AU FIL DE L'HISTOIRE DU FLNKS ...

  Novembre 2016 : les partis du FLNKS étaient en congrès. 

Cette année les partis du Front ont choisi le week end du 11 novembre pour tenir leur congrès annuel. Les leaders de chacun des partis concernés rentraient tout juste de Paris, ayant assisté au dernier comité des signataires du 7 Novembre. Nous sommes à deux ans de 2018 , des élections présidentielles et législatives nationales sont programmées pour 2017 , la question de la liste référendaire toujours à l'ordre du jour des débats, donc un certain nombre de questions , pour lesquelles l'opinion publique avait ses raisons d'attendre le retour de ses rendez vous annuels des partis indépendantistes dont les deux plus grands : l'UC et le Palika.

Houailou , Maré, et Poya sont les 3 communes qui ont accueilli chacune ces 3 congrès , on notera que pour le coup , la région AJIE , aura reçu deux congrès : celui de l'UC et de l'UPM. 

A deux ans de 2018 ce rendez vous du peuple kanak avec son histoire, les partis indépendantistes ont reconfirmé l'objectif de la pleine souveraineté du pays. Les modalités comme tout autre sujet , font toujours la petite divergence, qui demanderait encore des débats en interne pour l'ajustement nécessaire à la formulation d'un même langage au peuple , puisque tout le monde parle d'indépendance.  Nous noterons que dans le lot , l'Union calédonienne qui depuis, tout le long de cette année a donné le ton en affichant clairement son analyse sur le financement de l'indépendance , pour donner les grandes orientations concernant le développement économique ( d'ailleurs un numéro spécial de l'Avenir Calédonien , le bulletin interne du Mouvement) et à son dernier congrès , un projet de société a été soumis à l'approbation des militants, ce même document a été remis aux grands responsables de l'Elysée ainsi qu'aux responsables politiques locaux. 

 Le Palika , lui continuera à jurer que par l'Accord de Nouméa pour l'avenir du pays, mais en même temps on notera que son porte parole au sortir du congrès  de Cengeité , affirme le mot d'ordre de la pleine souveraineté et en même temps annonce la volonté de travailler aussi sur le projet avancé par l'Union Calédonienne : l'assemblée référendaire , pour noter les convergences et les points de divergence. 
 
L'UPM lui s'attardera sur le fait qu'il faut une organisation pour continuer à participer aux réflexions sur l'avenir institutionnel du pays , et indique que l'on a choisi la voie du dialogue  , il faut donc aller jusqu'au bout du processus.  Sur la question de  la liste référendaire, tout le monde recommande à la population kanak d'aller s'inscrire sur la liste générale, et l'Union calédonienne d'aller plus loin dans la formulation de sa position : si cette question de liste référendaire n'est toujours pas réglée en 2018 , la consultation en elle même sera problématique. Une manière de formuler autrement la position portée par le RIN ( Rassemblement des Indépendantistes et Nationalistes) à savoir l'inscription automatique des kanaks sur la liste référendaire. D'ailleurs le PT ( Parti travailliste) en congrès aussi le week du 19 novembre , déclarera très franchement par la voix de son leader  : l'inscription automatique des kanaks sur la liste référendaire, sinon la consultation sera aussi compromises. 

Et enfin pour terminer sur l'ensemble de la mouvance indépendantiste : la DUS ( Dynamique unitaire Sud) dernier né de cette mouvance avait aussi son programme pour ce mois de Novembre , elle a fêté ses 5 ans d'existence au sein du camp indépendantiste avec son slogan : "Penser national , agir local" un slogan qui dénote d'une démarche d'abord stratégique , en effet sur le plan idéologique, la DUS rejoint les autres partis de la mouvance sur l'ensemble des orientations. 

En conclusion : la mouvance indépendantiste est unanime sur l'essentiel à savoir l'objectif de la pleine souveraineté du pays , il faut tout juste espérer que les divergences sur les modalités et les stratégies politiques politiciennes ( souvent liées à des questions de personne ) ne prennent pas le dessus dans ces moments charnières de la lutte de libération du peuple kanak.   

Naku press : Mise en ligne le 27 novembre 2016




Fevrier 2016  .... La page 209 du livre : TCHIBAOU le Kanak de Alain ROLLAT  ( 1989)

Naku press par les temps qui courrent , publie ici l'extrait du livre d'Alain ROLLAT reprenant les propos de Jean Marie TCHIBAOU au 15è congrès de l'UC le 1er Novembre 1984 à Touho : " On se bat pour l'indépendance. L'indépendance, c'est notre nom : c'est le nom des kanaks. Et c'est ça qui fait peur, et c'est pour ça qu'il y a de la haine sur les Kanaks. Il y a la haine encore plus grande pour le Européens qui se battent pour cette cause. L'indépendance c'est notre nom. Et quand on salit l'indépendance, on salit notre nom. Et vous êtes là pour dire qu'il faut arrêter de nous salir, de salir notre nom, de salir notre visage. Nous voulons l'indépendance aujourd'hui. Je dis cela pour introduire la chose qui aujourd'hui fait peur : le boycott des élections... C'est cela être au pied du mur. La souveraineté de ce pays appartient aux kanaks et à personne d'autre. Lemoine n'a pas à nous dicter avec qui on doit faire l'indépendance car l'indépendance c'est notre patrimoine...... Nous boycottons , nous cassons, ous empêchons  que le gouvernement fasse lui-même la décolonisation parce qu'il est incapable de la faire; ce n'est pas son travail c'est le nôtre  pour obtenir tout de suite la discussion sur la restitution du pays kanak aux kanaks, et le droit pour eux d'avoir le drapeau, d'être indépendants et à partir de ce moment là d'exercer dans la souveraineté le droit d'accueil des autres... "

 Naku Press : mise en ligne le 26 février 2016

 

JUIN 2014 ………… AU FIL DE L EAU

Le 5 juin 2014
Election des 11 membres du gouvernement. Les élus indépendantistes  au gouvernement : UNI : Déwé GORODEY , Valentine EURISOUKE   UC FLNKS et nationaliste : Gilbert TYUIENON , Anthony LECREN , Jean Louis DANGLEBERME.  Blocage de la répartition des secteurs( depuis le 6 juin 2014 ) pour cause d'un désaccord sur l'attribution du secteur des mines , entre le Palika et UC . Idem pour la vice présidence, deux candidatures indépendantistes : Dewe et Gilbert , sans aucun consensus au préalable , la Droite refuse de jouer l'arbitre . Ces deux points bloquants , accule le gouvernement à vivre une situation de crise jusqu'à être en dehors des délais pour sa mise en place officielle.
 Naku press : miss en ligne le 17 juin 2014

 Le 27 Juin , le FLNKS  ira plaider auprès du comité des 24 de l'ONU  et pour la première fois dans l'histoire du pays, un représentant du groupe des forces non indépendantistes sera également présent à l' ONU pour plaider aussi avec comme préoccupation de démontrer que la décolonisation n'est pas synonyme de l'accession du pays à la pleine souveraineté. 
Naku press : mise en ligne le 21 juin 2014 

 

 MAI 2014 …. AU FIL DE L EAU


Le 23 Mai 2014 :

Ce matin c'est la mise en place du bureau du congrès , ses commissions internes et sa commission permanente. Les indépendantistes occuperont 25 sièges, issues des dernières élections provinciales. Ils seront par la suite organisés en deux groupes : Groupe UC FLNKS et nationaliste  , et le Groupe UNI. 
Dans les provinces : le nord et les Iles restent aux mains des indépendantistes : Paul NEAOUTYINE dans le Nord, et Néko HNEPEUNE dans les Iles. Le Sud est resté , aux mains des non indépendantistes , le FLNKS avec sa liste unitaire arrive avec ses 7 élus. Plus de 40 000 électeurs sur 152000 inscrits , ont porté leur voix sur les listes indépendantistes dans tout le pays. 

Une liste unique et unitaire dans le sud
Après presque deux semaines de négociation , le FLNKS a réussi à faire une liste unitaire avec les deux autres partenaires : le Parti travailliste et la Dynamique Unitaire Sud. La liste : Construisons notre nation arc en ciel, est celle qui portera les couleurs indépendantistes dans la province Sud, elle est tirée par ROCK WAMYTAN.  Aux iles et au nord, la mouvance indépendantiste joue la démocratie locale, en présentant plusieurs listes avec les principaux partis : UC , PALIKA, PARTI TRAVALLISTE.

NAKU PRESS : MISE EN LIGNE LE 9 MAI 2014




LA PETITE MISE A JOUR DE NAKU PRESS


Un indépendantiste à la présidence du congrès du Pays

Le 08 Août 2013 : Rock WAMYTAN  a été élu à la présidence du congrès du Pays après un 3ème tour , alors que les partis de droite sont restés campés , chacun sur leur position. Une situation de circonstance qui a permis à un indépendantiste de prendre les rennes du congrès du Pays.


Du FLNKS et la Région de la Mélanésie

Finalement Victor TUTUGORO a été nommé à la présidence du GFLM ( Groupe Fer de lance Mélanésien)  à l’issue du 19ème sommet de l’organisation qui s’est tenu à Nouméa du 13 au 21 Juin 2013. Une mandature de 2 ans , une occasion pour le FLNKS de travailler en proche collaboration avec les petits états indépendants de cette grande région du Pacifique Sud , qu’est la Mélanésie.

Naku press : Mise en ligne le 25 Août 2013



 La petite mise à jour de Naku Press

Naku press se permet de procéder à une mise à jour de cette page dédiée à l'histoire du FLNKS : Actuellement se prépare le 19è sommet du Groupe des Pays Fer de lance Mélanésien qui se tiendra ici en Kanaky à partir du 13/06/2013 , donc dans quelques jours. 

Victor TUTUGORO , président de l'UPM un des 4 composantes du FLNKS   a été désigné par le dernier congrès du  Front qui s'est tenue à Paita en mars dernier pour être son candidat officiel à la présidence du GFLM . Sa mandature durera 2 ans . Cette responsabilité lui sera confiée le 19 Juin 2013 par Fiji au Centre culturel Jean Marie Tjibaou. 

Mise en ligne le 09 juin 2013

Xème comité des signataires de l’Accord de NouméaJeudi 6 décembre 2012

Hôtel de Matignon

Le 06/12/2012 s’est tenu à Paris le Xème Comité des signataires de l’Accord de Nouméa. Le camp indépendantiste s’est présenté à trois délégations, une première dans l’histoire. Paul NEAOUTYINE ( signataire membre du Palika) accompagné de  André NEMIA – Victor TUTUGORO  ( signataire membre de l'UPM, acompagné de Jean CREUGNET) – et enfin Rock WAMYTAN  (signataire membre de l'UC) pour le groupe UC /FLNKS. Ce comité des signataires intervient dans un climat un peu agité dans le camp loyaliste, mais la réunion au eu lieu et l’Etat a confirmé sa volonté d’accompagner le processus jusqu’à son terme. Les conclusions de ce Xème comité des signataires confirment cette volonté, il reste que c’est surtout au niveau local que l’on doit jouer le jeu pour faire avancer les choses.


Naku press publie ces conclusions de ce Xème comité des signataires, dans cette page dédiée à l’histoire du FLNKS. Cela fait partie des points d’étape à inscrire dans la longue marche du pays vers sa pleine souveraineté.





Relevé de conclusions

Le Xème comité des signataires de l’Accord de Nouméa, institué par le point 6.5 de l’Accord,

s’est réuni le jeudi 6 décembre 2012, sous la présidence de M. Jean-Marc AYRAULT,

Premier ministre, en présence de M. Victorin LUREL, ministre des Outre-mer.

Ont participé à ce comité, en leur qualité de signataire, M. Rock WAMYTAN accompagné de

M. Alosio SAKO, M. Paul NEAOUTYINE accompagné de M. André NEMIA, M. Victor

TUTUGORO accompagné de M. Jean CREUGNET, M. Pierre FROGIER, M. Simon

LOUECKHOTE accompagné de Mme Pascale DONIGUIAN-PANCHOU, M. Bernard

DELADRIERE, M. Harold MARTIN accompagné de Mme Sylvie ROBINEAU.

Ont également participé les parlementaires et les représentants des institutions de la Nouvelle-

Calédonie : Mme Sonia LAGARDE, députée de la 1ère circonscription, M. Philippe GOMES,

député de la 2ème circonscription, M. Hilarion VENDEGOU, sénateur, M. Maurice PONGA,

député européen, M. Gérard POADJA, président du Congrès, Mme Cynthia LIGEARD,

présidente de la Province sud, M. Néko HNEPEUNE, président de la Province des îles

Loyauté, M. Luc WEMA, Président du Sénat Coutumier.

Le Xème comité a enfin été élargi aux forces politiques représentées par un groupe au

Congrès de Nouvelle-Calédonie : M. Pierre BRETEGNIER, Mme Rusmaeni

SANMOHAMAT, Mme Caroline MACHORO-REIGNIER, M. Sylvain PABOUTY, M.

Gérard REIGNIER, M. Gilbert TYUIENON, M. Jean-Pierre DJAIWE, M. Philippe MICHEL

et Mme Sutita SIO LAGADEC ont participé à la réunion à ce titre.

Etaient également présents : M. Marc VIZY, conseiller du Président de la République, M.

Albert DUPUY, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie ainsi que M.

Vincent BOUVIER, délégué général à l’Outre-mer.

Les travaux du Xème comité des signataires ont été ouverts par le Premier ministre. Tous les

points inscrits ont fait l’objet d’une présentation liminaire synthétique par le haut commissaire ou le délégué général à l’Outre-mer, puis ont donné lieu aux échanges et conclusions retranscrits dans le présent relevé de conclusions.



I/ LES TRANSFERTS DE COMPETENCES
Le calendrier des prochains transferts de compétences est rappelé : 1er janvier 2013 pour la circulation aérienne intérieure, 1er juillet 2013 pour le droit civil et le droit commercial, 1er janvier 2014 pour la sécurité civile. Les derniers transferts de compétences à opérer relèvent de l’article 27 de la loi organique et concernent l’enseignement supérieur, la communication audiovisuelle, les règles relatives à l’administration des provinces, des communes et de leurs établissements, au régime comptable et financier des collectivités publiques et de leurs établissements publics, au contrôle de légalité des provinces, des communes et de leurs établissements publics. Partie intégrante des transferts prévus, ils doivent néanmoins faire l'objet d'une demande du Congrès pour être éventuellement engagés.



1. Il ressort des échanges une attente, partagée par tous les partenaires calédoniens, d’un accompagnement renforcé des transferts par l’Etat, notamment une fois qu'ils sont réalisés.

Cette attente est d’autant plus forte que les transferts restant à intervenir recouvrent des matières à la fois fondamentales et à forte technicité, qui touchent à l’organisation même des institutions et impacteront la vie quotidienne des calédoniens.

Le Premier ministre a annoncé, à l’issue des échanges, la volonté de l’Etat d'assurer un véritable accompagnement des autorités calédoniennes dans l’exercice de leurs nouvelles responsabilités. A cet effet, il a décidé la création d’une structure interministérielle d’appui pérenne, chargée de l’accompagnement des transferts de compétences, en cours ou réalisés.

