Tong, Président de Kiribati, a applaudi les engagements français et promis à son tour le soutien du bloc des États océaniens à la France, notamment dans le cadre de la prochaine conférence de Paris.
« Nos peuples sont résilients ; ils ont réussi jusqu’ici à assurer leur subsistance, mais leur aptitude à survivre est aujourd’hui compromise par le changement climatique, et le temps est peut-être venu pour eux de solliciter l’aide du reste de la communauté internationale. Nous voulons donner à la France l’aide dont elle a besoin pour la préparation de la COP 21 », a affirmé le dirigeant océanien.
L’un des objectifs affichés de cette conférence est de parvenir à un accord visant à limiter le réchauffement planétaire à un maximum de 2 degrés Celsius.

Début novembre 2014, le gouvernement fidjien a appelé à soutenir la nomination du Président de Kiribati, Anote Tong, pour un Prix Nobel de la Paix.
En milieu de semaine dernière, par ailleurs, les Présidents américain et chinois, Barack Obama et Xi Jinping, ont annoncé conjointement leur engagement en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Les pirogues océaniennes veulent rappeler l’Australie à la réalité


En fin de semaine dernière, non loin de la Nouvelle-Calédonie, en Australie, trois pirogues traditionnelles océaniennes ont fait une arrivée remarquée dans le port de Sydney, afin de faire entendre, une nouvelle fois, les appels à l’aide des petites îles océaniennes face à la menace de changements climatiques majeurs.
Cette manifestation navale intervenait à l’occasion de la tenue jusqu’au 19 novembre 2014 de la conférence de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), en présence de plusieurs milliers de délégués.

Cette conférence dédiée aux parcs naturels se tient tous les dix ans.

Mais pour cette conférence, c’est à la cause plus globale encore des changements climatiques et de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, identifiés comme l’une des cause de la montée du niveau des océans, que les militants océaniens ont décidé une nouvelle fois de s’attaquer.
Cette flottille de « vakas » (nom océanien de ces pirogues millénaires utilisées il y a quatre mille ans pour les grandes migrations en provenance d’Asie du Sud-est) avait dans un premier temps traversé le Pacifique, depuis plusieurs points de départ (îles Cook, Samoa, Fidji et Nouvelle-Zélande).
Au cours de leurs voyages, les équipages ont aussi scrupuleusement respecté les méthodes ancestrales de navigation aux étoiles.
Pour la phase finale de ce voyage et l’arrivée à Sydney, plusieurs dirigeants océaniens (dont ceux de Kiribati - Anote Tong-, des îles Cook -Henry Puna- et de Palau -Tommy Remengasau -) ont décidé de monter à bord de ces embarcations, afin de mieux porter encore le message destiné aux grands pays pollueurs.

M. Tong, qui était présent à Sydney cette semaine pour l’arrivée de ces pirogues, a réitéré son message à l’attention des grands pays.
En substance, recourant à l’image du « canari dans la mine », il a rappelé que les grands pays industrialisés auraient tort d’ignorer les appels au secours des petits États insulaires car, selon lui, ce ne sont que les avant-signes d’un dérèglement planétaire qui, en finale, les touchera aussi.


Au plan intérieur, un groupe de militants australiens, jeudi 13 novembre 2014, avait décidé, quant à lui, de décliner encore ce message et dénoncer l’attitude notoirement climatosceptique du Premier ministre Tony Abbott.

Sur la célèbre plage de Bondi Beach, près de Sydney, ils ont été plusieurs dizaines à se rassembler et se faire prendre en phot la tête…. Enfouie dans le sable.
Objectif : dénoncer ce qu’ils considèrent comme la politique de l’autruche menée par le chef de l’exécutif australien, qui a récemment fait abroger une loi instituant une taxe carbone votée par un gouvernement précédent.

