mardi 27 décembre 2016

FLASH INFO : La Chine adopte une taxe sur les émissions polluantes

Une taxe votée  le  25 décembre en Chine mais cela ne concerne pas la dioxyde de Carbone ( CO2) ni les déchets nucléaires. Oui les pollueurs commencent à payer, mais à petit pas … L'Actu de Naku press vous propose un extrait du journal "Le monde" sur le sujet.

Naku press : Mise en ligne le 27 décembre 2016

De la mouvance indépendantiste kanak : la complexité du débat avec un nouveau concept : « politique yo-yo » qui dit peut être véritable divergence ...???


L
es divergences tactiques, stratégiques voire même idéologique ont depuis d’antan marqué les frontières entre les deux plus grands partis de la mouvance indépendantiste : l’UC et le Palika. Mais dès lors qu’il s’agit de revenir sur la cause fondamentale de la lutte du peuple kanak, ces deux partis ont toujours su faire taire les spécificités pour ne voir que l’essentiel. A deux ans de 2018, ce premier rendez vous initié par l’Accord de Nouméa, accord qualifié politiquement  comme un processus d’émancipation, ces divergences commencent de nouveau à s’aiguiser. Mais à la différence du passé, le contexte politique dicté par l’accord de Nouméa, oblige l’opinion à sonder les différentes options proposées par la classe politique locale. De ce fait les divergences peuvent être   considérées comme étant des positions tranchées, du fait que l’opinion est en attente de confirmation par rapport à l’interrogation qui sera au rendez vous électoral de 2018.  Quand les subtilités intellectuelles ; (si l’on peut considérer ainsi les écarts ponctuels  entre les deux grands partis indépendantistes) reprennent le dessus dans les discours, le risque encouru  par ce type d’exercice, certes c’est  le brouillage du message indépendantiste avec un discrédit qui va s’installer progressivement au sein de l’opinion.

Dans un ITV accordé aux Nouvelles Calédoniennes de ce lundi 26 Décembre, le porte parole du Palika , défend l’engagement du parti aux côtés du parti progressiste ( crée récemment) pour organiser les primaires du PS , et donc une participation du Palika aux prochaines présidentielles françaises. Que faut-il penser d’une telle position aux côtés d’un parti progressiste qui a annoncé publiquement  son opposition au projet d’indépendance.  De la haute tactique de politique politicienne (peut être) mais la grille de lecture du citoyen lambda risque d’être plutôt l’incompréhension.  Jauger l’électorat indépendantiste à deux ans de 2018 oui mais pas forcément en s’alliant avec un parti qui s’est prononcé contre l’indépendance. Pour de la finesse dans les propos : le porte parole du Palika dira ceci : « Nous n’avons pas de politique yo-yo sur la question du vote ». Le seul souci dans la jonglerie des propos, c’est surtout pour ceux qui écoutent ou qui lisent.  

Dans ce même ITV, le Palika continue à confirmer  le dialogue pour l'organisation de la sortie de l’accord de Nouméa ; donc logiquement il ne peut pas être d’accord sur l’inscription automatique des kanaks, sur la liste référendaire.  De ce pas, le Palika condamne le RIN (Rassemblement des Indépendantistes et des Nationalistes),   qu’il considère d’ailleurs comme une initiative voulant supplanter le FLNKS ; et bien évidemment la position de l’UC sur sa non participation aux prochaines élections nationales françaises. Etant pour le dialogue , le Palika affirme son soutien à une candidature de gauche connaissant le dossier calédonien pour les prochaines présidentielles.

Entre la position de principe pour ne pas participer aux élections françaises, et la position tactique d’utiliser cette consultation pour jauger l’électorat indépendantiste, il y a peut être comme une complémentarité,  s’il faut placer le curseur au niveau de la mouvance indépendantiste. Naku press dans une de ses publications au lendemain des congrès des formations indépendantistes avaient simplement relevé le fait que l’ensemble des partis avait  reconfirmé la nécessaire accession du pays à sa pleine souveraineté.

Mais le jeu de mots, et justement la politique yo –yo n’aura plus la même consonance dans un contexte qui appelle à la fois de la finesse dans l’expression des positions, et surtout la nécessité d’amener à l’opinion des éléments qui posent le pays. Sur la question des listes électorales, on voudrait comprendre que c’est de la pure tactique politicienne que certains partis comme le Palika s’accroche mot à mot à l’Accord de Nouméa et encore, pour occulter de fait les réalités coloniales qui continuent à sévir dans le pays. Parler d’inégalités sociales ( les valeurs de gauche) en occultant la spécificité ethnique ( pourtant criante dans le pays ) c’est faire abstraction des réalités modernes du colonialisme qui continuent à sévir dans le pays , ou c'est faire le choix de donner la primeur à une réalité globale, celle du "fameux nouveau contrat social". Comme dirait l'autre : "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais"- politique yo-yo , ni loyalistes , ni indépendantiste, et on conserve bien sa place au sein de la mouvance indépendantiste,  - Cela ressemble malgré tout à un chemin bien sinueux  pour l'heure !!! Ou alors c'est de la haute voltige !!!!

Quand les questions de formulation deviennent trop tranchées, elles peuvent réellement marquer des divergences profondes, ou alors, on ose encore croire, que dans un contexte aussi compliqué, la finesse dans les propos, et les manœuvres politiciennes  constituent  aussi une arme, sauf que l’opinion d’une manière générale va comprendre ce qu’elle lit et entend. Comme on peut aussi  comprendre  qu’au nom d’une stratégie de communication, de tels propos s’adressent à un électorat qui reste à conquérir pour la cause indépendantiste, ceux qui ont peur de la pleine souveraineté.   

Quelques propos recueillis sur les réseaux sociaux …..
Dans les nouvelles calédoniennes de ce matin, le porte-parole du PALIKA, interviewé, se demande si "le RIN veut-supplanter le FLNKS" a propos de la question de l'automaticité de l'inscription des kanak sur la liste référendaire ?
Vous avez dit "parano" ? Quand on s'autoproclame "démocrate", on doit accepter que d'autres groupes ou personnes puissent avoir des positions divergentes...
«  Participer aux primaires socialistes en Kanaky en 2017 c'est soutenir les progressistes qui appellent à voter contre l'émancipation et la décolonisation de Kanaky, contre l'accord de Nouméa, contre les vrais valeurs de gauche universelle .Je ne sais pas comment le Palika va manœuvré avec les clowns progressistes des franc maçons, qui font du5/5 sur le dos du peuple colonisé. »

 « Au delà du discours de façade, est-ce que ce positionnement ambigüe ne traduit-il pas un virage idéologique entamée depuis un certain temps renforcé par un soutien plus que nécessaire de l'État français à l'usine du Nord ? »

La diversité des opinions et des réactions sur de tels propos, au sein même de la mouvance, ou du réseau militant témoigne d’une certaine incompréhension. Certains même parlent de virage idéologique…. Et le débat continue ….

Naku press : mise en ligne le 27 décembre 2016



samedi 24 décembre 2016

West papua : la Papouasie occidentala de nouveau refusée au sein du MSG

La réunion des dirigeants des Pays membres du MSG a de nouveau refusé la demande d'intégration de la Papouasie occidentale au sein du MSG. Le pasteur Alan NAFUKI, présient de l'Association de la Papouasie Libre de Vanuatu et du comité de l'Unification de la Papouasie Occidentale, ne cache pas sa déception et regrette l'absence du Premier Ministre salomonais , Mr SOGAVARE, à cette réunion, sachant qu'il constitue avec le Premier Ministre du Vanuatu : Mr Salwai , les principaux soutiens de cette demande d'intégration de la Papouasie occidentale au sein du MSG.