Pilotée par un chef de service directement placé auprès du délégué général à l’outre-mer, cette structure sera composée d’un référent désigné par chaque ministère et se réunira au moins une fois par trimestre. Elle aura notamment pour mission, en liaison avec les autorités calédoniennes, de :

- définir les modalités de mise à jour des branches du droit déjà transférées,

- traiter en temps réel les modalités et les problèmes posés par les transferts en cours,

- préparer les transferts susceptibles d’être opérés, notamment ceux de l’article 27, de sorte que le Congrès dispose de tous les éléments d’appréciation lorsqu’il sera amené à se prononcer conformément à la loi organique, en vue de leur présentation au prochain comité des signataires.


2. Le 1er janvier prochain, interviendra au bénéfice de la Nouvelle-Calédonie le transfert de compétences en matière de « police et sécurité de la circulation aérienne intérieure et des exploitants établis en Nouvelle-Calédonie dont l’activité principale n’est pas le transport aérien international ». Dans cette perspective, le comité des signataires se félicite du fait que la Nouvelle-Calédonie et l’Etat exerceront leurs compétences respectives en matière d’aviation civile au sein du service unique, la Direction de l’aviation civile en Nouvelle-

Calédonie, créé dès mai 2010 par une convention intervenue sur le fondement de l’article 56-1 de la loi organique, qui regroupe 230 agents dont une majorité de personnels de statut calédonien et a d’ores et déjà fait la preuve de sa pertinence.

En vue de la bonne mise en oeuvre de ce transfert, le comité des signataires invite la structure pérenne chargée de l’accompagnement des transferts de compétences à examiner le projet de convention d’accompagnement, la proposition présentée par l’Etat d’un dispositif visant à permettre à la Nouvelle-Calédonie d’exercer sa nouvelle compétence réglementaire ainsi que les autres modalités du transfert qui interviendront dans les cadres conventionnels prévus par la loi organique


3. Enfin, en ce qui concerne la compétence enseignement déjà transférée, le Premier ministre a confirmé l’engagement de l’Etat à mener à bien la construction des lycées de Mont-Dore et de Pouembout. Les études seront poursuivies en 2013.



Pour la suite, le Premier ministre a précisé qu’il veillerait à ce que l’ensemble des crédits nécessaires pour la construction des lycées soient mobilisés, après validation définitive du cahier des charges des projets. A cet effet une mission technique d’experts se rendra en

Nouvelle-Calédonie au début de l'année 2013.

Les partenaires locaux de l’Accord de Nouméa ont rappelé leur souhait que la livraison de la première tranche de ces deux établissements intervienne à la rentrée 2016.



II/ MODIFICATIONS DE LA LOI ORGANIQUE

La problématique du pouvoir de police administrative spéciale du Président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie intéresse des compétences transférées (circulation maritime) ou à transférer en 2013 (circulation aérienne et sécurité civile). Le Congrès a sollicité dans sa résolution du 12 mai 2011 la dévolution d’un tel pouvoir au Président du gouvernement, aux côtés du pouvoir de police administrative générale du haut-commissaire.

Le Gouvernement s’engage à présenter cette modification de l’article 134 de la loi organique dans les meilleurs délais et, en tout état de cause, au premier semestre 2013, selon le vecteur législatif privilégié.

Par ailleurs, le comité se prononce en faveur de la modification de la loi organique statutaire afin de permettre la création par la Nouvelle-Calédonie d’autorités administratives indépendantes locales dotées de toutes les prérogatives afférentes, ou de créer directement dans la loi organique de telles autorités, en premier lieu dans le domaine de la concurrence.

 
III/ AVANCEMENT DES TROIS COMITES LOCAUX DE PILOTAGE
Comité de pilotage sur le bilan de l’Accord de Nouméa : le bilan de l’Accord de Nouméa, tel qu’il ressort de l’étude réalisée par le cabinet CM International, est considéré comme un bilan d’étape. Néanmoins, les missionnaires ont également mis en exergue des points restant à améliorer.

A la suite des échanges, portant notamment sur la dimension nouvelle de certaines politiques intéressant la Nouvelle-Calédonie dans son ensemble, il est donné acte que le rééquilibrage n’est pas terminé mais qu’il existe une volonté commune de réfléchir aux moyens de concilier rééquilibrage entre provinces, développement d’activités économiques, niveau d’équipements structurels et répartition géographique de la population. À ce titre, le comité des signataires a décidé de constituer un groupe de travail (Etat, gouvernement, Congrès et provinces) au sein du comité de pilotage. La réflexion qui y sera menée pourrait s’articuler utilement avec celle conduite dans le cadre de la réforme fiscale et de ressources nouvelles mobilisables. Il est convenu que les premiers travaux de ce groupe puissent être présentés en septembre 2013.

Comité de pilotage sur l’avenir institutionnel : la mission de réflexion sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie a présenté son programme de travail pour l’année
2013, portant sur le thème des compétences régaliennes et sur le cadre juridique de la phase finale de l’Accord de Nouméa, qui s’ouvrira dès les élections provinciales de 2014. Ce programme est agréé par le comité des signataires qui souhaite également que la mission puisse modéliser par simulations les différentes hypothèses majeures d’évolution institutionnelle et établir une cartographie d’exercice des compétences régaliennes selon les grandes options envisageables en fonction du résultat de la consultation prévue par l'Accord.

Par ailleurs, la mission poursuivra et approfondira sa réflexion sur la citoyenneté calédonienne et proposera au comité de pilotage des pistes pour en améliorer les traductions concrètes.

Comité stratégique industriel et sujets relatifs au Nickel

1. Projet de KONIAMBO – Usine du Nord (Koniambo Nickel – KNS)

L’Etat réaffirme son soutien au projet de Koniambo et répondra dès le début 2013 à la demande de déblocage de la dernière tranche de défiscalisation, conditionnée à un audit des dépenses réalisées par Koniambo Nickel SAS.

La mission menée par Mme Anne Duthilleul s’attachera à suivre le calendrier d’achèvement, le démarrage de la première tranche de l’usine dans les prochaines semaines et sa montée en production progressive à partir du lancement de la deuxième tranche en 2013.

Projet de GORO – Usine du Sud (Vale Nouvelle-Calédonie)

Le suivi de la mission continuera à s’exercer sur ce projet jusqu’à son achèvement physique, attendu fin 2012, et au-delà tout au long de sa montée en production.

Schéma stratégique industriel du Nickel en Nouvelle-Calédonie

Le comité des signataires se félicite de la conclusion des travaux d’analyse et de réflexion en vue de l’élaboration d’un Schéma Stratégique Industriel du Nickel, intervenue lors du Comité
Stratégique Industriel du 21 novembre 2012.

Fort de la volonté politique d’avancer ensemble, exprimée d’un commun accord lors du
dernier CSI, il décide de poursuivre l’élaboration du Schéma Stratégique Industriel dans une instance plus restreinte telle que la Conférence des Présidents prévue au schéma de mise en valeur des richesses minières de la Nouvelle-Calédonie, élargie au représentant de l’Etat et au président du Congrès, pour travailler efficacement dans les mois qui viennent avec l’appui de
Mme Anne Duthilleul.

Cette instance restreinte sera également chargée de revoir les analyses et propositions relatives au Nickel formulées dans le cadre de l’élaboration du Schéma de développement et d’aménagement NC 2025, afin de veiller à ce que Schéma Stratégique Industriel à venir soit cohérent avec celui-ci.
L’Etat reste très attentif à l’évolution du capital d’ERAMET/SLN et encourage ERAMET et
la STCPI à poursuivre la révision de leur pacte d’actionnaires de la SLN.

IV/ BILAN DES SIGNES IDENTITAIRES

Le représentant de l’IEOM présente les signes identitaires qui seront repris dans la nouvelle gamme de billets, y compris le futur billet de 20.000 francs CFP. Le comité approuve le dispositif présenté ainsi que la date et les modalités de mise en circulation des nouvelles coupures. Le ministre a attiré l’attention du comité sur l’urgence pour le Congrès à délibérer sur cette dernière coupure.

A l’occasion de ce point, le comité note avec satisfaction l’avis favorable rendu à l’unanimité par la commission de la législation et de la réglementation générale sur la proposition de délibération pour la constitution d’une commission en charge de réfléchir à l’adoption d’un drapeau exprimant l’identité kanak et le futur partagé entre tous. Dans l’attente, et tant qu’une solution n’aura pas été trouvée, les deux drapeaux doivent coexister, comme l’a décidé le

Congrès, sans que cela n’obère la recherche en commun du drapeau par les partenaires calédoniens, conformément au point 1.5 de l’Accord de Nouméa.

V/ LES CONTRATS DE DEVELOPPEMENT

Le comité se félicite que les arbitrages effectués, dans le cadre de la gestion 2012 sous l’autorité de M. Jean-Marc AYRAULT, ont permis le déblocage de la signature des deux derniers contrats 2011-2015, le contrat Etat-Nouvelle-Calédonie ayant été signé en présence de M. Victorin LUREL le 23 novembre dernier et le contrat Etat-Inter-collectivités devant l’être d’ici la fin de l’année. Le ministre des outre-mer indique qu’il sera particulièrement

vigilant sur le respect de ses engagements, y compris par les opérateurs de l’Etat et qu’un point annuel sera fait à la fin du premier semestre dans la perspective des préparations budgétaires.


VI/ SECURITE ET JUSTICE
Le comité prend acte des préoccupations exprimées en son sein en matière d’insécurité. Le ministre souligne que la Nouvelle-Calédonie n’est pas, comparativement, sous dotée en moyens. Néanmoins, dans la période qui s’ouvre, il convient que l’ensemble des autorités, au premier rang desquelles l’Etat, soient particulièrement attentives à toutes les évolutions qui peuvent mettre en péril la cohésion de la société calédonienne. Une vigilance accrue sera donc apportée par l’Etat au maintien des effectifs de sécurité publique, au renforcement de recrutements de calédoniens, et à l’appui aux initiatives des institutions du territoire en termes de prévention et de cohésion sociale.

Plus particulièrement, le comité note que le sentiment d’insécurité en Nouvelle-Calédonie est accentué par des conflits sociaux et coutumiers, par un phénomène d’alcoolisation accru, par les violences intra familiales et la délinquance des mineurs. A ce titre, le Gouvernement sera attentif à l’action des forces de sécurité publique et se tient prêt à accompagner la Nouvelle-

Calédonie sur le volet « prévention » de la délinquance, notamment en ce qui concerne les mineurs, l’alcoolisme et les violences intrafamiliales.

2. Mme Imbert-Quaretta a présenté les préconisations de son rapport, remis le 22 novembre dernier à la Garde des Sceaux, élaborées à la suite d’une phase de concertation avec les acteurs locaux : d’une part, une reconstruction sur site de la prison de Camp-Est et, d’autre part, l’implantation près de Koné d’une antenne pénitentiaire.

Le comité prend acte de ce que le rapport préconise de privilégier le maintien du centre pénitentiaire au Camp Est, et appelle à ce que l’opération en cours de rénovation d’urgence soit conduite dans les délais et qu’il soit mis fin à la surpopulation carcérale temporairement par un transfert des détenus dans des structures modulaires permettant ainsi la réalisation des travaux de rénovation des bâtiments actuels.

Le comité note avec satisfaction la recommandation faite d’installer dans les environs de

Koné une antenne locale, dans le cadre de ce projet pénitentiaire, et le représentant de la

Garde des Sceaux indique que le ministère de la Justice examine les conditions de mise en oeuvre des recommandations du rapport de Mme IMBERT-QUARETTA. A ce titre, le dimensionnement de cette antenne et sa parfaite articulation avec la politique pénale doit faire l’objet d’études complémentaires en 2013.

Il indique que le rapport de Mme IMBERT-QUARETTA sera adressé à l’ensemble des autorités locales. Il a par ailleurs annoncé que deux postes de magistrats, dont un juge de l’application des peines, seraient créés en janvier 2013.

VII/ VIE CHERE
L’Etat rappelle aux membres du comité que la loi portant régulation outre-mer récemment promulguée n’est pas applicable, pour la plupart de ses dispositions, en Nouvelle-Calédonie, dès lors que les matières abordées relèvent de sa compétence. Il appelle ses partenaires calédoniens à transposer celles des dispositions qu’ils jugeront utiles à la situation particulière de la Nouvelle-Calédonie, et indique qu’il se tient prêt à apporter son soutien dans l’élaboration et la mise en oeuvre d’une législation locale dans ce domaine.

Le comité prend note de la présentation faite par le ministre des outre-mer de la nature du dispositif réglementaire qui sera rapidement adopté pour mettre en oeuvre les dispositions de la loi portant régulation économique outre-mer relatives à la modération de la tarification bancaire en Nouvelle-Calédonie.

VIII/ FORMATION DES FEMMES ET DES HOMMES
1. Le comité appelle à mettre en oeuvre les recommandations du rapport d’évaluation du programme « cadres avenir », en mettant plus particulièrement l’accent sur une amélioration du travail en direction des entreprises et de l’accompagnement des stagiaires dans leur insertion professionnelle, la poursuite des efforts en direction du Nord et des Îles pour un meilleur équilibrage géographique, l’adoption d’un virage stratégique vers les formations d’excellence pour alimenter les postes générés par les transferts de compétences et les postes d’encadrement supérieur du secteur privé.

Par ailleurs, le ministre des outre-mer indique qu’une démarche de formalisation de parcours individualisés sera engagée, qui passera notamment par le détachement, pour une durée déterminée, d’agents de la fonction publique locale dans les administrations d’Etat, en Nouvelle-Calédonie et en administration centrale.

La structure d’appui interministérielle pérenne devra fixer des objectifs afin d’assurer la montée en expertise de cadres calédoniens, notamment dans le champ des compétences transférées.

2. S’agissant de la représentation des calédoniens, et plus particulièrement des kanak, dans la fonction publique d’Etat régalienne, le comité prend acte de la volonté affirmée par le

Premier ministre de conduire une politique volontariste afin que des progrès significatifs soient accomplis pendant la présente législature. Des actions concrètes seront présentées et engagées dès le premier semestre de l'année 2013.

Dans ce cadre, le comité des signataires appelle à ce qu’un effort particulier soit mis en œuvre par les partenaires de l’Accord de Nouméa pour informer, sensibiliser et favoriser l’accès des étudiants kanak et océaniens aux études de santé, leur réussite aux concours et les meilleures conditions de leur retour en Nouvelle-Calédonie. Cet effort s’appuiera notamment sur un groupe de travail mis en place à Paris.

. Pour ce qui est du dispositif « emplois d’avenir », le comité note que si, conformément au statut de la Nouvelle-Calédonie, ce dispositif ne peut s’appliquer localement que si le Congrès adopte son propre dispositif d’aide à l’emploi, l’Etat se montre disposé à apporter un appui en terme d’ingénierie aux autorités calédoniennes et à conventionner le cas échéant avec la

Nouvelle-Calédonie, afin de préciser selon quels critères il pourrait participer au cofinancement des emplois d’avenir, mis en œuvre par la législation de Nouvelle-Calédonie.