À l’occasion de la conférence de l’UICN, l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud a annoncé la création d’un parc national, le « Marais éternel », situé dans des marais, au Nord de cet État.
Par ailleurs, l’Australie a annoncé lundi 17 novembre 2014 la signature d’une convention avec la Chine, dont le Président Xi Jinping était en visite officielle, en matière de « coopération » dans le domaine des changements climatiques.

Cet accord, selon les signataires (qui se rencontraient dans le cadre du dialogue ministériel australo-chinois), a pour objectif de signifier l’engagement de ces deux pays dans ce domaine, en particulier pour « l’énergie efficiente, une coopération technologique et des mesures précises des données concernant les émissions de gaz à effet de serre ».

Plusieurs États insulaires du Pacifique, parmi les moins élevés au-dessus du niveau de la mer, sont confrontés à la montée des océans, qui ronge lentement leurs terres arables et habitables.
Ce phénomène concerne notamment les îles Fidji, Kiribati, Marshall, Tuvalu et certaines îles de Vanuatu ou de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Dans certains États, comme à Fidji, des programmes de déménagements de villages entiers sont déjà en cours.

Le gouvernement de Kiribati, pour sa part, a fait l’acquisition de plusieurs milliers d’hectares de terrain sur l’île fidjienne de Vanua Levu, en prévision de la nécessité de cultiver des ressources alimentaires, voire même d’y déplacer une partie des populations les plus directement menacées par la montée du niveau des océans.


Sources : Flash d'Océanie ( Edition du 18 Novembre 2014)
Naku press : Mise en ligne le 20 novembre 2014

mercredi 12 novembre 2014

KANAKY : LES DEUX GRANDS PARTIS INDEPENDANTISTES ONT FAIT LEUR CONGRES

Naku press salue tout d'abord ces deux grands rendez vous des deux organisations nationalistes. Heureusement que dans notre pays nous avons encore cette chance de pouvoir discuter. Lorsque l'on regarde l'actualité d'ailleurs, o combien on est sans moyen lorsque l'on voit des gens tirer de loin pour empêcher la démocratie de s'exprimer.  Naku press fait ici allusion à ce bus transportant 43 étudiants au Mexique  qui n'est jamais arrivé à destination. Tous les yeux sont tournés vers le pouvoir en place , d'ailleurs fortement contesté … alors que lors de son arrivée au pouvoir , le président actuel du pays prétendait lutter sans relâche contre la corruption. Bref ce petit détour pour dire combien ces temps de discussion sont précieux pour organiser notre parole.

A l'heure de la publication de cet article , nous n'avons que des extraits des interview  radio des leaders des deux partis, et pour l'heure les motions du 45ème congrès de l'Union Calédonienne. Certes qu'un premier sentiment c'est de dire qu'il y a des divergences , mais une autre grille de lecture nous autorise à dire qu'il y a complémentarité. Aucun de ces deux partis n'a remis en cause l'objectif : le combat pour la pleine souveraineté du pays. Les voyages séparés à Paris pour le comité des signataires, ou encore la virgule qui fait pour certains la grosse divergence sur la question des mines, ou encore que l'un reste très ancré jusqu'à en faire une orientation phare de son congrès , le transfert de l'article 27 , tout cela va dans le sens de dire il faut aller jusqu'au bout. Assemblée référendaire pour préparer le pas suivant , ou article 27 , et la préparation du transfert des compétences régaliennes, c'est en quelque sorte  l'image suivant  qu'il faut comprendre : l'autre pousse jusqu'à la ligne d'arrivée et l'autre s'interroge déjà sur le premier pas après cette ligne. Une grille de lecture un peu caricaturée, mais on peut aussi lire les choses ainsi.  Si on défait un peu les querelles de personnes on peut trouver cette lecture.