Sources : Radio Australie ( édition du 23 décembre 2016)
Naku press : Mise en ligne le 25 décembre 2016

De la cause palestinienne : Obama s'abstient lors du vote de la résolution 2334 de l'ONU par le conseil de sécurité

Surprise à un plus haut niveau, le président Obama , s'est abstenu lors du vote de la résolution 2334 de l'ONU par le conseil de sécurité. Cette résolution 2334 , condamnant la colonisation des territoires palestiniens occupés dont Jérusalem Est. Trahison, mauvaise gouvernance internationale ce sont les termes employés par la presse américaine pour qualifier cette position prise par le président sortant.
Outre les contreparties diplomatiques, ou économiques et financiers, ou tout simplement politique, Naku press retiendra que cet évènement relève une évolution dans les discours, de ces hauts lieux de la gouvernance du monde. Ainsi quand la roue de l'histoire tourne , elle peut ébranler des fondamentaux , et cela nous rappelle une chose simple que derrière toute décision , il y a simplement l'humain.
L'Actu de Naku press vous en dit un peu plus , sur cet évènement , qui marquera la veille de ce noêl 2016.
Naku press : Mise en ligne le 25 décembre 2016

samedi 26 novembre 2016

Ces 638 fois où la CIA a voulu se débarrasser de Fidel Castro

Pour toujours suivre cet évènement qui a marqué le monde politique ce week end, nous vous proposons un article du Monde , en date du 26 Novembre 2016 , pour donner quelques moments  de la carrière politique du leader cubain , avec évidemment  comme pour chaque dirigeant qui gêne , des moments où tout est mis en oeuvre pour en finir avec la personne.
C'est dans notre page : l'Actu de Naku press.

Naku press : Mise en ligne le 27 novembre 2016

Cuba : Fidel CASTRO le père de la révolution cubaine , décédé à 90 ans ce samedi 26 novembre 2016...

Naku press rend homage à ce grand homme qui a su marqué son temps avec sa profonde conviction aux valeurs du communisme. Comme tout grand homme politique de ce monde , des réussites , des échecs, mais reconnaissons ici simplement sa persévérance et la croyance jusqu'au bout à l'idée d'indépendance de son pays .
Le 2 décembre 1961, alors qu'il s'était défini comme un «marxiste-léniniste», il a annoncé que Cuba adoptait le communisme.
Connu pour avoir tenu son île d’une main de fer et s’être opposé aux États-Unis, il a longtemps bénéficié du soutien de plusieurs personnalités politiques comme Hugo Chavez, Evo Morales ou encore Nelson Mandela.
Bonne lecture sur notre page : l'Actu de Naku press , pour l'écho d'une édition de RFI sur le sujet .
Naku press : miss en ligne le 26 Novembre 2016

jeudi 13 octobre 2016

Aujourd’hui, les kanak ne demandent que JUSTICE et RECONNAISANCE avec l’inscription de tous les kanak sans condition à la liste référendaire !


Vu l'actualité sur le problème de l'inscription des kanak sur la liste référendaire Naku press publie ci-après le point de vue d'un militant , élu à la province Sud . Un point de vue qui rappelle que certains fondamentaux ne sont pas pour autant réglés , sur la question du contentieux colonial. Quand il y a encore des inégalités qui persistent, la démocratie a parfois du mal à être respectée dans toute sa dimension.  C'est un point de vue à lire pour un autre décryptage de la réalité.  Bonne lecture !!!



Face à la revendication d’inscrire tous les kanak sur la liste référendaire sans condition, il est opposé la démarche volontaire et individuelle pour ce faire ! Et, s’ils veulent s’émanciper, ils n’ont qu’à se « bouger »… en insinuant que les kanak veulent être servis sur un plateau. Des vrais assistés, quoi !

Encore une fois, c’est méconnaître l’histoire de ce pays et méconnaître, c’est occulter le COMBAT, les sacrifices que les kanak ont dû consentir pour que les citoyens, sans exception, vivent dans une relative paix sociale dans un contexte de développement économique et social tant enviée.

Prise de possession unilatérale du pays en 1853, vol légalisé des terres et cantonnement des clans kanak dans des réserves, répressions et massacres de tribus qui ont oser se soulever face aux exactions des colons, déportations de chefs kanak, présentation de kanak comme des animaux dans un zoo à l’exposition universelle à Paris de 1931, impôt de capitation et travaux forcés, notamment pendant la période du régime de l’indigénat, envois de kanak en France pour délivrer les français du nazisme, Pendant ce temps, les kanak disparaissent progressivement dû aux maladies importées, etc.
Tout est programmé pour que les kanak disparaissent de la carte ! Heureusement, quelques humanistes religieux et autres ont pu mettre en échec à la mission civilisatrice de l’Occident !

Dans une société très marquée par le racisme le plus abject, où ils sont considérés comme des sauvages, les kanak n’avaient ni droit à l’instruction ni à la scolarité jusqu’aux années 50, le premier bachelier kanak date de 1962,…
Malgré cela, les kanak se sont toujours battus pour la reconnaissance des droits civiques, économiques et sociaux les plus élémentaires…
Dans les années 50, dans le contexte de la loi Cadre, la Nouvelle Calédonie pouvait déjà basculer dans l’indépendance mais, les responsables politiques kanak de cette époque ont choisi une transition progressive vers une émancipation totale. C’était pour l’Autonomie évolutive.

Sentant le danger potentiel, la France coloniale, sous la pression des partis colonialistes locaux,  mena une politique de recolonisation en reprenant des pouvoirs déjà accordés au pays ; c’était les lois Billots et Jacquinot …. La France a ainsi déshabillé l’Autonomie…!
Ensuite, dès les années 70, elle a mis en place une politique de peuplement pour rendre minoritaire les kanak chez eux. C’était la circulaire Messmer de 1972… Depuis, elle s’est toujours assurée que les non-kanak demeurent très majoritaires, notamment en vue des échéances électorales…

Néanmoins, les kanak ne se sont jamais ressentis résignés. A partir des 70, les partis politiques kanak se radicalisent et revendiquent l’indépendance.
Pour contenir cette revendication nationaliste, la France a proposé des réformes et des cadres politico-institutionnels. Stirn, Dijou en 1978, Lemoine en 1983, Fabius-Pisani en 1985, Pons en 1987, Accords de Matignon en 1988,… et aujourd’hui, Accord de Nouméa depuis 1998… Des compromis traduisant des rapports de force à un moment donné, à chaque fois, les kanak poussèrent les négociations pour aboutir à un cadre institutionnel la plus émancipé possible. C’est l’Accord de Nouméa de 1998.

A chaque fois, les forces politiques les plus conservatrices étaient les porte-paroles des populations opposées à la revendication légitime des kanak ; ce sont des populations « importées » qui ne se contentent que d’un statut quo qui comportent des avantages et des privilèges les mettant dans une situation de supériorité aux kanak…
Sans remettre en cause le droit des victimes de l’histoire à voter, un droit consenti mais abusé depuis, aujourd’hui, les kanak ne demandent que JUSTICE et RECONNAISANCE avec l’inscription de tous les kanak sans condition à la liste référendaire !

Uué  Sylvain ( province Sud)
Naku press : Mise en ligne le 14 octobre 2016 



dimanche 25 septembre 2016

KANAKY : le 24 septembre 2016 fait écho du Nord au SUD !!!

Naku press vous propose quelques lignes sur les deux évènements qui ont animé ce week end du 24 septembre 2016. "Nous avec les  autres " et "d'abord nous tous  et après avec les autres". Bonne lecture sur notre page : l'ACTU de Naku press.  Avec ou sans préalable , combien sommes nous prêts à laisser sur le bord de la route , c'est la question que l'on se pose à l'écoute de certains discours !!! A chacun son idée...

Naku press : Mise en ligne le 25 septembre 2016

QUAND UNE VERITE DERANGE , tous les moyens sont bons pour la minimiser !!!

Il y a deux semaines de cela , "l'Avenir" le bulletin interne de l'Union Calédonienne a sorti un numéro spécial consacré aux finances   de la Nouvelle Calédonie. Surtout que l'objectif de ce numéro spécial c'est de démontrer que chiffres à l'appui, le pays a les moyens de son indépendance. C'est ce fil qui dérange et qui fait aboyer certains dans la classe politique locale. Certains diront que ce ne sont que des chiffres, et les chiffres on peut les tourner dans le sens que l'on veut, cela n'est pas significatif pour autant , du moins , pour la conclusion de l'Avenir : "Notre indépendance sera viable". D'autres diront que c'est un mélange de torchons et de serviettes, alors que dès l'instant où la Calédonie se détachera des transferts public de la France, le niveau de vie va baisser par rapport à ce que nous vivons actuellement ( avec un PIB par habitant  pour le moins plus élevé par rapport aux pays de la région). Et ces mêmes orateurs vont illustrer leur propos en donnant des statistiques sur les biens de consommation du type : frigidaire, machine à laver , non mais comme dirait les jeunes "Allo quoi ...". 
L'Avenir Calédonien  Edition Spéciale 08/2016 ( cp : NP)

L'Avenir n'a pas mâché ses mots , d'ailleurs son titre en dit long: " Notre indépendance sera  viable" et il enfonce les clous en affirmant que le pays finance déjà ses compétences à 80% et avec ses recettes propres. Ce sont des mots qui fâchent car il faut toujours affirmer le contraire pour faire comprendre que sans la France ce sera le chaos.