Par ailleurs, le comité des signataires rend un hommage appuyé au rôle du régiment calédonien du SMA dans son action en faveur de l’insertion des jeunes.

Le comité s’accorde sur la tenue d’un prochain comité des signataires au plus tard en septembre 2013.



Naku press : mise en ligne le 24/12/2012




















Naku press du haut de ces quelques mois d'existence sur la toile, entame cette nouvelle année 2011 avec l'ouverture de cette page titrée : AU FIL DE L'HISTOIRE DU FLNKS. Pour les fidèles lecteurs de ses publications, Naku press se doit de compléter sa communication avec un rétrospectif sur des décisions qui motivent ses analyses de fond. La dimension sociale et humaine que Naku Press prétend donner à sa communication sur la toile, puise son essence dans toutes les réflexions menées par le mouvement nationaliste kanak au travers de ses organisations. AU FIL DE L'HISTOIRE DU FLNKS se fera le relais de ce rétrospectif pour aussi  faciliter la compréhension des analyses mises en lignes ou encore le choix des articles.

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CHRONOLOGIE de la lutte du peuple Kanak de 1958 à aujourd’hui : 24 septembre 2007





Avant la période coloniale

 - 4000 : peuplement de l’Océanie à partir de la Nlle Guinée
 - 2000 : Poteries Lapita
 XVIIème Siècle : début des implantations des colonies tongiennes, samoanes, wallisiennes en NC
 4 septembre 1774 : Cook découvre l’île et la baptise « Nouvelle Calédonie »
 A partir de cette date et jusqu’en 1844, de nombreux bateaux accostent en NC : D’entrecasteaux, Reven, Butler, Dumont d’Urville. Des évangélistes océaniens et des santaliers accostent à leur tour et s’installent.
 1er décembre 1843 : Arrivée des missionnaires français catholiques à Balade
La période coloniale

 1er Janvier 1844 : traité établissant le protectorat français, les chefs du Nord reconnaissent la souveraineté du Roi des français : Louis Philippe.
 De 1844 à 1853 : Installation de missions religieuses dans tout le pays. Ces missions sont souvent attaquées par les kanak, ce qui entraîne des représailles de la part de l’armée : Cases brûlées… Les kanak s’attaquent aussi aux bateaux militaires.
 24 septembre 1853 : l’amiral Fébvrier Despointes « prend possession » de la Nouvelle-Calédonie à Balade : « A partir de ce jour, cette terre est française et propriété nationale ».
 5 février 1854 : le capitaine de vaisseau Tardy de Montravel prend la direction de la colonie : il fera signer successivement aux chefs kanak un acte de reconnaissance de la souveraineté française et un code abandonnant « les lois et coutumes du pays » et permettant de « participer aux droits et aux avantages de tout citoyen français ».
 1855
           20 janvier 1855 : déclaration n°18 du Gouverneur du Bouzet instituant que toutes les terres de NC sont propriétés du Gouvernement Français.
           10 avril 1855 : Arrêté créant les propriétés privées pour les Européens et les obligeant à avoir au moins 1 tête de bétail par hectare
           1855 : première adjudication de terrains à Port de France et première concession pour une rédaction de la mission Mariste : 2000 ha de la plaine de St Louis – Conception (plus de 1500 ha l’année suivante). Les missionnaires y installent les kanak de Pouébo, Balade, Touho.


 1863
         Décret interdisant l’usage des langues kanak à l’école
         2 septembre 1863 : Décret choississant la NC comme « lieu de transportation des individus de race blanche condamnés à plus de 8 ans de travaux forcés

 De 1856 à 1878 : des terres sont données aux européens.
         Ex : 40.000 ha de Canala à St Vincent, à la compagnie Byrns et Brown (1858)
         Du bétail est mis sur ces terres, détruisant les cultures kanak. Des réserves indigènes sont créées (1959)
         Des révoltes éclatent un peu partout sur la Grande Terre contre les missions, les colons avec les grands chefs Kandio et Jack (Mont-Dore), Kuendo (Païta), Bouarate…
         Ces révoltes entrainent des représailles : grands chefs exilés ou tués, terres expropriées…

 18 juillet 1887 : Décret créant le statut de l’indigénat pour 10 ans (Il sera prorogé en 1897, puis en 1907… jusqu’en 1923) : pouvoir de répression aux administrateurs des affaires indigènes sans l’intervention de la justice. Par ce régime, les kanak sont placés hors du droit commun : ils sont soumis à la discipline de l’administration coloniale.

 1894 : Institution d’une procédure amiable visant à récupérer les terrains des collectivités kanak dont l’effondrement démographique est manifeste : c’est la « Renonciation volontaire

 1895 : Sur proposition du Gouverneur Feuillet, le Conseil Général vote la création de l’impôt de capitation : tous les kanak doivent 10 francs par tête et par an (cela représente 10 jours de travail chez un colon)

 1897
          27 octobre 1897 : Etablissement par arrêté des grands chefs nommés par l’Administration coloniale
          nov.1897 : Arrêté pour cantonner les kanak et diminuer la surface des tribus (3 ha cultivables par individu)

 de 1897 à 1914 : les réserves diminuent, les kanak ont perdu 5/6 de la surface utile traditionnelle. L’impôt de capitation oblige les kanak à aller travailler chez les colons, des mesures discriminatoires envers les personnes qui essaie d’améliorer le sort des kanak, font que la révolte gronde.

 1914 : 2ème réunion secrète des chefs kanak à Néami pour préparer une insurrection

 1916 : 1006 blancs, 1107 kanak partent pour la guerre en Europe. Ceux qui ne veulent pas y aller prennent le maquis et viennent grossir les rangs du chef de guerre local Noël.

 1917 : 2ème grande insurrection kanak qui commence à Koné avec le Grand Chef Noël. Des postes de gendarmerie seront attaqués de même que des stations européennes. Elle touchera surtout le Nord de la Grande Terre sur les 2 côtes. L’armée coloniale va enrôler des kanak pour « pacifier » les tribus révoltées. La tête des insurgés est mise à prix : 25 francs pour un petit rebelle ». 2000 F pour le chef Noël. Des kanak seront déportés aux Nouvelles Hébrides.

 1918
         Janvier 1918 : le Grand Chef Noël est tué à bout portant puis décapité. Sa tête est ramenée à Koné.
         19 mars 1918 : décision exonérant (qui ?) pendant 15 ans l’impôt de capitation

 1922 : les kanak valides ayant participé à la répression, doivent 12 jours par an de travaux d’utilité publique, en principe dans sa circonscription.

 1925 : création de 2 écoles de formation indigène : l’une à vocation professionnelle, l’autre pour les moniteurs des écoles de tribu

 21 avril 1931 : Décret portant réquisition des kanak pour les travaux d’utilité publique

 mai 1931 : Exposition coloniale à Paris. Kake Wathio est écœuré d’avoir été exposé comme cannibale sur la place publique ; il le dénonce dans une lettre à M. Leenhardt. De même Kake Nigoth dénonce la tournée des kanak comme cannibales dans un cirque qui fait un circuit en Europe.

 20 juin 1934 : la prime de capture des kanak en situation irrégulière, vagabondant ou travaillant sans engagement en dehors de leur circonscription est fixée à 10 francs.

 20 sept 1934 : interdiction aux indigènes de race océanienne de circuler après 21h tous les jours sauf le Mercredi et le samedi.

 En 1936 : population kanak : 27.800 alors que en 1877, elle était estimée à 46.000. causes : épidémies, guerres…

 1939 : arrêté alourdissant les réquisitions kanak pour les travaux publics malgré l’entrée en vigueur des accords de Genève interdisant toute forme de travail obligatoire.

 1945 :
         les réserves kanak forment 7.4% de la Grande-Terre soit 0.1% de plus qu’en 1903.
         Les tirailleurs autochtones du Bataillon du Pacifique écrivent au Ministre pour dénoncer le régime oppressif et injuste qui tend à les maintenir dans une condition inférieure moralement, intellectuellement et économiquement. « Ils veulent conserver la vieille société indigène en dehors de laquelle ils ne pourraient être que des déraciné dans leur propre pays »…
 1946
        15 janv 1946 : Jeanne Tunica lance un appel pour la fondation du Parti communiste calédonien. Rapide succès notamment chez les kanak.
        14 fév 1946 : Décret portant suppression des sanctions ordinaires de l’indigénat
        5 avril 1946 : suppression du code de l’indigénat
        11 avril 1946 : loi interdisant le travail forcé
        25 avril : nouveau statut qui met fin au conseil général
        Jacques TALLEC, gouverneur de l’époque, promulgue le statut de citoyen aux kanak qui ne sont plus sujets mais accèdent au statut de la citoyenneté : jouissance des droits et liberté garantie par le préambule de la constitution française, soit les droits universels de l’homme et des citoyens qui recouvre la liberté de résidence, de circuler et le droit de participer à la gestion des affaires de la cité : le code de l’indigénat, les réquisitions, les régimes de prestations, l’impôt de capitation sont abolis.
         3 mai 1946 : Arrêté accordant la liberté de circuler de jour comme de nuit dans tout l’archipel
         23 mai 1946 : attentat à la dynamite au domicile de Jeanne Tunica (elle s’exilera en Australie)
         25 mai 1946 : le Père Luneau et le Grand Chef Kataoui publient « Revendication » : journal de l’UICALO (Union des Indigènes Calédoniens Amis de la Liberté dans l’Ordre)
         3 juin : Revendications écrites parvenues au Ministre de la France d’Outre-Mer par le biais du parti communiste réclamant : l’abolition des lois discriminantes, la création de centres de formation de cadres indigènes, l’amélioration des salaires. Sur le plan politique, en matière statutaire, ils estiment être les seuls en droit de revendiquer au nom de la NC.
        29 sept 1946 : Article de l’AICLF (Association des Indigènes Calédoniens et Loyaltiens Français) dans le N°6 du Monde non-chrétien.
        27 oct 1946 : IVème République en France. L’article 80 de la constitution donne à tous les kanak la qualité de citoyen au même titre que tous les autres nationaux. Droit à l’élection, au diplôme, à l’emploi dans la fonction publique,… Mais ce ne sera appliquée que progressivement.

 1947 : Création de l’UICALO et de l’AICLF : réaction des missionnaires par rapport à la percée communiste.

 1951
        23 mars 1951 : loi étendant le droit de vote à de nouvelles catégories de kanak.
        1er juillet 1951 : élection législatives, Maurice Lenormand est élu député avec les voix largement apportées de l’UICALO et l’AICLF). On l’appellera « Député des Kanak ».
 8 février 1953 :
       Election au Conseil Général : c’est la 1ère élection au suffrage universel. L’Union Calédonienne remporte les élections avec 15 sages sur 25.
       Application aux kanak de la loi sur les allocations familiales

 1956 :
       Les kanak accèdent à l’enseignement publique de la République
       1956 : 1ère grève syndicale (soutenue par l’UC). « A travail égal, salaire égal » (Revendication d’égalité de salaire entre blancs et kanak) mais aussi protestation contre la venue de métropolitains sur le marché du travail.
       23 juin 1956 : vote de la loi-cadre dite loi Defferre : Création d’un Conseil de Gouvernement avec des ministres kanak.

 1957
       22 juillet 1957 : Décret d’application de la loi cadre : tous les kanak de statut particulier ont le droit de vote.
       27 décembre 1957 : Michel Kauma est le premier président kanak de l’Assemblée Territoriale

 1958 : Plusieurs lois sociales sont votées :
• délégués du personnel
• services medicaux d’entreprise
• création de la CAFAT :
      • allocation familiales
      • accidents du travail
      • prévoyance maladie-retraite
 1958 : 4242 vietnamiens sont ramenés au Vietnam
 20 juin 1958 : les milices armées « arrêtent" 3 conseillers et 1 ministre UC
 24 juin 1958 : Maurice Lenormand porte plainte contre l’attentat à l’explosif de sa maison
 28 sept 1958 : l’UC appuie le OUI au référendum constitutionnel
 Oct 1958 : le Congrès de l’UC rejette l’indépendance et se prononce pour l’autonomie du territoire

 20 mars 1959 : lettre de Lenormand au Président de la République pour protester contre le maintien du double collège

 1959 à 1969 : Tentatives de l’Etat Français pour diviser l’UC et grignoter l’autonomie du Territoire (lois Jacquinot et Billotte). Lenormand perd ses droits civiques (il est accusé d’avoir fomenté le dynamitage de sa maison)

 1962 : Premier bachelier kanak ?
 1968 : début du « Boom » du Nickel

 1969
       14 Juillet 1969 : inscription « Calédonie Libre » sur les murs de Nouméa. Apparition des Foulards Rouges créés par des étudiants revenus de France et qui donnent un sens revendicatif et non plus péjoratif au mot « kanak ». Le réveil kanak est amorcé par le mouvement des Foulards Rouges suivi du groupe 1878, plus tard en 1974, qui dénonce la colonisation et demande la restitution, sans condition, des terres.
       8 août 1969 : Jean Paul Caillard et J Pierre Devillers sont condamnés à 6 et 3 mois de prison
       2 septembre 1969 : Nidoish Naisseline (1er kanak diplomé de l’Enseignement supérieur : maîtrise de sociologie) arrêté pour distribution de tract en langue kanak contre le 24 septembre. Un groupe de kanak attaque le commissariat où il est enfermé. Bagarres en ville.

 29 sept 1970 : Yann Céléné Ureguei quitte l’UC avec 3 autres conseillers quand l’UC choisit la candidature de Lèques contre la sienne comme Président de l’Assemblée Territoriale. Le 10 décembre, il créera l’Union Multiraciale, premier parti politique kanak.

 19 août 1971 : Dissidence à l’UC sur la question de l’autonomie. Une grande partie des européens quitte l’UC et fonde le MLC (Mouvement Libéral Calédonien).

 29 décembre 1971 : projet de loi Pidjot sur l’autonomie

 1972 : Roger Laroque, maire de Nouméa dira : « Il faut faire du blanc ».

 1973 : Création de l’UJC (Union des Jeunesses Calédonienne) avec Max Chivot et Jean-Jacques Bourdinat

 1974
       Création du « Groupe 1878 » (en mémoire du groupe de résistance du Chef Ataï) avec Elie Poigoune, Déwé Gorodey, Gabriel Moentéapo, Edmond Koetaïda.
       19 sept 1974 : Meeting pacifiste anti-raciste de l’UJC, des foulards rouges et du groupe 78 pour soutenir la grève de la faim de 2 jeunes soldats kanak : Trévor Underwood et Georges Tidjine pour protester contre le capitaire Selou qui avait ordonné à sa troupe de frapper des kanak de Poum. Tidjine avait refusé et avait été mis aux arrêts, Underwood avait divulgué l’information à l’extérieur.
       24 sept 1974 : Le Groupe 78 décide d’une manifestation de protestation contre le défilé militaire à Nouméa, qui commémore la prise de possession de la NC par la France. Leurs banderoles : « Nos terres », « Deuil kanak »… sont arrachées par la police et les militants sont arrêtés. Elie Poigoune et Henri Bailly sont emprisonnés pour rebellion. Le procès a lieu le lendemain et le verdict est prévu pour le 27 septembre. Les militants envahissent le Palais de Justice le 25 et menacent d’y rester si Poigoune et Bailly ne sont pas libérés de suite. Les forces de l’ordre les matraquent violemment et emprisonnent 12 d’entre eux, les peines sont de 2-4 et 6 mois fermes. Les peines les plus lourdes sont pour JPaul Caillard et JPierre Devillers de l’UJC.

