ECHO DES ONDES


DE LA VOIX SATIRIQUE !!!!

Dans sa dernière édition, le seul journal satirique du pays , connu sous le titre : "Le Chien Bleu -Y en aura pour tout le monde" , comme d'habitude balaie les sujets de l'actu à sa façon , et surtout avec son style. Mais dans cette édition une petite info s'est glissée : la création d'un nouveau groupe : ANC ( Association Nouvelle Calédonie) , un groupe qui va se lancer dans la défense d'une identité calédonienne . Son président , une personnalité , un peu connu dans le milieu indépendantiste (!!!) précise qu'ils ne font pas de la politique, mais le fil conducteur de leur action : "pourquoi il n'y a que l'identité kanake  qui a été reconnue et pas les autres communautés ( parlant des Wallisiens, les tahitiens etc….) .

Pour le petit commentaire  : du déjà entendu , cela ressemble énormément au "NI… NI" de Ouverture Citoyenne. Mais il faut de tout pour faire un monde.

Et le chapitre sur les législatives : tous les acteurs ont en eu pour leur grade : des journalistes aux deux candidats de la deuxième circonscription. Gomes celui qui veut jouer le chef , et Mapou le petit garçon bien sage qui ne perd pas le nord, sur un des fondamentaux de la culture Kanak : Ecouter d'avant de parler , alors que son interlocuteur , lui est animé par : "Tais toi c'est moi qui parle", en d'autres termes , tu ne parleras pas … Et dans cette même édition: un petit encart précise que tout cela c'est de la mise en scène, car au fond les deux hommes s'entendent bien, et même pas trop de différence entre Gomes et Neaoutyine …… Chacun est responsable de ses propos …..

Si l'on veut croire à cette conclusion du Chien bleu ,  alors nous continuerons à boire de cette eau , mais comme dirait l'autre, les analyses des uns et des autres évoluent, donc l'histoire nous dira , si le Chien Bleu  a raison ou pas sur ses affirmations.

Publication : admin blog : 30 Juillet 2017







FRANCE : Quand les lumières des présidentielles s'éteignent , les projecteurs sur les législatives donnent une idée de l'arrière pays !!!!!!

Les analyses parfois trop hâtives des médias, au nom de l'instantané pour suivre l'autoroute des évènements , parlent de partis traditionnels en déshérence ou de recyclage , ou encore les caméras vont aller chercher le moindre de détail qui pourrait signifier une défaillance des appareils politiques … Bref, c'est ce que nous laisse lire la presse nationale française.  La passation du pouvoir entre Macron et Hollande n'étant pas encore faite, toute l'opinion connait presque la suite de la "carrière" du président sortant , pour la République en Marche , on l'accuse déjà de revenir sur des pratiques anciennes avec le partenariat affiché avec le MODEM , et le petit détour de Manuel VALS.

Quelques jours après cette élection présidentielle , qui a porté Macron au pouvoir , issu d'un mouvement qui est né depuis à peine 2 ans , on découvre progressivement  les premières difficultés auxquelles se confronte  l'entreprise de recomposition de la classe politique prônée par Macron. 

Entre la République en Marche  c'est le recyclage d'un parti socialiste en déshérence, et le FN qui continue à enregistrer le départ de certains de ses cadres, les républicains qui ont confié la barre à Barouin pour les législatives, effectivement on peut malgré tout constater  que,  cet élan populaire que "En Marche" a réussi à canaliser depuis deux ans , jusqu'à porter son candidat  aux portes de l'Elysée, aura marqué une virgule dans l'histoire de la France .

Dossier à suivre .

Naku press : Mise en ligne le 13 Mai 2017




Une citation de Arnaud DESJARDINS

"Le bonheur on ne le trouve pas , on le fait
Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous possédons".

Naku press : Mise en ligne le 6 mai 2017




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LES AUTRES VERITES SUR LES CHIFFRES  (c'est l'écho du réseau ....)


"LA LETTRE OUVERTE AUX CALEDONIENS" UNE NOUVELLE MANIPULATION DE GERMAIN !