 L'hebdomadaire : l'ACTU .NC a repris les mots indépendance et viable pour en faire le titre de la une de son édition du Jeudi 15 septembre. Comme quoi que finalement certains étaient peut être surpris que les indépendantistes sortent de telles analyses. La roue de l'histoire  continue à tourner , et malheureusement ceux qui estiment détenir seuls la vérité sur les choses, se voient parfois dépasser. Dans le cas présent, il est normal que les indépendantistes,  après la doctrine nickel portés par certains pour la gestion de la ressource Nickel , il est enfin temps de dire aux calédoniens que le pays  dispose suffisamment de moyens pour garantir sa pleine souveraineté. Mais l'histoire nous a aussi enseigné que quand on est à court d'arguments , la peur restera la seule alliée, pour sauver sa crédibilité auprès de l'opinion publique. 
ACTU .NC : EDITION DU 15 SEPT 2016 ( CP : NP)

En longueur de journée, les langues délirent  que ce soit dans le milieu économique ou scientifiques pour affirmer que le pays est riche. Et à côté de cela on va dire que sans la France, le pays va sombrer dans la pauvreté . Il y a parfois des logiques comme celle là , difficiles  à comprendre ...  L'Avenir a surpris peut être ceux qui discutent sur l'avenir institutionnel du pays , sans trop y croire, on fait les choses pour la forme ....   Naku press salue le choix du sujet de ce numéro spécial, et espère que ce contenu ne restera pas là mais qu'il vienne irriguer les réflexions ou éclairer ceux qui continuent à croire aux discours de la peur. Comme par hasard ,cela pourrait faire écho aux propos de certains qui aiment bien utliser le mot "éclairer les calédoniens sur ce que ce sera demain au lendemain du référendum". 

Naku préss : Mise en ligne le 25 septembre 2016

dimanche 28 août 2016

AU FIL DE L EAU !!!

A deux ans de 2018, le mouvement nationaliste kanak continue à occuper l’actualité du pays. Le long combat sur les listes électorales continue à être le sujet politique du moment, ou encore comme le dit un des experts de l’ONU : c’est le chantier du moment. Les militants qui ont pris ce dossier en main n’arrêtent plus les va et vient avec les réunions au Haussariat, car quelque part c’est bien l’Etat français en final qui a les clés en main pour donner une perspective à ces revendications portées par le peuple Kanak. Certes qu’après les comités de signataires qui se sont tenus à Paris, tout le monde a compris, que les choses ont glissé et notamment dans la manière de gérer les prises de décisions : oui Paris très clairement est revenu sur la loi de la majorité pour faire passer le « Politiquement clos », le consensus qui a toujours animé les comités de signataires depuis est bien parti avec le vent ce jour là. Bref.
Cette semaine l’actualité sur le sujet des listes électorales est revenu au devant des médias avec la restitution officielle du rapport des experts de l’ONU, et le communiqué de presse du Groupe FLNKS et Nationalistes du congrès saluant le travail fourni, mais regrettant que tout a été fait pour que l’expertise ne porte que sur des aspects techniques. Le point positif retenu par le groupe, c’est que ce rapport permettra aux gens des Nations Unies de connaître la nature des difficultés de ce chantier de la constitution des listes pour le prochain référendum d’auto détermination.
Sur le terrain outre l’action des partis indépendantistes respectant leur planning d’activité, le FLNKS a finalement commencé ses tournées dernièrement une réunion à Lifou , avec le message phare : il faut aller voter en 2018 !! Lifou a décompté à peu près 3000 abstentionnistes lors des dernières élections provinciales.

Comme exprimé les experts de l’ONU, le combat pour l’inscription sur les listes électorales est un engagement permanent et à tous les niveaux : collectif pour parler de l’action des organisations politiques, mais aussi individuel  pour aller faire les démarches. Certes que des régulations sont à prévoir dans le mécanisme administratif, mais voter c’est d’abord un engagement individuel, de vouloir participer à la vie politique du pays, de vouloir exprimer une position.
Les comités de pilotage continuent le travail sur les différents thèmes  en prévision du prochain comité des signataires, prochainement ce sera une réunion sur la question de la citoyenneté. Des fiches de synthèse portant sur les thèmes abordés depuis, par le comité de pilotage, sont déjà plus ou moins validées, mais encore une fois, ces discussions ne sont pas des négociations. En tous les cas, la configuration de ces comités de pilotage pourraient laisser croire à cela, mais selon les propos du représentant de l’ETAT , ces discussions sont organisées dans l’objectif de relever les points de convergence et divergences entre les partis  , de manière à les soumettre au prochain comité des signataires.

Certaines composantes de la classe politique locale ont quitté ces réunions voyant cela comme la préparation d’un accord, alors que parmi eux hier avaient parlé ou du moins laisser entendre leur adhésion à un 3ème accord. Faire de la politique, c’est aussi savoir user de certaine opportunité pour conforter son public. Dans le cas présent on sait que nous sommes déjà en période de propagande pour les élections nationales : présidentielles et législatives, donc oui pour continuer à bénéficier d’une bonne écoute à Paris, il faudrait envoyer des messages forts aux candidats favoris. On se doute bien que participer à des réunions proposées par le gouvernement socialiste peut être considéré comme jouer la carte d’une expédition organisée par le parti socialiste en vue des prochaines élections. Réussir la décolonisation de la Calédonie ne peut être qu’un bon point pour les « socialos ». Politique politicienne oblige par les temps qui courent. Les indépendantistes eux suivent les réunions, avec ou sans des positions confirmées sur les thèmes, l’UC qui a déclaré ouvertement qu’elle ne signera avant son congrès, une réalité qui traduit une volonté d’aller jusqu’au bout de ce qui est proposé dans le cadre de la gestion politique de l’accord de Nouméa.

Dans le pays, les forces vives par le biais des syndicats relèvent les dossiers restés en suspens depuis : la question de l’emploi avec ses disparités dont les kanaks restent finalement les premiers victimes, et notamment ceux qui ont des formations de cadres. Oui effectivement c’est la partie la plus haute des catégories socio professionnelles où apparemment il y a encore des réticences, bien camouflées par le discours arguant l’étroitesse du marché de l’emploi.  Sur un plan purement social : la question du logement où là aussi les kanaks viennent remplir en gros pourcentage la liste de ceux qui ne remplissent pas les conditions pour pouvoir accéder à des logements. Oui on parle de crise dans le pays, il est peut être normal que les kanaks soient les premiers à être touchés !!!  Au niveau de l’école, le projet éducatif a été voté par le congrès mais l’UGPE relèvera quelques problèmes notamment sur la question de l’enseignement des langues kanak. On pourra dire que le projet éducatif propose un cadre , et au fil du temps des choses pourraient être améliorées, mais encore une fois, comme par hasard c’est sur un aspect qui touche les kanaks, que cela pose problème.

C’est peut être la logique des choses qui veut cela : à deux ans de 2018 tout doit être mis sur la table, car l’accord de Nouméa parle d’un nouveau contrat social, on est en droit de comprendre au moins que cela soit fait d’une manière équitable, or la réalité est tout autre. Des améliorations certes, mais le dur reste à faire. En effet ce n’est pas avec un avocat, et quelques 1500 cadres formés par le programme Cadre avenir que  les choses aient été  réglées pour autant.

Ce qu’il faut relever : le mouvement indépendantiste à deux ans de 2018 continue à faire entendre sa voix , en face les subtilités techniques et méthodologiques sont bien affinées, mais il y va de la capacité de chacun d’être à la hauteur des enjeux. Plus le temps passe, plus les contradictions élémentaires : dominant, dominés vont émerger de nouveau, certes sous différentes formes, mais dès lors que l’on parle de souveraineté c’est faire allusion malgré tout à une rupture.  On sait par ailleurs que la France a aussi des intérêts à défendre dans cette partie du monde, donc ce sont aussi des préoccupations qui transparaissent aux détours d’une méthode, ou d’une phrase … Le peuple kanak qui se bat pour sa dignité, continuera à sa façon d’affirmer sa volonté d’être reconnu comme il se doit dans son pays.