 16 oct 1974 : Gorodey, Mindia Annette, M.Ayawa et Annie Buama vont réclamer les banderolles confisquées le 24 septembre. La police ne veut pas les recevoir. Elles brulent un drapeau français. Un policier frappe brutalement M.Ayawa et Annie Buama.
 1975
       Giscard d’Estein, en qualité de Président de la République refuse de recevoir une délégation de l’Assemblée Territoriale conduite par son Président : Mr Yann Céléné Ureguei parti demander l’autonomie. Recu par Mr Jacques Chirac, 1er ministre, celui-ci déclare : l’autonomie est dépassée, soit la départementalisation, soit l’indépendance.
      Février 75 : Le groupe 1878 proclame que son objectif politique sera désormais la lutte pour l’Indépendance Kanak.

 1979 : Création du FI suite à la politique de Messmer en faveur de l’immigration massive.

 1981
       14 et 15 mars Convention du F.I.
       Dijoud à Nouméa. 500 kanak l’empêchent d’attérir à Maré

 26 avril au 12 mai
       Machoro participe au conseil mondial des peuples indigènes
       Mouvement d’occupation des terres sur tout le territoire
       14 juin : Emile Kutu assassiné à Gomen par un colon
       23 juillet : Pidjot, Païta, Declercq reçus par Mitterand
       10 août : Pidjot et Machoro au forum du Pacifique, à Vila
       11 août : Emmanuelli à Nouméa : discours choc à l’Assemblée Territoriale
 19 septembre : Assassinat de Pierre Declercq. Pendant plus d’un mois : manifestations et barrages sur tout le territoire
 26 octobre : Pidjot, Païta, Lenormant, Tjibaou reçus par Mitterand
 14-23 novembre : Délégation F.I. à Fidji pour la conférence sur l’indépendance et la dénuclarisation du Pacifique.
 3 décembre : Emmanuelli et Nucci à Nouméa : projet d’ordonnances
 6 décembre : Congrès constitutif du S.T.K.E.
 18 décembre : 12ème Congrès USOENC : unité des 2 luttes (les travailleurs pour le socialisme, les kanak pour l’indépendance).

 1982
       11-13 janvier: L’Assemblée Territoriale crée l’impôt sur le revenu
       L’Assemblée Nationale vote la loi sur les 5 ordonnances : assesseurs coutumiers au tribunal, mines et énergie, office de développement (ODIL), office foncier, office culturel kanak
       18 et 19 février : Tjibaou à Canberra pour la conférence du Pacifique
       21 avril : Alliance F.I.-FNSC à l’Assemblée Territoriale
       18 juin : Après la censure du conseil du gouvernement Ukeiwe (15/6), élection du conseil de gouvernement Tjibaou
       22 juillet : un commando de droite attaque l’Assemblée Territoriale
       9 et 10 août : soutien à l’I.K.S. du 13ème Forum du Pacifique Sud à Nouméa
       5 et 19 septembre : 1er Congrès de l’USTKE : « pas de socialisme sans indépendance kanak, pas d’indépendance kanak sans socialisme ». « Tribus-usines, même combat ».
       décembre : réunion des grands chefs à Lifou

 1983
 10 janvier : Roynette envoie les mobiles à Koindé Ouipoin. 2 gendarmes tués. 12 kanak arrêtés.

 9 avril

 Le F.I, le Palika et le Comité Pierre Declercq organisent un meeting contre le pouvoir colonial et la justice coloniale, et contre le statut Lemoine

 La ligue des droits de l’homme, en congrès, soutient sans réserve la lutte du peuple kanak

 11 mai : Assassinat de Poitchily. Nombreuses manifestations, graffitis, incendies…

 13 mai : Tjibaou et Y. Céléné Ureguei à Alger, après Paris et Lisbonne (international socialiste).

 18 mai

 Arrivée de Lemoine. On craint l’affrontement des 2 manifestations (droite et F.I.)

 Création d’Aircal International

 Création officielle du Conseil des Grands Chefs

 Pour la 1ère fois de l’Histoire, un civil dirige l’hôpital de Nouméa

 12-14 juillet : table ronde de Nainville reconnaissant « la légitimité du peuple kanak, premier occupant du territoire » et son droit à l’autodétermination.

 10 au 20 juillet : Conférence du Vanuatu sur la dénucléarisation du pacifique : délégation F.I. motion sur la Nouvelle Calédonie

 29 et 30 août : Forum du Pacifique à Canberra : résolution sur la Nouvelle Calédonie

 20-24 novembre : 2ème voyage de Lemoine. Le F.I. lui remet le drapeau kanak à son arrivée à Magenta.



 1984

 10 et 19 février : Fête des comités de soutien aux inculpés de koindé Ouipoin.

 11 février

 les fachos prennent d’assaut le Haut-Commissariat

 Tjibaou chez Mitterand

 10 mars : Convention F.I. : mise en place d’un comité exécutif chargé d’établir un programme de gouvernement, la constitution du pays kanak, la charte de l’indépendance.

 Avril : 3ème voyage de Lemoine : annonce du comité Etat-Territoire

 Fin avril : proposition de la loi Pidjot à l’Assemblée Nationale sur le statut du territoire

 29 mai : L’Assemblée Nationale vote le statut Lemoine : ce sera la loi du 6 sept 84.

 Juin : Rock Pidjot démissionne du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale

 17 juin : Boycott du F.I. des élections européennes

 21 juillet : Congrès extraordinaire de l’U.C. : s’opposer à l’application du statut Lemoine

 28 juillet : Convention F.I. : non actif au statut Lemoine

 27 et 28 août : Délégation F.I. au forum des pays indépendants du Pacifique

 13 septembre : Lemoine à l’ONU pour contrer l’offensive F.I.

 22 au 24 septembre : Congrès constitutif du FLNKS (où participe le comité P.Declercq) : un comité de lutte par commune + charte + calendrier d’actions

 octobre : Voyage, stage, en Lybie de 17 jeunes kanak

 16 octobre : 4ème voyage de Lemoine. A Maré, Yeiwene et des militants barbouillent les hélicos et l’avion du Ministre

 18 novembre

 Boycott actif des élections territoriales : nombreuses actions dont la casse de l’urne de Canala par Machoro. Durant toute la période : occupations, barrages, manifestations etc…

 Participation du LKS au statut Lemoine

 22 au 30 novembre : séquestration du Sous-Préfet Demar à Lifou par le groupe de Cono Hamu

 23 novembre : Machoro assiège Thio

 25 novembre

 Début de création du 1er Gouvernement provisoire de Kanaky

 Début des évacuations de réfugiés broussards vers Nouméa

 1er décembre :

 Finalisation et officialisation du 1er Gouvernement provisoire de Kanaky

 Première montée des couleurs de kanaky à la Conception, devant la presse internationale

 Rentrée officielle du Palika au FLNKS amenée par Elie Poigoune

 2 décembre : le groupe de Machoro désarme tous les habitants de Thio et met en échec le débarquement aéroporté de la gendarmerie et du G.I.G.N.

 4 décembre : arrivée de Pisani

 5 décembre : assassinat de 10 kanak de Tiendanite de Hienghène. Malgré cela, Tjibaou et le FLNKS maintiennent le mot d’ordre de levée des barrages

 19 décembre : manifestation de soutien du FLNKS à Paris

 31 décembre : attentats fascites à Nouméa



 1985

 1er janvier : 3 explosions à la bombe à Nouméa dont l’établissement Ballande

 7 janvier : Pisani à l’Assemblée Territoriale : l’indépendance-association avec la France

 10 janvier

 Fuite des capitaux : déjà 4 milliards CFP !

 Assassinat d’Yves Tual. Emeute à Nouméa : incendie de la maison Guiart, saccage de la pharmacie Lenormand

 12 janvier : Machoro et Nonaro abattus par les gendarmes mobiles. Laroque provoque la liesse de la foule à Nouméa en donnant la nouvelle. Pisani décrète l’état d’urgence.

 19 janvier

 Mitterand à Nouméa

 Sabotage à la mine SLN de Thio : 500 millions CFP de dégâts

 Sabotage du matériel roulant minier à Kouaoua

 Ukeiwé propose au Sénat un nouveau statut : fédération de régions élus au suffrage universel.

 9 février

 2ème Congrès FLNKS à Nakéty : refus du plan Pisani

 nombreuses grèves paralysant les entreprises. Le 27 février, les patrons se diront « prêts à la lutte armée »

 11 février : Lafleur lance une manifestation de rebellion contre le couvrefeu et l’état d’urgence.

 15 février : Pasqua à Nouméa, de même que G.Flosse : meeting à Nouméa.

 17 février

 « Pique-Nique » du Front Calédonien à Thio : 11 blessés après la provocation anti-kanak

 Pisani expulse le capitaine de gendarmerie, les 4 leaders du Front Calédonien et le Président des parachutistes.

 Mars

 70% des C.D.L. appuient le boycott scolaire contre la direction du FLNKS

 Création de la 1ère EPK

 5 mars

 Raffle policière dans les tribus de Thio – caillasages

 89 grèvistes au camp-est.

 25 mars : Lettres ouvertes de Pisani à un « jeune caldoche » et à un « jeune mélanésien » sur la sécurité et l’ordre, la coutume et l’économie.

 17 avril : Aïfa démissionne de l’Assemblée

 20 avril : Journée Internationale de solidarité avec le peuple kanak. A Paris : 5000 personnes, à Nouméa : 3500 personnes pour la « Case de la Paix ».

 4 mai : Gabriel Païta, Auguste Siapo et Martin Wamytan créent le parti fédéral kanak d’OPAO

 13 mai : Bombes à Dokamo, au Palais de Justice, etc…

 21 mai : Pisani est nommé Ministre de la NC – Fernand Wibaux le remplace comme Haut-Commissaire

 25 et 26 mai

 3ème Congrès FLNKS à Hienghène : arrêt du boycott scolaire, mais libre choix de l’école : les EPK continuent (2000 congréssistes)

 arrestation de Gilbert Munier, chef des cagoulards racketteurs, puis de J.Tricard et E.Salmon avec 26 armes et 3 bombes chez eux

 14 cases incendiées à Pouébo

 Juillet

 Fin de l’état d’urgence

 Affaire Green Peace (Rainbow Warrior)

 Fusillade à Pouébo : 1 mort

 29 et 30 juillet : opération militaire dans les tribus de Thio

 23 août

 Loi sur le statut Fabius-Pisani : ordonnaces et indemnisations

 Convention des EPK

 7 escadrons de gendarmerie à Thio

 28 août : fin du gouvernement Ukeiwé et du statut Lemoine (durée : 9 mois)

 24 septembre : inauguration de Radio Djiido

 26 septembre : plastiquage de l’office foncier et de l’ODIL

 29 septembre

 Elections régionales : présidents Jorédié, Tjibaou, Yeiwéné, Lèques

 L’office culturel kanak présente la vidéo-cassette : « kanak et fier de l’être »

 Création du syndicat USTKE des policiers

 25 octobre : 400 fachos font la chasse aux kanak dans Nouméa et attaquent le siège de Bwenando

 6 novembre : incendie des cases de Ko We Kara

 16-18 novembre : 4ème Congrès du FLNKS à Oundjo : mise en place des CCC régionaux et de la caisse nationale

 3 décembre

 1 bombe de forte puissance détruit la salle du tribunal de Nouméa

 mission USTKE en France



 1986

 11 février : bombe sur l’Albatros, le bateau de Bélep

 15 février : Convention de Sarraméa : le FLNKS décide de justesse le boycott des élections

 18 février

 Lafleur veut supprimer l’impôt sur le revenu, relancer l’immigration européenne et demande aux kanak de « s’intégrer dans une société à laquelle personne ne peut échapper »

 Attentat contre Georges Tein dans la tribu de Boyen

 Expulsion de NC de la députée européenne des Verts, Dorothée Piermont

 16 mars : boycott des élections législatives : plus de 50% d’abstentions en NC : Lafleur et Nénou sont députés

 25 mars : Chirac : 1er ministre, Bernard Pons : ministre des Dom-Tom

 11 avril : levée du deuil d’Eloi Machoro

 20 avril : conférence mondiale des mouvements de libération : YC Uréguei à Tripoli, premier accroc avec le FLNKS

 Mai : Tjibaou, Yeiwene, Joredie, Neaoutyine chez Mitterand

 19 juin : Procès des Koindé-Ouipoin à la FOL tenant lieu de Palais de Justice : verdict : 10 ans pour Sylvestre Nemoare, 2 ans pour P.Nemoare

 6 juillet : journée de soutien pour les Koindé à St Louis

 17 juillet

 loi abrogeant les ordonnances

 l’ADRAF remplace l’office foncier

 les régions perdent des compétences

 quadrillage militaire et nomadisation

 8-11 août

 le 17ème forum du pacifique à Suva Fidji prend position pour l’inscription de la NC à l’ONU (décolonisation)

 Conférence des forces révolutionnaires et mouvements de la paix en région pacifique

 30 août : Tjibaou au 8ème sommet du mouvement des non-alignés à Harare, Zimbabwe. Motion de soutien au FLNKS.

 29 septembre : le juge Semur décide le non-lieu pour les inculpés de Tiendanite. Le comité P.Declercq lance une pétition qui recueille plusieurs milliers de signatures

 16 novembre : Mitterand dit que la NC doit rester au sein de la République.

 2 décembre : Le FLNKS obtient à l’ONU l’inscription de la NC sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser (résolution 1514) : ce n’était pas arrivé depuis 1945 !



 1987

 8-9-10 janvier : occupation, pillage Do Kamo par des Mobiles

 février : l’Office Calédonien des Cultures remplace l’Office Culturel Kanak : on brûlera 7500 livres et revues au dépotoir !

 mars : lettre ouverte d’un groupe de prêtres sur la justice et la démocratie en NC

 9 avril : à Paris, 90 minutes de débat sur Europe 1 entre Tjibaou, Yeiwene et Lafleur – Ukeiwe

 27 avril : lettre ouverte de JM Tjibaou aux Français

 30-31 mai : Forum du Pacifique Sud à Apia : motion de rejet du référendum Pons

 23 juillet : 19 militants FLNKS s’envolent pour Tripoli

 22 août : Répression farouche de la marche silencieuse à Nouméa. 15 jours pour Kanaky : nombreuses manifestations, Collectif Nouméa Kanaky, grève de la faim… pendant toute la durée jusqu’aux élections du 13 septembre.

 13 septembre : Référendum boycotté par le FLNKS : 98,30% des votants pour la calédonie française (17% des kanak et 89% des non kanak ont voté)

 12 octobre : Tjibaou à l’ONU

 19 et 29 octobre : le jury de la cour d’assises de Nouméa qui ne comprend aucun kanak, acquitte les 7 accusés de l’embuscade de Hienghène.