Dernière production du président du gouvernement, la « Lettre ouverte aux Calédoniens » du 19 août est, une fois de plus, bourrée d’inexactitudes, de mensonges et n’a d’autre objectif que de manipuler l’opinion…

Lorsque Germain déclare que le niveau actuel des exportations permet de garantir l’activité de tous les rouleurs, c’est du pur mensonge : les exportations de Ballande et Montagnat ont chuté de 50% depuis un an et MKM n’a plus de contrats d’exportation vers Queensland Nickel. Résultat : 700 emplois fragilisés !

Sur les chiffres, ils sont soit faux, soit manipulés. Ainsi, lorsque M. Germain affirme :

— que les demandes d’exportations sur la Chine sont de 2 millions de tonnes : c’est FAUX, les petits mineurs ne demandent qu’un million de tonnes sur 18 mois !
— qu’il y a de nouvelles demandes d’exportations pour 1,5 million de tonnes vers le Japon : c’est FAUX, il s’agit seulement de renouvellement de contrats. Seule la société MKM fait une demande nouvelle pour le Japon de 250 000 tonnes.
— que si on accordait une exportation vers la Chine, le volume total de minerai exporté passerait à 8,8 millions de tonnes : c’est FAUX parce que les exportations de latérites tournent annuellement autour de 5 millions de tonnes, vers l’Australie, le Japon et la Corée. Ce volume serait porté à 6 millions de tonnes si le gouvernement acceptait l’exportation vers la Chine, soit une différence de 2,8 millions de tonnes par rapport aux affirmations de Germain ! Excusez du peu…
— qu’en cas d’acceptation de nouvelles demandes, les volumes exportés dépasseraient le tonnage traité par les usines locales : c’est FAUX. Actuellement, les usines de SLN, VALE et KNS enfournent 7 millions de tonnes de minerai, soit un volume supérieur à celui exporté.
Au passage, Germain se garde bien de rappeler que la comparaison des tonnages n’a pas beaucoup de sens car la teneur en nickel des deux types de minerais est très différente. Les usines locales traitent en effet un minerai garniéritique riche, alors que les exportations de minerai brut concernent les latérites, minerai pauvre, intraitable en Calédonie.

Toutes ces données sont disponibles, donc vérifiables.

Lorsque Germain essaie de faire croire qu’il vaudrait mieux traiter localement le minerai exporté parce que ça multiplierait par trois les retombées financières et en termes d’emplois, IL SE FOUT DE LA GUEULE DES CALEDONIENS, UNE FOIS DE PLUS ! D’abord parce qu’il n’existe ici aucune industrie capable de traiter ce minerai, ensuite parce que ce minerai exporté est pauvre en métal et rapporterait beaucoup moins en termes de revenus et d’emplois que la riche garniérite transformée par les usines locales !

On voit bien que Germain a monté un faux argumentaire pour justifier son refus d’accorder les exportations de minerai souhaitées par les mineurs et les rouleurs calédoniens, pour un temps limité.

Mais la désinformation ne s’arrête pas là.

Lorsque le « président » du gouvernement affirme que le schéma minier prévoit de limiter les quantités à exporter à 4 millions de tonnes par an. C’est FAUX, il n’est fait aucune mention de quantité maximale à exporter dans le schéma minier. D'ailleurs, le schéma ne dit pas plus qu'autoriser des exportations vers la Chine est impossible !

Il affirme enfin qu’accorder des exportations vers la Chine suppose une révision de la stratégie du pays. C’est TOTALEMENT FAUX ! Simplement parce que la stratégie nickel n’existe pas, les politiques Calédoniens ayant été incapables de s’entendre au sein du Comité Stratégique Industriel, puis du GTPS (Groupe de travail des présidents et signataires). Le schéma minier n’est pas une stratégie, ni un document de planification impératif, ni une loi de pays, et sa mise en œuvre est laissée à l’appréciation des institutions, selon le rythme souhaité par les élus.

Preuve que ce schéma n’a rien de contraignant et que le gouvernement peut y déroger : les autorisation d’exportation de minerai brut vers la Chine accordées à la NMC-SMSP le 26 juillet 2011, soit plus de deux après l’adoption du schéma par le congrès…

Faut-il s’en étonner ? Cette « Lettre ouverte aux Calédoniens » est à ranger parmi les manœuvres de Calédonie Ensemble, qui profite de la méconnaissance des Calédoniens, pour bloquer toute demande d’exportation, même limitée vers la Chine.