Pour terminer ce petit tour d’horizon, Naku press vous propose la lecture du dernier numéro spécial de l’Avenir, le journal d’information de l’ Union Calédonienne avec en titre : « NOTRE INDEPENDANCE SERA VIABLE », un décryptage des chiffres, qui vient franchement contredire certains propos utilisés dans le pays pour dénigrer le projet d’indépendance.  Une autre lecture des réalités financières de la relation entre Paris et la   calédonie !!!

 (retrouvez le numéro complet sur le site : http://www.fichier-pdf.fr/2016/08/23/avenir-spécial/

Naku press : Mise en ligne le 28 Août 2016

samedi 16 juillet 2016

FLASH INFO / le GFLM en réunion à Honiara n'a pas pu trancher sur la question de l'intégration du MLPO au sein du mouvement



Ni oui ni non , pour l'intégration des Papous au sein du groupe mélanésien...

Pas simple quand on a adopté comme principe de décision le consensus. En effet malgré le fait que 3 membres sont favorables à l'intégration du mouvement papou au sein du GFLM , la décision n'a pas pu être acté pour la simple raison que deux des membres : Fidji et PNG se sont prononcés contre cette intégration.  Le prétexte de modalités ou de critère a justifié le report de la décision à septembre prochain. 

Les discussions ont été houleuses, Fidji et PNG ont même menacé de quitter le GFLM.  Bendy WENDA un des portes paroles du MLPO ( Mouvement de libération de la Papouasie Occidentale , qui a assisté aux discussions a minimisé la teneur des discussions , accordant cela à des dissensions internes au sein du groupe, et que cela devrait pouvoir  s'éclaircir d'ici septembre prochain.

Bien évidemment que telle situation ne peut que satisfaire l'Indonésie qui perçoit là , l'effet de son influence au sein du GFLM, et annonce même qu'elle demandera le statut de membre de plein droit , et de ce fait , elle pourra participer au vote au sein du groupe mélanésien.  

Du classique , l'Indonésie affirme que le MLPO , n'est qu'un groupe minoritaire de séparatistes , qui n'a aucune légitimité. A elle seule de représenter les 11 Millions de mélanésiens vivant en Indonésie , dont 4 millions de Papous.

Les séparatistes Papou , eux demandent la révision du référendum de 1969 , qui a décidé du rattachement de la Papouasie à l'Indonésie, une  consultation qu'ils estiment avoir été truquée.

Naku press : Mise en ligne le 16 Juillet 2016  ( Sources : Radio Australie )

 

 



samedi 2 juillet 2016

La mort de Michel Rocard, l’homme qui voulait réinventer la gauche française

 Naku press salue la mémoire d'un homme qui a aussi traversé l'histoire politique du pays. Nous vous proposons un petit rétrospectif de son parcours politique , extrait d'une édition de rfi.fr.

La mort de Michel Rocard, l'homme qui voulait réinventer la gauche française http://www.rfi.fr/france/20160702-mort-michel-rocard-homme-voulu-reinventer-gauche-francaise-psu-socialiste-mitterrand

Naku press : Mise en ligne le 03 Juillet 2016 



mardi 21 juin 2016

FLASH INFO / Fidji à la présidence de l'AG de l'ONU , symbolique mais historique

Naku press vous propose l'extrait d'une édition spéciale de Flash d'Océanie de ce lundi 20 juin 2016 sur cet évènement , pour le moins symbolique mais qui donne bien une autre stature à Fidji.


Et pour cause : en effet, pour la première fois dans son histoire, non seulement Fidji, mais en fait un pays insulaire d’Océanie va présider la très prestigieuse Assemblée Générale des Nations-Unis, une assemblée qui débutera mi-septembre prochain à New York, comme tous les ans.
Le vote a eu lieu la semaine dernière, donc et c’est l’ambassadeur fidjien Peter Thomson, représentant permanent de son pays à l’ONU, qui a remporté cette élection, à quelques voix près, devant son seul autre concurrent, un Cypriote.

Dans toute la région, les experts ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et ils ont été très rapides à réagir : comme la Communauté du Pacifique, la CPS, qui parle de « grande première » et de « moment historique pour l’Océanie sur la scène internationale», tout en félicitant l’heureux élu.
Pour la CPS, en effet, cette élection pour la première fois d’un représentant de Fidji et d’Océanie, c’est « un signe de reconnaissance de la contribution apportée par les petits États insulaires en développement à la grande famille des Nations Unies ».
Un signe aussi que Fidji sera au moins dans les douze mois à venir le vrai porte-parole de toute cette région, notamment sur le dossier des changements climatiques.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lui aussi y est allé de son message en parlant de moment charnière dans l’histoire de la région Pacifique.

Le poste est largement symbolique, mais il donne aussi une tout autre stature à Fidji.

Car pendant cette assemblée générale, en septembre, il y aura à l’ordre du jour de l’ONU des questions de haute importance, comme par exemple une autre élection, et pas des moindres : l’élection du prochain ou de la prochaine secrétaire générale de l’ONU.

Ça tombe bien, on en parlait la semaine dernière, le Premier ministre néo-zélandais, John Key, se trouvait en visite à Fidji.

Et parmi les dossiers abordés, il y en a eu un, quoique discrètement : une demande de soutien de Fidji à la candidate officielle de la Nouvelle-Zélande, l’ancienne Première ministre Helen Clark.
Elle veut devenir la première femme secrétaire générale de l’ONU, pour succéder à Ban Ki-moon.
Étant donné le rôle clé de Fidji sur la scène régionale insulaire, il était normal que Wellington demande désormais un petit coup de pouce de la part d’un voisin océanien qui, il est vrai, il n’y a pas si longtemps, était montré du doigt par le gouvernement néo-zélandais.
Un gouvernement dirigé à l’époque par une certaine Helen Clark.

Ironie de l’histoire.
Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas trop si l’ex putschiste devenu Premier ministre légitimement élu, Franck Bainimarama, qui a la dent dure, ne s’est pas trop pressé pour assurer Wellington du soutien de son pays.

Pendant ce temps-là, du côté de Paris, on a aussi parlé d’Océanie et de l’autre gros État insulaire de cette région : la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Puisque c’est le Premier ministre papou, Peter O’Neill, qui était reçu jeudi dernier en grande pompe non pas par son homologue, mais carrément par le Président français, François Hollande.

Pourquoi ce tapis rouge ? Parce que Paris veut célébrer ce qu’il appelle des relations en plein "essor", des relations qui reposent surtout sur l’économie.
Puisque ce n’est un secret pour personne : il y a en Papouasie-Nouvelle-Guinée d’énormes gisements de gaz naturel liquéfié, et que justement, le dernier projet, tout aussi énorme, d’exploration et d’exploitation, il est mené par une entreprise française, TOTAL.
Dans ces conditions, forcément, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est désormais une grande amie de la France, pour cause d’intérêts économiques.
Pour preuve : cette rencontre et cet entretien entre François Hollande et Peter O'Neill, c’est aussi une première.
La première fois qu’un Président français recevait un chef de gouvernement papou.
Avec aussi en filigrane d’autres dossiers abordés, des dossiers moins consensuels, comme par exemple la situation des droits humains dans ce pays, situation qui est loin d’être brillante.



Sources : Flash d'Océanie ( Edition du 20 juin 2016)

Naku press : mise en ligne le 21 juin 2016

mercredi 15 juin 2016

Idée de lecture : Avant-garde et pouvoir populaire



Naku press vous propose ci-après l'intégralité d'une déclaration de : Robert SAE : parfois la réalité nous oblige à réviser certains fondamentaux, tout en ne perdant pas de vue le contexte dans lequel nous inscrivons nos actions. Une lecture , qui laisse à ceux qui connaissent Robert SAE , de considérer l'évolution dans les idées, mais toujours fidèle à un objectif : la défense de l'intérêt général.  Bonne lecture.

Idéologie, lutte des classes et vieilleries 

Nous sommes de ceux qui  ont  proclamé  que :   « Sans avant-garde révolutionnaire, la Révolution ne peut être victorieuse ! », que  « Sans Parti d’avant-garde, les masses populaires ne peuvent mettre fin à l’hégémonie des classes dominantes ! ».  Aujourd’hui, il est de bon ton de considérer que  cette vision est complètement  dépassée. Ce sont  la « société civile »  et les « citoyens » qui doivent prendre la barre, ces derniers  prenant bien  garde qu’aucun parti politique ne vienne « récupérer » leurs mobilisations. Seuls des nostalgiques invétérés, dit-on, peuvent encore s’accrocher à des vieilleries telles que l’idéologie, la lutte des classes, le communisme ou le « parti d’avant-garde ».