 6 novembre : assassinat de Léopold Dawano à la Tribu de St Louis. Tjibaou s’exclame : « la chasse aux kanak est ouverte ».

 30 novembre : 32 interpellations à St Louis - Interpellation de Tjibaou, Yeiwene et Togna - Expulsion de JM Kohler

 22 décembre

 incarcération de Yeiwene jusqu’au 28 décembre

 Boycott des jeux du Pacifique



 1988

 29 janvier : arrestation du jeune kanak impliqué dans l’affaire de Tiaoué-Koné

 19-20 février : 7ème Congrès FLNKS à Tibarama

 19-23 février : les gendarmes occupent Tiéti, sont faits prisonniers pui libérés par 150 militants FLNKS. 12 sont arrêtés et incarcérés.

 15 mars : Pons en NC : le RPCR demande la dissolution du FLNKS

 2 avril : Convention FLNKS à Néaoua : boycott actif des élections

 16 avril

 journée de sensibilisation du FLNKS, annonçant une semaine d’actions : nombreux incidents sur le Territoire

 création de l’Agence kanak de presse (EDIPOP) qui édite la Dépêche kanak, en français, puis en anglais (hebdo)

 22 avril

 attaque de la gendarmerie de Fayaoué à Ouvéa : 4 gendarmes sont tués, 27 autres faits prisonniers par un commando FLNKS.

 Isolement de Canala, incendie des cases par l’armée

 24 avril : l’armée s’installe à Gossanah : 1er tour de l’élection présidentielle en NC. Mitterand a 5% des voix, mais il y a 83% d’abstention aux Loyauté

 4 mai : A Paris, Le Pen : « la soumission ou l’extermination »

 5 mai : Assaut de la grotte d’Ouvéa : 21 morts (19 kanak et 2 militaires)

 8 mai : obsèques des 19 victimes. Mitterand réélu Président. En NC, Chirac a eu 90% des voix !

 10 mai : Rocard 1er ministre, Le Pensec ministre des Dom Tom. Les 29 inculpés d’Ouvéa transférés quasi secrètement à Paris

 11 mai : meurtre de Hilarion Nemebreu à La Foa

 19 mai : Explosion à Pierre-Lenquête

 20 mai : mission du dialogue à Nouméa, dirigée par Christian Blanc

 23 mai : Albert Poitié est abattu par les militaires à Paola-Poyes (Touho)

 29 mai : Actions dures à Voh et Canala. Nombreuses arrestations

 5 juin : élections législatives : Lafleur et Nenou sont réélus

 16 au 26 juin : négociation des Accords Matignon avec Rocard, Tjibaou, Lafleur (1ère phase)

 27 juin : création du Comité Consultatif

 10 juillet : Jacques Iekawé, nommé Secrétaire Général du Terroire, renvient à Nouméa. Il précède le nouveau Haut-Commisssaire : Bernard Grasset

 24 juillet : la convention FLNKS d’Ouvéa demande de nouveaux pourparlers en vue d’un accord

 3 aout : libération de 12 prisonniers politiques

 5 aout : pétition au Président de la République pour réclamer l’amnistie

 19-21 aout : la délégation FLNKS à Paris signe les Accords Matignon renégociés

 26-29 aout : Rocard en NC – meeting commun avec Lafleur et Tjibaou à Nouméa et brousse

 30 aout : le juge Semur (célèbre pour son non lieu dans l’affaire de Tiendanite) muté à Mende

 6 septembre : arrestation des trois auteurs d’une K7 vidéo appelant au meurtre des kanak

 10 septembre : La convention du FLNKS à Nindiah Houailou, entérine le plan Rocard

 27 septembre : mission d’enquête sur l’ADRAF

 3 octobre : le FULK reste dans le FLNKS mais votera non au référendum

 15 octobre : le RPR de Chirac appelle à l’abstention au référendum

 15-20 octobre : Jorédié en mission à l’ONU, Tjibaou à Paris

 6 novembre : référendum national sur l’avenir de la NC : nouveau statut, amnistie, référendum d’autodétermjnation en 1998 (loi du 9 nov) – En NC : 57% de oui, 47% de non, avec une participation de 63%. Le peuple français, par référundum, confirme l’engagement de la France dans les Accords de Matignon – Oudinot, et la tenue dans un délai de 10 ans, d’un référendum d’autodétermination par lequel la population de Kanaky-NC, à l’exception des immigrants post 1988, s’exprimera sur son avenir institutionnel.

 3-4 décembre : VIII Congrès FLNKS à Ouaré Hienghène



 1989



 23 janvier : Tjibaou au 4ème sommet des pays du fer de lance à Samaraye, Papouasie Nlle Guinée

 10 février : Ministres, diplomates et Hauts fonctionnaires à Nouméa pour l’ouverture de l’Université du Pacifique Sud et la réunion du Conseil du Pacifique Sud

 12-19 mars : élections municipales : 39% des voix aux indépendantistes (contre 38,5% et 35% en 83).

 4 mai : assassinat de JM Tjibaou et Yeiwene Yeiwéné, la veille de la levée du deuil à Ouvéa par Wéa Djubeli

 8 mai : Rocard et Le Pensec à leurs obsèques

 18 mai : séparation entre le FLNKS et le FULK

 20 mai : R. Wamytan représente le FLNKS à l’Assemblée des non alignés au Zimbabwé

 11 juin : élections provinciales après révision des listes électorales. Le 16, élection des 3 présidents : Jorédié, Kaloi, Lafleur

 27 juin : libération du dernier prisonnier politique encore détenu au Camp-Est : Sylvestre Némoare

 28 juillet : 6ème Congrès de l’USTKE : retrait du FLNKS. Kotra Ureguei réélu président. D.Yeiwene et P. Machoro sont membres du bureau

 16 aout : Roch Wamytan à l’ONU

 19-23 aout : Rocard en Australie puis en NC : amnistie, décolonisation, développement

 29 août : le ministre des affaires étrangères de Nouvelle-Zélande à Nouméa

 31 aout : TDF et EDIPOP signent un accord sur Radio-Djiido

 21 septembre : le rapport de vérification sur l’ADRAF révèle le pillage du bien public

 28 septembre : le comité consultatif examine « l’opération 400 cadres »

 13-20 octobre : R.Wamytan à l’ONU (avec YC Ureguei et D.Ukeiwe)

 19 octobre : Joredie, Kaloi, Burck, Neaoutyine chez Mitterand

 29 novembre : l’A.N. adopte le projet de loi d’amnistie



 1990

 12-14 janvier : 21ème Congrès du FULK : souhait de rester dans le FLNKS tout en dénonçant les Accords de Matignon

 20-21 janvier : 9ème Congrès du FLNKS à St Louis, sans le FULK ; débat sur l’assassinat de Tjibaou et Yeiwene

 12 février : Le FLNKS salue la libération de Mandéla

 7 mars : Jacques Iekawe, premier préfet kanak

 7-9 mars : Burck, Tutugoro et Mapou à la réunion des pays du Fer de Lance (PNG, Salomon, Vanuatu) à Honiara – le FLNKS devient membre à part entière.

 24-25 mars : Paul Neaoutyine, président du FLNKS, à la convention de Nakéty. Rock Wamytan, vice-président

 27 mars : orddonnance de non-lieu dans l’affaire Declercq

 18 avril : la Province Nord décide d’acheter 85% du capital des mines Lafleur

 23 mai : installation du conseil consultatif coutumier : 43 grands chefs et autorités coutumières.

 29 août : le RPCR n’apprécie pas du tout la création de l’Union Océanienne, à l’initiative de wallisiens et futuniens, qui tient son 1er Congrès les 8 et 9 septembre à Dumbéa avec 26 délégués : Président Michel Hema



 1993 : Solution consensuelle avec le RPCR de Jacques Lafleur, à l’initiative de ce dernier, qui évacue le référundum de sortie de 1998. Plutôt que d’aller au référundum couperet, on va trouver une solution consensuelle.

 1997 : Préalable Minier : Accès à la ressource pour l’Usine du Nord

 1998 : Signature de l’Accord de Nouméa : perspectives d’avenir : mécanisme d’émancipation. Transferts irréversibles des compétences. L’Accord de Nouméa reconnaît l’existence du peuple kanak en tant que peuple distinct du peuple français. La France, puissance administrante, s’engage à conduire aux côtés du FLNKS et du RPCR un processus de décolonisation en Kanaky-NC. Le Sénat coutumier est créé et fait partie des institutions de la NC malgré des moyens et des pouvoirs très limités (pouvoir consultatif) au même titre que le Gouvernement et le Congrès. La tenue du référundum d’autodétermination est reportée aux calendes de la mandature du Congrès commençant en 2014 ou aux suivantes.



 1999 : La loi organique de 1999 parle désormais de Statut Civil Coutumier Kanak, sur le fondement de l’article 75 de la Constitution Française du 4 octobre 1958 ; et étend son domaine de compétence à toutes les matières de droit civil relatives aux personnes et aux terres coutumières concernant les litiges qui opposent des citoyens de ce statut.



 2003 : Pour marquer le 150ème anniversaire de la prise de possession du pays par la France, le comité 150 ans après… avec le soutien du CNDPA et du Sénat Coutumier, lance l’opération du Mwaa Kaa. Ce monument sculpté par les artistes kanak venus des 8 aires, représente l’unité des 8 pays et après son installation définitive en 2004, 2005 et 2006, il symbolise désormais la main tendue du peuple kanak aux autres communautés pour construire le destin commun.



 2005 : La cour de cassation, par un avis en date de 2005, confirmera la compétence étendues du Statut Civil Coutumier Kanak



 2007 : Le Congrès de Versailles vote la modification de la constitution française limitant le corps électoral des élections provinciales de 2009 et 2014 à la population présente en NC au plus tard le 8 novembre 1998.



La lutte menée dans le cadre du droit français et dans le cadre des principes de la décolonisation des Nations Unies a permis de faire reconnaître la situation coloniale de Kanaky-NC en faisant reconnaître par la même occasion les droits de toutes les populations à qui la citoyenneté du pays est reconnue. Ainsi, en vertu du droit à l’autodétermination des peuples autochtones, le peuple kanak peut déterminer librement son statut politique et assurer librement son développement économique, social et culturel.



Rappelons que l’Accord de Nouméa, en reconnaissant dans son préambule, l’existence du peuple kanak et son antériorité par rapport à la prise de possession Française, affiche la nécessité de refonder les bases d’une communauté de destin à travers la définition d’une même citoyenneté.



Au nom de ce droit à l’autodétermination, le peuple kanak a accepté le processus de décolonisation tel qu’il est défini dans ces accords signés en 1998.



De la même façon, le peuple kanak reste exigeant sur l’application du processus. Il ne saurait tolérer que des dérives ne s’imposent du fait d’une bureaucratie coloniale et néocoloniale ou d’un changement de la politique de la France.



L’adoption par les Nations Unies avec un vote favorable de la France, de la déclaration sur les droits des peuples autochtones, permettra de préciser chaque fois que cela sera nécessaire les droits inhérents à la situation d’autochtones et de colonisés dans son propre pays.



Ces droits sont en partie énoncés par l’Accord de Nouméa et le CNDPA-KNC a pour ambition de les préciser et de les faire émerger dans le projet de société qui doit accompagner le processus de décolonisation menant à la pleine souveraineté.




















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NOUVELLE CALÉDONIE JA2 20H - 26/04/1998

Nouvelle-Calédonie : les indépendantistes approuvent à l'unanimité l'accord de Nouméa sur l'avenir institutionnel du territoire. Il est prévu une période d'autonomie progressive de quinze à vingt ans au cours de laquelle la Nouvelle Calédonie sera une "entité", avant l'organisation d'un référendum d'autodétermination. - Carte géographique de la Nouvelle Calédonie. - Sur la côte Est de la Nouvelle Calédonie, rassemblement pour le congrès extraordinaire du FLNKS (Front de Libération nationale kanak socialiste, indépendantiste) : présentation solenelle devant les chefs et les anciens et partage de présents symboliques. - Discours de Paul NEAOUTYNE, FLNKS : "On est revenu pour poser des questions, pour comprendre, pour dire ce que l'on va faire". - Musique jouée dans un coquillage/Drapeau/Soleil.
 - [Différents plans] lors du congrès en plein air. - Femme caldoche (?) lisant le journal.
- Interview Roch WAMYTAN, président du FLNKS : "... Former enfin un peuple calédonien, faire émerger cette conscience du peuple". - Enfants se baignant.
- Dans une autre tribu, réunion explicative sur l'accord de Nouméa. -
Réaction d'une femme kanak qui espére l'indépendance le plus tôt possible. -
Réaction d'un kanak : "On n'est pas prêt encore, c'est mieux dans quinze ou vingt ans".


* * * * *
Déclaration du FLNKS au séminaire régional du Comité de décolonisation de l’ONU
à Nouméa-Kanaky par Victor TUTUGORO


Monsieur le Président

Le FLNKS, Front de Libération Nationale Kanak Socialiste, voudrait vous remercier et à travers vous, l’Assemblée de ce comité de décolonisation, pour l’examen de la question de la décolonisation de la Nouvelle Calédonie.
Au nom du peuple Kanak, peuple Indigène de cette Terre, permettez-moi de vous exprimer toute notre gratitude pour votre décision de réunir votre haute assemblée ici en Nouvelle Calédonie ; nos remerciements vont également au gouvernement de la Nouvelle Calédonie pour l’invitation qui vous a été faite au nom de tous les Calédoniens.
Je voudrais également au nom du FLNKS, Monsieur le Président, profiter de cette tribune pour remercier encore toutes les organisations et tous les pays qui ont toujours manifesté leur soutien à la lutte du Peuple kanak pour son combat pour l’émancipation de son pays.
Le FLNKS voudrait également à cette tribune réitérer ses remerciements au Melanesian spearhead group – l’organisation des pays du Fer de Lance de la Mélanésie – pour le soutien manifesté au combat pour l’émancipation de notre pays.
Monsieur le Président, depuis notre déclaration à la tribune de la 4e commission en octobre dernier, la situation politique ici en Nouvelle Calédonie a peu changé.

Le contrat social

Le transfert de toutes les compétences non régaliennes, processus prévu par l’Accord de Nouméa, est aujourd’hui sur la voie effective du transfert après plusieurs années de neutralisation. Il s’inscrit dans la démarche d’émancipation qui caractérise l’Accord de Nouméa et qui tend à ramener les centres de décision à notre pays. Le FLNKS poursuit l’objectif du transfert de toutes les compétences, dont aussi celles dites régaliennes.
Pourtant Monsieur le Président, comme nous l’avons rappelé devant la 4e commission en octobre dernier, des dispositions de l’Accord de Nouméa relatives à la citoyenneté calédonienne, et donc à la symbolique très forte, tardent à être mises en oeuvre, telles que les signes identitaires ou les dispositions visant à restreindre l’accès à l’emploi local dans le privé. Les différents schémas d’aménagement et de développement du pays sont par ailleurs également neutralisés.