Mais cette lettre confirme une chose très inquiétante pour l’avenir : nous avons à la tête de notre gouvernement un menteur, un personnage limité et incapable. Très inquiétant pour la suite ça…



 Selon un initié dans le domaine des mines et métallurgie..


"En complément,
Gomes est gonflé de dire qu'il n'y a pas de crise;  Ah bon, les rouleurs font donc semblant surtout quand ça dure plus de 15 ou de 20 jours.... ?
Il est prêt à "triturer" les chiffres pour soutenir sa démonstration/vérité personnelle mais la réalité le rattrape et le dément.

Exemple : Il fait volontairement la confusion en comptabilisant ensemble les latérites et saprolites (garniérites) ; ainsi, il est vrai que c'est quasiment le même volume en 2014 puis en 2015 (semestre) et il conclut qu'il n'y a pas de baisse d'activité et donc " qu'il n'y a pas de crise".
La réalité est la suivante : Baisse d'activité de 50% sur les latérites alors que augmentation du volume des saprolites vers la Corée par NMC qui compense (au moins statistiquement !).
La compensation n'est que statistique ; en réalité ce sont 2 marchés différents.

Autre chose, l'intervention du Fonds Nickel : il est aujourd'hui doté de seulement 2 Milliards XPD (un rendement de 250 M XPF par An) alors que les besoins sont 2 à 3 fois plus importants.
Par ailleurs, pourquoi mobiliser des fonds publics alors qu'il y a possibilité de régler un pb par l'activité propre d'un rouleur (les rouleurs attachent bcp d'importance à leur autonomie et ont un esprit entrepreunarial - dont le pays a besoin - et totalement différent des fonctionnaires ou autres agents qui attendent des subventions...)."

Naku press : Mise en ligne le 24 août 2015


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LE PETIT LEXIQUE DE LA POLITIQUE LOCALE 
CONTINUE À EVOLUER AVEC DES MOTS COURANTS ...

Ce soir au JT de NC 1ere, l'invité Gomes a sorti de nouveaux termes, question de toujours maintenir l'opinion publique en alerte. Rupture pour qualifier la dernière décision du conseil d'Etat concernant les listes électorales, ou encore "rustine" pour qualifier des éventuelles révisions de la loi organique afin de  reconsidérer les conditions d'élection des membres du gouvernement. Dans les Nouvelles calédoniennes de cette semaine, le président de l'UC qui parle d'une date , celle du 14 Mars pour dire qu'au delà de cette date il faut trouver une solution au problème actuel du gouvernement, car les indépendantistes ne peuvent pas laisser perdurer une situation qui ne fait que retarder les choses par rapport au calendrier de l'accord de Nouméa. 

Typique d'une situation qui n'arrête pas d'évoluer , même si c'est sur un fond de blocage. Mais en fait la note positive est peut être dans le fait que la situation oblige  l'ensemble des acteurs à tourner et retourner leur position pour essayer de trouver la brèche qui permettrait à chacun d'avancer sans perdre son identité. Après tout on peut aussi penser que c'est voulu pour obliger tout le monde a pousser aux limites, des positions qui jusque là restées peut être incomplètes ou non approfondies.

Quand des nouveaux termes s'imposent dans le discours , c'est que désormais , un changement s'impose et il faudra l'affronter. A chacun de faire l'effort nécessaire pour ne pas arriver "complètement dénudé" dans la nouvelle situation. 

Naku press : Mise en ligne le 1er mars 2015



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 NON POUR LE JOUR DE L'AN
 IL N Y AURA PAS DE GREVE DES AIGUILLEURS DU CIEL !!!