Laissons donc le passé reposer en paix et interrogeons  le présent. Voila ce qu’il nous dit :

L’infime minorité d’individus  qui se retrouvent à la tête des banques et des  multinationales constitue bien une classe de super-privilégiés qui, pour maximiser ses profits,  exploite sans merci les travailleurs et  jette la majorité des populations dans la misère.
Les gouvernements à la tête des pays où règne « l’économie de marché » ne se cachent plus pour saccager les services publics, criminaliser et réprimer les mouvements syndicaux et populaires, organiser la société et l’économie au bénéfice des classes dominantes qu’ils représentent.
Au plan mondial, il existe bien une offensive de recolonisation menée par les impérialistes occidentaux qui se traduit par l’accaparement des terres dans les pays dominés, par le renforcement de la tutelle de leurs institutions et administrations sur ces mêmes pays au plan judiciaire, économique et financier, par le déchainement d’agressions militaires bafouant le droit international.
Dans les médias, se relaient sans discontinuer, économistes, « philosophes», ministres  et autres propagandistes pour nous marteler que « le privé est plus dynamique que le public », que c’est « l’entreprise- sous entendu les capitalistes- qui crée l’emploi et les richesses », que l’on doit « faire des sacrifices » pour « gagner en compétitivité » ou pour « résorber les déficits budgétaires », etc.
Ainsi donc, les « vieilleries » de la lutte des classes et la prégnance de l’idéologie bourgeoise sont  terriblement actuelles.

Quelle armée pourrait gagner une guerre sans Etat Major ?

Il faut bien reconnaître que les classes dominantes ont marqué des points très importants dans la guerre idéologique qu’elles mènent pour asservir les peuples.
Elles sont parvenues à convaincre l’opinion que « le temps des idéologies était révolu » alors même que la leur s’impose massivement.
Elles ont persuadé leurs « sujets » qu’ils disposent d’une citoyenneté mythique qui doit être préservée par un individualisme exacerbé.
Alors,   des « citoyens » chantent les louanges de la « République qui garantit des droits égaux à tous ses enfants »  et  de la « démocratie » qui leur autorise la « liberté d’expression » sur les réseaux sociaux.  Pendant ce temps, ceux qui détiennent les rênes continuent à sévir.
– les décrets se suivent et les ministères imposent leurs « réformes ». Les  artisans, les agriculteurs, les retraités, les chômeurs, les usagers,  les  fonctionnaires, bref,  les couches populaires dominées   ne disposent d’aucun pouvoir pour s’y opposer!
– Les Conseils d’administration des grandes firmes décident de licencier à tour de bras, de délocaliser ou de précariser les emplois. Le peu de pouvoir de protection dont les salariés disposaient, à travers les Conventions Collectives, leur a été manifestement  repris.
L’interprétation démagogique qui est propagée quant à la citoyenneté a pour but de  permettre aux classes dominantes de manipuler les mouvements sociaux afin qu’ils ne remettent pas en cause le système. Un exemple  édifiant mérite d’être cité.  La révolution de 2011 en Egypte a été dévoyée parce que des «citoyens »  avaient appelé l’armée à leur secours –une armée qui sévissait sous l’ancien régime – permettant  l’arrivée au pouvoir d’une dictature qui maintient le système d’exploitation et la collusion avec les impérialistes.
La propagande menée pour que les « citoyens » rejettent les partis politiques et la lutte idéologique a pour but essentiel de désarmer les classes opprimées. Ceux-là même qui la mènent ont leurs propres partis, bien structurés, disposant de la puissance financière et de la dictature  des médias,  imposant leur main mise sur les processus électoraux et sur toutes les institutions garantissant un pouvoir effectif dans toutes les sphères de la société.
Alors oui, nous réaffirmons notre conviction que « Sans avant-garde révolutionnaire, la Révolution ne peut être victorieuse ! », que  « Sans Parti d’avant-garde, les masses populaires ne peuvent mettre fin à l’hégémonie des classes dominantes ! »  Quelle armée pourrait gagner une guerre sans état major ?

L’histoire tumultueuse des avant-gardes

Après la révolution Bolchevique de 1917, les  partis communistes ont incarné l’espoir des travailleurs sur tous les continents. Dans les années 60-70, la majorité des mouvements populaires brandissaient comme bannière l’idéologie prolétarienne et  l’anti-impérialistes et ils affirmaient  la nécessité impérieuse de « l’avant-garde révolutionnaire ». Dans les syndicats, dans les universités, de vifs affrontements   opposaient des groupes se considérant, chacun, comme l’Avant-garde.
Aujourd’hui,  de larges fractions des mouvements populaires  expriment  leur rejet de la politique et se dressent contre toute  « récupération » par un parti politique ? Comment expliquer ce profond retournement ?
L’un des facteurs de la désaffection réside dans l’évolution de nombreux partis ayant incarné l’espoir des couches populaires. Secoués par des crises et des scissions à répétition, ne parvenant pas à menacer le système,   beaucoup de ceux-ci ont disparu. D’autres, arrivés au pouvoir n’ont pas porté les changements attendus, parce qu’ils ont été en permanence la cible de la contre-révolution  ou parce qu’ils ont carrément trahi les  idéaux pour lesquels les militants s’étaient battus.
Autre facteur déterminant  à prendre en compte : Après la chute du mur de Berlin en 1989, un « monde unipolaire » permettant  aux impérialistes occidentaux  d’élargir le champ de leur domination  s’est imposé au plan international.  Cela, à l’heure de la révolution des technologies de l’information et de la communication ! La propagande devenait, elle aussi, unipolaire, la manipulation et la désinformation de masse ont ainsi  pu avoir les effets que l’on sait.
Les  problèmes connus par les partis politiques communistes et révolutionnaires   ont été présentés  à travers le prisme déformant de la guerre idéologique.  Pour contrecarrer  les effets de cette propagande,  il faut expliquer que les avatars connus par ces partis  ne sont pas intrinsèquement liés  à l’idéologie sur laquelle se basait leur action.  Ce qui vaut pour toutes les institutions humaines vaut aussi pour  eux. L’inquisition, les croisades, les guerres de religion,  la terreur instituée par certains gouvernements révolutionnaires français, pour ne citer que ces exemples, sont-elles inscrites au passif de la foi chrétienne ou de l’idéal républicain ?
Comme toutes les institutions, les partis révolutionnaires regroupent des personnes  dont les ressorts et les travers sont ceux de la nature humaine, des individus dont les intentions et les parcours sont différents. Comme tous les partis politiques, sans exception, les partis révolutionnaires  sont  le lieu de luttes d’influence, de lignes et de conception. Certains de leurs membres ne sont mus que par l’ambition d’accéder au pouvoir. (*)
Quelle aberration ! Les classes dominantes sont parvenues à  inculquer une aversion extraordinaire à l’égard  des premiers partis politiques ayant organisé la lutte des démunis pour obtenir des conditions de vie dignes, la solidarité internationale avec les brigades révolutionnaires et les chantiers de reconstruction, la fraternité antiraciste.  Les militants communistes se sont sacrifiés massivement dans la résistance armée contre les dictatures fascistes et les agressions coloniales et, aujourd’hui, ceux qui sont arborés comme flambeaux  de la « démocratie», ce sont les héritiers des gouvernements et partis politiques bourgeois qui ont perpétrés des massacres de milliers de travailleurs, de femmes et d’enfants dans les possessions coloniales ainsi que   dans leur propre pays. L’une des taches qui s’impose à nous, c’est de restituer la véritable histoire des peuples.
Il est clair que ceux qui  cachent ou dénaturent l’histoire des partis politiques révolutionnaires, ceux qui érigent des barrières entre de tels partis et les mouvements populaires, que ceux-là, donc,  servent objectivement les intérêts des classes dominantes. Quant à ceux qui, en toute connaissance de cause, entreprennent de torpiller les partis politiques révolutionnaires pour développer des pratiques de collaboration de classe, ce ne sont pas simplement des opportunistes mais bien des  contre-révolutionnaires patentés.
Il est, en tout cas, essentiel que les peuples se dotent d’avant-gardes dignes de ce nom pour qu’ils soient en mesure de renverser la domination, de mettre fin à l’exploitation, afin qu’ils puissent se défendre contre la subversion et la contre révolution et qu’ils puissent ainsi se consacrer à la construction d’un monde meilleur, équitable et solidaire.
(*)  Concernant les anciens Partis Communistes,  il faut déplorer les conséquences  tragiques de la centralisation et  de la militarisation qu’imposaient les conditions de l’époque. Mais il faut aussi rappeler que des provocateurs  ont été  systématiquement  infiltrés dans leurs rangs pour les torpiller de l’intérieur.