Le nécessaire rééquilibrage

La structure de l’économie calédonienne évolue en fonction des cours du nickel qui a contribué pour 1/4 environ durant ces dernières années à la croissance du pays.
Le développement industriel attendu pour notre pays pour les décennies à venir, au travers des trois projets industriels de taille mondiale, va entraîner par effet mécanique un afflux migratoire important provenant essentiellement des pays d’Europe ou des territoires français du Pacifique alors qu’aucune disposition n’est prévue par les différentes autorités quant à la limitation de leur séjour, ce qui risque par ailleurs de remettre en cause à terme les équilibres socio-économiques locaux. Le taux de chômage est par ailleurs le plus important chez les kanak.
L’Indicateur de Développement Humain – l’IDH – qui prend en compte trois dimensions : l’espérance de vie à la naissance, l’instruction et le PIB par habitant classe la Nouvelle Calédonie au 32e rang mondial sur 177 pays, au 3e rang dans le Pacifique, après l’Australie qui est 3e au rang mondial et la Nouvelle Zélande qui est 18e également sur le plan mondial.

Et pourtant, des déséquilibres spatiaux, sociaux et économiques persistent :
Les déséquilibres spatiaux ; avec une polarisation de la Nouvelle-Calédonie sur la province Sud et particulièrement sur le « Grand Nouméa ». 71 % de la population est concentrée sur la seule province Sud dont 63 % sur le grand Nouméa.
Les déséquilibres sociaux : 2/3 de la population de 14 ans et plus résidant en province Nord et dans la province des îles n’ont aucun diplôme. 35 % en province Sud…
Les déséquilibres économiques : 85 % du revenu total des ménages sont versés dans la province Sud, 11,1 % dans la province Nord et 3,9 % dans la province des Iles Loyauté. Un ménage résidant en province Sud a un revenu 1,9 fois supérieur à celui d’un ménage de la province Nord et 2,3 fois supérieur à celui d’un ménage de la province des îles.
95 % des ménages résidant dans la province Sud disposaient d’un logement pourvu d’eau courante contre 60 % dans le Nord et 25 % dans la province des îles Loyauté.
95 % des ménages de la province Sud étaient raccordés au réseau général d’électricité, contre 77 % en province Nord et en province Iles Loyauté où respectivement 1 ménage sur 6 et 1 ménage sur 5 s’éclaire encore à la lampe pétrole.
20 % des ménages les plus riches perçoivent 55 % du total des revenus déclarés et la pauvreté relative touche près d’un calédonien sur 4.
7 000 familles vivent dans des conditions précaires.
Malgré l’effort considérable consenti, le rééquilibrage économique, spatial et inter-communautaire notamment pour la formation reste encore un défi majeur à relever.
Respecter les engagements de l’Accord de Nouméa, c’est avant tout se donner les moyens de réussir le pari de la décolonisation.

Le processus de sortie

Sous l’impulsion du Président de la République française, à l’occasion de la présentation de ses voeux en janvier, le débat se cristallise aujourd’hui autour de la sortie du processus politique actuel ; les représentants du FLNKS ont d’ailleurs été appelés en consultation à Paris en début de ce mois.
Pour le FLNKS cependant, la mise en oeuvre de l’Accord de Nouméa – processus de décolonisation – doit se poursuivre jusqu’à son terme ; ainsi cela sous-tend que toutes les dispositions prévues doivent être mises en oeuvre. L’accord a précisément prévu qu’à son terme, la consultation portera sur le transfert à la Nouvelle Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité.

Monsieur le Président, le FLNKS porte le projet d’indépendance et d’accession à la souveraineté de la Nouvelle Calédonie. Nous demanderons d’ailleurs à notre puissance de tutelle, dans les semaines qui viennent à l’occasion de la réunion annuelle du comité des signataires – structure composée des signataires de l’Accord de Nouméa et chargée de son suivi, qu’à l’instar du travail préparatoire au transfert des compétences, soit organisée la réflexion autour de ces trois axes qui constituent l’accession à l’indépendance et à la pleine souveraineté.
Comme indiqué en octobre dernier, le FLNKS continue de solliciter votre aide, Monsieur le Président, pour évaluer les politiques publiques qui sont en place et nous permettre de continuer le processus engagé en tirant toutes les conséquences en terme de choix politiques dans notre organisation locale pour ne pas décevoir les espoirs ouverts par l’Accord de Nouméa.

Le FLNKS a par ailleurs sollicité le Melanesian Spearhead group – le groupe du Fer de lance Mélanésien – pour une même démarche évaluative des actions publiques développées dans le pays.

C’est avec appréhension Monsieur le Président que le FLNKS constate que nous arrivons au terme de la décade 2000-2010 d’éradication du colonialisme dans le monde, telle que définie par l’Assemblée Générale de l’ONU. Le FLNKS plaide ici, Monsieur le Président, pour la prorogation de cette période ; d’autres peuples et d’autres mouvements à travers le monde, tels nos frères Mahoi de Polynésie dite française dans notre région, ont encore grandement besoin de votre aide et votre assistance.
Pour finir enfin, Monsieur le Président, je voudrais vous redire au nom du FLNKS toute notre fierté de vous accueillir sur notre sol ainsi que les différents membres de votre haute assemblée ; vous redire également toute notre gratitude pour le soutien que vous nous manifestez maintenant depuis 1986, date de l’inscription de notre pays sur la liste des pays à décoloniser et voudrais encore vous demander de la maintenir sur cette liste des pays à décoloniser.

Merci.
Le Porte-parole Victor TUTUGORO

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Motion de Politique Générale du Congrès FLNKS du samedi 29 novembre 2008 à Koné

Outil de lutte du peuple Kanak engagé pleinement dans l’accession de notre Pays à sa pleine souveraineté, le FLNKS, réuni en congrès à Koné, le samedi 29 novembre 2008 réaffirme son engagement dans le processus de décolonisation et d’émancipation de l’Accord de Nouméa.
Seul garant, dans le Pays, de l’application pleine et entière de l’Accord de Nouméa, le FLNKS engage l’ensemble de ses groupes de pressions à mobiliser tous les moyens pour gagner les prochaines élections de 2009.
Dans ces perspectives, le FLNKS, en ordre de bataille, confirme son engagement à :
- valoriser l’ensemble de ses acquis, fruit de sa lutte et de sa détermination,
- Et dresser de véritables perspectives pour le Pays.
Dans cet optique, un projet de société basé sur des principes fondamentaux tels que :
- La rupture avec la colonisation,
- La valorisation de l’identité kanak, et la construction de la citoyenneté calédonienne dans le destin commun,
- L’exercice des valeurs de solidarité, de partage, de collégialité inscrites dans la culture océanienne
- La valorisation des ressources naturelles et les rapports d’équité entre les hommes et la biodiversité
- La diversification de l’économie calédonienne qui soit viable pour le pays.
Le congrès de Koné prend acte du bilan satisfaisant de la 2ème mandature de l’Accord de Nouméa

Le Congrès de Koné décide de la poursuite de la réflexion, en vue d’élaborer un rapport sur la plate forme minimale destinée à assurer, dans la continuité des décisions de la convention de St Louis du 20 septembre dernier, la cohésion du FLNKS et la lisibilité de son projet politique.
Cette plate forme minimale jettera les bases des programmes soumis aux citoyens, dans le cadre des échéances provinciales, en prenant en compte les éléments de diagnostic et de bilans réalisés par les différents congrès des formations du FLNKS.

Sur son organisation interne

Des mesures de renforcement sur le plan organisationnel devront être mises en œuvre pour permettre au FLNKS d’assumer pleinement le portage des grands enjeux de l’Accord de Nouméa et d’assurer la représentation politique du peuple kanak sur la scène régionale et internationale.

Sur les échéances provinciales

Le congrès de Koné prend acte, à 4 mois des échéances provinciales, du principe de la démarche unitaire sur l’ensemble du pays afin d’être mieux représenté dans les institutions et particulièrement en province sud.
Une convention du FLNKS dont le lieu sera déterminé par le Bureau Politique du FLNKS est fixée au samedi 31 janvier 2009.
Le congrès de Koné invite les militants investis dans les institutions de mettre en œuvre les dossiers sur le schéma de valorisation des ressources minières, les lois de pays sur l’emploi local, sur les signes identitaires ainsi que sur l’Identité Kanak.
Sur le comité des signataires du 8 décembre 2008
Le FLNKS participera activement au prochain comité des signataires prévu le 8 décembre 2008 à Paris.
Ce comité des signataires devra acter les conclusions et les orientations définies par le comité de pilotage des transferts de compétences le 17 octobre 2008 à Nouméa.
Par ailleurs, le comité de signataires devra permettre l’adhésion des partenaires locaux à mettre en œuvre les transferts des compétences dans un délai de 6 mois après l’installation du Congrès issu des élections provinciales de mai 2009.
Enfin, le comité des signataires doit obtenir auprès des partenaires locaux l’engagement ferme d’adopter avant la fin de la mandature présente les dossiers fondamentaux tels que la loi minière, le schéma de revalorisations des ressources minières, l’emploi local…

Koné, le 29 novembre 2008

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Rapport du FLNKS
- 15ème Sommet du Groupe de Fer de Lance Mélanésien - 30 juillet / 7 août 2003
Honiara - Solomon Islands

……..

Le 12ème Sommet de Korolevu à Fiji a décidé de soutenir le FLNKS dans sa démarche au travers de l’Accord de Nouméa ; le 15ème Sommet de Port-Vila a pris la résolution de réunir le 14ème Sommet en Nouvelle-Calédonie et par là-même de lui confier la Présidence du Groupe Fer de Lance au FLNKS.
Le FLNKS, sensible et profondément honoré de cette marque de solidarité politique, aura tenté d’exercer au mieux cette grande responsabilité durant ces deux années de mandature, avec les difficultés inhérentes à un mouvement de libération, minoritaire dans son propre pays, et dont son combat politique est d’obtenir l’indépendance pour son pays. Ce fût, vous n’en doutez pas, une tâche hautement difficile.
Depuis le 13ème Sommet de Port-Vila, le FLNKS a attiré l’attention du Groupe du « Melanesian Spearhead Group » sur les difficultés rencontrées dans l’application de l’Accord de Nouméa, notamment dans la mise en oeuvre de la collégialité au Gouvernement de la Nouvelle Calédonie, de la non application du corps électoral spécial relatif aux élections des provinces et de l’accession à la pleine souveraineté dont l’une des implications vise à restreindre le marché du travail aux personnes « locales », les signes identitaires du pays, ou encore les mesures visant au rééquilibrage économique de la Nouvelle-Caléconie.

La situation politique française.

Depuis le 14ème Sommet de Nouméa, la majorité politique a changé en France, notre puissance de tutelle, à l’occasion des élections présidentielles de mai et des élections législatives de juin 2002. La droite républicaine française, l’UMP, préside aujourd’hui aux destinées de la France.
Le FLNKS avait craint au lendemain de ces élections que cette nouvelle majorité ne remette en cause le processus politique mis en œuvre en 1998 avec un Gouvernement de gauche, conformément au programme électoral du candidat Chirac.
Fort heureusement, il en est rien et le nouveau Gouvernement, par le biais de son ministre de l’outre – mer – Mme Girardin, a indiqué aux signataires de l’Accord et aux calédoniens en général, son souhait de voir se poursuivre le processus politique actuel.

La situation politique en Nouvelle Calédonie..

L’ Accord de Nouméa prévoit que ses signataires devront se réunir, au moins une fois dans l’année, afin de vérifier ensemble l’évolution du processus engagé et de tracer si nécessaire des perspectives nouvelles.
Dans cette perspective, le 22ème Congrès du FLNKS s’est réuni le samedi 24 mai à Moindou et a décidé de renforcer la cohésion interne, au regard notamment de son affichage au niveau institutionnel, de se rendre au Comité des Signataires, et d’accueillir le Président de la République lors de son déplacement de juillet en Nouvelle Calédonie.
Ces rendez-vous doivent être l’occasion pour le FLNKS d’interpeller les partenaires de l’accord politique ou le Président de la république française sur ses éléments fondamentaux, notamment la question du corps électoral aux élections des provinces et à l’accession à la pleine souveraineté d’une part et d’obtenir toutes les garanties nécessaires à la mise en œuvre de l’Usine du Nord, mesure politique visant au rééquilibrage économique du pays.
Sous la présidence de Madame GIRARDIN – Ministre de l’Outre-Mer, le Comité des Signataires de l’Accord de Nouméa s’est réuni le mardi 17 juin à Koné, en Province Nord. La dernière réunion de ce comité a eu lieu le 21 juin 2002 à Paris.
S’agissant des points évoqués plus haut, le FLNKS a estimé sa satisfaction, au sortir de ce Comité des Signataires, de voir ces points ne plus être des sujets de conflit avec les autres signataires.
En effet, sur le plan du corps électoral relatif aux élections aux provinces et à l’accession à la pleine souveraineté, Monsieur Jacques LAFLEUR – au nom du Rassemblement – l’autre signataire local – a déclaré comprendre la préoccupation du FLNKS de ne plus voir l’immigration continuer à rendre minoritaire le peuple autochtone dans son propre pays. Par conséquent, le Gouvernement français et le Président de la République prendront les mesures institutionnelles nécessaires dans les mois qui viennent pour rétablir l’interprétation validée par le Conseil Constitutionnel français.
Pour mémoire, je rappellerai que l’esprit qui a prévalu au moment des négociations indiquait que les personnes présentes en Nouvelle-Calédonie avant novembre 1988 ainsi que leurs descendants ou ceux arrivés entre novembre 1988 et octobre 1998 et qui justifieraient de dix années de résidence seraient admis dans ce corps électoral spécial, clé de voûte de l’Accord de Nouméa pour le FLNKS.
Pour sa part, le RPCR considérait que le droit de vote devait être accordé à toutes personnes s’installant en Nouvelle-Calédonie qui justifierait de dix années de résidence.
De même, ce même corps électoral spécial définit la citoyenneté calédonienne en émergence pour laquelle des mesures restrictives à l’emploi vont être prises prochainement, conformément à la modification de la constitution française de 1998.
S’agissant de l’Usine du Nord, opération politique destinée au rééquilibrage du Nord du pays, les assurances politique - tant de l’Etat que du signataire local ont été apportées pour sa mise en œuvre effective, aux côtés du projet du Sud du pays. Le FLNKS a bon espoir maintenant que ce projet va sortir rapidement de terre.
S’agissant de la collégialité au Gouvernement, il faut rappeler que le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est composé de la majorité électorale, mais aussi du FLNKS – la seconde force politique du pays.
Depuis près de six mois, les Signataires locaux – le RPCR et le FLNKS – hors l’Union Calédonienne – ont décidé de tourner le dos à l’affrontement oral et juridique en cours depuis près de deux années, pour des rencontres régulières et programmées autour des sujets de mise en œuvre de l’Accord, et des sujets relevant de la gestion d’un pays en voie de développement.
Cette attitude a eu pour mérite de décrisper les relations tendues jusque-là, et de retrouver ainsi l’état d’esprit qui a prévalu au moment des négociations politiques de 1998.
Vous le savez bien, discuter ne veut pas dire être automatiquement d’accord et c’est ce que nous reproche une partie du FLNKS, l’Union Calédonie. Pourtant, nous exerçons la décision renouvelée à plusieurs reprises du congrès du FLNKS et nous assumons un choix que nous croyons fortement bénéfique pour le pays, pour son développement économique.
Ainsi, la réglementation sur l’emploi local va être prochainement présenté aux instances institutionnelles, de même le schéma de développement du transport, le schéma de mise en œuvre des ressources naturelles, ou encore les signes identitaires vont être débattues entre signataires dans un proche avenir.
Notre démarche consiste à donner de la consistance à cette collégialité tant décriée afin que ce concept ne disparaisse pas irrémédiablement et que le FLNKS – représentant du peuple autochtone – ne soit pas marginalisé, mais participe pleinement à la gestion des affaires du pays.
Dans quelques semaines par ailleurs, sous l’impulsion du FLNKS, seront commémorés les 150 ans de présence française en Nouvelle-Calédonie. Nous avons souhaité une célébration qui rassemble non seulement les autochtones kanak mais également les calédoniens en général, conformément à la philosophie du préambule de l’Accord de Nouméa.
Dans cette perspective, le RPCR, principale force politique anti-indépendantiste, mais aussi signataire de l’accord de Nouméa, a souhaité s’associer aux principales activités commémoratives.
Cette amélioration du climat est le fait d’un état d’esprit nouveau, recherché par les signataires et particulièrement par le FLNKS qui le voulait fortement pour la poursuite du processus politique en cours, processus de décolonisation du pays kanak.
Faut-il penser pour autant que tous les problèmes sont réglés et que nous ne rencontrerons plus de difficultés dans la mise en œuvre de l’accord ? Non, bien entendu. Mais le FLNKS estime que la proximité des élections provinciales de 2004 et la volonté du gouvernement français de rétablir une sérénité dans la vie politique locale participent pour beaucoup à ce climat.
Cette situation permet cependant au gouvernement et aux élus politiques de Nouvelle Calédonie de pouvoir s’attacher davantage à la gestion des problèmes de société rencontrés par nos populations locales, également de considérer davantage l’environnement géopolitique régional de la Nouvelle Calédonie et par conséquent des impacts éventuels sur le pays d’une plus grande insertion de sa part.