Du 19 au 23/12/2014 les aiguilleurs du ciel , adhérent au syndicat UT CFE CGC ont fait grève pour des revendications qui datent à savoir l'alignement de leur indemnité sur celle des agents de la Fonction publique Etat qui font le même travail . Il faut simplement savoir que cela concerne 15 agents dont 12 qui travaillent à Magenta et 3 à Tontouta. La difficulté dans ce dossier , c'est d'un le problème des directions mixtes ( Etat - Nouvelle Calédonie) et de deux ces revendications datent pour la simple raison que la solution exige un travail technique de taille , demandant à la fois de la pertinence dans l'approche réglementaire, mais aussi financière. Autre aspect qui complique l'approche du dossier, c'est la position des autres syndicats sur la question , notamment la FEDE qui elle défend plutôt le principe de régime indemnitaire de manière à pouvoir étendre la mesure aux autres agents de la DAC . Parler d'homologie de traitement avec ceux de l'Etat ne va concerner que les aiguilleurs du ciel . Si le dossier : refonte et modernisation de la fonction publique avait avancé et abordé ces types de situation on aurait pas eu ces mouvements à gérer. Mais voilà ce dossier de la fonction publique est prévue pour que les premières conclusions ne sortent d'ici 4 à 5 ans. Alors quelle alternative ? Les grévistes ont affirmé que le gouvernement n'a rien proposé, et n'a fait qu'avancer le fait conjoncturel , la démission du gouvernement et donc par d'interlocteur officiel pour le moment. Certes , mais le gouvernement a aussi fait la proposition d'un statut unique . Le gouvernement ne peut pas s'aventurer à accepter l'homologie de traitement , alors que la logique politique est plutôt celle de dire à la Nouvelle calédonie de reprendre à sa propre gestion les compétences transférées. Bien évidemment que l'existant ne doit pas être impacté pour autant , mais il n'est pas possible de traiter de tel dossier comme une lettre à la poste, d'autant plus que la fonction publique est un tout , si on bouge une partie du puzzle tout peut être impacté avec des conséquences financières énormes. Les simulations sont à faire. 
Les agents ont avancé la question de la sécurité , mais il n'en est rien , car la compagnie locale , Air calédonie est restée fidèle aux tranches horaires qui lui sont imposées par la DAC , justement tenant de l'effectif actuel des effectifs , notamment des aiguilleurs du ciel. Donc derrière cette grève il est bien question d'indemnités.
Deux aiguilleurs étaient prévus pour le début 2015 mais voilà qu'au dernier moment ils ont renoncé à leur projet de venir en Calédonie , et bien évidemment , la raison principale ce sont les conditions dont le taux de rémunération .
Sur un plan plus politique ce dossier interpelle sur deux choses : la situation de ces directions mixtes , personne ne s'est occupé des risques de déséquilibre de traitement qui peut y exister entre le personnel de ces directions, et secondo il pose directement la question de la fonction publique. La fonction publique c'est le dossier clé c'est peut être la raison pour laquelle , personne ne se bouscule aux portillons pour le traiter. 

Naku press : Mise en ligne le 28 décembre 2014





 L'édition du quotidien "Les Nouvelles Calédoniennes" de ce samedi 02 Août 2014, a publié un petit encadré presque la taille d'un timbre poste, une phrase pour commenter la photo de l'ex haut commissaire de la République de la Nouvelle Calédonie , Mr BROT  . Celui-ci a remis sa lettre de démission à Paris, alors que le ministère de l'outre mettre allait  le démettre de ses fonctions, du fait qu'il serait sorti de sa réserve.... C'est si bien dit .Celui ci sera prochainement convoqué au tribunal pour l'affaire qui l'oppose à Gilbert Tyuienon , et on signalera bien qu'il s'agit ici d'une poursuite en justice pour des propos qu'il a tenu en tant que haut commissaire, et bien d'autres pratiques aussi...... Affaire à suivre.

Naku press : Mise en ligne le 02 août 2014




LU pour vous sur le site du Monde , une édition du 13 juin 2014 .. Bonne lecture

Nouvelle-Calédonie : « On a ouvert un processus de décolonisation par étapes »