Avant-garde et mouvement de masse

Quels critères permettent de considérer qu’un  Parti politique est effectivement  porteur des intérêts des couches populaires ? Dans quelles conditions peut-on le qualifier d’avant-garde ?  Quel type de liens l’avant-garde doit-elle entretenir avec les mouvements et organisations de masse ? Quelles mutations les partis révolutionnaires doivent-ils opérer  pour être en phase avec les exigences de la société moderne ?

Disons le tout net, la dénomination d’un parti, les déclarations qu’il peut faire, les statuts qu’il affiche, bien moins encore, l’auto-proclamation, ne confèrent absolument pas un quelconque statut d’avant-garde révolutionnaire.  Combien, nageant dans l’illusion, se posent en détenteurs des vérités définitives, en juges, en donneurs de leçon mais  n’exercent aucune influence notable sur l’opinion ni  n’impulsent aucune force significative pour le combat ? Plus paradoxal encore, certains partis contrôlent des organisations  de masse – syndicats ou autres – revendiquent la qualité de représentants exclusifs des  travailleurs et travailleuses, mais, loin d’être des avant-gardes, ils sont les meilleurs remparts du système dominant. Cultivant un sectarisme forcené, ils font obstacle à la large unité dont les travailleurs ont besoin ; Ils tiennent  un  langage ultra-radical sur la question du pouvoir, mais s’accommodent parfaitement du statut quo et des mandats dans les instances paritaires.

Le parti qui peut être assimilé à une avant-garde,
– c’est celui qui est capable d’analyser scientifiquement  la situation et le rapport des forces, de synthétiser les attentes des masses afin d’élaborer des stratégies permettant  d’affronter victorieusement le système dominant et de proposer des alternatives correspondants aux intérêts du peuple.
– c’est celui dont les militants, empreints d’humanisme, d’humilité et d’esprit de dévouement, portent leur contribution sur le terrain  à la formation et à l’organisation des masses afin que celles-ci assument le processus révolutionnaire.
– c’est celui qui a compris qu’il ne s’agit pas d’imposer ses vues mais qu’il a pour mission de transmettre les compétences, de vulgariser les connaissances et les idées justes à travers un  débat constructif, une lutte idéologique saine et ouverte au sein du mouvement populaire.
Au sujet de la question du parti en pays colonisé, Frantz FANON*, encore une fois précurseur, écrivait ceci :
« Dans un pays sous-développé, le parti doit être organisé de telle sorte qu’il ne se contente pas d’avoir des contacts avec les masses. Le parti doit être l’expression directe des masses. Le parti n’est pas une administration chargée de transmettre les ordres du gouvernement. Il est le porte-parole énergique et le défenseur incorruptible des masses. Pour parvenir à cette conception du parti, il faut avant toute chose se débarrasser de l’idée très occidentale, très bourgeoise donc très méprisante que les masses sont incapables de se diriger. »
A notre sens, cela vaut pour tous les partis révolutionnaires.
Une chose est sure, en tout cas, c’est qu’aucune avant-garde ne saurait se construire sans  tirer les leçons de l’histoire du mouvement révolutionnaire et sans prendre en compte les mutations technologiques et sociologique qui ont façonné le monde moderne.
(*) Frantz Fanon  « Les damnés de la terre »

Pour construire un monde nouveau, le pouvoir doit être réellement entre les mains du peuple

Nous ne sommes plus à l’époque où le savoir pouvait être  confisqué par une élite principalement issue des classes dominantes. Nous ne sommes plus dans le contexte où la circulation des populations pouvait être limitée. Nous sommes à l’ère du Smartphone et de Facebook!  Comment imaginer qu’un parti politique puisse encore prétendre élaborer des directives dans son bureau pour ensuite, demander aux masses de les appliquer ?
Les partis représentant les classes dominantes l’ont bien compris et ont adapté leur tactique de domination aux nouvelles réalités. Ils avancent à visage masqué. Encensant les  « mouvements citoyens », ils y délèguent leurs chevaux de Troyes, dont la mission est de faire l’apologie de  l’apolitisme tout en répandant leur propre idéologie, en particulier  l’individualisme et le libéralisme,  et en proposant des objectifs qui conviennent au système dominant.
S’il faut, ici, réaffirmer le principe de l’autonomie du mouvement de masse et des organisations citoyennes, il faut répéter que l’apolitisme ne peut avoir pour résultat que de stériliser leur action. Le rôle des partis politiques qui ont choisi le camp du peuple est, d’une part, de proposer des analyses circonstanciées pour enrichir la réflexion des militants, en toute transparence, sans jamais chercher à les instrumentaliser et, d’autre part, de faire en sorte que ses membres s’impliquent loyalement et avec conséquence dans le mouvement concerné.
Mais au-delà des relations entre les partis et les organisations populaires se pose une problématique plus fondamentale : C’est celle du rôle qui revient aux masses dans l’exercice du pouvoir.
Pendant des siècles, l’idéologie bourgeoise occidentale a cultivé le mépris des couches populaires et le racisme  à l’égard des peuples colonisés. Les élites ont été formatées  pour penser que d’elles seules pouvaient venir les solutions à tous les problèmes.
Aujourd’hui, face à tous les dérèglements qui affectent la planète,   les plus grands experts sont contraints de reconnaître la validité des savoirs populaires  dans tous les domaines (agriculture, pêche, médecine, construction, préservation de l’environnement et du vivant, etc.)
Aujourd’hui, aussi, la primauté de la pensée collective commence à être  reconnue. Cela peut être illustré par l’abandon des structures pyramidales dans le management, la recherche, etc.
C’est là une préfiguration de l’organisation sociale qui permettra à l’humanité d’avancer.
Il s’agit, désormais, de faire en sorte que les masses accèdent réellement  au pouvoir. Le rôle du parti d’avant-garde est justement de contribuer à l’édification des nouvelles institutions qui permettront d’atteindre cet objectif.
Robert SAE : Martinique le 10 février 2016
 Naku press : Mise en ligne le 15 juin 2016

Une histoire de radio : Radio APAL a fêté ses 30 bougies en 2011 !!!

Naku press vous propose sur sa page internationale , un édito écrit par un camarade, que l'on a croisé sur les chemins de la solidarité internationale , pour la célébration des 30 ans de Radio APAL. ( ASE Plere Anou Lité). 

Naku press : Mise en ligne le 15 juin 2016

vendredi 3 juin 2016

FLASH INFO : le Front Prolisario en deuil



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Décédé mardi 31 mai, Mohamed Abdelaziz dirigeait le mouvement pour l’indépendance du Sahara occidental depuis 1976. Le Front Polisario a décrété 40 jours de deuil, durant lesquels se tient également un congrès extraordinaire chargé d'élire un successeur à son chef historique. Aujourd'hui le Front Polisario est divisé : plusieurs clans s'affrontent sur la ligne politique à suivre.

Parmi les Sahraouis, certains sont nés dans ce qu'ils appellent les territoires libérés, d'autres dans les camps de réfugiés en Algérie, comme celui de Tindouf. Une distinction qui s'incarne dans deux courants. Le clan dit « algérien », qui représente une ligne plus dure, exige un référendum sur l'autodétermination afin d'obtenir l'indépendance.
L'autre branche, elle, est prête à négocier avec les autorités marocaines. Le Maroc propose aux Sahraouis une large autonomie, mais sous sa souveraineté. Dans ce courant, ce sont les noms du frère du fondateur de Polisario, Bachir Mustapha Sayed, et celui de l'actuel Premier ministre, Abdelkader Taleb Omar, qui circulent pour prendre la tête du mouvement indépendantiste.
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Sources : RFI  ( Edition du 31 mai 2016)
Naku press : mise en ligne le 03 juin 2016

mercredi 4 mai 2016

LA CHRONIQUE DU MOIS ( Avril 2016)




S’intéresser à l’actualité du mois , c’est suivre la vie du pays, être au rythme des changements, des évènements, bref être tout simplement branché … Naku press vous livre quelques extraits de la chronique du mois , diffusé sur Djiido ce lundi 02 mai 2016.