Les préoccupations régionales.

Il est prévu dans l’ordre du jour de ce 14ème sommet d’aborder les questions relatives à la sécurité et à la circulation de la drogue. La Nouvelle Calédonie n’échappe pas à ces problèmes de société et ses responsables politiques et institutionnels en sont parfaitement conscients.
Sur le plan de la sécurité, l’affaire de Saint – Louis, dans la proche banlieue de Nouméa, nous interpelle sur les difficultés rencontrées dans la cohabitation entre des communautés ethniques différentes et dont les philosophies politiques s’opposent.
Le FLNKS estime que, s’agissant de populations immigrées, il est malvenu de reconstituer des communautés culturelles d’origine mais qu’il faille plutôt les intégrer dans un ensemble de populations de cultures présentes en Nouvelle Calédonie afin que la population en général n’ait à se poser des interrogations quand à la perspective du « vivre ensemble dans un destin commun », philosophie voulue par l’Accord de Nouméa.
Sur le plan de la circulation de la drogue et du blanchiment de l’argent, la Nouvelle Calédonie n’a pas connu jusqu’à présent de grosse affaire qui puisse indiquer la présence d’un trafic soutenu. Seules quelques prises de drogue dite dure ont été effectuées par les institutions judiciaires ces dernières années.
Mais le FLNKS est conscient qu’il ne faille pas relâcher de vigilance pour autant car il semble, selon des experts mondiaux en la matière, que l’Océanie et le Pacifique, semblent être devenu l’un des lieux privilégiés pour déjouer les traques policières dont ils sont soumis à travers le monde. compte tenu des distances entre nos pays et nos faibles moyens de surveillance.

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Déclaration de Monsieur Roch WAMYTAN, signataire FLNKS de l’Accord de Nouméa, conseiller spécial auprès de la présidence du Sénat Coutumier.


Devant la 4ièmme Commission de l’Organisation des Nations Unies, 63ième session
(New York le Jeudi  9 octobre 2008, 15h)






Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de la 4ième Commission
Mesdames et Messieurs

Permettez moi tout d’abord de vous féliciter, Monsieur le Président, pour votre élection et celles des membres de votre bureau à la tête de cette importante Commission chargée des problèmes de décolonisation. Permettez moi aussi de saluer l’immense contribution de votre Commission qui a permis à de nombreux peuples colonisés d’accéder à l’indépendance.
Depuis 1986, date de la réinscription de la Nouvelle Calédonie sur la liste des pays à décoloniser, les représentants du peuple kanak puis du gouvernement du territoire autonome de la Nouvelle Calédonie viennent exprimer devant votre commission leurs espoirs et leurs attentes. Je le fais aujourd’hui en tant que signataire FLNKS de l’accord de Nouméa, suivant en cela ce que dit l’accord de Nouméa signé le 5 mai 1998 : « que le cheminement vers l’émancipation sera porté à la connaissance de l’ONU »

Le FLNKS représente notre futur Etat en émergence. Depuis novembre 2001, notre mouvement de libération nationale n’a plus de président, le bureau politique tente de gérer au mieux l’action des groupes politiques de l’organisation. Comme l’histoire des décolonisations nous l’a montré, le FLNKS a aussi été l’objet de manœuvres de déstabilisation des nostalgiques de l’empire colonial français, tentant à l’imploser ou à le neutraliser. Des signes encourageants sont cependant perceptibles et indiquent que le FLNKS se prépare à affronter dans une stratégie unitaire, les élections provinciales de mai 2009.
Les tentatives de neutraliser le FLNKS participe de ce que le peuple kanak constate depuis 155 ans,que la puissance administrante, la France ne souhaite pas l’indépendance de notre pays et met tout en œuvre pour empêcher l’accession de notre pays à sa souverainneté.. Les régimes politiques de droite et de gauche à quelques différences près, s’accordent sur ce point : tout faire pour garder la Nouvelle Calédonie dans le giron de la France et de l’Europe et cela au nom de leurs intérêts supérieurs. La place de la France dans le monde, son rang de puissance moyenne, passe avant l’intérêt des populations de la Nouvelle-Calédonie. Pour imposer sa domination toutes les méthodes sont bonnes : pratiques de manipulation et de déstabilisation testées et mises en œuvre dans d’ex-colonies françaises, pillage et situation d’assistance permanente imposés au pays, asphyxie du peuple kanak par une politique d’immigration massive en provenance de la France métropolitaine, les trois grands projets de transformation métallurgique du minerai de nickel à Nouméa au Sud et au Nord jouant le rôle de miroir aux alouettes. Aux interrogations des responsables indépendantistes sur ces questions, l’Etat nous opposera toujours la Constitution française face au droit international. Ni la charte de décolonisation de 1960, ni les résolutions et plans d’action annexés, adoptés par l’assemblée générale à l’occasion des deux décennies pour l’éradication du colonialisme : 1991 – 2000 et 2001 – 2010 (résolution 55 / 146 du 8 décembre 2000) ne sont respectés par la puissance administrante.
Face à cette volonté farouche du colonisateur de garder la Nouvelle Calédonie française, le peuple kanak s’est de tout temps battu pour sa liberté et son indépendance. De 1853 à nos jours, notre histoire est celle de luttes incessantes. La signature des accords de matignon-Oudinot en 1988 et Nouméa en 1998 constituent des étapes sur la voie de l’indépendance, l’indépendance qui viendra « clôturer ce chapitre inachevé de l’histoire » comme l’a rappelé l’ancien secrétaire général de l’ONU,Mr Kofi Anan le 12 février 2003.
Cet accord est un accord de décolonisation et non un accord de paix comme certains hauts responsables français l’ont affirmé. Négocié suivant les principes des Nations Unies, cet accord doit remettre le kanak au centre du dispositif, assurer l’émancipation politique et économique du pays, accompagner l’émergence d’une conscience commune dans le cadre d’une citoyenneté calédonienne. C’est pourquoi le FLNKS, relayé par le Sénat coutumier, a toujours exigé une stricte application de l’Accord qui doit être respecté dans la lettre et dans l’esprit.
Après neuf ans d’application de cet Accord, force est de constater que malgré des avancées significatives et l’engagement de l’Etat français à transférer les compétences prévues, le processus de décolonisation s’enraye de même que le kanak a du mal à trouver sa place dans le dispositif actuel, c’est ce qu’a rappelé le sénateur coutumier Julien BOANEMOI..

Le kanak reste marginalisé dans le domaine économique et de la formation notamment pour l’exercice des compétences régaliennes (justice, armée, sécurité), ses terres revendiquées font l’objet de spéculations effrénées alors que l’Etat a réduit de façon drastique les moyens financiers nécessaires aux opérations d’acquisitions et de rétrocessions foncières aux propriétaires claniques. Dans le domaine minier qui fait la richesse du pays, les droits traditionnels des clans et chefferies kanak ne sont pas reconnus. Depuis 128 ans les titres miniers ont été donnés gratuitement aux exploitants et grandes familles de colons européens. En 2008, ces titres se concentrent entre les mains d’une dizaine d’exploitants, aucune société kanak en tant que telle n’en possède, aucune société d’exploitation minière à capitaux appartenant à des kanak n’exploite de mine, seule une trentaine de camionneurs kanak participe au transport de minerais de la montagne vers les quais.
L’immigration en provenance de la France métropolitaine est massive dans le sillage des grands projets métallurgiques et des projets en défiscalisation, cette immigration concerne essentiellement la Province Sud. Elle s’intensifie du fait que les mesures de protection de l’emploi local ne sont pas encore prises. Le spectre de la partition se dessine par un peuplement à majorité européenne de la Province sud. Le scénario est bien connu il a échoué aux Nouvelles Hébrides (Vanuatu) en 1980 mais a réussi pour l’île de Mayotte aux îles Comores en 1975.

Le pillage des ressources naturelles se poursuit et s’intensifie. L’article 12 du plan d’action des Nations Unies précise que : « les puissances administrantes devraient appliquer des mesures visant à conserver les ressources naturelles, à protéger l’environnement et à aider les peuples des territoires non autonomes à parvenir à un niveau maximal d’autosuffisance économique, de protection écologique et de développement social et éducationnel ».Le peuple Kanak par sa représentation coutumière ( Sénat coutumier) et politique (le FLNKS), a toujours défendu le principe de la « maîtrise par le pays des ressources naturelles et le contrôle des outils qui valorisent ces ressources. Ces richesses naturelles doivent rester au pays dans l’intérêt de sa population. Elles ne sont pas destinées à perpétuer la domination coloniale

Dans le cadre du principe défendu par le FLNKS, a été négociée l’entrée de la Nouvelle Calédonie dans le capital de la Société le Nickel (SLN) à hauteur de 34% et de sa société mère ERAMET dont le capital est détenu notamment par l’Etat français, la Nouvelle Calédonie à hauteur de 5% et le groupe public AREVA à 26.3%. Des discussions sont actuellement en cours pour augmenter la participation de la Nouvelle Calédonie dans le capital d’Eramet. Suivant le même principe a été aussi négociée la participation à hauteur de 51% pour la province Nord via sa société minière la SMSP, (société minière du sud pacifique), dans le capital de la société d’exploitation du massif de Koniambo en partenariat avec le canadien Falconbridge racheté depuis par Xstrata.

S’agissant du projet initié par la multinationale INCO, pour l’exploitation du grand gisement latéritique du sud calédonien à Goro, le pays détient à peine 5% du capital de la société Goro nickel devenue filiale de la brésilienne CVRD depuis le rachat d’INCO par cette dernière en 2006. Ce gisement de Goro dénommé « le diamant de Goro » avait été cédé par l’Etat Français à INCO pour un prix dérisoire 3.5 milliards de CFP, contre 275 milliards pour l’acquisition du gisement canadien de Voisey Bay moins important et plus difficile à exploiter que Goro. La Nouvelle Calédonie voyait de ce fait une part importante de son capital minier lui échapper en même temps qu’elle passait à côté d’un potentiel important de rentrées financières. Cette opération de cession à vil prix de la ressource en nickel à INCO s’est inscrite à l’encontre du processus d’accès à la souveraineté initié avec la signature de l’accord de Matignon.. Une nouvelle fois la puissance administrante se mettait en travers d’un processus politique auquel il avait adhéré. Il violait délibérément les dispositions du plan d’action (rapport A/46/634/Rev.1 du 13 décembre 1991) de la première décennie pour l’éradication du colonialisme 1991/2000.

Par ailleurs, il s’est en fallu de peu pour qu’INCO fasse main basse sur le deuxième gisement du sud celui de Prony. La valeur patrimoniale des gisements de Goro et Prony classés en n° 1 et n°2 mondial est estimée à prés de 300 milliards de CFP en prenant comme critères la pratique canadienne : gisement riche, gratuit, site naturel exceptionnel, aides fiscale etc…La conduite de ce projet débouche sur deux hypothèses en termes de stratégie de l’autorité de tutelle relayée par l’industriel et les institutionnels locaux : Tout d’abord, la construction de l’usine permettrait une immigration forte de nationaux français afin d’achever de bâtir une démographie majoritairement non Kanak dans le cadre d’une future indépendance. Par ailleurs il fallait battre de vitesse le projet du Nord pour tenter de discréditer le montage 51% / 49% qui garantit au peuple Kanak une relative maîtrise de ses ressources dans le cadre de l’accès de la Nouvelle Calédonie à la pleine souveraineté.

En tout cas, ce pillage de la ressource porte préjudice à l’exercice futur du droit à l’autodétermination et met en péril la viabilité de l’Etat Kanak en devenir. Cela est en parfaite contradiction avec les dispositions de l’article 12 et 17, chapitre IV du plan d’action. En effet, le contrôle des richesses est essentiel aux Etats tout en étant un enjeu stratégique majeur. Il est donc urgent de mettre un frein au bradage de notre patrimoine, de prévoir un dispositif de contrôle de nos richesses nationales et de demander des comptes sur les actions entreprises souvent à notre insu ou contre notre volonté.

Ces grands projets métallurgiques en cours ou à venir notamment celui de Prony qui attire déjà convoitises extérieures, peuvent en l’absence d’une coordination et d’un contrôle, épuiser les ressources de la Nouvelle Calédonie à s’autodéterminer entre 2014 et 2019. Comment dans ces conditions les populations pourraient elles décider de leur avenir dans un pays complètement pillé et pollué ? Il est clair que nous assistons là encore à une nouvelle forme de colonisation au détriment de la viabilité du futur Etat.

S’agissant du droit de vote pour les référendum d’autodétermination, consultations de 2013/2014 ou 2018, il convient de rester vigilant sur d’éventuelles manœuvres, interprétations ou dérives quant à l’interprétation du texte de l’accord de Nouméa fixant le corps électoral spécial pour ces consultations. L’histoire des décolonisations rend nécessaire cette vigilance lorsque qu’on voit ce dont a été capable le système colonial : exclusion des indigènes du droit de vote, double collège, colonie de peuplement, vrais faux référendum coloniaux, trucage des listes, etc.