1998, accord de Nouméa : en Nouvelle-Calédonie, un référendum d'autodétermination sur l'indépendance est prévu entre 2014 et 2018 et les transferts de compétence sont lancés. Depuis, le processus de décolonisation est en route. Aujourd'hui, le « caillou » est déjà responsable de larges pans de sa vie publique, de la santé à l'éducation en passant par la sécurité civile, l'environnement ou la fiscalité. Et il entre, avec espoir ou appréhension, dans cette période 2014-2018, qui s'est ouverte avec des élections provinciales majeures le 11 mai. Les non-indépendantistes y ont conservé une courte majorité au Congrès, l'institution chargée de nommer le gouvernement calédonien, mais aussi d'organiser les référendums d'autodétermination. Décryptage du processus de décolonisation en cours avec Mathias Chauchat, universitaire et juriste, conseiller aux affaires institutionnelles auprès de l'ancien président indépendantiste du Congrès Roch Wamytan.
Qu'attend-on en Nouvelle-Calédonie entre 2014 et 2018 ?
Mathias Chauchat : La période 2014-2018, c'est la « sortie » de l'accord de Nouméa. On doit achever les derniers transferts de compétences non régaliennes, et on doit se poser la question du transfert des compétences de souveraineté qui sont exercées par l'Etat [affaires extérieures, ordre public, justicedéfense, monnaie]. C'est la question des référendums d'autodétermination, dits « d'accès à la pleine souveraineté ».
Avant de s'attaquer aux compétences régaliennes, il reste à transférer celles qui ont trait à l'article 27 de la loi organique qui détermine le statut du pays : l'administration et le contrôle de légalité des provinces et des communes, l'audiovisuel, l'université… Les indépendantistes voudraient lancer rapidement ce processus, mais les partis non-indépendantistes [qui ont remporté le Congrès] résistent farouchement à ces transferts, qui doivent pourtant être bouclés avant le référendum.
Quelles sont les issues possibles à la fin de ces référendums d'autodétermination ?
D'abord, c'est le Congrès qui doit organiser un à trois référendums, par une majorité des trois cinquièmes. Si le Congrès ne le fait pas, l'Etat a l'obligation de poser la question de l'indépendance en novembre 2018. Dans ce cas, une minorité au Congrès pourra demander ensuite un second, puis un troisième référendum, tous les deux ans... Le processus peut donc s'étaler sur une dizaine d'années encore.
Ensuite, tout dépend du résultat des référendums. L'indépendance, c'est un fusil à un coup : si, dès le premier référendum, la Nouvelle-Calédonie vote pour, elle devient indépendante de la France. Si elle vote contre, il y a un second référendum : êtes-vous sûrs de ne pas vouloir être indépendants ? Puis, si le non l'emporte encore, il y a un troisième référendum : êtes-vous absolument sûrs ? Si c'est une troisième fois non, rien ne change, les compétences qui ont été transférées à la Nouvelle-Calédonie sont maintenues, le corps électoral reste gelé, etc. On rediscute pour trouver un nouvel accord politique.
Dans tous les cas, l'issue de cette période ne pourra pas être l'intégration à la France, la départementalisation. On ne repart pas en arrière sur l'autonomie gagnée par la Nouvelle-Calédonie, c'est exclu par l'accord de Nouméa, qui a un caractère irréversible. Sinon, il faudrait modifier la Constitution française, et les indépendantistes n'accepteront jamais ce retour en arrière.
La seule alternative à l'indépendance pure et simple, ce serait finalement un statut d'Etat associé avec la France. En fait, plus qu'un statut, c'est plutôt un ensemble de dispositions qui peuvent se négocier avec l'ancienne puissance administrante. Il y a dans le Pacifique insulaire toute une gamme d'Etats associés avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou les Etats-Unis qui nous montrent les voies du possible. Les îles Cook, par exemple, sont associées à la Nouvelle-Zélande avec un statut, de fait, d'Etat indépendant, mais dans lequel ils ont gardé la nationalité néo-zélandaise, ce qui leur assure la libre-circulation dans ce pays et en Australie. Conserver la nationalité française est d'ailleurs une des grandes revendications identitaires des non-indépendantistes de Nouvelle-Calédonie. On peut aussi garder la possibilité d'une assistance administrative ou financière de l'ancienne métropole…
La question du corps électoral est aussi cruciale pour déterminer le résultat du vote. Qui vote aux élections provinciales et aux référendums ?
D'abord, il faut comprendre que pour les indépendantistes, on a ouvert en 1988, avec l'accord de Matignon, un processus de décolonisation qui se fait par étape et conduit inéluctablement à l'émancipation. Or ils considèrent que celle-ci passe nécessairement par l'arrêt de la colonie de peuplement.