La rubrique politique :
Nous retiendrons le bilan du gouvernement Germain élu il y a un an ( avril 2015) par des voix indépendantistes du Palika et de l’UC. Rappelons que  Philippe Germain est membre de Calédonie Ensemble , mais on notera que cette élection est intervenue après 4 mois de blocage de l’institution.

« Nous sommes dans l’action et pas dans la communication » titre les Nouvelles du 15 Avril,  c’est la phrasé clé pour résumer un bilan que l’on pourrait illustrer par le positionnement de quelques grands dossiers :
1/Le projet éducatif  calédonien avec l’effort annoncé d’une adaptation aux réalités locales
2/le plan Do Kamo pour une nouvelle stratégie en matière de politique sanitaire
3/la gestion du dossier mines avec  cette grève de Contrakmine qui a bien perturbé la vie des populations de Nouméa , et qui a obligé les autorités locales à prendre des mesures , pour répondre aux besoins urgents des rouleurs et des stés minières. Ce sont donc ces autorisations d’exportations de minerai vers la Chine mais des exportations bordées par des quotas en terme de quantité, dans une durée limitée,  et à une certaine teneur. Pour autant le cours du Nickel n’a pas retrouvé le seuil d’il y a quelques années en arrière, il est toujours autour de 8000 dollars la tonne.

 Sur le plan social :
Le président du gouvernement rappelle  le contexte dans lequel il est arrivé aux commandes : un climat tendu avec des mouvements contre la vie chère, les régimes sociaux en cessation de paiement avec de nombreuses  mesures sociales  sans recette  en face ( à l’exemple  de : minimum vieillesse, minimum retraite, les aides au logement).
Malgré cela voici quelques chiffres affichés au bilan du gouvernement Germain : 20 milliards pour financer  
4700 bénéficiaires pour l’allocation handicap,
 4500 pour le minimum vieillesse,
6000 pour le minimum retraite,
7500  calédoniens bénéficiaires de l’aide au logement,
14000 enfants bénéficiant de  l’allocation familiales,

Sur la fiscalité :
La  mise en place de la Contribution  Calédonienne de Solidarité ( cette taxe de 1% sur l’ensemble des revenus)  a permis de compenser une partie de ses dépenses sociales.  Et on peut noter aussi  l’engagement des discussions sur la  TGC ( taxe générale de la consommation) , qui constitue une des mesures de l’agenda social) , la TGC  fera prochainement  l’objet  d’une proposition de projet de loi du pays.

Une des mesures prises aussi  par le gouvernement Germain dans le cadre des économies à réaliser :  c’est la réduction de 15 Milliards des dépenses de fonctionnement du gouvernement en 2016.

Un bilan contesté par les républicains en ces termes  (  les Nelles du 07/04/2016) une gouvernance calamiteuse , un gouvernement élus  avec les voix du Palika et d’une partie de l’UC ,mais je cite les républicains :  «  cette alliance fait l’objet de contreparties dont le cadeau fiscal à la SMSP de deux milliards avec une mainmise du politique sur l’économie avec le renforcement des protections de marché. -   les comptes sociaux dans le rouge , des recettes fiscales en berne avec des entrepreneurs de plus en plus méfiants. Mais malgré ce bilan cinglant , les républicains n’ont pas toutes les cartes en main pour pouvoir renverser le gouvernement. ( chose qui ne sera possible seulement en juin soit 18 mois après la mise en place du gouvernement Germain). Donc d’ici Juin on peut s’attendre à d’éventuels changements puisque les textes autorisent de nouveau la possibilité de faire tomber le gouvernement.

 On notera tout de même qu’il y a eu deux départs de ce gouvernement depuis : le ministre en charge de l’enseignement : Mr Jean LEOPOLD alors ministre en charge de l’enseignement , et récemment Mr Thierry CORNAILLE ministre en charge du budget et de l’énergie.

Deux ans après quel bilan pour la mairie de Nouméa ?
Elue depuis deux ans au poste de Maire de la ville de Nouméa , Sonia Lagarde nous livre quelques grandes lignes de son bilan .  Pour ce qui nous concerne nous retiendrons :
1/ la redynamisation des maisons de quartier,
2/ un « plan marshall »pour la sécurité avec la mise en place d’une brigade supplémentaire avec  8 agents en plus,
3/de nouvelles parcelles pour les jardins familiaux , et enfin
4/ pour la redynamisation du centre ville : on notera l’amélioration de l’éclairage public, la multiplication des accès wifi, la réfection des réseaux d’eau et d’assainissement.

Des actions certes mais pas de changement en profondeur dira les Nouvelles Calédoniennes dans son édition du 20 avril 2016, simplement une volonté de marquer son empreinte. Sonia dispose de 4 ans pour réaliser une des grandes orientations de son programme électoral : réduire la fracture sociale.

Après ces deux bilans, nous passons au dossier brûlant des listes électorales qui continue à animer les débats .

En effet une situation qui pose problème :4000 dossiers signalés comme anormalement  inscrits su les listes spéciales, par les indépendantistes, les experts ont ramené les chiffres à 1062 , et pour finir sur les 325 dossiers pointés comme réellement menacés de radiation, seuls 50 feront l’objet d’une décision d’annulation par le tribunal administratif. Durant l’instruction du dossier  , sur demande du tribunal, l’Etat a fourni les procès verbaux des commissions administratives , ce qui a valu un levé de bouclier des républicains , qui ont qualifié cet acte de l’Etat (  les Nelles du 18/04/2016)  comme une erreur qui pourrait avoir de graves conséquences

Et pour terminer en beauté : on apprend que l’Etat engage un pourvoi en cassation pour annuler les décisions de radiation.  On retiendra tout simplement que sur ce dossier  au vu des données que nous venons d’évoquer , les indépendantistes ont perdu la bataille , mais le travail engagé sur la fraude électorale aura eu le mérite de démontrer que la loi n’est pas forcément bien respectée  s’agissant de dossier de cette importance, mais aussi prouver qu’il y a une veille au respect des textes. Car la prochaine étape c’est la constitution de la liste référendaire

On note par ailleurs que dans le camp indépendantiste : il y a deux discours celui qui continue à encourager la veille juridique , pour le contrôle des listes , et celui qui prône le travail à faire au niveau du terrain pour convaincre les 30 000 abstentionnistes  à voter pour le référendum et les non inscrits à faire les démarches pour être sur les 3 listes : générale, provinciales et référendaire. Le comité des signataires qui s’est tenu à Paris en février 2016 a acté la fameuse formule : politiquement clos sur l’affaire des listes électorales. Mais la politique et le juridique sont malheureusement deux domaine bien distinctes avec des règles bien différentes. Autre point pour alimenter cette contestation sur les listes électorales : les 25000 kanaks de statut coutumier  non inscrits sur les listes générales.

 Ainsi plus on y va on a l’impression que l’Etat nous montre une autre facette . Un  détail que la DUS relèvera dans un communiqué diffusé la semaine dernière , en ces termes : « l’Etat veut réduire au silence une opposition juridique  qui traduit néanmoins une opposition de plus en plus populaire » Plus loin ce même communiqué parlera de manœuvres typiquement coloniales et sournoises de l’Etat colonial »

Et sur l’automaticité des inscriptions on rappellera que les conclusions du comité des signataires de Juin 2015 confirmés en février 2016 cette automaticité n’est valable que pour les natifs, alors que les kanaks de statut civil coutumier doivent faire la démarche de s’inscrire sur la liste électorale générale.