Concernant enfin la dernière décision du président Nicolas SARKOZY de regrouper en Nouvelle Calédonie les moyens militaires français dans le pacifique, dans le but d’assurer une présence dans l’arc mélanésien (Png, Salomon, Fidji, Vanuatu, Nouvelle Calédonie) sujet à une déstabilisation chronique, il convient de se rappeler l’article 18 du plan d’action : « Les Etats membres, notamment les puissances administrantes, devraient s’abstenir d’utiliser les territoires non encore autonomes comme bases ou installations militaires ». Il est clair que la France ne respecte pas cette disposition eu égard à ses propres stratégies dans cette partie du monde, ceci en complète contradiction avec ses obligations d’autorité de tutelle d’un territoire inscrit sur la liste des pays à décoloniser.

Mr Le président,
Au terme de cet exposé nous appelons à la vigilance de votre organisation sur le processus d’émancipation engagé en Nouvelle Calédonie. Nous réitérons notre confiance dans toutes les formes d’actions que vous pourrez entreprendre notamment auprès de la puissance administrante pour faire respecter l’accord de Nouméa, accord de décolonisation par essence. La France doit être interpellée, non dans son rôle d’arbitre entre deux forces : indépendantiste et non indépendantiste, mais dans son rôle d’acteur d’une décolonisation réussie dans un monde en plein bouleversement et en crise permanente. Il faut qu’elle nous laisse le choix de décider de notre avenir et non pas nous imposer par des moyens détournés, une direction en fonction de ses intérêts propres.

Afin de prévenir définitivement le pillage de nos ressources, nous demandons qu’une enquête de l’ONU soit menée, avec dépôt de plainte éventuelle, sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées les transactions ayant abouti à la cession par l’Etat français du gisement de Goro à la multinationale Inco en 1991. Nous demandons aussi à l’occasion du 20ième anniversaire de la mort des 19 martyrs kanak dans l’assaut de la grotte d’Ouvéa en 1988 qu’une enquête de l’ONU soit ouverte pour déterminer les responsabilités de l’armée française dans ce massacre. Enfin à la suite de l’initiative prise par d’autres responsables du FLNKS, ainsi que par le sénat coutumier, je soutiens en tant que signataire de l’Accord de Nouméa la proposition d’organiser le prochain séminaire de décolonisation de l’ONU à Nouméa. Je sollicite pour finir que votre organisation, compte tenu des nombreux problèmes et conséquences des dérives de l’accord de Nouméa, puisse organiser une mission spéciale en Nouvelle Calédonie comme cela s’est déjà produit en 1999.

Permettez moi avant de conclure de remercier votre organisation pour toutes les contributions apportées à notre lutte dans le passé et pour celles à venir. Je remercie enfin le soutien à notre combat du Mouvement des Pays non alignés, ainsi que l’appui permanent du groupe du Fer de lance Mélanésien et du Forum du Pacifique à notre revendication d’indépendance.

Je vous remercie de votre attention.
R.WAMYTAN

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Contribution du FLNKS À la réunion du Comité de Décolonisation de l’ONU
Fidji – Nandi – 14 mai 2002
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Comme vous le savez, la lutte du peuple kanak pour faire accéder la Kanaky à sa pleine souveraineté a pris une autre tournure en 1998 avec la signature de l’Accord de Nouméa entre l’État français, le représentant de la droite coloniale – le RPCR – et le FLNKS, représentant légitime du peuple kanak, peuple indigène et peuple colonisé de Nouvelle Calédonie.
Si, cet Accord s’appuie sur l’esprit et l’expérience des Accords de Matignon signés par Michel Rocard, le représentant de l’État français à cette époque, Jacques LAFLEUR - le président du RPCR et notre regretté Président, Jean Marie Tjibaou, cet accord constitue une avancée non négligeable puisqu’il redéfinit les liens institutionnels entre la Nouvelle Calédonie et la France dans un cadre d’émancipation politique.
Au terme d’une période de 15 ans durant laquelle les compétences vont retrocédées d’une manière progressive et irréversible, un réferendum sera organisé pour demander aux citoyens s’ils souhaitent recupérer les quatre dernières compétences, qualifiées de « souveraineté », que sont « la Monnaie, la Justice, l’Ordre Public et la Défense ».

Quatre ans après cette signature, quelle est la situation exacte ?

Après la mise en place des institutions locales chargées de gérer les affaires politiques locales, la situation des forces politiques en présence est la suivante : un parlement controlé par le RPCR grâce à l’apport d’une formation politique regroupant d’anciens responsables du FLNKS, un gouvernement à majorité de droite mais qualifié de collègial puisque la vice-présidence est assumée par le FLNKS, deux provinces sur trois sont gérées par le FLNKS.
D’une manière générale, étant donné que la droite coloniale demeure majoritaire, l’Accord de Nouméa rencontre quelques difficultés dans son application. Néanmoins, nous restons convaincus de la justesse de notre choix en signant l’Accord de Nouméa dans un contexte politique défavorable lié à une politique de minoration du peuple kanak de la part de la France qui a été accentuée à partir 1972.
Aujourd’hui, pour que cette politique de recolonisation par l’arrivée massive des français ne soit pas perpétuée, le FLNKS doit tout mettre en œuvre pour non seulement sauvegarder l’Accord de Nouméa en préservant les acquis mais aussi dénoncer les dérives et rétablir l’esprit et la lettre de certains de ses dispositifs.

Les tribunes parlementaires français pour dénoncer les dérives

Dans ce dessein, le FLNKS a décidé d’utiliser les élections nationales françaises.
En septembre 2002, le FLNKS avait présenté la candidature de Marie-Claude TJIBAOU lors des élections sénatoriales. Malheureusement, c’est le candidat du RPCR, Simon Loueckhote, qui a remporté les élections.
Pour les élections Présidentielles de cette année, le FLNKS a appelé à voter pour le candidat du Parti Socialiste, Lionel Jospin, parce qu’il estimait qu’il était le seul capable de mener à terme la procédure de revision constitutionnelle pour le rétablissement de l’esprit du corps électoral restreint.
Rappelons que ce dispositif, élément essentiel de l’Accord de Nouméa, prévoit que les personnes arrivées en Kanaky après 1998 ne peuvent plus participer aux élections locales, c’est à dire aux élections provinciales et la consultation de sortie du processus politique. C’est donc sur ce corps électoral restreint que va se constituer le concept de citoyenneté et de destin commun.
Malheureusement, Lionel Jospin ne sera pas présent au second tour. Fait inique dans les annales de l’histoire présidentielle française, les citoyens avaient à faire un choix entre Jacques Chirac, le président sortant et Jean Marie Le Pen, le candidat de la droite contre celui de l’extrême droite.
Si, Jacques Chirac a été élu à plus de 80 % des voix bénéficiant ainsi d’un élan républicain et anti-fasciste, le FLNKS a appelé ses militants et sympathisants à s’abstenir car le candidat-président Jacques Chirac fût l’artisan d’une politique de re-colonisation caractérisée par la représsion et l’occupation militaire pendant la période 1986-1988 ; période qui a débouché sur le massacre des 19 kanak à Ouvéa. C’est aussi le candidat pour le maintien du colonialisme en Kanaky.
Cependant, l’opportunité d’utiliser la campagne électorale des élections législatives pour la défense des acquis de l’Accord de Nouméa, pour la promotion du projet politique du FLNKS pour la Nouvelle Calédonie et celle d’utiliser l’assemblée nationale française comme tribune politique, n’a pas fait l’unanimité au sein du FLNKS ce samedi 11 mai, au cours de la réunion de la Convention Nationale du FLNKS. Néanmoins, trois des quatre composantes du Front ont tout de même décidé d’y participer.

La nécéssité de la tenue annuelle de la réunion du Comité des Signataires

Après plusieurs tentatives, depuis la signature de l’Accord de Nouméa en 1998, le Comité des Signataires s’est enfin réuni, pour la seconde fois, le 22 janvier 2002. L’accord de Nouméa stipulait bien que le Comité des Signataires doit se réunir annuellement pour faire le point de l’application de l’Accord politique.

Cette réunion aura permis :
1- La signature de l’accord sur le développement culturel, en particulier la sauvegarde et la valorisation du patrimoine kanak.
- L’accord précise les orientations dans des domaines tels que :
. L’audio - visuel,
. La formation,
. L’enseignement,
. L’environnement ;
A cet effet, le gouvernement français a, sur demande des exécutifs des provinces, saisi l’UNESCO pour que le massif corallien calédonien soit inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

. L’insertion internationale de la Nouvelle Calédonie, notamment dans le Pacifique. L’association de la Nouvelle Calédonie au Forum des pays du Pacifique et la tenue à Nouméa en juillet 2001 du Sommet du « Fer de lance » des pays mélanésiens montrent une réelle volonté d’aller dans ce sens.
2 - La concrétisation de la volonté de « …contrôle des outils de développement », c’est à dire la participation des intérêts publics calédoniens dans les structures économiques devant jouer un rôle déterminant dans le développement du pays.
3 - L’Accord particulier entre l’Etat français, le territoire de Wallis et Futuna et la Nouvelle Calédonie devait être signé à Paris. Mais, d’un commun accord, les parties concernées ont préféré reporter la signature pour faciliter le règlement d’un conflit d’apparence ethnique entre une partie de la communauté wallienne et futunienne et des kanak habitant une tribu proche, la tribu de St Louis.
Je rappelle que l’accord particulier entre la Nouvelle-Calédonie, l’Etat français et le Territoire de Wallis et Futuna, doit régler une bonne fois pour toute les relations entre la Nouvelle-Calédonie et le territoire de Wallis et Futuna. L’Etat français, principal responsable des politiques mises en œuvre dans ce territoire, doit l’aider à asseoir davantage son développement afin qu’il contienne aux mieux les flux migratoires de ses populations, et notamment le flux migratoire vers la Nouvelle-Calédonie.
4 - L’organisation des rencontres entre les représentants du gouvernement et les éxécutifs des provinces et différents ministères du gouvernement français s’agissant des dossiers spécifiques relevant de leurs compétences respectives et cela dans le cadre des contrats de développement.
5 - Les négociations également entre les responsables institutionnels de la Nouvelle Calédonie et des représentants des services de la commission européenne à Bruxelles.
Les risques d’atteinte à l’apprentissage de la souveraineté par les Multinationales

De par la richesses de ses ressources naturelles, le pays est Actuellement confronté aux appétits des multinationales, notamment dans le domaine métallurgie minier. Plusieurs multinationales ont annoncé leur intérêt pour l’exploitation du nickel calédonien. L’inexistence d’une réglementation précise et ferme pouvant encadrer l’implantation de ces multinationales risque de porter préjudice aux pouvoirs et compétences des autorités locales.
Cette situation risque fortement de remettre en cause, à terme, l’exercice de la souveraineté du pays. Or pourtant dans l’Accord de Nouméa, il est prévu la mise en place d’un schéma de valorisation des ressources minières sensé remplir ce rôle, et cette disposition n’a toujours pas été mise en œuvre.
Dans un proche avenir, la Nouvelle Calédonie possèdera trois usines métallurgiques. En effet, en plus de celle qui existe depuis près d’un siècle, celle de la Sté Le Nickel (SLN), deux usines métallurgiques sont en cours de mise en œuvre :
- l’une dans le Nord du pays qui est l’aboutissement d’un partenariat entre la société multinationale canadienne, Falcon bridge ( numéro deux mondial dans le secteur) et la société calédonienne locale SMSP (Société Minière du Sud Pacifique),
- et l’autre dans le Sud du pays dont le porteur est la société multinationale canadienne INCO, numéro un mondial dans le traitement du nickel.

Contrairement au projet du Nord qui présente bien des avantages, c’est à dire :
- Un partanariat dans lequel la société locale détient 51 % des actions et la multinationale canadienne 49 %,
- Un état d’avancement des travaux dans la plus grande transparence
- Un engagement des constructeurs pour inscrire l’exploitation minière dans un développement durable,
- Des infrastructures (port, barrage hydrolique, routes…) utilisables pour le bien public…

Le projet d’INCO dans le Sud, dénommée « Goro-Nickel », se développe en partenariat avec une compagnie japonaise fondeur de nickel- Sumitomo, alors que la logique voudrait plutôt un partenariat avec la SLN dont les intérêts calédoniens représentent déjà plus de 30 % dans le capital de la SLN. Il semblerait que 5 % du capital de « Goro-Nickel » soit réservé pour la Nouvelle Calédonie, ce qui finalement ne satisfait pas le FLNKS.
Par ailleurs, plusieurs zones d’ombre subsistent quand au respect de l’environnement dans la mesure où le procédé technologique utilisé, le procédé hydro-métallurgique, est tout nouveau et donc difficilement maîtrisable.
La précision à apporter ici c’est que tout cela ne serait pas réalisable sans la bénédiction de la Province Sud, une province contrôlée par le RPCR.Dans cette province, bastion de l’immigration anti-kanak, le FLNKS n’a que six élus sur trente deux.

La place prépondérante de la formation dans le processus politique actuel.

Comme je l’ai indiqué, le processus politique actuel prévoit la rétrocession progressive des compétences détenues par l’état français en faveur de la Nouvelle Calédonie.
L’enjeu majeur, pour nous peuple indigène, sera donc de nous préparer à les assumer en formant le plus grand nombre possible de cadres et tenter ainsi finalement de faire en une décennie ce qu’un siècle de colonisation n’a pas accompli pour notre peuple.
Des programmes de formation de cadres ont été négociés et font parties des termes de l’accord politique de 1998. Le plan de formation de cadres kanak, initié lors de l’Accord de Matignon, a été reconduit. Ce dispositif vise tous les secteurs de la vie et particulièrement ceux dont nous avons du mal a y percer, tels que la médecine et ses professions périphériques, la justice et l‘enseignement.
Un certain nombre de dispositifs de formation existe localement tout de même dans le pays, tels que l’école d’infirmière, l’école normale pour la formation d’instituteur, l’école de commerce, l’école de la Police,… La difficulté que l’on y rencontre cependant, se situe dans l’absence de critères juridiques qui pourraient préserver l’accès aux candidats locaux, et notamment kanak. Les expatriés et les descendants des colons européens continuent par conséquent à fournir le gros des populations à former.
Beaucoup de nos étudiants suivent des cursus universitaires en France et nous essayons bien sûr de leur apporter notre plus grande attention. Vous auriez noté tout de même que l’Université du Pacifique, regroupant les sites de N.C et de la Polynésie Française, a son siège localement et à notre grande satisfaction beaucoup de jeunes kanak y suivent des cours pour obtenir une première partie des diplômes visés, même si toute les formations ne sont pas disponibles. Il faut noter que la première année de médecine vient d’ouvrir cette année.
L’un des projets qui nous est chers, c’est bien que nos jeunes puissent faire leurs études dans la région qui ne manquent pas d’université réputé. Au problème de la langue que nous pouvons surmonter, nous nous heurtons surtout à la non reconnaissance par les pouvoirs publics locaux des diplômes délivrés par les universités de la région Pacifique.