Du coup, on a dans l'accord de Nouméa une disposition qui restreint le droit de vote à certaines populations. Il y a les personnes qui sont arrivées avant l'accord de Matignon, soit avant 1988. Ce sont les Kanak et les Calédoniens, ainsi que leurs descendants, qui ont bénéficié de la « double reconnaissance », de la poignée de main [entre l'indépendantiste Jean-Marie Tjibaou et le non-indépendantiste Jacques Lafleur]. En dehors de ces « gens du pays », on a ouvert la citoyenneté potentielle et le droit de vote à une population intermédiaire, arrivée entre 1988 et l'accord de Nouméa, en 1998. Mais seulement à des conditions très strictes : dix ans de présence continue sur le territoire et une inscription sur la liste électorale [des élections nationales] de 1998 au plus tard.
Pour le corps électoral des référendums d'autodétermination, il devrait y avoir un critère encore plus strict de vingt ans de résidence continue minimum, avec une arrivée en Nouvelle-Calédonie avant le 31 décembre 1994.
Dans tous les cas, tout Français arrivé en Nouvelle-Calédonie après 1998 ne bénéficiera jamais de la citoyenneté calédonienne. Sauf à ce qu'on modifie la Constitution française. Mais les indépendantistes ne négocieront pas l'élargissement du corps électoral.
C'est ce que suggèrent les controverses sur la définition du corps électoral qui ont eu lieu avant les élections provinciales du 11 mai, avec les vérifications massives de 5 600 électeurs considérés par les indépendantistes comme inscrits illégalement sur les listes...
En pratique, ce critère de l'inscription sur les listes électorales de 1998 n'est pas appliqué, alors qu'il avait été inscrit dans l'accord de Nouméa. Et les autres critères sont appliqués de manière laxistes. L'Etat est au cœur de la multiplication des inscriptions indues, il a d'ailleurs refusé jusqu'en 2013 l'accès à la liste électorale de 1998, empêchant ainsi de vérifier précisément ceux qui pourront accéder à la citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie.
Donc quand les indépendantistes se battent pied à pied pour vérifier la citoyenneté de chacune des personnes arrivées entre 1988 et 1998, c'est effectivement le message qu'ils entendent faire passer : ils ne céderont pas sur le corps électoral, tout simplement parce que sinon, ce sera trop difficile pour eux d'accéder à l'indépendance par les urnes. La terreur pour les Kanak, c'est la solution aborigène [comme en Australie], à savoir devenir un peuple autochtone minoritaire dans son propre pays. Aujourd'hui, ils font 44 % du corps électoral général, et le corps électoral restreint des référendums devrait les conduire à peser pour à peu près 50 % des électeurs. Donc ils ne peuvent pas reculer d'un pas.
Le but aujourd'hui d'un corps électoral restreint est de dire que, si on décolonise, alors on arrête le peuplement et la politique de noyade démocratique des Kanak sous des flux migratoires venus de l'extérieur. [Voir à ce sujet la lettre du premier ministre Pierre Mesmer au secrétaire d'Etat aux Dom-Tom en 1972 : « La présence française en Calédonie ne peut être menacée sauf guerre mondiale que par une revendication nationaliste des populations autochtones (…). A court et moyen terme, l'immigration massive de citoyens français métropolitains ou originaires des DOM devrait permettre d'éviter ce danger en améliorant le rapport numérique des communautés. »] Car les nouveaux arrivants, même s'ils ne votent plus, constituent une menace potentielle sur les équilibres démographiques et politiques du pays par leur revendication d'égalité.
Il faut bien voir que si la situation économique calédonienne est florissante aujourd'hui, c'est notamment parce que l'Etat continue de s'y endetter plus que de raison en y finançant les transferts, la défiscalisation, les indexations de salaires des fonctionnaires… L'argent coule à flot, c'est l'Outre-Mer de grand-papa, comme il y avait la Françafrique. Mais à un moment donné, l'Etat va devoir mettre de l'ordre dans ses finances publiques en Outre-Mer. Et là, les flux migratoires vont s'inverser.

Parce que ce qui fait venir les Métropolitains en Nouvelle-Calédonie, à part le climat et la beauté du pays, c'est l'argent. Si le niveau de vie baisse, c'en est fini de la Nouvelle-Calédonie française. Ce que les indépendantistes demandent, c'est par exemple qu'on ne traite pas mieux un fonctionnaire français en Nouvelle-Calédonie, où il est payé deux fois plus qu'en Métropole, ce qui l'incite à rester. C'est une vraie mobilité des communautés qui viennent travailler ici. Aujourd'hui, on est encore dans un encouragement à la colonie de peuplement. Là-dessus, la France ne respecte pas parfaitement les résolutions des Nations unies.
Naku press : Mise en ligne le 4 juillet 2014