Ce dossier prend place également dans le discours du premier ministre français , Vals arrivé en Kanaky depuis ce vendredi 29/04/2016. Lui parlera des démarches minoritaires, des escarmouches inutiles ou encore  de combat d’arrière garde, pour qualifier tout le mouvement engagé autour des listes électorales ,   puisque les choses ont été bouclées à Paris lors du comité des signataires en février 2016.
Le président du groupe UC flnks et nationalistes au congrès a malgré tout rappelé ( je cite)  que le politiquement clos a été longuement débattu à Paris, parce que les indépendantistes savaient qu’en arrivant ici , les militants allaient poser des questions là-dessus, parce que les indépendantistes ne pourront pas faire autrement que d’être extrêmement vigilant sur la procédure d’établissement des listes provinciales et référendaires. Or les premiers chiffres nous  posent problème.
 Le président du groupe UNI lui marquera un point de vigilance en ces termes : Attention à la représentativité, à  la légitimité ». Les partis de droite eux vont saluer ce qu’ils appellent le volontarisme politique du premier ministre. Certains n’ont pas hésité à spéculer  sur la référence que fait le premier ministre à Michel Rocard, ( sur le rôle qu’il a joué dans l’histoire politique du pays) ,  pour placer l’idée de la  construction d’une autre solution  pérenne pour la Nouvelle calédonie. Chacun aura compris à sa façon cet  appel à la responsabilité que le premier ministre a fait  aux élus locaux par rapport à l’avenir du pays.

Ce que l’on retiendra c’est qu’entre les positions tranchées, il y a toujours ces discours qui relèvent un peu de la  politique spectacle et  qui arrivent bien à amadouer l’opinion publique avec des termes qui semblent dire en final oui mais … Même si cela est dit timidement en fin de discours.

 L’Avenir institutionnel du territoire
Le premier ministre après avoir appelé à la responsabilité , a réuni dès vendredi soir ( 29/04/2016) le comité de pilotage composé des partis politiques représentatifs des deux camps ( indépendantiste et non indépendantiste) pour discuter de la méthodologie du calendrier. Car ce sera au prochain comité des signataires prévu en septembre que l’on saura plus sur la teneur des ces réunions des hautes sphères. C’est maintenant que les discussions politiques devront débuter pour définir ce que pourrait être l’après 2018 sachant que ( dixit  mr Vals) le référendum de fait ne construit pas le consensus,.  Sur ce dossier, La classe politique locale semble au travers des différentes interventions des présidents de groupe , apprécier la teneur du discours avec toujours des interventions qui viennent  lever le petit doigt pour rapporter à l’Etat qu’il y a des gens qui disent ou signent des choses à Paris, et dès revenus au pays, font ce qu’ils veulent quitte même à enfreindre les orientations actées à Paris …..Voilà pour ce qui est du chapitre politique.

Sur le plan économique
Le premier ministre était aussi attendu par la classe politique locale sur la question de la SLN , mise à mal par cette crise des cours du Nickel qui se prolonge. Et pour rappel : la SLN perd d’après les derniers chiffres : 2 Milliard par mois et 31 milliards de déficit en fin 2015.  Mais dans ce dossier la calédonie est aussi impliquée du fait des 34% de part détenu par la Sté territoriale calédonienne de Participation industrielle ( la STCPI) et donc la proposition en final de l’Etat c’est un prêt de 24 Milliards, reste donc à la STCPI de se prononcer au prochain conseil d’Administration prévu pour le 09 Mai.

 Le PDG d’Eramet Mr Buffet semble lui rassurer les ouvriers que Eramet ne lachera pas la branche Nickel , mais en même temps le premier ministre n’a pas fait mention d’une aide éventuelle de l’Etat à Eramet. Et enfin le premier ministre a rassuré les calédoniens sur une garantie de 800 Millions que l’ Etat apportera dans le dossier financement de la centrale électrique. Dans ce dossier l’Etat fait de nouveau appel aux partenaires locaux tels : la SLN, Enercal et la STCPI, pour participer au financement de cette centrale, ce qui allègera les comptes d’Eramet. Et enfin Mr VALS a évoqué la nécessité des mesures de gestion interne : la réduction des coûts , et l’amélioration de la compétitivité .

On mesure là la finesse du discours de ce haut responsable de l’Etat , l’appel à la  responsabilité des élus politiques, peut vouloir signifier aussi , gérer vos problèmes  avec vos propres moyens.

Et pour rester dans le secteur mines dans son édition du 01/04/2016 l’hebdomadaire DNC parle d’un délai supplémentaire pour KNS. Lors de son dernier entretien avec la Ministre de l’outre mer  George Paul Langevin, Yvan Glasenberg indique qu’aucune décision ne sera prise d’ici la fin de l’année concernant la Nouvelle Calédonie, ce qui prolonge donc le délai de juin comme annoncé il y a quelques mois de cela.  En contrepartie la multinationale  attend  le remboursement des sommes liées à la défiscalisation de la seconde tranche de la centrale électrique de l’usine Nord soit un montant qui avoisinerait les 3.5 Milliards . Je referme là l’actu sur le secteur nickel.

Quant à l’usine du Sud on apprend que la société métallurgiste SUMITOMO Metal Mining a vendu le 29/03 dernier , la totalité des actions ( 7.6%) qu’elle détenait dans le complexe industriel de Nickel de Valé. La dépêche de Londres précisera que ces actions ont été rachetées par Valé.  Les raisons de ce désengagement de Sumitomo , Valé NC n’a pas pu répondre à leurs besoins en production commerciale de nickel ». Le montant de la cession des 7.6% des parts de Sumitomo se monte à 70 Millions de dollars. La conséquence de désengagement : Valé se retrouve à détenir 95% des parts dans l’usine du Sud.

Pour  terminer la  rubrique économique  nous irons lire un chapitre dans les Nouvelles de l’économie l’édition du mois d’Avril pour vous dire  un mot sur l’économie bleue. Alors l’économie bleue ce sont toutes les activités économiques liées à la mer : le tourisme, la pêche , le transport , l’aquaculture , la recherche etc….

A l’heure où certains industriels s’interrogent sur l’avenir de leur usine, le temps est venu de se tourner vers d’autres activités dont l’économie bleue qui jusque là a été plus ou moins délaissée au profit de la monoproduction du nickel.  Mais n’oublions pas que la Calédonie est d’abord une île donc entourée par la mer.

Quel est le poids de l’économie maritime : selon une étude de l’IEOM les produits de la mer représentent  1.5% de l’ensemble des exportations, 3% des entreprises calédoniennes participent à l’économie maritime pour un effectif de 1400 salariés (soit 2% des salariés du territoire) . C’est peu,  diront certains , mais l’économie maritime reste très peu développée au regard de son potentiel.

 En effet la diversité des activités de l’économie bleue témoigne de fait du volume des équipements à compléter, ou encore des cadres juridiques et réglementaires à mettre en place pour que les retombées bénéficient aux collectivités et aux populations locales, et enfin de l’organisation pour une optimisation de ses potentiels touristiques.

Actuellement des recherches sont engagées sur la ponte des coraux avec les conséquences actuelles du réchauffement climatique , ou encore des états des lieux et inventaires sur la biodiversité marine mais ces recherches doivent pouvoir servir aux collectivités et aux acteurs économiques du Pays.
 L’activité croisière qui s’accélère comme le titre les Nouvelles de l’économie de ce mois d’avril 2016 : des touchées qui saturent , pourquoi ne pas rouvrir d’autres touchées comme Poum dans le nord  pour favoriser le rééquilibrage. Mais il y a encore des efforts à faire en terme d’équipement , et l’amélioration des conditions d’accueil.

Des idées émergent au vu du potentiel dont dispose le pays : Faire de Nouméa  un port de départ d’une croisière, une idée qui rapporterait gros au pays car les touristes passent en général une ou deux nuits ici  et le taux de retour dans les pays visités est estimés à 30%. En termes de retombées , elles sont pratiquement multiplié par 40 rapporte la CCI , selon un rapport fait par une compagnie néo zélandaise.

Sur l’existant :
Un premier chiffre : sur Lifou les retombées des croisiéristes sont estimées à 200 millions par an et multipliées par 4 dès lors que Drehu a décidé d’accepter les dollars australiens.

Des études , des rapports, des structures comme le cluster maritime de Nouvelle Calédonie, des idées avec des organismes bien impliquées dans l’activité économique du pays comme la CCI , l’économie bleue pointe progressivement ses besoins , une stratégie efficace et un relais politique contribueraient à voir via cette économie bleue , d’autres alternatives possibles pour le développement économique du pays.

Et pour un comparatif:
Quelques chiffres de l’économie bleue chez nos voisins : en Polynésie les produits de la mer représentent 80% des exportations soit plus de 10 Milliards de francs , 12% des exportations au Fidji et 13% aux Iles Salomons ;  Contre seulement 1.5% en Calédonie.

Naku press : Mise en ligne le 04 mai 2016






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