Déjà la presse locale s'empresse à parler " de haut risque" faisant allusion à l'orientation donnée par l'UC voulant l'unité de l'ensemble de la mouvance indépendantiste au sein du FLNKS. Mais rien d'étonnant venant de la presse locale. Certains prétendent contribuer à la construction du pays, mais entre ce qui est dit et l'incontournable indépendance des journalistes, il y a un temps pour brouiller les esprits. Des bouquins entiers traitent de la désinformation , et de ses ravages. Des exemples pullulent derrière les grands conflits qui ont animé le monde, avec des milliers  de perte en vies humaines.

Sans prétendre vouloir faire le procès de la presse locale , c'est juste un peu d'objectivité que l'on demande pour le respect du contexte politique ( un contexte très fragile , pour reprendre les termes de certains grands responsables politiques français)  dans lequel le pays est en train d'évoluer. Attention au poids des mots…..

Naku press : Mise en ligne le 12 novembre 2014

lundi 10 novembre 2014

PAPEETE : FESTIVAL DE TAPA sur 4 jours un temps fort pour la rencontre des peuples de l'océanie

 Papeete , Pirae, et Puunauia , 3 centres qui vont vivre au rythme de cet évènement durant cette semaine du 11 Novembre 2014 pour l'ouverture de ce festival du Tapa, la toute première pour cet objet d'art bien connu dans le Pacifique
                                                                      
(crédit photo : Naku press)
Un espace à l’initiative de la Delégation de Wallis en Polynésie française. Beaucoup de pays sont présents  a Tahiti pour cet événement , les acteurs ( fabricants de Tapa) , les commerçants intéressés eux par la diversité des produits qui seront présentés, les chercheurs , certains venus d’Europe et des Etats Unis et bien évidemment tous les pays de l’Océanie. Le Tapa, un contenant et un véhicule comme dirait une anthropologue, c’est un objet d’art, qui sert dans le quotidien encore de nos jours, c’est le cas des Iles Wallis et Futuna, les Tonga, les Iles Samoa, et dans d’autres pays, le Tapa commence à se perdre pour n’être qu’un objet de musée. Mais son ancienneté, sa marque dans l’histoire de certains peuples font que les études contemporaines le prennent comme témoin de certains empires coloniaux  à l’exemple de la Hollande qui a dans son histoire, a colonisé une partie de la Nouvelle Guinée.

Tapa de kanaky  : fabricant : Yvon KONA ( Xaracu)   - crédit Photo : Naku press)


Le Tapa est donc un objet qui interroge sur son avenir, mais qui reste témoin de cet adage : la culture traverse le temps. En effet à l’exemple de Kanaky où jusqu’à un passé récent, personne n’a parlé de Tapa, on a parlé de nattes pour envelopper les morts, mais jamais de tapa. A cet événement de 2014, un kanak va faire la démonstration de la fabrication du Tapa à partir des racines de Banian, et surtout que de ce que l’on sait du pays, les tapas dans le temps ne comportent aucun motif. Mais on peut ouvrir une nouvelle page de l’histoire en inventant des motifs pour en faire la spécificité du tapa de Kanaky.
Crédit photo ( Naku press ) - Arue Novembre 2014
La première pièce, bien évidemment retransmets déjà les couleurs du drapeau national kanak. Retrouver le Tapa parmi les pièces qui ont jalonné l’histoire de la société traditionnelle kanak, c’est aussi découvrir que nous les peuples du pacifique avions à une certaine époque les mêmes approches des vertus des éléments de la nature.  En Kanaky le Tapa fait partie des découvertes de  ce groupe de travail du Centre Culturel Jean Marie Tjibaou chargé de la collecte du patrimoine kanak. Après le Quai Branly où des œuvres de  la société kanak datant de plusieurs dizaines d’années en arrière voir plus de 50 ans , cette découverte du Tapa relèvera ici l’apport réel du Centre Culturel dans l’idée défendue par tous : mieux connaître son histoire, pour mieux se projeter dans l’avenir. Une société qui n’a pas d’histoire est une société qui se meurt à petit feu.

Naku press : Mise en ligne le 10 Novembre 2014